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Olivier Rolin (Traducteur)
ISBN : 2757805479
Éditeur : Points (2007)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 138 notes)
Résumé :
À quoi rêve Onofre Bouvila en franchissant les portes de cette ville des prodiges, geyser bouillonnant que cette Barcelone qui s'apprête à accueillir la prochaine exposition universelle de 1887 ? Suivant le cours du fleuve de l'exode, Onofre quitte sa campagne pour la ville. Et, malgré sa bonne volonté, il se heurte à un monde qu'il ne connaît pas, lardé d'une pauvreté issue d'une crise économique durable. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
latina
09 avril 2016
  • 3/ 5
Barcelone ! Ville de tous les prodiges, de tous les émerveillements, mais de toutes les déchéances, de tous les avilissements.

Barcelone ! Ville racontée par Eduardo Mendoza, à travers l'histoire d'Onofre Bouvila, obscur petit adolescent né d'un aventurier malchanceux et d'une pauvre femme.
A 13 ans, il fuit la maison paternelle pour arriver dans une ville fiévreuse à cause de la préparation de l'Exposition Universelle, la 1ère, celle de 1888. Parti de rien, il connaitra la montée graduelle vers la richesse et le pouvoir. Pas le pouvoir politique, non, mais le pouvoir dû au cynisme et à un sens aigu de l'observation. de petit voyou à riche potentat, sa destinée sera exceptionnelle.
Des basses classes aux plus hautes sphères, Onofre Bouvila laissera partout des traces, et quelles traces ! Je cite, sans exhaustivité, les balbutiements du cinéma, le trafic d'armes pendant la Première Guerre Mondiale, l'aventure aéronautique...

Mendoza mêle la vie de cet homme à la vie multiple de Barcelone. Les petits et les grands, les anciens et les plus jeunes sont exposés à la lumière de notre monde contemporain.
Le narrateur fait des anticipations, des retours en arrière, se permet de donner son avis sur ce qu'il conte et adopte en toute logique un point de vue omniscient.
A travers un flot de paroles qui passent très souvent du coq à l'âne, mais toujours compréhensibles, dans une trame dense, quasi sans dialogues et aux paragraphes rares, je me suis sentie couler à certains moments, et je me disais : « Mais quand vais-je pouvoir sortir de cette ville ? »

Une ville époustouflante, un roman foisonnant...Barcelone est bien « La ville des prodiges ».
J'avais entamé ce roman à l'occasion d'un city-trip de 3 jours, je viens seulement de le terminer, alors que je suis rentrée depuis une semaine.
Impatiente de me libérer de ses rets tentaculaires, j'ai apprécié malgré tout y retrouver le parc de la Citadelle, la colline de Montjuich, le port, et même Gaudi dans sa Sagrada Familia.
Et puis, comme je comprends Mendoza ! On n'arrive pas à arrêter de parler de Barcelone...Moi-même, je ne parviens pas à mettre un terme à la préparation de mon album-photo, n'en finissant pas de choisir telle et telle témoignant de l'extraordinaire diversité de cette ville !

Barcelone, ville des prodiges ? Sans nul doute !
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le_Bison
24 mars 2016
  • 3/ 5
Onofre Bouvila très tôt quitte sa campagne et ses brebis pour le rêve de la grande ville, synonyme de grande vie. Barcelone, le rêve d'un gamin de 13 ans venu chercher gloire et fortune, à défaut de faire du fromage de brebis et de patauger en culotte courte dans la boue. Et en cette année 1888, c'est l'effervescence en Catalogne avec la première exposition universelle, l'occasion pour Barcelone de devenir grande, populaire, magique et de montrer à ses chiens qui gouvernent à Madrid que même sans le fric proposé, Barcelone sera naître – quitte à s'endetter pendant des décennies.
Le roman s'achève 900 pages après (pour mon édition mini-format, 500 pour les autres) avec une nouvelle effervescence en Catalogne pour sa seconde exposition universelle de 1929. Entre ses deux évènements majeurs qui transformèrent Barcelone, je suis le parcours d'Onofre, du gamin paysan au riche mafieux qu'il est devenu. Mais ce héros qui n'en est pas vraiment un, tant il parait avoir des moeurs douteux, un caractère arriviste et n'hésitant pas à tuer, sans scrupule ni remord, qui se mettra en travers de son chemin est si exécrable qu'en fait la véritable héroïne de ce roman foisonnant de richesses et de découvertes historiques est Barcelone.
