> Noël Arnaud (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070375366
Éditeur : Gallimard (1984)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 56 notes) Ajouter à mes livres
On se rappelle du sublime Journal d'une femme de chambre de Luis Bunuel, dont le personnage était lumineusement interprété par Jeanne Moreau. On a un peu vite oublié peut-être que le film était une adaptation, après celle de Renoir, d'un livre non moins remarquable d'Oc... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Altervorace, le 18 janvier 2012

    Altervorace
    Alors ce roman m'a un peu déroutée, l'auteur y exerce une verve presque meurtrière contre la société et tout le monde en prend pour son grade. Notre héroïne vient de prendre une place à la campagne et profite de ses rares moments de pauses pour tenir un journal et revenir sur ses expériences passées en tant que femme de chambre. Chaque épisode est une occasion pour montrer que derrière les façades de la respectabilité bourgeoise se déroulent les pires perversions. Célestine nous raconte aussi les mille humiliations que doivent subir sans cesse les domestiques. le texte est plutôt cru et les portraits des employeurs dépeints par la jeune femme sont ou grotesques ou pitoyables. La narratrice elle-même ne s'épargne pas lorsqu'elle parle de son penchant pour les canailles. Tout au long du récit l'humanité nous est montrée sous son pire jour : cruauté, mensonge, antisémitisme, nationalisme.
    Quelque part ce récit, tout en étant passionnant, dénote d'un dégout réel pour les réalités humaines et nous montre à voir l'enfer social dans lequel sont condamnés les protagonistes. Un roman marquant qui nous parle d'un esclavage de classe presque consenti par ses victimes. Oppressant...

    Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2012/01/18/23020450.html
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 16 mai 2011

    cicou45
    Le roman se déroule à Paris dans les années 1930 et Célestine, la narratrice et personnage principal du roman est une femme de chambre et nous fait découvrir les dessous de la bourgeoisie française au début du XX ème siècle. Engagé au sein d'une famille de notables résidant au Prieuré.
    Autant dire que la nouvelle vie de Célestine ne sera pas de tout repos puisqu'elle devra à la fois faire face à la répugnance de sa maîtresse envers le «bas-peuple» et notamment son personnel de maison et aux avances un peu trop poussées du maître des lieux. S'ajoute à cela son obligation de côtoyer chaque jour Joseph, le palefrenier de la maison qui est non seulement raciste, rustre et qui a des tendances sadiques. Suite au viol et à l'assassinat d'une petite fille pour laquelle Célestine s'était prise d'affection, Célestine accepte à contrecœur d'épouser Joseph non seulement pour tranquilliser sa maîtresse qui n'est pas aveugle aux avances de son mari envers elle mais aussi parce qu'elle est persuadée que Joseph est le meurtrier de la fillette et pense naïvement qu'en devenant son épouse, elle obtiendra plus facilement les aveux de ce dernier.
    Magnifique roman où l'héroïne qui n'est autre qu'une soubrette se révèle en réalité plus intelligente qu'elle n'y paraît et nous montre, au travers de ses observations toute l'hypocrisie de la «Haute Société». Mirbeau nous livre ici un véritable petit chef-d'œuvre. L'écriture est simple et agréable à lire. Ce livre est bien plus qu'un simple roman puisqu'il nous en dit long sur les habitudes de vie de la bourgeoisie parisienne au début du siècle dernier. À lire !
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    • Livres 5.00/5
    Par Nibelheim, le 23 février 2009

    Nibelheim
    A travers l'expérience et l'évolution même de Célestine, une jolie femme de chambre qui voyage , un peu malgré elle, de place en place, nous découvrons la France de 1900 : un monde triste dont les piliers s'effondrent, où tous sont pourris jusqu'à la moelle et baignent dans le vice jusqu'au cou. Sous la plume acérée d'Octave Mirbeau, les visages se suivent les uns après les autres, les noms s'estompent assez vite, et tous pourtant, étrangement semblables, rivalisent de bêtise, de perversion ou d'inhumanité - ou des trois à la fois.
    Bourgeois, nobles, militaires, religieux, domestiques, ... tout le monde en prend finalement pour son grade : Octave Mirbeau est un "arracheur de masques". Il nous révèle les dessous des ménages respectables et nous emmène dans les coulisses du grand spectacle social pour nous montrer du doigt les acteurs sans maquillage ni lumière. Et le tableau n'est plus si réjouissant que cela.
    Le Journal d'une femme de chambre est d'un pessimisme radical, mais servi par un humour grinçant sans qui il serait sans doute tout à fait insoutenable : avant d'être malfaisants, les figurants de cette fresque au vitriol sont tout d'abord ridicules. Entre le vieillard fétichiste des bottines, les salons mondains où intellectuels et artistes discutent de psychologie et d'extases mystiques et le capitaine Mauger qui balance des pantoufles dans le jardin de son voisin et se gargarise de manger absolument tout ce qu'il peut trouver -la liste est encore longue -, on ne peut s'empêcher de (sou)rire. Mirbeau joue habilement avec ça, combinant les passages émouvants, révoltants, et les instants de vrai Ridicule où ses pantins font absolument n'importe quoi, rendant ainsi son œuvre à la fois légère et subversive, drôle et tragique.
    Et par cette œuvre brûlante et démystificatrice, Mirbeau nous donne finalement à voir, dans toute sa vérité, «cette tristesse et ce comique d'être un homme. Tristesse qui fait rire, comique qui fait pleurer [...] ». Je me répète mais : un coup de cœur.

