ISBN : 2070323625
Éditeur : Gallimard (1986)


Note moyenne : 4.18/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Ces trois recueils composés entre 1936 et 1946, petits contes ou songes philosophiques dans la grande tradition de Zadig, des Lettres persanes ou des Voyages de Gulliver, quoique recouvrant une des périodes les plus tragiques de notre Histoire, offrent une lib... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 09 décembre 2008

    chartel
    Emerveillé par la poésie foisonnante d'Henri Michaux après la lecture d'un recueil rassemblant "Qui je fus", "Les rêves et la Jambe" et "Fables des Origines", je prolonge ma découverte par un autre triptyque intitulé "Ailleurs" incluant "Voyage en Grande Garabagne", "Au pays de la Magie" et "Ici, Poddema". le poète nous embarque dans des territoires imaginaires non pas pour nous offrir quelques instants d'évasion mais plutôt pour prendre un peu de recul sur les réalités de notre propre monde. Grâce à ce principe souvent utilisé en littérature, Henri Michaux dévoile les absurdités de la soi-disant normalité. La violence, la brutalité et les rivalités destructrices, causées par les incompréhensions et les appréhensions entre peuples ou entre communautés, dominent dans ce recueil. La prose d'Henri Michaux témoigne ainsi de son époque, des montées fascistes des années 1930 aux difficultés de l'après-guerre en passant par le terrible et nauséeux second conflit mondial. Ce qui intéresse Michaux dans ces pays imaginaires ne réside pas dans le paysage ni l'environnement mais dans les êtres : leurs pratiques sociales, leurs mœurs et leurs coutumes. Nous assistons à des scènes incongrues, loufoques et improbables parce que Michaux s'amuse à les exagérer en utilisant le gros pinceau. Pourtant, en affûtant notre regard, nous percevons, derrière cette apparence cocasse, le ridicule de nos pratiques sociales et la déplorable bêtise de nos trop envahissants dogmatismes.
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 09 février 2009

    Je dirai ailleurs comment ils augmentèrent, par expériences et traitements, ma connaissance des fatigues. Vraiment, je n’aurais jamais cru qu’il y en eût autant de différentes. Je craignis même d’y passer toute ma vie. On me « situa » aussi une vingtaine d’étouffements, à vrai dire à la limite du supportable, différents humides, et quantité de froid. Leur gamme de frissons aussi est extraordinaire, base d’une vie psychique plus évolué et presque de la mystique
    ....
    Ils se font enlever en l’air par un attelage de grands oiseaux de mer, quand ils tiennent à accomplir ou terminer un long voyage maritime, et n’ont pas la force magique de se transporter eux-mêmes « par voie de reconstitution ».
    Ces oiseaux, le grand ennui avec eux est qu’ils ne peuvent longtemps se passer de poisson et cherchent à se poser sur l’eau, ce qui n’est point l’affaire du voyageur qui, le derrière trempé, regrette de s’être mis en route
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  • Par chartel, le 09 décembre 2008

    Sur une grande route, il n’est pas rare de voir une vague, une vague toute seule, une vague à part de l’océan.
    Elle n’a aucune utilité, ne constitue pas un jeu.
    C’est un cas de spontanéité magique.
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  • Par hermineg, le 16 juillet 2011

    En Grande Garabagne et surtout dans la Péninsule assouline, les rapports entre hommes et femmes diffèrent à l'infini, d'un endroit à l'autre. Et c'est fait exprès, car rien, disent-ils, n'est absorbant comme ces choses, jusqu'à couvrir l'existence entière, une fois qu'elles ne sont pas réussies, alors que, simples, elles doivent glisser dans l'ensemble de la vie. Et ce qui convient à l'un ne convient pas à l'autre.
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  • Par brigetoun, le 17 novembre 2011

    ..leurs chefs ne siègent et ne discourent que derrière la statue (en bois léger, et transportable) d'un de leurs grands hommes du passé, aux principes desquels ils prétendent adhérer.
    Si j'ai bien compris leur éloquence, le principal, c'est de savoir placer sa statue au bon moment, de façon inattendue, dramatique, ou de la pousser petit à petit en la dissimulant, jusqu'au moment où on la découvre. Il faut s'entendre à la planter, violemment face à autrui, de façon choquante, à la faire pivoter brillamment et se dandiner insolemment devant un autre grand homme jugé méprisable...
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  • Par brigetoun, le 17 novembre 2011

    Ils se font enlever en l’air par un attelage de grands oiseaux de mer, quand ils tiennent à accomplir ou terminer un long voyage maritime, et n’ont pas la force magique de se transporter eux-mêmes « par voie de reconstitution ».
    Ces oiseaux, le grand ennui avec eux est qu’ils ne peuvent longtemps se passer de poisson et cherchent à se poser sur l’eau, ce qui n’est point l’affaire du voyageur qui, le derrière trempé, regrette de s’être mis en route.
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