Alors, oui, il y a beaucoup de digressions historiques dans l'histoire de ce livre. Elles cassent peut-être le rythme mais elles n'ennuient jamais, tant la plume d'Eduardo Mendoza glisse le long du temps et des grands moments de l'Histoire. Ces apartés foisonnent de détails sur ces deux expositions universelles, mais aussi sur le début du cinéma, de l'électricité, des hélicoptères, bref tout ce qui fait de notre vie celle qu'elle est actuellement. le progrès ne s'arrête pas et ce n'est pas Onofre Bouvila qui ira à son encontre. Bien au contraire, il le porte à bout de bras et de pesetas, toujours prêt à magouiller pour le faire avancer, pour peu qu'il y sente son intérêt et perçois quelques revenus supplémentaires, même mafieux.
En fait, je destine ce livre à toutes celles et ceux qui veulent découvrir la capitale catalane, qui naquit réellement de ses fondements à cette première exposition universelle. Toute son architecture, tout son caractère, toute sa vie, découlent de ces deux événements majeurs et « la ville des prodiges » est ainsi un vibrant hommage à Barcelone, le thème principal essentiel et incontournable de ce roman. Tu verras ainsi l'ébauche de son architecture actuelle, tu visiteras aussi bien les bas-fonds, que les quartiers haut-bourgeois, tu comprendras son caractère et quand tu boiras quelques cervezas à la terrasse des cafés barcelonais cette été, tu imagineras le Bison assis à la table d'à côté, une bière fraîche, les jambes croisées et le regard matant les épices catalanes virevoltant de leurs jupes d'été sur le chemin de la plage… D'ailleurs, est-il Real de Madrid ou FC Barcelone, je crois qu'il se pose toujours la question, et que tant que la réponse ne lui viendra pas à l'esprit, il continuera de mater les catalanes en buvant des bières à l'ombre des terrasses de cafés.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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litolff
13 septembre 2012
  • 4/ 5
Onofre Bouvila, paysan catalan, va accomplir le prodige, entre les deux expositions universelles de 1888 et 1929 à Barcelone, de devenir un riche industriel dans une ville ravagée par la pauvreté : un (anti) héros sans scrupule qui sort tout droit des romans picaresques du XVIème siècle, parachuté dans une Barcelone grouillante, entouré de personnages louches, répugnants et malhonnêtes ...
Un roman loufoque truffé de références historiques et politiques dépeignant la décadence et l'évolution de Barcelone vers la fin du XlXème et le début du XXème siècle, et qui, petit à petit, se transforme en une ville moderne. Très pittoresque !!!
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tolbiac
21 février 2015
  • 4/ 5
c'est ouf, c'est fabuleux, c'est grandiose, c'est une apothéose, c'est osé, c'est déculotté.
Il suffit d'ouvrir, de croire, d'ouvrir les yeux, de tenir la main de Mendoza et hop...
Tout les livres qui sont paru après sur Barcelone, sur l'aspect gothique, sur la magie de l'air etc viennent de ce roman. Enfin bon, c'est ce que j'en dis, j'suis pas expert en romans Barcelonnais, même si je trouve que c'est vraiment une chouette ville pour un décor de roman. Ca change de New-York, de Londres ou de Paris. Bon, ce n'est pas non plus un guide touristique. Faudrais pas que je vous trompe. C'est un roman, pour l'histoire faite confiance aux autres Babeliotophiles ( on dirait le nom d' une espèce d'insectes inconnus - ben c'est nous, lecteurs compulsifs qui aimons déféquer nos lectures sur la toile) , ils se débrouillent très bien pour la résumer. En un mot allez foncez vous ne serez pas déçu du voyage...
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plumetis
08 septembre 2014
  • 4/ 5
Un jeune paysan, naïf et sans le sou, débarque à Barcelone à la veille de l'exposition universelle de 1887. Après des débuts difficiles, Onofre Bouvilla gravit peu à peu les échelons de la réussite sociale, faisant fi de toute moralité jusqu'à devenir un homme puissant.
