ISBN : 2259203965
Éditeur : Plon (2006)


Note moyenne : 3.54/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Après la guerre qui a ravagé le Mboasu, cet état imaginaire et ô combien réel d'Afrique, le pays est exsangue. Les parents, incapables de prendre soin de leurs enfants, les chassent loin de chez eux, les accusant d'être la cause de leurs malheurs. Décidée à retrouver sa... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Nanou2008, le 15 août 2008

    Nanou2008
    Roman très dur sur les malheurs de l'Afrique : sectes, enfants-sorciers, enfants-soldats, pauvreté, viols, etc. Certaines scènes sont quasi-insoutenables (enfants-sorciers qui subissent l'épreuve du feu).
    Sorte de récit fourre-tout en même temps : conte philosophique (beaucoup d'allégories), documentaire, essai, etc. Comme si l'auteur n'avait pas pu choisir.
    Cela apparaît notamment dans ce langage qui se veut enfantin, mais qui ne l'est pas du tout, très travaillé au contraire.
    Réflexion intéressante sur le rapport mère-enfant, un lien indestructible, même s'il est fait de haine.
    Découverte aussi de ces sectes qui exploitent la crédulité de ces pauvres gens et qui sombrent dans le ridicule (noms des prêtres!) et le pathétique.
    Pas de happy end à la fin, mais une sorte d'apaisement quand même. Ouf…
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    • Livres 5.00/5
    Par SistaLor, le 19 août 2011

    SistaLor
    Le Mboassu est un pays imaginaire d'Afrique équatoriale anciennement colonisé sorti tout droit de la tête de Leonora Miano. Camerounaise d'origine, elle vit en France depuis 1991. Elle refuse le misérabilisme et se tourne résolument vers la nouvelle génération, porteuse d'espoir. Dans ce roman, la scène se déroule après une longue guerre, le pays étant exsangue et les enfants, les premiers à en souffrir. En effet, incapables de les élever, leurs parents les chassent, prétextant qu'ils leur portent malheur, qu'ils sont ensorcelés.
    "Elle était venue aussi, Sésé. La prétendue voyante, la diseuse de nos mésaventures. le jour où tu m'avais pendue à cet arbre, tu n'avais pas encore eu le courage de me m'ôter la vie. Tu m'avais seulement battue jusqu'à ce que je perde connaissance. Tu m'avais ensuite détachée pour laver mes plaies en pleurant, et mise au lit en murmurant que maintenant tout se passerait bien. le démon qui m'obligeait à me repaître de vies humaines m'avait quittée. Je deviendrais bientôt une enfant comme les autres, et on n'aurait plus besoin de m'emmener à l'hôpital pour soigner ce mal incurable qui me rongeait le sang."
    Victime expiatoire des adultes, ces enfants vivent dans la rue où règne une violence quotidienne: tel est le destin de Musango, une fillette de 9 ans que sa mère abandonne suite au décès de son compagnon de fortune. Traînant avec les enfants de la rue, la petit fille partage la vie quotidienne des orphelins livrés à eux-mêmes. Elle découvre l'horreur des enfants soldats, les sectes et ces filles envoyées en France se prostituer. Durant trois années, elle sera recueillie par plusieurs personnes, parfois malveillantes qui cherchent à l'exploiter, parfois à l'inverse synonymes d'une conscience à jamais gravée dans la tête et le coeur des hommes.
    "Où aller en partant de nulle part? Je peinerais à leur expliquer ce qu'il m'est impossible de prouver mais que je sens en moi: qu'être au monde confère le droit de vivre. Qu'exercer ce droit doit signifier un peu plus que repousser comme on peut la mort qui finira quand même par avoir le dessus. Qu'il faut chercher ceux qui ne vous cherchent pas, marcher vers les autres. Il y aura bien quelqu'un, même ici. Toutes les portes ne sont pas fermées. Tous les regards ne fixent pas les ténèbres. Toutes les bouches n'appellent pas la fin du monde. Tous les coeurs ne sont pas irrémédiablement glacés. Il y a encore un battement, quelque chose qui se dresse contre les apparences, qui voit par-dessus leur épaule, une autre vérité. Sur notre terre brûlée, quelque chose pousse encore. Je n'ai cessé de le voir, depuis que tu m'as chassée. J'ai rencontré Kwin, Ayané, Wengisané, Mme Mulonga. J'ai même appris de Kwédi. Elles ne pouvaient pas tout, mais elles pouvaient beaucoup. Elles étaient la lumière frêle mais indéniable, qui brille sur l'autre face de l'obscur."
    La jeune fille, dont le prénom signifie “paix” en Douala, cherche à revoir sa mère et essaye de lui pardonner. Musango va se construire son identité, en renaissant par elle-même, au plus profond de l'âme de ce continent.
    "Tu as lambiné comme je le fais maintenant, avant de te rendre là où il fallait bien que tu ailles, puisqu'on ne pousse pas sans terre. C'est là que mes pas me conduisent, après une longue marche dans Sombé. Je découvre la ville comme je ne l'ai jamais connue, et même pas supposée.
    "

