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ISBN : 2266239724
Éditeur : Pocket (2013)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 91 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Deux villes, un seul territoire ... Besźel et Ul Qoma se partagent un labyrinthe de rues enchevêtrées, s'ignorant mutuellement. Le passage de l'une à l'autre, un simple regard même, implique l'intervention d'une milice transnationale et omnipotente. Côté Besźe... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par gruz, le 05 janvier 2012

    gruz
    Ce roman est un OVNI, une étoile étincelante dans l'univers souvent formaté de la littérature actuelle.
    Le sujet est casse-gueule, l'intrigue improbable. Après 30 pages, je me suis demandé "c'est quoi ce truc ?", après 60 pages "eh, c'est bizarre ce machin", après 100 pages j'étais totalement hypnotisé.
    Mélanger avec tant de brio une intrigue policière "classique", un environnement de SF "conceptuel" et des réminiscences politiques profondes, tient presque du génie.
    Tout est dans l'ambiance ; l'intrigue, pourtant intéressante, en devient presque secondaire. On déambule un peu ahuri dans cet univers improbable qui, pourtant, prend vie au fil des pages. Une sorte de Berlin de la guerre froide, version contemporaine.
    Sans doute pas facile d'accès de prime abord, ce roman risque fort de subjuguer le lecteur qui trouvera l'envie de s'y plonger totalement.
    Mention spéciale à la traductrice, le boulot ne devait pas être de tout repos, tant l'auteur aime jouer avec les mots.
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    • Livres 5.00/5
    Par kedrik, le 07 septembre 2011

    kedrik
    On aurait tort de réduire China Miéville a un anti-tolkieniste primaire tout juste bon à pisser de la fantasy socialo-bizarre. Perdido Street Station démontrait déjà que c'était un urbaniste imaginaire bourré de talent. Les Scarifiés enfonçait le clou avec une communauté flottante plus riche que le repas de la soirée "Boudin et purée" de l'association des boulimiques qui s'assument. Et bien The City and the City vient confirmer, comme si c'était nécessaire, que Miéville est génial.
    C'est un polar, puisque l'on suit une enquête de l'inspecteur Tyador Borlu. Une affaire de meurtre tout ce qu'il y a de plus classique dans son approche : le corps d'une jeune femme retrouvé dans un parc où zonent skaters et dealers. du 1 000 fois lu. Sauf que... Miéville se sert du prétexte du polar pour décrire un décor imaginaire ancré pourtant dans notre réalité. L'enquête ne se déroule pas à New York ou à Londres, non, il prend place dans la plus incroyable des constructions ubaines : dans la double ville de Beszel/Ul Qoma. Plantées en plein milieu des Balkans, ces deux villes partagent le même territoire tout en s'ignorant totalement. C'est difficile à décrire sans dévoiler tout l'intérêt du bouquin, aussi je ne vais pas en dire plus. Mais c'est diaboliquement intelligent.
    L'enquête est bourrée de réflexions sur cette cohabitation étrange entre deux mondes. La logique de scotomisation des habitants des deux cités teintent progressivement l'esprit du lecteur qui plonge dans une situation volontiers kafkaïenne. Ce n'est pas seulement une coexistence territoriale, c'est une vue de l'esprit, un mécanisme de défense pour ménager la chèvre et le chou, la chèvre étant Beszel l'occidentale et le chou Ul Qoma l'arabisante. Ces deux cités forment un pont entre deux mondes, à l'instar d'une Istambul qui a le cul entre deux chaises. Mais la dualité Beszel/Ul Qoma trouve des résonances dans d'autres pays, comme dans une danse lascive entre Wallons et Flamands, l'impasse québéco-canadienne, une Irlande artificiellement scindée, une Palestine amputée au scalpel...
    Ce n'est clairement pas le meilleur polar du monde. L'enquête s'amuse même à faussement flirter avec la mode des complots et des mystères archéologiques. En fait, la construction du décor est si intelligente qu'elle éclipse l'intrigue. Par moment, j'avais presque envie que Miéville arrête son récit et transforme son livre en un guide de voyage tellement ce qu'il avait à dire sur ces deux villes qui se tournent le dos était passionnant.
    Alors voilà. The City and the City. Une enquête, oui, mais surtout la découverte de deux populations enchevêtrées qui se font la gueule comme un vieux couple qui fait chambre à part mais qui ne peut pas divorcer à cause des enfants. Et surtout, la brillante démonstration que l'on peut écrire des oeuvres de fiction en insufflant un contenu politique et sociale. Parce que pour chaque habitant de Beszel qui fait semblant de ne pas voir son voisin d'Ul Qoma (et réciproquement), je me vois dans mon petit théâtre urbain en train de ne pas regarder le SDF du coin de la rue, inconsciemment ignorer le juif orthodoxe qui attend pourtant sur le même passage clouté que moi, snober la femme voilée du regard... Beszel/Ul Qoma, c'est partout autour de nous, si on regarde bien. Mais on ne fait que percevoir, justement.
    Le livre refermé, je jette un autre regard sur ma ville. Pas à la Amélie Poulain, je ne fais pas chier les aveugles qui ne m'ont rien demandé, mais je cherche les détails que mes yeux croisent et que pourtant je refoule, par habitude, par étroitesse d'esprit ou par choix. La société s'attend à ce que je reste dans mon territoire, je fais bien attention à ne pas franchir tout un tas de frontières invisibles.
    Quand je serai grand, je veux être China Miéville.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2010/03/city-and-city.html
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    • Livres 2.00/5
    Par GabySensei, le 24 décembre 2011

