> Anne Wicke (Traducteur)

ISBN : 2226179763
Éditeur : Albin Michel (2007)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
« Un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. »

Avec ce premier roman brillant et sensible, Dinaw Mengestu, jeune écrivain américain d’origine éthiopienne, s’impose d’emblée comme un aute... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par sylvaine, le 14 mai 2012

    sylvaine
    Stephanos a immigré aux USA .Il vient d'Ethiopie, pays qu'il a dû quitter après la mort de son père, avocat influent assassiné pendant la révolution.15ans plus tard il a acheté une petite épicerie dans un quartier noir et pauvre de Washington D.C. situé à seulement 20 blocs de la Maison Blanche. Dans son rêve de se construire une vie à l'américaine il a eu le soutien de ses 2 amis immigrés eux aussi Kenneth le Kenyan et Joseph venu du Congo.
    Le quartier où Stephanos vit et travaille commence à changer.
    Les familles pauvres, toujours noires, quittent le quartier ou en sont expulsées. Arrivent pour les remplacer des familles plus aisées et blanches .De là à se sentir envahis il n'y a qu'un pas !
    La nouvelle voisine de Stephanos, Judith, blanche, débarque à Logan Circle avec sa fille Naomi métisse
    Stephanos va tomber sous le charme de la mère et de la fille et commence à se questionner sur sa position dans la société américaine ; quel avenir pour son épicerie qui périclite ?; lui faudra-t-il repartir au pays et rejoindre sa mère et son frère ? Quelle place un Africain comme lui, riche de son histoire de son passé peut-il trouver au sein de cette population noire américaine ?
    Avec beaucoup de finesse et de talent ce jeune auteur américain d'origine éthiopienne nous relate l'histoire universelle de l'homme .déplacé au gré des évènements politiques
    J'ai été conquise par ce récit ; j'ai aimé l'atmosphère tout à la fois fataliste et optimiste .Pour moi ce premier roman est une réussite et Dinaw Mengestu un auteur à suivre
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 12 avril 2012

    mimipinson
    « Un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait ainsi longtemps que je vis ainsi, en suspension. »
    C'est Stephanos, l'éthiopien, qui s'exprime. Il tient une petite épicerie .Il se laisse un peu vivre au grès de ses amitiés, de ses lectures. Il relate, ici où là des éléments de son passé, de sa famille restée au pays, de son arrivée aux Etats-Unis, son difficile parcours d'émigrant.
    Il y a beaucoup de sagesse et de sensibilité dans ce premier roman. Dinaw Mengestu, jeune américain d'origine éthiopienne, nous montre ici la réalité de l'exil et de la difficile intégration avec l'intelligence du ni top, ni pas assez.
    Ils sont trois amis, africains d'origine. Et ils se réunissent aussi souvent qu'ils le peuvent pour ne pas perdre ce lien avec l'Afrique. Leur vie non loin de Washington n'est le paradis espéré quand on s'exile, mais pas non plus l'enfer. Cette vie est faite de hauts et de bas, d'ambitions non abouties, mais la vie tient. Stéphanos se prend d'amitié pour une nouvelle voisine, arrivée dans un quartier en pleine mutation pas tout à fait prêt à accepter ses enfants issus des mariages mixtes. La difficile intégration est décrite avec beaucoup de pudeur et de justesse.
    L'ouvrage se lit en douceur, au rythme de son écriture : sans accroc, ni galop. Il est écrit avec un peu de langueur africaine, mais je n'y ai vu ni mièvrerie, ni ennui.
    Un auteur prometteur, qu'il me sera plaisant de suivre.

    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2012/04/les-belles-choses-que-..
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 07 novembre 2009

