Sherlock Holmes manipulé par le Dr Watson et son frère Mycroft ! C'est sur cette idée pour le moins originale que débute ce roman, Watson voulant guérir Holmes de son addiction à la cocaïne. Stamford, le jeune médecin qui fut à l'origine de la rencontre du Dr Watson et de Sherlock Holmes (dans Une étude en rouge) conseille à Watson de consulter un spécialiste à Vienne, le Dr
Sigmund Freud.
Le Dr Watson entraîne Sherlock Holmes à Vienne, en lui faisant croire qu'il est sur les traces du sinistre Moriarty, en réalité un inoffensif professeur de Mathématique objet de tous les fantasmes de Holmes. Ce début prometteur débouche sur une véritable enquête de Holmes à partir de la page 154, un peu tard à mon avis, permettant de déjouer une machination de Guillaume II visant à préparer son pays à une guerre européenne. Celle-ci, provisoirement reportée grâce à Holmes, annonce la future première guerre mondiale. A ce stade, le scénario bascule hélas sur une folle course poursuite sur rails à travers l'Europe, parfaitement ridicule et dans le plus pur style hollywoodien, embarquant Holmes, Watson et
Sigmund Freud transformés pour l'occasion en mécaniciens chauffeurs de locomotive. On reconnait bien sûr la marque de
Nicholas Meyer, scénariste américain avant tout et amateur d'action (le livre donnera une suite au cinéma intitulée "Sherlock Holmes attaque l'Orient-Express" !), peu scrupuleux quant au respect de la vraisemblance historique du scénario et de l'adéquation des personnages à leur profil psychologique supposé.