    GabySensei
    Ce livre me laisse un sentiment partagé. Il a remporté tous les prix majeurs de science-fiction anglo-saxon (prix Hugo, Locus, World fantasy award...). Je m'attendais donc à avoir une révélation. Hélas cela n'a pas été le cas. J'avais déjà calé auparavant sur Perdido Street Station. Mais face à tant d'éloges il faut mettre ses préjugés de côté et se frotter au texte pour se faire une opinion.

    Le problème majeur avec ce livre est que je ne trouve pas son postulat de base crédible.
    Ce roman évoque deux villes (Beszel et Ui Qoma), qui partagent un même espace géographique mais qui s'ignorent l'une l'autre pour des raisons historiques et politiques obscures. Ainsi les habitants d'une ville doivent faire semblant de ne pas voir les habitants de l'autre ville (Cela s'appelle "éviser") alors même qu'ils se croisent tous les jours dans la rue. Ces rues sont "tramées" c'est à dire séparées en deux et aucune interaction ne doit se produire entre les deux villes. Si c'était le cas il y aurait "Rupture" et donc intervention d'une force mystérieuse et toute puissante pour rétablir l'équilibre et l'étanchéité entre les deux villes. Les habitants sont donc condamnés à êtres schizophrènes.

    Cette idée de base, pour peu crédible qu'elle soit, est néanmoins originale et permet à l'auteur de développer un univers complexe en construisant une intrigue policière intéressante.
    J'ai quand même fini le livre, mais je pense qu'il ne me laissera pas un souvenir impérissable. Suffit-il aujourd'hui d'avoir une idée originale et non traitée par d'autres auteurs pour remporter le prix Hugo?
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    • Livres 4.00/5
    Par Thyuig, le 13 janvier 2012

