On eût bien étonné, et même hautement scandalisé le clerc auteur du Journal d'un Bourgeois de Paris, si on lui avait dit, en 1429, quand Jeanne vint mettre, avec les Armagnacs, le siège devant Paris, qu'elle serait canonisée presque cinq cents ans plus tard. Déjà parce que, depuis un quart de siècle, Paris, gouverné par Bourgogne et puis l'Anglais, souffre cruellement des exactions des Armagnacs, qui se comportent pis que "Sarrasins" envers les villes, villages, et le peuple qu'ils rançonnent, massacrent, violent, torturent, affament. Or cette Pucelle, "pleine de feu et de sang, de meurtres de chrétiens", est à leur tête et vient attaquer Paris, sacrilège de plus, le jour de la "Nativité de Notre-Dame", en menaçant de mettre tous les Parisiens à mort s'ils ne se rendaient. Mais cette impudence là est vite punie car les troupes armagnacques échouent : "En vérité, Paris n'avait disposé pour cet assaut d'aucun homme d'armes, sinon de quarante ou cinquante Anglais qui firent très bien leur devoir, et les Parisiens s'emparèrent de la plus grande partie du charroi dans lequel l'ennemi avait amené ses bourrées. Rien de bon ne pouvait leur advenir pour avoir voulu faire une telle tuerie le jour de la sainte Nativité de Notre-Dame."
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