> Nicole Casanova (Traducteur)

ISBN : 2264045817
Éditeur : 10 (2008)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 70 notes) Ajouter à mes livres
Une femme penchée sur le parapet d'un pont. un matin à Berne, sous une pluie battante. Le livre, découvert par hasard, d'un poète portugais. Amadeu de Prado. Ces deux rencontres bouleversent la vie du sage et très érudit professeur Raimond Gregorius. Au milieu d'un cour... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par EMOTION, le 09 octobre 2011

    EMOTION
    Gregorius est un professeur exerçant à Berne en Suisse. C' est un véritable érudit en ce qui concerne les langues anciennes. Il enseigne depuis des décennies dans le lycée où il fut auparavant élève. Certains le jugent terne, passe muraille, parce que son emploi du temps ne varie pas et parce qu'il suit le même chemin chaque jour pour se rendre au lycée. Une rencontre fortuite un matin sur ce pont de Berne qu'il traverse tous les jours, une visite à la suite dans une librairie où il découvre un auteur portugais, tout cela va bouleverser sa vie. La photo de cet écrivain, Amadeu Prado, impressionnante d'intelligence et de volonté va l'entraîner dans une rupture inattendue avec son style de vie. Quittant sa classe et laissant ses livres sur son bureau, il partira, dans l'étonnement général, à Lisbonne pour découvrir la vie d'Amadeu, son univers, les êtres les plus attachants ou les plus importants qui ont traversé son existence et sa pensée. Sommes-nous capables de nous juger, de comprendre notre intériorité, ou devrons-nous attendre cela des autres qui nous regardent ? Tout au long de ces quelques 500 pages, nous sommes interpellés dans nos actes les plus quotidiens, mais cela se réalise dans une prose claire, brillante, envoûtante. Grégorius va aller d'hésitations en actes de courage, dans un esprit de curiosité, cette curiosité qui nous manque tant parfois, puisque nous sommes englués dans nos habitudes et nos morts quotidiennes. Tous ces personnages qui ont subi, souvent dans leur corps, la dictature d'extrême droite de Salazar, sont des Personnes au sens le plus noble du terme. Amadeu détestait les bavardages car il aimait trop les mots, leur grandeur et parfois aussi leurs trahisons. Roman des rapports parents-enfants, de la puissance et de la faiblesse de l'amitié, de l'absolu et des illusions, de l'affection et de la domination, de la lecture et de la vie, de la fugacité des choses ce Train de nuit pour Lisbonne m'est clairement apparu comme l'un des plus bouleversants et des plus beaux romans que j'ai vécus depuis longtemps. À chaque page, une nouvelle réflexion, une méditation inédite, un sentiment fort et souvent noble. À chaque page l'envie de continuer longtemps à lire cette narration de Gregorius et à découvrir les écrits d'Amadeus.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par aliquis, le 28 novembre 2010

    aliquis
    Je l'ai emprunté sur les conseils de mon oncle et ma tante, m'assurant d'une qualité d'écriture et de belles réflexions. C'est très vrai. Une histoire de déracinement, un homme, installé, routinier, s'échappe d'un coup, d'un seul (j'aime beaucoup cette expression), part pour le Portugal et Lisbonne pour partir sur les traces d'un auteur mystérieux. S'ensuit des rencontres, des personnages remarquablement typés et décrits, et des choses très juste sur le désir, l'amour, la vie, le temps, le devoir ... Un roman complet en somme. A sa belle lecture, l'ouvrage me donne irrémédiablement envie de partir au Portugal, de me plonger dans la nuit lisboète, de ressentir cette ville décrite avec précision. Concluons, c'est à lire, c'est intéressant, prenant malgré une introduction un peu lente et manquant de rythme.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 24 novembre 2011

    Missbouquin
    L'auteur
    De son vrai nom, Peter Bieri est né à Berne, et a occupé la chaire de philosophie des langues à l'Université de cette ville de 1993 à 2007. Mais le grand public le connaît surtout pour ses romans, dont 3 seulement ont été traduits en français (L'accordeur de pianos, Train de nuit et Léa).