    Lien : http://carnets-plume.blogspot.com/2008/04/lloge-tant-attendu-le-jour..
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    • Livres 3.00/5
    Par AmandineMM, le 11 août 2011

    AmandineMM
    Au début du livre, l'attitude hautaine et supérieure de cette femme de chambre parisienne envers ses nouveaux maîtres provinciaux m'exaspérait au plus haut point et m'empêchait un peu d'apprécier pleinement le livre: comment en profiter vraiment quand on a envie de donner des baffes continuellement à la narratrice? L'entrée en matière de Mirbeau dans laquelle il disait n'avoir fait que retravailler le journal d'une femme de chambre ne m'a pas vraiment plue non plus: je trouve ce procédé assez typique du 18e siècle et le reprendre au 19e siècle me semble atrocement désuet, bien que j'aie compris par la suite pourquoi il l'avait sans doute utilisé (le côté assez sulfureux du livre et certaines scènes qui n'ont certainement pas plu aux bien-pensants et autres puristes). Malgré ces détails, j'ai continué ma lecture et j'ai fini par m'attendrir et avoir pitié de cette pauvre femme de chambre qui perd ses illusions face à ce monde corrompu et pourri. Approcher la "haute société" et en montrer les travers par le regard de cette femme de chambre est finalement pour moi une bonne idée: qui est mieux placée qu'une femme de chambre pour pénétrer ainsi l'intimité de ses maîtres?
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    • Livres 4.00/5
    Par Hestia, le 24 juillet 2011

    Hestia
    le journal d'une femme de chambre (1900) est un roman d'Octave Mirbeau dans lequel il donne la parole à une jeune femme de chambre Célestine. Au travers de cette femme, il va critiquer de manière virulente les milieux bourgeois et l'hypocrisie qui règne dans les salons parisiens en cette fin du XIXème siècle. Il va y dénoncer notamment la dépravation des mœurs de ceux qui se considèrent comme des personnes respectables et honnêtes.
    Cette histoire est aussi intéressante dans la mesure où on a en filigrane des allusions à l'affaire Dreyfus qui se déroule à la même période. On retrouve à certains moments l'esprit antisémite, nationaliste et militariste qui était partagé à la fin du XIXème siècle par une partie de la population française.
    Ce livre est assez plaisant à lire même si on peut reprocher quelques longueurs. le journal d'une femme de chambre reste une très bonne critique sociale et les thèmes abordés dans cette œuvre sont toujours d'actualité.
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 24 août 2011

    Elle était laide de cette laideur définitive qui exclut toute idée de pitié et rend les gens féroces, parce que, véritablement, elle est une offense envers eux. Si disgraciée de la nature soit-elle, il est rare qu’une femme atteigne à la laideur totale, absolue, cette déchéance humaine. Généralement, il y a en elle quelque chose, n’importe quoi, des yeux, une bouche, une ondulation du corps, une flexion des hanches, moins que cela, un mouvement du bras, une attache du poignet, une fraîcheur de la peau, où le regard des autres puisse se poser sans en être offusqué. Même chez les très vieilles, une grâce survit presque toujours aux déformations de la carcasse, à la mort du sexe, un souvenir reste dans la chair couturée, de ce qu’elles furent jadis… La bretonne n’avait rien de pareil, et elle était toute jeune. Petite, le buste long, la taille carrée, les hanches plates, les jambes courtes, si courtes qu’on pouvait la prendre pour une cul-de-jatte, elle évoquait réellement l’image de ces vierges barbares, de ces saintes camuses, blocs informes de granit qui se navrent, depuis des siècles, sur les bras gauchis des calvaires armoricains. Et son visage ?… Ah ! la malheureuse !… Un front surplombant, des prunelles effacées comme par le frottement d’un torchon, un nez horrible, aplati à sa naissance, sabré d’une entaille, au milieu, et, brusquement, à son extrémité, se relevant, s’épanouissant en deux trous noirs, ronds, profonds, énormes, frangés de poils raides… Et sur tout cela, une peau grise, squameuse, une peau de couleuvre morte… une peau qui s’enfarinait, à la lumière… Elle avait, pourtant, l’indicible créature, une beauté que bien des femmes belles eussent enviée : ses cheveux… des cheveux magnifiques, lourds, épais, d’un roux resplendissant à reflets d’or et de pourpre. Mais, loin d’être une atténuation à sa laideur, ces cheveux l’aggravaient encore, la rendaient éclatante, fulgurante, irréparable.
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  • Par mandarine43, le 20 août 2011