    LiliGalipette
    Premier roman de Dinaw Mengestu.
    Stéphanos l'Ethiopien, Kenneth le Kenyan et Joseph le Congolais sont trois amis que l'histoire sanglante de l'Afrique a contraint à trouver refuge en Amérique, terre de promesses et de fumée. Stéphanos possède une petite épicerie dans un quartier délabré de Washington, sur Logan Circle, une grande place où trône la statue du général Logan. Les trois hommes se retrouvent régulièrement dans l'arrière boutique de Stéphanos. Ils s'adonnent à leur jeu favori, répertorier les dictateurs et les coups d'état qui ont secoué et secouent l'Afrique. L'existence de Stéphanos change quand Judith, une riche blanche, achète une des maisons en ruine qui bordent Logan Circle et la fait entièrement rénover pour s'y installer avec sa fille Naomi, une adorable fillette métisse. Entre les trois voisins se nouent une douce relation faite de timidité, de gêne et de fossés à franchir.
    Très beau texte sur l'impossibilité de s'intégrer totalement à une société. Et les exclus ne sont pas vraiment ceux que l'on croit. Si Stéphanos et ses amis sont plus que déçus par les promesses vaines de la grande Amérique, c'est Judith qui est la plus perdue. Entre un ex-compagnon noir et une fillette qui la repousse et la teste, dans un quartier qui n'a d'américain que la statue qui trône en sa place, la femme blanche est celle qui a le moins de racines.
    Stéphanos résume en quelques mots son intérêt pour Logan Circle et en tire des conclusions sur l'histoire de l'Amérique: "J'aimais cette place à cause de ce qu'elle était devenue: la preuve que la richesse et le pouvoir n'étaient pas immuables, et que l'Amérique n'était pas aussi grandiose que cela, après tout." (p. 25)
    Avec l'Afrique toujours présente, représentée sur une carte des années 1980 ou revisitée en mémoire par les trois hommes, le récit devient un conte de l'errance, de la perte de la terre originelle, de son manque, mais aussi du dégoût qu'elle provoque et du mépris qu'elle suscite. C'est une terre qui tue ses enfants, qui les force aux pires exactions, qui les pousse à s'enfuir. Loin des yeux, près du coeur, mais tout de même dans la haine.
    Troublante ressemblance entre le nom de l'auteur américain, dont le personnage est éthiopien, et celui du dictateur éthiopien Mengistu Haile Mariam. Comme un petit clin d'oeil et un rappel: entre le génie et le monstre, il n'y a qu'un pas.
    Avec de belles références à l'Enfer de Dante, à qui le roman doit son titre, et aux Frères Karamazov de Dostoïevski, le texte est riche d'une profondeur littéraire et historique tout à fait agréable à découvrir au fil des pages.
    Un grand merci au site Chezlesfilles et aux éditions Livre de Poche qui m'ont offert ce livre.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2009/11/07/15711639.html
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 09 août 2011

    chocobogirl
    Stephanos est un immigré éthiopien qui s'est installé à Washington. Il tient une petite épicerie dans le quartier populaire de Logan circle, et vit modestement. Ses seuls loisirs sont les moments passés avec ses 2 amis : Joseph, un congolais serveur dans un restaurant et Kenneth, un autre éthiopien devenu ingénieur. Leurs soirées dérivent bien souvent sur leurs souvenirs africains et un de leur jeu favori consiste à donner un nom de dictateur africain et de deviner la date et le lieu de son coup d'état !
    Un jour, Stephanos va voir sa petite vie bousculée par l'arrivée dans le quartier de Judith et sa petite fille métisse, Naomi. Stephanos s'attache à ces 2 voisines et se prend à rêver à un avenir radieux auprès d'elles. Malheureusement, leur arrivée provoque aussi quelques changements dans le quartier...
    Stephanos a fuit seul l'Ethiopie à la mort de son père, arrêté par la dictature locale de Mengistu. Sa famille est restée au pays et seul un oncle l'a aidé à s'installer aux Etats-Unis. Après avoir vécu un moment à son domicile, Stephanos s'est emancipé. Peu ambitieux, il a choisi d'ouvrir une petite épicerie qu'il tient de manière un peu relâchée. Sa vie est plutôt solitaire, exceptées les visites de ses 2 amis. Quand Judith, une femme blanche, professeur d'histoire américaine qui aime la littérature, s'installe dans la maison voisine, son quotidien s'anime ponctué des visites de la jeune femme ainsi que de celles de sa fille à la boutique. La petite Naomi vient partager ses lectures avec Stephanos qui n'hésite pas à lui faire la lecture de Dostoiesvki. Malgré leur différence de classe sociale, d'éducation, Stephanos est de plus en plus sensible à la chaleur de Judith, à ses invitations, à sa joie de vivre. Sans s'avouer amoureux, notre épicier s'attache fortement à ces 2 femmes. Il délaisse un peu plus son épicerie pour mieux se promener et rêvasser aux "belles choses que portent le ciel", expression qui provient de La Divine Comédie de Dante.
    A travers l'histoire de Stephanos, c'est celle des immigrés et du rêve américain que Mengetsu évoque. Stephanos, comme ses 2 amis, sont devenus américains sans avoir su abandonner leur identité africaine.
    Coincés entre 2 mondes, ils peinent à trouver leur place.
    Une place et une famille que Stephanos semble trouver utopiquement en la personne de Judith.
    Mais perdus dans une société qui n'est pas la leur, ils sont désespérément seuls et tentent de recréer l'afrique perdue avec nostalgie. le jeu des dictateurs st d'une ironie mordante, pointant du doigt les drames de la nation africaine qu'ils continuent pourtant d'évoquer avec affection.
    Leur pays d'accueil est, lui bien loin des clichés fantasmatiques. le quartier de Stephanos est pauvre, les prostituées travaillent au bout de la rue et son épicerie voit sa clientèle déserter.
    L'arrivée de Judith est un signe d'embourgeoisement du quartier qui, peu à peu, devient trop onéreux pour la population noire qui se voit expulsée des logements impayés. La révolte gronde et les incidents se multiplient, visant la population blanche.
    La narration se fait par Stephanos qui alterne la description de son quotidien avec celui de son passé. Les flash-backs se font un peu dans le désordre et c'est au lecteur de reconstituer son parcours.
    Les belles choses que portent le ciel est un très beau portrait d'homme. Un homme entre 2 cultures qui aura toujours la sensation d'être en exil et d'être coupable d'avoir abandonné sa famille. Un homme qui a accepté avec résignation son statut d'immigré modeste et sa solitude. Un homme qui prend la vie comme elle se présente, avec ses malheurs et ses petits bonheurs passagers.
    Voilà un roman désenchanté sur le monde qui réussit malgré tout à entrouvrir une petite lucarne d'espoir : le ciel comporte aussi de belles choses...

