Henry Miller, auteur américain autodidacte dont les écrits d'avant-garde, les ouvrages satiriques ou autobiographiques ont marqué de leur sceau le XX° siècle, a commis, dans un genre complètement différent, le sourire au pied de l'échelle, un conte philosophique fort sympathique qui aborde l'image et le paraître, l'authenticité,la recherche du moi véritable et donc du bonheur à travers le thème du clown.
Une histoire simple,celle du clown August dont le talent et la mise au point d'un numéro au bas d'une "échelle tendue vers la lune" le rendent célèbre jusqu'à ce que les intolérables exigences du public le fassent renoncer à plaire.Le remplacement par la suite d'Antoine,clown ordinaire,le mettra face à un choix cruel et à sa propre réalité.
Cet ouvrage bilingue est fort agréable à lire (même pour les non férus d'anglais comme moi) car très poètique (et l'anglais très musical relève cette prose de ses intonations).
"Le clown,c'est le poète en action" confie
Henry Miller, "il est l'histoire qu'il joue", "entre le monde et lui se dresse le rire", "un rire, silencieux,sans gaieté", d'autodérision, un rire "enfanté par les larmes".
L'Auguste d'
Henry Miller, lui a été légué dit-il par Seurat (entre autres), d'où la raison de ma lecture car j'adore le cirque de Seurat (vu au
Musée d'Orsay) , dont les verticales sont plaisir,les horizontales sont calme et les arabesques se brisent, lieu de tous les dérèglements lorsque le clown rieur, tel un magicien, semble créer le spectacle en soulevant la piste.