    Un jour il me dit… et j’ai gardé ces paroles comme une relique :
    - Ce qu’il y a de sublime, vois-tu, dans les vers, c’est qu’il n’est point besoin d’être un savant pour les comprendre et pour les aimer… au contraire… Les savants ne les comprennent pas et, la plupart du temps, ils les méprisent, parce qu’ils ont trop d’orgueil… Pour aimer les vers, il suffit d’avoir une âme… une petite âme toute nue, comme une fleur… Les poètes parlent aux âmes, des simples, des tristes, des malades… Et c’est en cela qu’ils sont éternels… Sais-tu bien que, lorsqu’on a de la sensibilité, on est toujours un peu poète ?…
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  • Par mandarine43, le 19 août 2011

    Ah ! qu'une pauvre domestique est à plaindre, et comme elle est seule !… Elle peut habiter des maisons nombreuses, joyeuses, bruyantes, comme elle est seule, toujours !… La solitude, ce n'est pas de vivre seule, c'est de vivre chez les autres, chez des gens qui ne s'intéressent pas à vous, pour qui vous comptez moins qu'un chien, gavé de pâtée, ou qu'une fleur, soignée comme un enfant de riche… des gens dont vous n'avez que des défroques inutiles ou les restes gâtés :
    - Vous pouvez manger cette poire, elle est pourrie… Finissez ce poulet à la cuisine, il sent mauvais…
    Chaque mot vous méprise, chaque geste vous ravale plus bas qu'une bête… Et il ne faut rien dire ; il faut sourire et remercier, sous peine de passer pour une ingrate ou un mauvais cœur… Quelquefois, en coiffant mes maîtresses, j'ai eu l'envie folle de leur déchirer la nuque, de leur fouiller les seins avec mes ongles…
    Heureusement qu'on n'a pas toujours de ces idées noires… On s'étourdit et on s'arrange pour rigoler de son mieux, entre soi.
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  • Par Scrap-girl, le 26 septembre 2010

    Avez-vous réfléchi, un instant, à ce que nous pouvons ressentir de haines mortelles et légitimes, de désirs de meurtre, oui de meurtre, lorsque pour exprimer quelque chose de bas, d'ignoble, nous entendons nos maitres s'écrier devant nous avec un dégoût qui nous rejette si violemment hors de l'humanité: "Il a une âme de domestique... c'est un sentiment de domestique"? Alors que voulez-vous que nous devenions dans ces enfers? Est-ce qu'elles s'imaginent vraiment que je n'aimerais pas porter des belles robes, rouler dans de belles voitures, faire la fête avec des amoureux, avoir, moi aussi, des domestiques? Elles nous parlent de dévouement, de probité, de fidélité... Non mais vous vous en feriez mourir, mes petites vaches!
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  • Par mandarine43, le 21 août 2011

    Ah ! qu’elles sont décevantes ces routes vers l’inconnu !… L’on va, l’on va, et c’est toujours la même chose… Voyez cet horizon poudroyant, là-bas… C’est bleu, c’est rose, c’est frais, c’est lumineux et léger comme un rêve… Il doit faire bon vivre, là-bas… Vous approchez… vous arrivez… Il n’y a rien… Du sable, des cailloux, des coteaux tristes comme des murs. Il n’y a rien d’autre… Et, au-dessus de ce sable, de ces cailloux, de ces coteaux, un ciel gris, opaque, pesant, un ciel où le jour se navre, où la lumière pleure de la suie… Il n’y a rien… rien de ce qu’on est venu chercher… D’ailleurs, ce que je cherche, je l’ignore… et j’ignore aussi qui je suis.
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Le Journal d’une femme de chambre d'Octave Mirbeau Lu par Clotilde Courau et Denis Podalydès Émission spéciale lectures au théâtre du Rond-Point A l’occasion des fêtes de Noël, France 5 propose une émission exceptionnelle de "La Grande Librairie" le 22/12/2011, enregistrée en public au théâtre du Rond-Point. De grands comédiens viennent lire, sur scène, quelques-uns des textes les plus beaux et les plus savoureux de la littérature classique et contemporaine. Des livres, des voix et beaucoup d’humour pour donner envie de lire ou de relire...








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