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Qui je fus, précédé de 'Les Rêves et La Jambe' et de 'Fables des origines'1Ajouter à mes livres
LE GRAND COMBAT
Il l'emparouille et l'endosque contre terre ;
Il le rague et le roupéte jusqu'à son drâle ;
Il le pratéle et le libucque et lui baroufle les ouillais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ... > voir plus
Je suis entré dans l'œuvre d'Henri Michaux croyant lire de la poésie avec tout ce que ce terme contient de présupposés et d'images d'Epinal et j'ai été très agréablement surpris d'y découvrir un univers de libertés formelles et thématiques. Les groupements de textes ressemblent plus à un cahier de notes, un fourre-tout d'impressions et d'impulsions personnelles sur le quotidien de l'auteur, ses centres d'intérêts, ses rencontres.
J'aime découvrir ce qu'a pu vivre Henri Michaux, et tenter de comprendre la société de son époque à travers ses remarques : révolution freudienne, interprétation des rêves ; bouleversements artistiques avec l'unanimisme, le dadaïsme et le surréalisme ; enfin, apparition du cinématographe et du septième art, avec la figure emblématique de Charlie Chaplin.
Mais le double n’est jamais une projection de l’intérieur, c’est au contraire une intériorisation du dehors. Ce n’est pas un dédoublement de l’Un, c’est un redoublement de l’Autre. Ce n’est pas une reproduction du Même, c’est une répétition du Différent. Ce n’est pas l’émanation d’un JE, c’est la mise en immanence d’un toujours autre ou d’un Non-moi. Ce n’est jamais l’autre qui est un double, dans le redoublement, c’est moi qui me vis comme le double de l’autre : je ne me rencontre pas à l’extérieur, je trouve l’autre en moi.
Il l'emparouille et l'endosque contre terre ;
Il le rague et le roupète jusqu'à son drâle ;
Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l'écorcobalisse.
L'autre hésite, s'espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
C'en sera bientôt fini de lui ;
Il se reprise et s'emmargine... mais en vain
Le cerveau tombe qui a tant roulé.
Abrah ! Abrah ! Abrah !
Le pied a failli !
Le bras a cassé !
Le sang a coulé !
Fouille, fouille, fouille,
Dans la marmite de son ventre est un grand secret
Mégères alentours qui pleurez dans vos mouchoirs;
On s'étonne, on s'étonne, on s'étonne
Et on vous regarde
On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret.
Je suis habité; je parle à qui-je-fus et qui-je-fus me parlent. Parfois, j'éprouve une gêne comme si j'étais étranger. Ils font à présent toute une société et il vient de m'arriver que je ne m'entends plus moi-même.
"Allons leur dis-je, j'ai réglé ma vie, je ne puis plus prêter l'oreille à vos discours. A chacun son morceau du temps: vous fûtes, je suis. Je travaille, je fais un roman. Comprenez-le. Allez-vous-en."