Je songe à cette très jeune fille assassinée au début des années 60, à Siom, sur les hautes terres limousines.
Je songe à celui qui l'a peut-être tuée, et qui se cachait dans son nom propre, Lavolps, comme un renard en son terrier.
Tous deux sont morts, ... > voir plus
Il s'agissait de faire rentrer le renard dans son nom, dit ma mère, de lui faire regagner son terrier, de l'enterrer dans son étymologie, d'oublier enfin ce que voulait dire ce patronyme.
Bien sûr, il serait à ce moment plus facile de situer cette histoire en un temps plus reculé, à une époque où on n'avait pas besoin de papiers pour prouver son identité mais où celle-ci s'établissait à partir de l'accent, du patois, du métier, de ce qu'on disait de soi autant que de ce que les autres pouvaient en dire : l'accent de la vérité, en quelque sorte.
16 # Richard Millet Après sa « Confession négative » (Gallimard, janvier 2009), Richard Millet poursuit l'exploration de ses origines libanaises en publiant deux nouveaux livres, « le Sommeil sur les cendres » (Gallimard), qui fait également le lien avec ses origines corréziennes, et « Brumes de Cimmérie » (Gallimard), en hommage direct à sa mère. Paraissent dans le même temps deux « leçons » aux éditions Furstemberg, « Esthétique de l'aridité » et « Lettre aux Libanais sur la question des langues ».