ISBN : 2864320665
Éditeur : Verdier (2002)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
« Je voudrais faire des portraits qui un siècle plus tard aux gens d’alors apparussent comme des apparitions » écrivait Van Gogh il y a justement un siècle. Ces portraits, on peut douter qu’ils apparaissent aujourd’hui : comble de la valeur marchande, ils sont aussi p... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 20 décembre 2007

    chartel
    Court récit retraçant le parcours et les pensées d'un facteur de la fin du XIXe siècle, ayant vécu à Arles en compagnie d'un certain Vincent van Gogh. Richement documenté, étayé par de nombreuses références qui créent parfois comme un malaise, une honte de ne pas connaître tant de choses, d'être aussi inculte et de devoir constamment chercher dans le dictionnaire les définitions d'une pelletée de mots rarement entendus (barine par exemple ?), l'histoire est prétexte au déroulement d'une pensée, non pas celle de Joseph Roulin, l'intime du méconnu devenu grand peintre, mais bien évidemment de l'auteur. Il nous emporte dans ses divagations et ses suppositions avec une facilité étonnante grâce à sa remarquable prose, sa douce poésie, ses phrases amples et interminables qui nous perdent par des digressions avant de nous remettre sur pied sans qu'on puisse s'en apercevoir.
    Ce récit est aussi une véritable aventure. A la façon de Borges, peut-être, par la force de son vocabulaire, de ses références et de ses judicieuses répétitions, Pierre Michon nous permet cette évasion vers un univers que nous voudrions connaître et qui nous rappelle les rêves de l'enfance.
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    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 19 octobre 2011

    ay_guadalquivir
    Pierre Michon nous livre ici l'un de ses plus beaux textes. Il démontre ici, dans cet épisode de la Vie de Joseph Roulin, que le hasard conduit à se trouver à Arles au même moment qu'un certain Vincent van Gogh, son grand art dans cette manière de prendre l'histoire à témoin, légèrement à distance. Il y a dans ce texte - de la veine des Onze - une façon d'écrire qui nourrit l'imaginaire tout en restant au plus près du réel, une façon de reconstruire par les mots ce que L Histoire a dit. Et puis cette langue magnifique, simple pourtant, mais d'une richesse incroyable. D'un abord qui peut paraître difficile aux premières lignes, Michon développe doucement son récit, prodigieusement !
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par estrella_oscura, le 18 janvier 2012

    estrella_oscura
    Ce Joseph Roulin, illustre inconnu, était modeste employé des postes à Arles puis à Marseille à la fin du XIXe. Il était cet homme d'âge mûr, porté sur la boisson et fervent républicain que Van Gogh devait peindre plusieurs fois ainsi que sa femme Augustine et ses trois enfants. Tous, ces petites gens, ont été les témoins d'un des plus grands peintres du XIXe, de son quotidien, de ses motifs ; en somme témoins de l'Histoire, n'ayant pourtant pas de voix dans tout cela.
    Ce qu'il y a chez Michon, c'est ce talent de la digression et de la phrase poétique qui vole. Chaque fois que je le lis, il me semble qu'il est peintre. Car, au fond, il ne raconte pas, il tatonne, il pose une touche puis une autre jusqu'à former des rubans de phrases tournicotés à la lumière ; chacune de ses touches, exactement, a sa raison d'être là. le verbe est précis et tendre jusqu'à élever de modestes figures en mythes étonnants - archétypes d'une vie mystérieuse.
    Il faut aimer la langue indéniablement. Si tel est le cas, alors s'assoir confortablement, prendre le temps qu'il faut et boire les mots de Michon avec un extatique recueillement.
    Je relisais une interview qu'il a donné au Matricule des Anges à la sortie de l'ouvrage où il dit :

    "Ecrire, ce n'est pas aller vraiment vers quelque chose de toujours plus enfoui, c'est danser autour, c'est chanter autour, mais chaque fois sans doute, cette chose que l'on cherche, on la creuse un peu plus..."

    Alors, tout simplement, il suffit de le laisser nous faire danser.

    Lien : http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2011/11/29/vi..
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Citations et extraits

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  • Par ay_guadalquivir, le 10 novembre 2011

    incipit :
    "L'un fut nommé là par la Compagnie des Postes, arbitrairement ou selon ses voeux ; l'autre y vint parce qu'il avait lu des livres ; parce que c'était le Sud où il croyait que l'argent était moins rare, les femmes plus clémentes et les cieux excessifs, japonais. Parce qu'il fuyait. Des hasards les jettèrent dans la ville d'Arles, en 1888. Ces deux hommes si dissemblables se plurent ; en tout cas l'apparence de l'un, l'aîné, plut assez à l'autre pour qu'il la peignît quatre ou cinq fois."
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  • Par chartel, le 20 décembre 2007

    Devant la bouteille décachetée, le facteur essaya de savoir pourquoi Vincent était un grand peintre, et l’autre expliqua comme il put ce qu’il ne savait pas lui-même, ce que nul ne sait, et Roulin donc qui opinait profondément ne fut pas plus avancé.
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  • Par chartel, le 20 décembre 2007

    On est devenu très fort depuis qu’on sait que tout le langage ment
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