    Thyuig
    Deux villes partagent un même espace, deux façons d'habiter un même endroit, en "s'évisant" - c'est à dire en ne risquant jamais d'interagir avec l'autre- pour éviter de "rompre".
    Tour de force de China Miéville, réussir à faire tenir son concept sur 400 pages, parce qu'il faut bien comprendre ceci : Beszel et Ul Qoma se partagent le même territoire mais leurs ressortissants ne se cotoient jamais. Les deux villes sont tramées d'abord sur cartes et plans mais surtout dans la tête des habitants. The City & the City, c'est Berlin est et ouest sans le mur. D'où la difficulté de Miéville à tenir son roman, qui, d'une banale intrigue de roman noire - le cadavre d'une fille est retrouvée à Beeszel dans un véhicule abandonné - va pouvoir dévellopper son concept sans jamais risquer de rompre son fil narratif. Si ce cadavre est à Beszel il aurait pu être transporté depuis Ul Qoma, et dans ce cas y aurait-il rupture ?
    Génial d'inventions, sans doute moins passionnant que les périgrinations de Perdido Street Station dans New Crobuzon, The City & the City égrène quand même son chapelet d'intérêts, et même si ce n'est pas toujours facile à suivre, voilà un roman bien pertinent entièrement consacré au clivage societale.
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    • Livres 4.00/5
    Par pixton, le 22 octobre 2014

    pixton
    Extrait de la chronique :
    China Miéville prend son temps, édifie au fil des pages un univers incroyable de cohérence et d’inventivité. Les noms des habitants ou des rues, mélange de Turc et d’Allemand, nous laissent imaginer une sorte de cité qui serait issue des conflits de l’ex-Yougoslavie, et où régnerait un pouvoir implacable. Imaginez un Berlin du temps de la scission post-WW2, avec en guise de soldats et de mur, des agents quasi surnaturels, une présence indicible mais permanente, la sensation d’être sans cesse scruté, fliqué. Sans compter qu’une ville se porte mieux que l’autre : Si Ul Qoma est plutôt riche et sophistiquée, Bezs est en perdition. On sent affleurer une pauvreté tant sociale qu’intellectuelle. On s’imagine volontiers trouver de gros bocaux de cornichons est-allemands dans leurs épiceries…
    China Miéville possède un sens du récit extraordinaire, et c’est par petites touches qu’il nous dresse son tableau. Il faut s’immerger dans le récit pour débusquer les détails, voir ces villes prendre vie. Et quoi de mieux qu’une enquête policière pour décrypter une société? La trame de l’affaire qui est le point de départ du livre se révèle somme toute classique, mais est très bien tenue. Alors d’accord, je concède qu’il y a quelques longueurs et qu’à vouloir prendre son temps, China perd parfois le rythme, vers le milieu du bouquin. Mais attention, ne vous arrêtez pas à ça. parce que le découpage efficace, en trois parties, (la aussi, cohérence superbe avec l’univers de la ville double et cette troisième force mystérieuse) relance la machine dans un final et un dernier tiers éblouissants.
    Une fois qu’on referme le bouquin, on se dit qu’on a lu de la vraie SF paranoïaque, à l’ancienne, avec conspirations, agents doubles, nationalistes pathétiques. On a l’impression que si Bezs et Ul Qoma sont issues de l’imagination d’un écrivain, elle ne sont finalement pas si éloignées de nous. C’est l’effet produit par la bonne SF, ici dans la lignée de 1984 ou des romans de Philip K. Dick.
    Un vrai bon polar SF.

    Lien : http://ledecapsuleur.com/?p=2124
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Critiques presse (1)


  • Elbakin.net , le 28 novembre 2011
    Qu’ils aiment ou non le fantastique et la fantasy, ils découvriront un roman original, vraiment original, une porte d’entrée sur l’un des auteurs les plus importants de l’Imaginaire, qu’il soit classé dans les littératures de même nom, ou en littérature générale, comme c’est le cas pour cette traduction français qui fait le pari du policier. Bref, une idée comme on en rencontre tous les dix ans, pour un œuvre vertigineuse, éblouissante, le chef-d’œuvre de China Miéville – enfin
    Lire la critique sur le site : Elbakin.net

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Citations et extraits

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  • Par Penelope, le 28 avril 2012