    Lien : http://lorrecrietic.tumblr.com/
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    • Livres 2.00/5
    Par Co, le 22 octobre 2008

    Co
    Deuxième roman de Léonora Miano, après L'intérieur de la nuit. Un peu moins bon selon moi. L'histoire de Musango, une petite fille de 9 ans, mal-aimée par sa mère, battue, considérée comme maléfique et finalement chassée. Dnas un pays qui tente de se relever d'une sanglante guerre civile (Le Mboasu, cf premier roman), Musango tombera dans les griffes de prédicateurs-charlatans qui font du trafic d'êtres humains mais fera tout pour retrouver sa mère malgré ce rapport de haine qui les lie. Léonora Miano poursuit ses réflexions sur le mal-être de l'Afrique et se penche sur la difficile relation mère-fille. C'est la petite fille qui parle mais son discours est trop structuré pour une fillette de 9 ans d'où un drôle d'effet... Et malgré la pertinence de cette analyse des rapports humains en Afrique, le roman finit par se répeter un peu. le tout s'essoufle... J'ai été un peu déçue par ce deuxième opus.
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    • Livres 5.00/5
    Par claudia, le 05 mai 2008

    claudia
    j'invite les amoureux de beaux textes à rentrer dans ce livre qui donne pourtant les mots pour en sortir au plus vite. Il vous prend au tripes ! Il nous renvoie à notre condition d'adulte aveugle. La souffrance des enfants, la violation de leurs droits. Et cette puissance de vie qui transparait au long du récit.
    J'ai eu la chance de rencontrer Léonora Miano. C'est une femme intelligente, qui au cours d'une conversation vous transmet toute sa sensibilité.
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    • Livres 5.00/5
    Par bibliopmo, le 04 juin 2008

    bibliopmo
    La petite Musango est chassée par ses parents, accusée d'être la cause de leur malheur, suite à la guerre qui a ravagé leur pays, le Mboasu. Enlevée puis vendue par des trafiquants, elle est séquestrée par des proxénètes qui dissimulent leur trafic derrière des activités religieuses. Elle s'enfuit. Durant son périple, elle s'adresse en imagination à sa mère.
    Prix Goncourt des lycéens 2006.
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Critiques presse (3)


