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ISBN : 2266239724
Éditeur : Pocket (2013)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Deux villes, un seul territoire ... Besźel et Ul Qoma se partagent un labyrinthe de rues enchevêtrées, s'ignorant mutuellement. Le passage de l'une à l'autre, un simple regard même, implique l'intervention d'une milice transnationale et omnipotente. Côté Besźel, l'assassinat d'une jeune étudiante en archéologie va mettre le feu aux poudres ...
En charge d'une enquête délicate, entre secrets d'histoire et brouillard juridictionnel, l'inspecteur Borlù... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
fnitter
fnitter22 décembre 2014
  • Livres 2.00/5
Bien décevant.
Un roman multi-primé (au point que je ne les citerais pas tous) d'un auteur habitué à ce genre de traitement (il n'a plus de place sur sa cheminée pour tous les mettre). Un roman d'une exceptionnelle qualité donc ? Et bien encore une fois, je ne ferais pas partie de la troupe.
Borlu, appartenant la brigade des crimes extrêmes, est chargé du meurtre d'une jeune inconnue retrouvée dans sa ville de Beszel. le souci, c'est qu'elle semble avoir été tuée à Ul Qoma, la ville voisine. Enfin voisine, tellement proche qu'elle occupe le même espace, les habitants s'évisant (ne pas voir, ignorer) tellement mutuellement qu'au moindre faux pas, une mystérieuse organisation : la rupture, intervient pour remettre les choses en ordre.
Un background indéniablement original. Et si le début du livre peut paraître nébuleux, la simple lecture de la quatrième de couverture nous renseigne sur ou dans quoi on va mettre les pieds, ou plutôt les yeux. L'auteur développe un vocabulaire spécifique à cette situation (éviser, brutopiquement, inouïr, rompre etc) que les habitants respectent scrupuleusement, éduqués, conditionnés depuis leur naissance et surveillés par la rupture. Une guerre froide des cerveaux, un apartheid mutuel, un Berlin sans le mur autre que dans la tête entre Beszel l'occidentale et Ul Qoma l'arabisante.
Le problème, à mon sens, c'est que je n'ai du tout trouvé la situation crédible. Je pensais au début à une sorte de monde parallèle avec zones tramées (à la Fringe), mais non, que du physique.
L'atmosphère du livre est sombre, lourde, pâteuse même je dirais, l'enquête mouline, on pédale dans la choucroute, baigné de surcroît dans un flou plus ou moins artistique mêlé de politique absconse et improbable. Les personnages sont aussi froids que le style.
Si l'on ajoute que je ne suis pas particulièrement adepte du roman noir, il en résulte que je suis complètement resté à l'extérieur de l'histoire et que du coup, je me suis prodigieusement ennuyé (pour rester poli).
C'est mauvais ? Non vu le nombre d'admirateurs. Est-ce que je suis totalement hermétique au roman noir vaguement sf ? Non j'ai adoré par exemple Les Racines du mal de Dantec. A l'auteur alors ? Il faudrait que je lise son autre « réussite » primée : Perdido street station, mais disons que commençant à connaître mes goûts en matière de lecture, je crains que China Mieville ne soit pas ma came.
Lu et critiqué dans le cadre de l'opération masse critique. Merci à Babelio et Pocket.
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lyoko
lyoko05 février 2016
  • Livres 2.00/5
Ce roman aurait du tout avoir pour me plaire : un policier avec de la fiction et une certaine critique politique en prime... bref tout ce que j'aime en général.. mais j'aurais du me méfier ce livre a été primé plusieurs fois.. et là une fois encore (hormis de très rare exceptions) je passe plus qu'à coté d'un livre ayant reçu moulte récompenses
Je ne vais pas m'étendre sur l'histoire la quatrième de couverture en dit largement assez pour se faire une idée. Et pourtant elle me faisait envie cette quatrimèe de couverture, mais je me suis ennuyée, trop de stéréotype et en plus des personnages lises comme des galets, une action inexistante et un monde politique complètement incrédible à mes yeux.
Je n'ai jamais lu Miéville auparavant mais Walktapus m'en avait donné envie. Je ne resterais pas sur cette déception , j'en lirais s'en doute un autre un des ces jours.. il ne me reste plus qu'a décider lequel.