    - Ils l'ont coffre?
    - Tyad, écoutez-moi. Ils ne peuvent pas. C'est bien ça le problème.
    - Qu'est-ce qui se passe?
    - Ils... Ils pensent qu'il n'est pas à Ul Qoma.
    - Il a traverse? Il faut appeler la police des frontières de Beszel, alors.
    - Non, écoutez. Ils n’arrivent pas à déterminer où il est.
    - Hein? Hein? Qu'est-ce que c'est que cette connerie?
    - Il se contente de... Il s'est juste planté devant l'entrée au vu et au su de tous, quand ils se sont avancés vers lui, il s'est mi à marcher... Mais à sa façon de se déplacer... aux vêtements qu'il porte... Ils ne réussissent pas à se rendre compte s'il est à Beszel ou à Ul Qoma.
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  • Par Spilett, le 29 janvier 2012

    — Ça doit faire un effet bizarre, non ? m’a-t-il demandé.
    Le fait est. J’ai regardé ce qu’il me montrait. Tout en évisant, bien sûr (mais comment ne pas les percevoir), tous les lieux familiers que je traversais brutopiquement : ces rues que je parcourais à intervalles réguliers, à présent situées à toute une ville de distance ; tel ou tel café que je fréquentais et que nous longions maintenant, mais dans un autre pays. Je les maintenais en toile de fond, désormais, à peine plus présents que ne l’était Ul Qoma quand je me trouvais chez moi.
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  • Par joedi, le 01 août 2013

    D'un revers de la main, j'ai chassé le chocolat répandu sur mes notes. L'archétype de Noir dessiné sur ma boîte de cacao en poudre français me souriait.

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  • Par raton-liseur, le 27 septembre 2011

    If someone needed to go to a house physically next door to their own but in the neighbouring city, it was in a different road in an unfriendly power. (...)
    But pass through Copula Hall and she or he might leave Besźel, and at the end of the hall come back to exactly (corporeally) where they had just been, but in another country, a tourist, a marvelling visitor, to a street they had always unseen, to the Ul Qoman house sitting next to and a whole city away from their own building, unvisible there now they had come through, all the way across the Breach, back home. (p. 86, Chapitre 6, Partie I, “Besźel”).
    Tentative de traduction : « Si quelqu’un devait se rendre dans une maison physiquement voisine de la sienne mais dans la ville autre, c’était une autre rue, un monde hostile. (…)
    Mais en passant par le Siège de la Copule, cette personne pouvait quitter Beszél et, à la sortie, revenir à l’endroit (corporellement) exact qu’elle venait de quitter, mais dans un autre pays, touriste, visiteur émerveillé, dans une rue jusqu’alors toujours invue, dans une maison Ul Qomanienne située tout à côté et à toute une ville de distance de sa propre maison, celle-ci devenue invisible maintenant qu’elle est de l’autre côté, de l’autre côté de la Faille, là-bas chez soi. »
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  • Par raton-liseur, le 27 septembre 2011

    It must be an intoxication to step through the borders and greet their foreign comrades across what they made suddenly one street, to make their own country even if just for seconds at night in front of a scrawled slogan and a broken window. They must know by now that the populaces were not coming with them, but they did not disappear back to their respective cities. How could they go back now? Honour, despair, or bravery kept them coming. (p. 335, Chapitre 27, Partie III, “Breach”).
    Tentative de traduction : « Ce devait être enivrant de passer par-delà les frontières et de saluer leurs camarades étrangers de l’autre côté de ce qui devenait tout à coup une rue, de créer leur propre pays même si ce n’était que pour quelques secondes, de nuit, avec pour seuls témoins un slogan hâtivement griffonné et une fenêtre cassée. Ils devaient savoir maintenant que la population ne les rejoindrait pas, mais ils ne se repliaient pas pour autant dans leurs villes respectives. Comment auraient-ils pu revenir en arrière maintenant ? L’honneur, le désespoir ou le courage les poussaient de l’avant. »
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