    Le livre
    Raimund Gregorius, professeur passionné de grec et de latin, voit un jour sa vie basculer par l'apparition simultanée dans sa vie d'une mystérieuse inconnue portugaise et d'un livre portugais, écrit par un tout aussi mystérieux auteur. du jour au lendemain, tous les fondements de sa vie sont remis en cause dans un enchaînement de petits séismes qui vont le conduire dans un Train de nuit pour Lisbonne ...
    Ce que j'en ai pensé
    Difficile de parler de ce livre qui m'a profondément bouleversée. Lorsque je l'ai terminé, il était constellé de post-it, j'avais pris des notes de partout et je me suis sentie perdue ... comme lorsqu'on a été immergée dans un monde pendant des mois (ici pendant des jours) et que d'un seul coup on retourne à son univers initial. J'ai dû attendre quelques semaines avant de pouvoir parler de cette œuvre, qui est pour moi un chef d'œuvre et à mille lieues de la littérature contemporaine aseptisée qui nous assaille à tous les coins de librairie.
    C'est un véritable essai philosophique que nous propose l'auteur ici, mais déguisé en roman ! ... et à ma grande surprise, ça passe très bien ... Car cette philosophie est inscrite au cœur même de l'expérience du personnage et non pas assénée comme une vérité universelle. Elle est intimement liée à l'évolution de Gregorius au cours du récit qui l'amène de plus en plus loin dans la connaissance à la fois d'Amadeu Prado, l'auteur du livre, et de lui-même. Comme il le dit, "était-il possible que le meilleur chemin pour s'assurer de soi-même passât par la connaissance et la compréhension d'un autre ?"
    Partant à la recherche de l'auteur de ce livre mystérieux, qu'il traduit petit à petit tout au long du récit, cette recherche prend rapidement la forme de rencontres phares avec les personnages de la vie de Prado, qui chacun à leur façon vont influer sur la propre vie de Gregorius.
    Mais au-delà de cette histoire qui m'a absorbée toute entière, je me suis surtout sentie très proche de Gregorius, comme si moi-même j'apprenais à mieux me connaître. Des passages entiers du "livre de Prado" m'ont semblé extrêmement justes et ont une telle résonance dans la vie réelle qu'on ne peut pas y être indifférent. Les thèmes abordés sont très variés, comme la palette de pensées d'un homme complexe et profond : la vie, la mort, le langage, la religion, etc.
    Je ne résiste pas à l'envie de vous donner un exemple :
    "NOBLESSE SILENCIEUSE. C'est une erreur de croire que les moments décisifs d'une vie, lors desquels sa direction habituelle change pour toujours, devraient être bruyamment et crûment dramatiques, sur fonds de violents bouillonnements intérieurs. C'est là une légende kitsch, que des journalistes avinés, des cinéastes intoxiqués de flashes et des écrivains qui ont dans le cerveau une gazette de boulevard ont lancée dans le monde. En vérité, le drame d'une expérience qui détermine la vie est souvent d'une incroyable douceur. Elle est si peu apparentée à la détonation, au jet de flamme et à l'éruption volcanique, cette expérience, qu'à l'instant où elle est vécue, elle passe souvent inaperçue. Quand elle déploie son effet révolutionnaire et fait en sorte qu'une vie soit plongée dans une toute nouvelle lumière et reçoive une toute nouvelle mélodie, elle procède sans bruit et dans cette merveilleuse absence de bruit réside sa noblesse particulière."
    Vous remarquerez au passage un style extrêmement soigné, très riche et d'une grande profondeur. le roman est donc émaillé de ces soi-disant traductions qui nous amènent à mieux connaître Prado, un homme d'une grande richesse intérieure, d'une grande intelligence et intégrité qui fut pourtant un écorché toute sa vie.
    Bref, le genre de livre qui marque, dont il faudrait toujours avoir le volume sur sa table de chevet, et que je veux absolument faire découvrir. Certes, certains pourront dire que c'est lent, que c'est répétitif. Mais justement ce n'est pas un livre qu'on lit pour l'action mais bien pour la lenteur qu'il impose et permet, il laisse le temps de la réflexion, dont on a un besoin extrême dans notre société aujourd'hui. Un livre qui exige beaucoup du lecteur, mais qui lui offre autant ... A découvrir !