Commenter    J’apprécie          379
gruz
gruz05 janvier 2012
  • Livres 5.00/5
Ce roman est un OVNI, une étoile étincelante dans l'univers souvent formaté de la littérature actuelle.
Le sujet est casse-gueule, l'intrigue improbable. Après 30 pages, je me suis demandé "c'est quoi ce truc ?", après 60 pages "eh, c'est bizarre ce machin", après 100 pages j'étais totalement hypnotisé.
Mélanger avec tant de brio une intrigue policière "classique", un environnement de SF "conceptuel" et des réminiscences politiques profondes, tient presque du génie.
Tout est dans l'ambiance ; l'intrigue, pourtant intéressante, en devient presque secondaire. On déambule un peu ahuri dans cet univers improbable qui, pourtant, prend vie au fil des pages. Une sorte de Berlin de la guerre froide, version contemporaine.
Sans doute pas facile d'accès de prime abord, ce roman risque fort de subjuguer le lecteur qui trouvera l'envie de s'y plonger totalement.
Mention spéciale à la traductrice, le boulot ne devait pas être de tout repos, tant l'auteur aime jouer avec les mots.
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GabySensei
GabySensei24 décembre 2011
  • Livres 2.00/5
Ce livre me laisse un sentiment partagé. Il a remporté tous les prix majeurs de science-fiction anglo-saxon (prix Hugo, Locus, World fantasy award...). Je m'attendais donc à avoir une révélation. Hélas cela n'a pas été le cas. J'avais déjà calé auparavant sur Perdido street station. Mais face à tant d'éloges il faut mettre ses préjugés de côté et se frotter au texte pour se faire une opinion.

Le problème majeur avec ce livre est que je ne trouve pas son postulat de base crédible.
Ce roman évoque deux villes (Beszel et Ui Qoma), qui partagent un même espace géographique mais qui s'ignorent l'une l'autre pour des raisons historiques et politiques obscures. Ainsi les habitants d'une ville doivent faire semblant de ne pas voir les habitants de l'autre ville (Cela s'appelle "éviser") alors même qu'ils se croisent tous les jours dans la rue. Ces rues sont "tramées" c'est à dire séparées en deux et aucune interaction ne doit se produire entre les deux villes. Si c'était le cas il y aurait "Rupture" et donc intervention d'une force mystérieuse et toute puissante pour rétablir l'équilibre et l'étanchéité entre les deux villes. Les habitants sont donc condamnés à êtres schizophrènes.

Cette idée de base, pour peu crédible qu'elle soit, est néanmoins originale et permet à l'auteur de développer un univers complexe en construisant une intrigue policière intéressante.
J'ai quand même fini le livre, mais je pense qu'il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Suffit-il aujourd'hui d'avoir une idée originale et non traitée par d'autres auteurs pour remporter le prix Hugo?
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Thyuig
Thyuig13 janvier 2012
  • Livres 4.00/5
Deux villes partagent un même espace, deux façons d'habiter un même endroit, en "s'évisant" - c'est à dire en ne risquant jamais d'interagir avec l'autre- pour éviter de "rompre".
Tour de force de China Miéville, réussir à faire tenir son concept sur 400 pages, parce qu'il faut bien comprendre ceci : Beszel et Ul Qoma se partagent le même territoire mais leurs ressortissants ne se cotoient jamais. Les deux villes sont tramées d'abord sur cartes et plans mais surtout dans la tête des habitants. The city & the city, c'est Berlin est et ouest sans le mur. D'où la difficulté de Miéville à tenir son roman, qui, d'une banale intrigue de roman noire - le cadavre d'une fille est retrouvée à Beeszel dans un véhicule abandonné - va pouvoir dévellopper son concept sans jamais risquer de rompre son fil narratif. Si ce cadavre est à Beszel il aurait pu être transporté depuis Ul Qoma, et dans ce cas y aurait-il rupture ?
Génial d'inventions, sans doute moins passionnant que les périgrinations de Perdido Street Station dans New Crobuzon, The City & The City égrène quand même son chapelet d'intérêts, et même si ce n'est pas toujours facile à suivre, voilà un roman bien pertinent entièrement consacré au clivage societale.
