En ouvrant ce livre j'ai été transportée dans un espace-temps méconnu, à savoir l'Amérique du Nord du début du XXe siècle, au sein d'une catégorie de la population que je n'avais vue jusque là qu'à travers Gangs of New York : les premiers immigrés italiens.
En effet, on découvre ici le
Nouveau Monde (qui n'a jamais aussi bien porté son nom) à travers les yeux d'une petite fille,
Vita, arrivant tout juste à New York de son Italie natale. Son étonnement, les sentiments de fascination et parfois de répulsion qu'elle éprouve sont donc les nôtres alors qu'elle découvre et explore ce territoire inconnu.
La ville tient au début du roman une place prédominante, comme un personnage à part entière, et son caractère violemment protéiforme explique ma sensation de dépaysement. C'est également la découverte de la misère la plus tragique, qui est le lot quotidien de ces immigrés rejetés par tous, survivant au jour le jour sans grand espoir d'améliorer leur condition. La faillite du rêve américain, en somme.
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