> Georges Belmont (Autre)

ISBN : 2253008257
Éditeur : Le Livre de Poche (1976)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 43 notes) Ajouter à mes livres
Empoigner la vie et la savourer à loisir. Henry Miller ne réalisera vraiment son rêve qu'après avoir rencontré la jeune femme à qui est dédié ce livre, Mona (héroïne de Plexus et de Nexus), et après avoir compris que, plus encore que mordre la vie à belles dents, il dés... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Tropic of Capricorn
    Traduction : Jean-Claude Lefaure
    Avec « Tropique du capricorne », auquel il mit le point final en 1938, alors qu'il s'était installé en France, Henry Miller nous offre une œuvre qui, comme le « Tropique du cancer », éclate et se disperse encore un peu dans toutes les directions, tel un magnifique feu d'artifice conçu par un pyrotechnicien à la fois génial et complètement « allumé ». Mais l'ensemble est déjà beaucoup plus structuré et l'on peut y lire l'un des hymnes les plus poignants, les plus sincères et les plus humbles qu'un écrivain ait jamais dédié à la Passion d'Ecrire.
    Pourtant, si l'on s'en tient au titre donné par l'auteur à la première partie de son roman – qui est aussi la plus longue – on ne s'attend guère à ce qu'il y soit beaucoup question de l'acte d'écrire (ou de l'impossibilité dans laquelle on se trouve d'y parvenir). Intitulé en effet, en toute (fausse Laughing ) candeur millerienne, « Sur le Trolley Ovarien », ce premier acte a surtout pour objet de nous décrire en long et en large les splendeurs et les misères qui présidèrent au passage de l'auteur à la "Compagnie Cosmodémonique du Télégraphe pour L'Amérique du Nord" : un mélange de Kafka et de Jarry, avec l'humour ravageur d'un Rabelais, et cette « patte » qui n'appartenait qu'à Miller lui-même.
    «[ …] … Au bout de quelques mois, » confie-t-il au lecteur avec la jubilation que l'on devine, « je trônais place du Soleil-Couchant, engageant et saquant que c'en était de la démence. Un véritable abattoir, à Dieu ne plaise. Un pur non-sens, du haut en bas. Un gâchis d'hommes, de matériel, d'énergie. Une farce hideuse avec, en toile de fond, la sueur et la misère. Mais, tout comme j'avais accepté de servir de mouche, j'acceptai d'engager, de saquer et tout le tremblement ….[…] »
    Toutefois, au-delà son cynisme habituel, on sent bien la réelle tendresse que Miller portait à tant de pauvres bougres rencontrés à cette époque dans les locaux de la Compagnie. Quant aux bougresses … Non, nous laisserons au lecteur le soin d'apprécier les pages que leur consacre un Miller qui, comme d'habitude, ne se gêne pas pour appeler … un chat un chat. (!!!) Il le fait d'ailleurs avec un naturel si désarmant qu'on se demande bien pourquoi l'Anasthasie américaine eut si longtemps des vapeurs en déchiffrant sa prose.
    Dans la deuxième partie, ou plutôt dans l' « Interlude », l'écrivain donne libre cours à sa logorrhée scriptrice. Aux scènes de sexe toujours explicites mais jamais vulgaires - enfin, c'est mon avis et libre à vous de ne pas le partager ! - et aux évocations du Brooklyn de sa jeunesse, se mêlent désormais des digressions d'une beauté à vous couper le souffle sur ce qu'est Dieu ou sur ce qu'Il n'est pas, sur les mille-et-une tensions de cette créature éternellement rebelle qui s'appelle Henry V. Miller et qui L'injurie tout en niant Son existence, sur la Vie avec tout ce qu'elle comporte de merveilles et de hideurs, sur les livres bien sûr, sur l'écriture évidemment, sur le Temps … Se succèdent alors des passages extraordinaires comme celui-ci :
    "[…] …Si je me dresse contre la condition actuelle du monde, ce n'est pas en moraliste – c'est parce que j'ai envie de rire plus, toujours plus. Je ne dis pas que Dieu n'est qu'un énorme rire : je dis qu'il faut rire dur avant de parvenir à approcher Dieu. Mon seul but dans la vie est d'approcher Dieu, c'est-à-dire d'arriver plus près de moi-même. C'est pourquoi peu m'importe le chemin. Mais la musique est très importante. La musique est tonique pour la glande pinéale. La musique, ce n'est pas Bach, ni Beethoven ; la musique, c'est l'ouvre-boîte de l'âme. Calme terrible en dedans de soi ; conscience que l'être est doté d'un plafond et d'un toit… […] »
    Ce « Tropique » se clôt enfin sur « Coda », troisième et dernière partie où un Miller enivré de sexe et d'amour évoque sa rencontre avec celle qui deviendra sa deuxième épouse, la fameuse June du film « Harry & June », et, poète toujours mais aussi drogué lucide, il a pour elle cette phrase sublime : « … Je t'accepte et te prends comme l'incarnation du Mal, la dévastation de l'âme, Maharani de l'ombre … »
    Pour tous ceux qu'intéressent l'œuvre et la personnalité d'Henry Miller, il convient d'ajouter que c'est dans « Tropique du capricorne » qu'il commence à s'étendre sur ses souvenirs d'enfance, tout particulièrement sur ses relations avec ses parents et avec sa sœur cadette. L'écrivain y reconnaît que, sans la "différence" de sa soeur, sans doute ne serait-il jamais devenu Henry Miller.;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Tomsoluble, le 17 mai 2011