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-les-belles-choses-que-..
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 08 janvier 2012

    carre
    Sépha éthiopien d'origine, tient une petite épicerie dans une banlieue populaire près de Washington, le soir il joue avec deux amis africains exilés comme lui à retrouver le nom de dictateurs africains. Un jeu pour oublier leur solitude. Un jour débarque dans ce quartier, une jeune femme avec une petite fille métisse.
    L'exil, la solitude et l'intégration forment la trame de ce premier roman, brillant, remarquablement écrit. Mengestu mets en lumière le désarroi intérieur de Sépha qui vivotte entre les murs de sn magasin, lui qui rêvait l'Amérique comme l'Eldorado. On pourra reprocher au livre une certaine lenteur et des descriptions trop longues, mais par son sujet et par son talent narratif Mengestu réussi un roman subtil et prometteur. A découvrir.
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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 18 décembre 2010

    "Tu sais, les enfants ne devraient pas parler comme ça", lui dis-je un jour.
    Elle haussa à nouveau les épaules, en baissant les yeux d'une façon qu'elle semblait avoir répétée.
    "Je sais, dit-elle. Mais je ne suis pas une enfant.
    - Tu es quoi, alors ?
    - Je suis une adulte.
    - Tu as onze ans.
    - Et toi, tu as quel âge ?
    - Beaucoup plus.
    - Et alors, tu veux prouver quoi ? Que je dois être stupide jusqu'à ce que je sois plus vieille ?
    - Exactement. Pourquoi crois-tu que les gens aiment les enfants ?"
    Un après-midi, nous avions épuisé tous nos sujets de conversation, il nous fallut en inventer de nouveaux. A l'issue de sa visite, nous avions créé tout un univers alternatif, uniquement peuplé d'animaux. Le monde s'en trouvait bien simplifié. Debout devant la caisse, les coudes à peine posés sur le comptoir, Naomi avait fait ce qu'elle savait le mieux faire. Ordonner.
    "Raconte-moi une histoire", dit-elle."
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  • Par saphoo, le 21 novembre 2009

    Il y a quelque chose de perturbant dans le printemps à Washington, comme un conte édifiant mettant en garde contre une trop grande complaisance et des attentes trop fortes, qui semblent inscrites dans l’herbe et dans les arbres. Je croyais avoir appris depuis longtemps à juguler ces attentes, mais ça n’empêche rien, pars vrai ? Nous oublions qui nous sommes et d’où nous venons, et nous croyons avoir droit à beaucoup plus que ce que l’on mérite
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  • Par litolff, le 06 décembre 2010

    'Si ça te manque tellement, lui hurla-t-il un jour, pourquoi tu n'y retourne pas ? Comme ça t'auras plus besoin de dire sans arrêt, 'C' est comme l'Afrique', et 'On dirait l'Afrique'. Mais tu veux pas y retourner. Tu préfères que ça te manque confortablement ici plutôt que la détester chaque jour sur place.' Joseph n'avait rien à répondre à cela. Pour une fois, sa grandiloquence symbolisante le dépassait, lui aussi. Les mots 'Voilà ce que c'est qu'être Africain' planaient sans cesse au-dessus de toute conversation que pouvait avoir Joseph. C'était parfois miraculeux, sa façon d'arriver à caser ces mots-là. Il n'y avait pas de sport au monde qu'un esprit africain ne pût comprendre mieux que personne.
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  • Par litolff, le 06 décembre 2010

    'Si ça te manque tellement, lui hurla-t-il un jour, pourquoi tu n'y retourne pas ? Comme ça t'auras plus besoin de dire sans arrêt, 'C' est comme l'Afrique', et 'On dirait l'Afrique'. Mais tu veux pas y retourner. Tu préfères que ça te manque confortablement ici plutôt que la détester chaque jour sur place.' Joseph n'avait rien à répondre à cela. Pour une fois, sa grandiloquence symbolisante le dépassait, lui aussi. Les mots 'Voilà ce que c'est qu'être Africain' planaient sans cesse au-dessus de toute conversation que pouvait avoir Joseph. C'était parfois miraculeux, sa façon d'arriver à caser ces mots-là. Il n'y avait pas de sport au monde qu'un esprit africain ne pût comprendre mieux que personne.
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  • Par sentinelle, le 07 octobre 2008

    Le récit… C’est peut-être ça, le mot que je cherche. Où est le grand récit de ma vie ? Celui que je pourrais déployer pour y chercher les signes et les clés m’indiquant ce que je suis en droit d’espérer pour la suite. Il semble s’être épuisé, si jamais une telle chose est possible. Il est plus difficile d’admettre que peut-être il n’a jamais existé du tout. Ai-je le courage d’expliquer tout ça comme accidentel ?
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