ISBN : 9782226229779
Éditeur : Albin Michel (2011)


Note moyenne : 2.5/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
Au début des années 1980, Yosef et Mariam, que la révolution éthiopienne a séparés pendant trois ans, se rejoignent aux États-Unis. Pour célébrer leurs retrouvailles, ils s’offrent enfin un voyage de noces, à Nashville. Trente ans plus tard, Jonas Woldemariam, leur fils... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par ennapapillon, le 06 avril 2012

    ennapapillon
    Dans ce roman, le narrateur est Jonas, un jeune homme dont les parents sont tous les deux des immigrés éthiopiens arrivés aux États Unis à la fin des années 1970.
    Jonas, dans ce roman est plus qu'un narrateur, c'est un conteur, un affabulateur qui réinvente son histoire familiale, la relation de ses parents, leur passé et qui dans le présent, avec sa propre femme, ne peut s'empêcher de mentir, d'améliorer, d'embellir ...presque malgré lui.
    Plusieurs périodes sont évoquées : les relations entre ses parents faites de silence et de violence. Il revisite leur "lune de miel" lorsque après 3 ans de séparation ils se retrouvent aux États Unis. Il imagine les pensées de ses parents. Il conte aussi l'histoire de son père entre son départ d'Éthiopie et son arrivée en Amérique. Il transforme son père indifférent en un homme en qui il aurait pu croire.
    C'est une histoire sur la place que l'on a dans un pays qu'on n'a pas forcément choisi, dans un couple qui ne devrait sans doute pas être ensemble. Sur la vie d'un homme qui s'est forgée sur une enfance entre parenthèses, toujours dans l'attente d'un drame potentiel coincé dans les silences des parents et qui ne sait pas trop comment vivre sa propre vie sans y ajouter de la fiction.
    J'ai beaucoup aimé ce roman au style agréable et fluide. J'ai aimé naviguer entre les époques, les bribes de réalité réécrites par Jonas.
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    • Livres 2.00/5
    Par LN, le 18 octobre 2011

    LN
    Les parents de Jonas sont des immigrés éthiopiens échus dans un univers américain qui ne sera jamais totalement le leur. La relation qu'ils entretiennent avec leur pays d'accueil est finement évoquée, portée de surcroît par une écriture calibrée. Leur passé flou est réinventé par leur fils en quête de ses origines et de lui-même. : il crée en artiste virtuose une histoire cohérente universelle.

    « Elle avait collé la tête contre la vitre de séparation pour lui lancer : « Pardon, monsieur, vous êtes de quel pays ? » Elle avait souvent affirmé détester que les gens posent cette question aux chauffeurs de taxi. (…) « Fiche-leur la paix, avait-elle déclaré. Pourquoi seraient-ils obligés de raconter d'où ils viennent ou pourquoi ils ont quitté leur pays ? Pour qu'on leur file un dollar de pourboire en plus ? Personne en demande au vieux chauffeur noir d'où il est ni ce qu'il a vécu, parce que les gens trouveraient ça grossier et dingue. Sauf s'il a un accent. Là, tout est permis. Là, c'est « dites-nous pourquoi vous êtes venu ici et combien ce doit être dur ! » » (p. 131)

    Jonas assiste parallèlement impuissant à la déliquescence de son couple, l'érosion des sentiments ne résistant pas au manque d'identité des deux protagonistes. Les dernières semaines du couple s'égrennent au travers de scènes fugaces et parlantes.

    Ce que j'ai moins aimé :

    J'ai retrouvé exactement la même atmosphère que dans Les âmes chagrines de Léonora MIANO : quelques personnages épars aux liens familiaux ténus et problématiques qui s'analysent au travers du vécu de leurs parents et de leurs rapports aux autres. Ce sont des romans très statiques, psychologiques, et il m'a manqué personnellement un élan romanesque, une découverte de nouveautés et d'étrangetés qui m'auraient emportée dans un univers fascinant ou terrifiant.


    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-ce-qu-on-peut-lire-dans-l-..
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    • Livres 2.00/5
    Par papillote88, le 22 janvier 2012

    papillote88
    Les critiques de ce livre sont positives, le roman aborde les thèmes du couple (2 générations), de l'exil, de la difficulté d'intégration des immigrés aux EU, l'Ethiopie, New York... Malgré tout, il m'a fallu lutter pour ne pas abandonner la lecture à un quart du roman...
    Certes, l'écriture est fluide, mais pas puissante ou originale.
    La construction de l'intrigue, qui alterne chapitres sur l'histoire des parents 30 ans auparavant et chapitres sur celle contemporaine du fils et de sa jeune épouse, finissait par me faire perdre le fil.
    Je n'ai pas réussi non plus à me laisser captiver par un des personnages en particulier :
    - le père amoureux de sa voiture et violent avec sa femme,
    - la mère qui accuse les coups (mais prend sa vengeance de façon, là, magistrale - le passage le plus intéressant du livre),
    - le fils, Jonas," professeur" sans grande personnalité qui s'embrouille dans des tissus de mensonges (et embrouille le lecteur avec ses affabulations)
    - Angela, l'épouse du fils, avocate, mariée par désir de "progresser" dans l'ascenseur social, amoureuse mais pas attachante...
    Comme le dit Jonas : "Mon histoire aurait été releguée dans le dossier "curieux mais assez barbant" (...).". C'est finalement mon appréciation de ce livre : curieux mais assez barbant !