  • Lecturejeune , le 01 mars 2007
    Lecture jeune, n°121 - Quelque part aujourd’hui en Afrique, une ancienne colonie française se remet difficilement de la guerre. La vie d’une femme s’effondre à la mort de son compagnon dont elle a une petite fille, Musango, qu’elle chasse pour avoir apporté le malheur dans sa vie. Le roman raconte l’aventure poignante de la fillette livrée à elle-même. Autour d’elle gravitent les figures attachantes d’une humanité qui, même dévoyée, reste battante. Le roman affiche une structure musicale optimiste en prenant appui sur un cri qui revient comme une vague « Et toi, mère, qu’as-tu fait de mon souvenir ? ». Les deux premières parties liquident le passé empoisonné dans un retour en arrière. L’interlude central évoque la rencontre symbolique du personnage avec la vieille dame apaisée qu’elle sera un jour. Les deux dernières parties reprennent une chronologie normale et affrontent le présent et l’avenir. Le propos du récit est double : rendre compte d’une souffrance privée et montrer à quel point celle-ci est intriquée dans la souffrance politique d’un peuple asservi longtemps par la colonisation. L’auteur dénonce la faute collective qui consiste à fuir dans la religion ou le rêve d’aller en France, au lieu de compter sur ses forces et d’affronter l’avenir. La narratrice voit tout du haut de ses douze ans. Mais elle se fait l’écho des idées de l’auteur, au point que sa crédibilité de narratrice enfant est mise à mal. Journal, récit, lettre, le livre est tout cela à la fois. Roman d’apprentissage, puisque l’héroïne finit par trouver sa voie, roman d’apprentissage politique, dont le message est clair : c’est en s’appuyant sur les forces de ceux qui ne se replient pas sur eux-mêmes que ce pays peut survivre. La narration au présent donne au texte la proximité d’une confession et d’un reportage : peu de descriptions, des faits rapportés au plus près à partir de phrases courtes. Le texte brûlant s’appuie sur tous les signes visibles de l’émotion en évitant les dangers du voyeurisme. Ce livre attachant fait confiance à la nature humaine et à ses capacités à rebondir. Il devrait toucher des adolescents et les sensibiliser à l’urgence de la question africaine. Nicole Wells
  • Lecturejeune , le 01 mars 2007
    Lecture jeune, n°121 - La voix qui nous happe est celle de Musango. Dans un long monologue intérieur, elle s’adresse à sa mère qui l’a chassée, l’accusant d’être un esprit malin, source de son malheur. Jetée à la rue, enlevée et revendue, la petite fille côtoiera pendant trois années le désespoir en servant des femmes recluses en partance pour l’Europe. Làbas, elles devront se vendre pour rembourser la dette du voyage : ces femmes, dit-on, vont « faire l’Europe »… Musango s’enfuit. Elle veut revoir sa mère et tenter de comprendre. En ville, elle retrouve les proxénètes sous les traits d’hommes d’église qui manipulent leurs fidèles. Le récit s’organise autour de quatre mouvements, quatre étapes du parcours intérieur de Musango vers l’affirmation de soi. « Je veux toujours écrire une chanson », confie l’auteur. La musicalité est effectivement bien là. Au fil de l’histoire, alors que Musango pose ses choix et développe son individualité, le rythme de l’écriture ralentit, s’apaise. La densité étouffante du monologue du « Prélude » cède la place aux dialogues. L’espoir s’installe. L’Afrique nous apparaît à travers le regard d’une enfant de douze ans, confrontée à la violence et à la haine. Ceux qu’elle rencontre ne semblent avoir d’autres alternatives que partir en Europe ou rejoindre des groupes religieux sectaires aliénants. « Ici on ne croit pas vraiment. On mise. On tente le coup (…) ce peuple qui ne peut croire en rien, puisqu’il ne croit pas en lui. Tout doit venir d’ailleurs, d’en haut, d’en bas, peu importe, pourvu que ce ne soit pas de l’intérieur ». Ce que dénonce l’auteur, par le personnage de la mère notamment, c’est « une conscience de soi très dégradée ». Musango, elle, s’affirme et dessine les Contours du jour qui vient. Hélène Sagnet
  • Lecturejeune , le 01 mars 2007
    Lecture jeune, n°121 - Amour et haine sont pareillement mis à l’honneur dans ce superbe livre qui nous fait partager tout le paradoxe de l’Afrique noire. Par le biais de Musango, mal aimée et malgré tout si vivante, nous découvrons la tragédie des populations africaines dévastées par les guerres et incapables de s’occuper de leurs enfants. La jeune narratrice nous bouleverse par l’amour indéfectible qu’elle porte à sa cruelle génitrice et par la capacité qu’elle a d’avancer malgré l’adversité et la cruauté des siens. Il s’agit d’un chant d’amour, d’un chant de résilience et de pardon. Quelle belle écriture pour dire l’indicible et l’innommable ! Léonora Miano a su conquérir la sensibilité des lycéens, elle a conquis la mienne par la parole universelle de cette enfant et sa posture de reine. Contours du jour qui vient a obtenu le prix Goncourt des lycéens en 2006. Les jeunes lecteurs avaient déjà couronné en 2000 un romancier africain, Ahmadou Kourouma pour son roman Allah n’est pas obligé (Seuil, 2000) sur la thématique des enfants soldats. ndlr Michelle Charbonnier