    Tomsoluble
    Un livre qui renove l'ame de ses lecteurs.
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  • Par systool, le 28 août 2010

    systool
    La vie de Henry Miller est déjà un roman. Né à Manhattan, en 1891, de parents d'origine allemande, Miller traine dans les quartiers de Brooklyn, suit un parcours scolaire en dents de scie et vit de petits boulots, avant de partir pour Paris au début des années 30 où il fait la manche et dort sous les ponts. Des amis tels que Anaïs Nin ou Alfred Perlès l'aident cependant à trouver du travail et surtout à publier son premier vrai roman, Tropique du cancer. Henry Miller...
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Citations et extraits

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  • Par Babel, le 16 octobre 2010

    N' eussé-je été qu'un âne, rien qu'un pauvre bougre d'honnête homme prêt à se casser les couilles à tant la semaine, jamais on ne m'aurait offert les places qu'on m'offrait, ni tendu un cigare, ni emmené déjeuner, ni prêté de l'argent, comme cela m'arrivait souvent. Je devais avoir quelque chose en moi, à offrir, qu'on mettait peut-être sans le savoir au-dessus du cheval-vapeur ou des capacités techniques. Du diable si je savais moi-même ce que c'était, j'étais trop dénué d'orgueil, de vanité ou d'envie.
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  • Par gaillard1, le 20 septembre 2010

    Dès le commencement, je n'ai jamais connu que le chaos : un fluide dont j'étais enveloppé, que j'inhalais par les branchies. Dans le tréfonds, où la lune brillait, impassible et opaque, tout n'était que douceur lisse et fécondation ; plus haut, c'était la pagaille, la discorde. En toute chose, j'avais tôt fait de voir l'extrême opposé, la contradiction, et entre le réel et l'irréel, l'ironie, le paradoxe. J'étais mon pire ennemi.
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  • Par simonfinfon, le 09 novembre 2010

    Il m'étirait plus l'envie que la pitié : son sommeil n'était pas une accalmie, un intervalle, mais le sommeil même, somme de toutes profondeurs, et de là le sommeil en soi-même toujours se sommant, et toujours plus profond au tréfonds s'enfonçant , au sommet du sommeil tel au fonds du tréfonds du profond assommé s'enfonçant, au sommeil des grands fonds tous sommeil consommés, au profonds des sommeil sommeillant du plus doux des sommeils du sommeil. Dormait. Dort. Dormira. Dor. Dorm. Dormez mon père, je vous en supplie, car nous qui sommes éveillés, bouillons aux chaudières de l'horeur...
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  • Par simonfinfon, le 09 novembre 2010

    La seule façon que j'ai de décrire ce phénomène, c'est de dire que, quand elle était en chaleur et que ça la tracassait, Evelyne, elle, jouait les ventriloques avec son con.
    Au moment précis ou on allait l'enfiler, voilà-t-il pas que cette espèce de mannequin qu'elle avit entre les jambes éclatait de fou rire.
    En même temps, il venait a à votre rencontre, amicalement, et vous serrait la pince. Il savait chanter aussi, ce mannequin de con. En fait il avait tout de l'otarie savante.
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  • Par alzaia, le 07 novembre 2011

    Et quand bien même vous pourriez me donner la raison de cet état, je refuserai de vous entendre parce-qu'en naissant j'avais déjà le sort et qu'on ne peut rien à cela
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