Roman historique rempli d'humour et d'une imagination débridée.
Livre puissant, passionnant. Son charme réside dans son excès, son foisonnement d'histoires, de personnages, de références historiques mais c'est aussi cet aspect que j'ai perçu à la longue comme une surabondance inutile.
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison20 février 2016
Sans dissimuler son orgueil, il lui montra aussi les travaux du stade. Cette construction, ajoutée après coup au plan général, avait une surface de 46 225 mètres carrés et était destinée aux manifestations sportives, expliqua le marquis. Depuis que l’idéologie fasciste s'était répandue en Europe, tous les gouvernements encourageaient la pratique du sport et l'assistance massive aux compétitions sportives. Avec cette mode, les nations essayaient d'imiter l'Empire romain, dont elles prenaient les usages pour anachronique modèle. C'était maintenant les victoires sportives qui symbolisaient la grandeur des peuples. Le sport n'était plus dorénavant une activité des classes oisives ni un privilège des riches, mais le mode naturel de détente de la population urbaine ; politiciens et penseurs y voyaient un moyen d'améliorer la race.
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le_Bisonle_Bison16 mars 2016
aussi avait surgi, […], un quartier du plus mauvais aloi, le plus mal famé de Barcelone. On y trouvait des théâtres offrant des spectacles osés et sans esprit, des tavernes crasseuses et agitées, une fumerie d’opium de bas étage, à quatre sous (les bonnes étaient dans la ville haute, près de Vallcarca), et des bordels sinistres. Là se rendaient seulement des prostituées, des proxénètes, des rufians, des contrebandiers, des délinquants. Pour trois sous, on pouvait passer contrat avec un voyou et pour un peu plus avec un assassin. La police n’entrait dans la zone qu’en plein jour et uniquement pour parlementer ou proposer un échange. C’était comme un Etat indépendant ; on en était venu à émettre des billets à ordre qui circulaient comme de l’authentique papier-monnaie ; il y avait aussi un code particulier, très strict ; on rendait une justice sommaire et très efficace : on ne s’étonnait pas de rencontrer de temps en temps un pendu se balançant au linteau de la porte d’un lieu de plaisir.
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le_Bisonle_Bison19 mars 2016
La nuit, chez lui, enfermé dans sa bibliothèque, entouré de centaines de livres qu’il n’avait pas l’intention de lire jamais, il fumait des havanes et se souvenait avec nostalgie de ces nuits déjà lointaines passées à faire la bringue, quand lui et Odon Mostaza, dont il regrettait désormais la mort, voyaient l’aube pointer à travers les fenêtre embuées d’une maison close, entourés de bouteilles vides, de reste de nourriture, de jeux de cartes et de dés, de femmes nues qui dormaient pelotonnées contre les murs et de vêtements épais dans toute la pièce, épuisés et heureux, avec l’innocente griserie de la jeunesse.
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alicejoalicejo12 octobre 2010
Le voyageur qui arrive pour la première fois à Barcelone remarque vite où finit la vieille ville et où commence la nouvelle. Les rues sinueuses deviennent droites et plus larges ; les trottoirs, plus spacieux ; de grands platanes font une ombre agréable ; les constructions ont plus d'allure ; beaucoup s'étonnent , croyant avoir été transportés magiquement dans une autre ville.Sciemment ou non, les Barcelonais eux-mêmes cultivent cette équivoque : en passant d'un secteur à l'autre, ils paraissent changer de physique, d'attitude et de costume. Il n'en fut pas toujours ainsi ; cette transition a son explication, son histoire et sa légende.
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alicejoalicejo10 octobre 2010
L'Exposition universelle resta ouverte jusqu'au 9 décembre 1888. La clôture fut plus simple que l'inauguration : Te Deum à la cathédrale et brève cérémonie au palais de l'Industrie. Elle avait duré 245 jours et été visitée par plus de deux millions de personnes.Le coût de sa construction s'était élevé à 5 624 657 pesetas et 56 centimes. Certaines installations purent être récupérées pour d'autres usages. Le solde de la dette fut énorme et pesa sur la municipalité de Barcelone pendant de nombreuses années. Demeura aussi le souvenir de journées de splendeur et l'idée que Barcelone, si elle le voulait, pouvait devenir une ville cosmopolite.
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