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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 02 septembre 2009

    Si notre peuple peut produire des individualités assez audacieuses pour affronter ses errances et ses lâchetés, il lui reste une chance de prétendre à sa grandeur. Notre valeur ne réside pas dans les métaux du sous-sol auxquels d'autres ont donné une importance que nous ne comprenons toujours pas, que nous ne savons ni cerner, ni exploiter pour le bien commun. Ils en fixent le prix et nous l'acceptons parce que cela ne signifie rien pour nous. Ils nous dupent peut-être, mais nous les laissons faire, toujours inaptes à décider quoi que ce soit pour nous-mêmes. Notre valeur n'est pas non plus cette mystique dénuée de spiritualité, au travers de laquelle nous prétendont commander aux puissances occultes. Sans chercher à nous conformer aux principes supérieurs et universels qui régissent la vie. Notre grandeur viendra de ce que nous saurons engendrer des êtres libres. Qu'ils se tiennent debout, qu'ils ne récitent leur longue généalogie que pour mieux regarder devant. Qu'ils disent : je suis parce que j'existe. Je récuse l'obscur et réfute la démence comme unique horizon. Et après qu'ils auront dit combien l'Afrique vaut mieux que ce qu'elle pense d'elle-même, des légions leur emboîteront le pas.
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  • Par Co, le 25 octobre 2008

    "Ils n'allaient pas se repentir, mais se plaindre. Ils n'allaient pas chercher comment recréer l'harmonie au sein de leurs familles, mais comment bouter hors de leur domicile le sorcier qui, ayant pris l'apparence d'un proche, avait précipité leur ruine."

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  • Par Sidou-69, le 04 juillet 2011

    " Il n'est que des ombres alentour, c'est à toi que je pense. Non pas qu'il fasse nuit, et que les vivants aient soudain épousé les couleurs du moment. Il aurait pu en être ainsi, si le temps prenait encore la peine de se fractionner en intervalles réguliers : secondes, minutes, heures, jours, semaines ... Mais le temps lui-même s'est lassé de ce découpage. "
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  • Par -Clea-, le 10 octobre 2011

    Nous vivons tous avec des épines dans le corps. Il suffit de savoir comment se mouvoir, pour qu'elles n'atteignent jamais un organe vital..
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  • Par -Clea-, le 09 octobre 2011

    Qu'il y ait un matin ou qu'il y ait une nuit, tout est semblable. Il n'est plus que des ombres alentour, je suis l'une d'elles, et c'est à toi que je pense.
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Vidéo de Léonora Miano

Léonora Miano présente "Ces âmes chagrines" .
Né dans l'Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n'arrive pas à surmonter la rancoeur qu'il nourrit envers sa mère, coupable de ne l'avoir pas assez aimé. Elle l'a laissé en pension alors qu'il n'avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien où il ne s'est jamais senti à sa place. Par ailleurs, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d'affection que lui.Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l'ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile.Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s'effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même...








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