    Lien : http://coquelicoquillages.blogspot.com/p/le-monde-en-livres.html
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    • Livres 2.00/5
    Par vdujardin, le 26 avril 2012

    vdujardin
    une réflexion sur l'immigration, l'intégration dans un pays, la guerre, les relations de couple sur deux générations... La part du romanesque aussi, de l'histoire reconstruite, du mensonge même... Un roman intéressant, mais j'y ai trouvé quelques longueurs que je n'avais pas ressenties dans Les belles choses que porte le ciel.

    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-ce-qu-on-peut-lire-dans-l-air..
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Critiques presse (4)


  • Lexpress , le 03 octobre 2011
    Un roman poignant, où le désamour et le déracinement se mêlent pour former une seule histoire, celle que partagent tous les exclus du rêve américain.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaLibreBelgique , le 13 septembre 2011
    Remontant le fil de la destinée de ses parents, un fils s’offre une filiation. De l’Ethiopie à l’Amérique, Dinaw Mengestu investit de lourds silences.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LeSoir , le 12 septembre 2011
    Ponctué par de brillantes réflexions sur la dispute, l'adolescence ou la fausse intégration des Africains (et des autres communautés) aux Etats-Unis et ailleurs, Ce qu'on peut lire dans l'air est un roman magistral, qui se referme avec une tirade sur l'amour qui prendrait à la gorge les plus costauds d'entre nous.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • LeFigaro , le 02 septembre 2011
    La narration linéaire de son premier livre, la tendresse juvénile qui s'en dégageait ont fait place à la maturité d'un écrivain trentenaire, qui ose plus, s'interroge sur le pouvoir curatif de l'imaginaire, et parvient à nous émouvoir avec cette double histoire de couples à la dérive, et d'exil interminable et douloureux.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par littleone, le 22 mai 2012

    ... Il y a cette discrète nausée qui noue le ventre de ma mère, et le fait que mon père a besoin de lunettes depuis des années, mais refuse de l'admettre.
    Chacun de ces signes, à lui seul, aurait dû suffire à avertir mon père que les problèmes s'accumulaient peu à peu, de la même façon qu'une tempête met parfois du temps à rameuter de lointains nuages avant de donner libre cours à sa furie. Le vacarme de tous ces éléments pris ensemble aurait dû quasiment assourdir un homme qui avait prétendûment passé sa vie d'adulte a prêter attention aux discrètees vibrations annonciatrices du danger imminent. Comment avait-il pu les rater, alors ? Simple. Il avait fermé les yeux. Il s'était bouché les oreilles et avait déployé des efforts désespérés pour être heureux. Il s'était regardé de loin et n'avait vu qu'un homme au volant d'une assez jolie voiture accompagné d'une belle femme par un après midi du début de l'automne au milieu d'un pays qui promettait la liberté, la démocratie et des perspectives d'avenir ; ce faisant, il avait évité un zoom délicat sur des détails qui lui auraient tous signalé que quelque chose allait clocher, que c'était écrit. S'il s'était montré plus vigilant, il aurait pilé et aurait fait demi-tour. Il serait rentré tout droit à Peoria, pied au plancher, sans fournir la moindre explication à sa femme. Mais, faute de savoir tout cela, il avait poursuivi sa route, bêtement convaincu que des jours meilleurs les attendaient enfin.
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  • Par littleone, le 22 mai 2012

    J'ai dit plus tôt que je ne me rappelais pas ce qui était arrivé à ma mère la nuit avant qu'elle m'emmène à l'école, et c'est peut-être vrai. Peut-être que je ne peux pas m'en souvenir, pas plus aujourd'hui qu'avant. Pourtant je savais bien, déjà à l'époque, que les femmes étaient facilement victimes de choses terribles quand on les perdait de vue. Elles recevaient des coups violents et, après, elles venaient dans votre lit, où vous pouviez les protéger.
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  • Par petitours, le 21 juillet 2011 Première phrase du livre

    Sept cent soixante-dix-huit kilomètres séparaient la maison de mes parents, à Peoria, Illinois, de Nashville, Tennessee, distance qu'une Monte Carlo rouge vieille de sept ans et roulant à cent kilomètres à l'heure environ pouvait parcourir en huit à douze heures, selon que l'on prenait en compte certaines variables telles que le nombre de pancartes proposant un détour vers un haut lieu historique ou la fréquence à laquelle ma mère – Mariam – devait se rendre aux toilettes. Ils avaient qualifié ce voyage de vacances, mais c'était seulement parce que ni l'un ni l'autre ne se sentait à l'aise avec l'expression lune de miel qui, en réunissant deux mots sans aucun rapport et dont ils comprenaient le sens pris séparément, semblait suggérer un luxe qu'aucun des deux n'était prêt à accepter.
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  • Par papillote88, le 22 janvier 2012

    - J'avais plein de souvenirs de cette période, mais beaucoup de mal à savoir s'ils étaient vrais.

    - La dernière image que mon père prétendit se rappeler fut les pointes dorées d'un millier d'épis de maïs fonçant sur lui alors que la voiture plongeait dans le fossé.

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