    Lien : http://wp.me/p1Gkvs-pv
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    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake, le 31 mai 2011

    Kittiwake

    Il aura suffit qu'une femme rencontrée sur un pont et d'un livre trouvé par hasard pour que le professeur Gregorius quitte son cours de latin brutalement, pour partir à Lisbonne sur les traces du poète Amadeu de Prado. Double parcours ensuite, dans le temps pour découvrir la personnalité de ce poète (rendu tellement vivant par le romancier que j'ai cherché sa biographie, en vain, et pour cause) et cheminement spirituel de Gregorius, au fur et à mesure de son exploration.
    Une écriture superbe (bravo à la traductrice) et une histoire passionnante
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    • Livres 5.00/5
    Par Palmyre, le 07 novembre 2011

    Palmyre
    Qui n'a pas eu envie un jour de partir en laissant tout derrière lui? C'est ce qu'a fait Gregorius, éminent professeur de langues anciennes à Berne en Suisse.
    Après avoir découvert dans une librairie un recueil d'Amadeu Prado dans lequel une phrase l'interpelle: "S'il est vrai que nous ne pouvons vivre qu'une seule partie de ce qui est en nous - qu'advient-il du reste?". Il décide d'aller au Portugal à la recherche de cet auteur.
    Pour lire ce livre, il faut prendre son temps. L'écriture poétique et philosophique incite à nous interroger sur le sens de nos vies.
    Ainsi, on partage volontiers la quête de Gregorius au travers des rues de Lisbonne.
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Citations et extraits

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  • Par genieblanc, le 20 décembre 2010

    Notre éloignement des autres grandit encore quand nous comprenons que notre forme extérieure ne leur apparait pas comme à nos propres yeux. On ne voit pas des êtres humains comme des maisons, des arbres et des étoiles. On les voit dans l'attente de pouvoir d'une certaine manière les rencontrer et ainsi les intégrer à son propre univers intérieur. L'imagination les rectifie pour les adapter à nos propres souhaits et espoirs, mais aussi pour qu'ils puissent confirmer nos propres peurs et préjugés.
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  • Par genieblanc, le 20 décembre 2010

    Peut-être alors est-ce comme si je pouvais en m'étirant redresser le dos de mon père, lui rendre sa fierté par-delà la tombe, ou grâce à l'effet magique et rétroactif d'une loi, faire en sorte que sa vie fût moins courbée et avilie par la douleur qu'elle l'était en réalité - comme si je pouvais par mon effort présent dépouiller le passé torturé de son caractère effectif, et le remplacer par un autre, meilleur et plus libre.
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  • Par ACO, le 25 août 2011

    J'ai bcp de mal avec ce livre. Les critiques étant très élogieuses, je me suis dit que j'allais passer un bon moment. Mais ce livre était trop lent; pôur moi. Ce qui me décçoit le plus c'est qu'il a tous les ingrédients pour en faire un bon livre, mais j'ai trouvé que l'auteur a inséré trop de passages philosophiques là où ce n'était pas tjrs néc"essaires. Je me le recommande pour ceux qui sont assez courageux. C'est bien écrit, les personnages sont touchants et l'histoire aura pu être halétante....
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  • Par EMOTION, le 09 octobre 2011

    il y a des choses qui sont trop grandes pour nous autres êtres humains : Douleur, solitude et mort, mais aussi beauté, noblesse et bonheur. Pour cela, nous avons créé la religion. Qu'arrive-t-il quand nous la perdons ? Ces choses sont alors toujours trop grandes pour nous. Ce qui nous reste, c'est la poésie de la vie individuelle. Est-elle assez forte pour nous porter ?
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  • Par EMOTION, le 09 octobre 2011

    Pourquoi le regard ouvert est-il si difficile ? Nous sommes des créatures paresseuses, nous avons besoin de ce qui nous est familier. La curiosité apparaît comme un luxe rare sur un fond habituel. Rester ferme et pouvoir jouer avec l'ouvert, à chaque instant, ce serait un art. Il faudrait être Mozart. Un Mozart de l'avenir ouvert.
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