
Les éditions Bragelonne ont le bon goût de rééditer en grand format, dans une nouvelle traduction, ce livre hélas passé trop inaperçu du grand public lors de sa sortie chez Press-Pocket. Ce premier roman de Michael Marshall Smith était toutefois devenu dès sa sortie en 1998 une sorte de "culte" confidentiel dans le landernau SF. L'œuvre, il faut le dire, est riche de caractéristiques alors bienvenues ; lesquelles ont, depuis, bâti la réputation de cet auteur fécond et atypique, véritable comète anglo-saxonne, qualifiée par un critique français de "Robert Sheckley survitaminé" – on ne saurait trop conseiller, entre autres, son Frères de chair, roman sur le clônage, à l'humour cruel et décapant, paru depuis. D'abord, nous voici devant un roman typé polar-sf d'un genre toutefois inclassable, qui file du jeu vidéo au cyberpunk pour finir dans le cauchemardesque drolatique – comme une nouvelle forme de "grand-guignol" ?. Ensuite, l'intrigue se déroule dans des "cités-univers" parallèles et emboîtées (le quartier "Rouge", le "Stable", celui du "Son", celui du "Centre"...) hantées de curieux personnages. Cités qui, si elles sont invraisemblables, réussissent tout de même à créer la "suspension temporaire de l'incrédulité" (selon une des formules célèbres de définition de la SF) parce qu'une cohérence avec notre réalité, étonnamment, subsiste. Enfin, ces aventures hallucinées du détective privé Stark, qui adore les chats et les variations vestimentaires, lancé dans la recherche éperdue d'un haut fonctionnaire, ne pourront pas se résoudre sans la convocation de paradoxes acrobatiques, comme de choses aussi surprenantes que la connaissance de soi et de son propre passé. Pour un coup d'essai, ce pr