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Les critiques presse (1)
Elbakin.net28 novembre 2011
Qu’ils aiment ou non le fantastique et la fantasy, ils découvriront un roman original, vraiment original, une porte d’entrée sur l’un des auteurs les plus importants de l’Imaginaire, qu’il soit classé dans les littératures de même nom, ou en littérature générale, comme c’est le cas pour cette traduction français qui fait le pari du policier. Bref, une idée comme on en rencontre tous les dix ans, pour un œuvre vertigineuse, éblouissante, le chef-d’œuvre de China Miéville – enfin
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PenelopePenelope28 avril 2012
- Ils l'ont coffre?
- Tyad, écoutez-moi. Ils ne peuvent pas. C'est bien ça le problème.
- Qu'est-ce qui se passe?
- Ils... Ils pensent qu'il n'est pas à Ul Qoma.
- Il a traverse? Il faut appeler la police des frontières de Beszel, alors.
- Non, écoutez. Ils n’arrivent pas à déterminer où il est.
- Hein? Hein? Qu'est-ce que c'est que cette connerie?
- Il se contente de... Il s'est juste planté devant l'entrée au vu et au su de tous, quand ils se sont avancés vers lui, il s'est mi à marcher... Mais à sa façon de se déplacer... aux vêtements qu'il porte... Ils ne réussissent pas à se rendre compte s'il est à Beszel ou à Ul Qoma.
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SpilettSpilett29 janvier 2012
— Ça doit faire un effet bizarre, non ? m’a-t-il demandé.
Le fait est. J’ai regardé ce qu’il me montrait. Tout en évisant, bien sûr (mais comment ne pas les percevoir), tous les lieux familiers que je traversais brutopiquement : ces rues que je parcourais à intervalles réguliers, à présent situées à toute une ville de distance ; tel ou tel café que je fréquentais et que nous longions maintenant, mais dans un autre pays. Je les maintenais en toile de fond, désormais, à peine plus présents que ne l’était Ul Qoma quand je me trouvais chez moi.
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joedijoedi01 août 2013
D'un revers de la main, j'ai chassé le chocolat répandu sur mes notes. L'archétype de Noir dessiné sur ma boîte de cacao en poudre français me souriait.
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raton-liseurraton-liseur27 septembre 2011
If someone needed to go to a house physically next door to their own but in the neighbouring city, it was in a different road in an unfriendly power. (...)
But pass through Copula Hall and she or he might leave Besźel, and at the end of the hall come back to exactly (corporeally) where they had just been, but in another country, a tourist, a marvelling visitor, to a street they had always unseen, to the Ul Qoman house sitting next to and a whole city away from their own building, unvisible there now they had come through, all the way across the Breach, back home. (p. 86, Chapitre 6, Partie I, “Besźel”).
Tentative de traduction : « Si quelqu’un devait se rendre dans une maison physiquement voisine de la sienne mais dans la ville autre, c’était une autre rue, un monde hostile. (…)
Mais en passant par le Siège de la Copule, cette personne pouvait quitter Beszél et, à la sortie, revenir à l’endroit (corporellement) exact qu’elle venait de quitter, mais dans un autre pays, touriste, visiteur émerveillé, dans une rue jusqu’alors toujours invue, dans une maison Ul Qomanienne située tout à côté et à toute une ville de distance de sa propre maison, celle-ci devenue invisible maintenant qu’elle est de l’autre côté, de l’autre côté de la Faille, là-bas chez soi. »
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raton-liseurraton-liseur27 septembre 2011
It must be an intoxication to step through the borders and greet their foreign comrades across what they made suddenly one street, to make their own country even if just for seconds at night in front of a scrawled slogan and a broken window. They must know by now that the populaces were not coming with them, but they did not disappear back to their respective cities. How could they go back now? Honour, despair, or bravery kept them coming. (p. 335, Chapitre 27, Partie III, “Breach”).
Tentative de traduction : « Ce devait être enivrant de passer par-delà les frontières et de saluer leurs camarades étrangers de l’autre côté de ce qui devenait tout à coup une rue, de créer leur propre pays même si ce n’était que pour quelques secondes, de nuit, avec pour seuls témoins un slogan hâtivement griffonné et une fenêtre cassée. Ils devaient savoir maintenant que la population ne les rejoindrait pas, mais ils ne se repliaient pas pour autant dans leurs villes respectives. Comment auraient-ils pu revenir en arrière maintenant ? L’honneur, le désespoir ou le courage les poussaient de l’avant. »
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Non sous-titré.
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