> Yves Marie Allioux (Traducteur)
> Brigitte Allioux (Traducteur)

ISBN : 2070392856
Éditeur : Gallimard (1995)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Dans le " bric-à-brac " de la société japonaise des années 60, les fantômes des ci-devant aristocrates hésitent encore à danser avec les premiers parvenus du miracle économique. Les rues sont pleines de jeunes filles qui n'en sont plus, de petits jeunes gens détestables... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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  • Par aranzueque-arrieta, le 01 mai 2012

    aranzueque-arrieta
    L'école de la chair
    Yukio Mishima
    Gallimard

    Dans le Japon des années soixante, Taéko, riche trentenaire et femme fatale émancipée, fait la connaissance du jeune Senkitchi au « Hyacinthe », le bar pour travestis et homosexuels dans lequel il travaille et se prostitue.
    De cette curieuse rencontre nait une relation autodestructrice où se mêlent la chair, le désir, les intérêts personnels, la passion et l'honneur.
    En somme tous les thèmes inhérents à l'oeuvre de Mishima sont présents pour engendrer un roman sulfureux qui défraya la chronique dès sa publication.
    Sans rentrer dans des considérations psychanalyti-
    ques faciles, on peut dire que Taéko est à Mishima ce qu'Albertine est à Proust.
    Mishima avait une étonnante connaissance de la littérature française ; on retrouve d'ailleurs dans ce roman - comme dans beaucoup d'autres - des influences évidentes qui vont du marquis de Sade - il écrivit en 1965 la pièce de théâtre Madame de Sade - à Georges Bataille.
    Le combat désespéré de Taéko pour dominer malgré elle son désir pour le corps juvénile et magnifique de Senkitchi rappelle la lutte permanente de Mishima pour cacher et s'affranchir en vain de son désir envers les hommes.
    Taéko et l'auteur ont curieusement le même âge, trente-neuf ans, au moment de la rédaction de L'école de la chair.
    L'attachant personnage de Téruko rappelle le travesti Akihiro Miwa qui fut l'amant de Mishima - « elle » est devenue par la suite une figure clé de la culture underground nippone -.
    Ces quelques éléments que nous citons de façon non-exhaustive montrent que le roman est plus intimiste qu'il n'y parait. Il marque aussi un tournant dans l'oeuvre et la vie de Mishima qui commence dès cette époque à prêcher un certain type de nationalisme - encré dans un Japon idéel ou mythique - que l'on distingue déjà dans L'école de la chair.
    Au-delà d'une pertinente et passionnante analyse de l'âme humaine - et de la sienne -, l'auteur dresse le décor d'un Japon tiraillé entre son occidentalisation forcée et son aspect plus traditionnel - voire nationaliste -.
    On peut faire un parallèle entre la perte d'identité des personnages qui s'abîment l'un dans l'autre pour renaitre différents et la mutation de ce Japon schizophrène, encore occupé par les américains, qui ne sait plus à quel saint se vouer, aux valeurs traditionnelles ou à la culture occidentale - la « problématique » de l'habillement illustre aussi notre propos -.
    Yukio Mishima ne considérait pas L'école de la chair comme une de ses oeuvres majeures. Il est vrai que des publications telles que Confession d'un masque, Les Amours interdites ou la mer de la fertilité sont peut-être plus abouties d'un point de vue littéraire, néanmoins ce roman garde une cohérence qui s'inscrit dans le corpus et l'esthétique romanesque de l'auteur.
    L'écriture est travaillée, limpide avec un bémol pour certains dialogues qui paraissent quelques peu forcés. L'auteur confirme cependant une fois de plus sa parfaite maitrise de la construction narrative.
    Il faut aussi signaler que pour la première fois dans un roman contemporain - ce qui est extrêmement novateur pour l'époque -, le narrateur utilise le nom de véritables marques de vêtements - Mishima en était friand - comme outil narratif ; la description minutieuse qu'il en fait, sert - à la façon de Bret Easton Ellis actuellement - à encrer l'action dans une temporalité précise et tirer tout l'aspect social qui s'en dégage.
    L'école de la chair reste un roman clé - davantage dans son esthétique philosophique et sociale que dans sa forme - de l'oeuvre d'un des plus grands auteurs japonais.

    http://faranzuequearrieta.free.fr

    Lien : http://faranzuequearrieta.skyrock.com/3072876351-L-ecole-de-la-chair..
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    • Livres 3.00/5
    Par Gast, le 10 mai 2011

    Gast
    Le souci avec les auteurs qui nous ont marqué, c'est qu'à force de se voir emporter on en attend beaucoup. Trop, peut-être... et après, quand une déception nous gagne, tout le problème réside en une question : est-ce l'écart déraisonnable entre attente et réalité du texte qui est source de cette déception ? Cette question, je me la suis posé avec ce roman de Mishima.
    Contrairement à "La Confession d'un masque", je n'y ai pas trouvé l'envolée littéraire du texte qui, percutant, vous secoue et vous balotte. Je n'y ai pas non plus trouvé la quête épique de l'esthétique qui donne force au personnage du "Pavillon d'Or". Je n'y ai vu qu'une histoire d'amour très classique, très Tanizakien, aussi.
    Or Mishima ne me parait grandiose que lorsqu'il fait du Mishima, et là, malgré les éloges entourrant ce récit, je n'y ai pas vraiment trouvé cela. Certes, le récit est bien fait, et possède quelques envolées intéressante ; il est loin d'être mauvais, mais je n'ai pu m'empêcher de refermer l'ouvrage avec une pointe de déception. Un désappointement renvoyant de fait à mon questionnement initial. Déception probablement pour partie imputable à ma trop grande attente, mais pas seulement...
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    • Livres 5.00/5
    Par Chrys, le 22 septembre 2011

    Chrys
    Tokyo. Trois femmes, les Beautés Toshima, divorcées, fortunées, se retrouvent chaque mois, le 26, pour se raconter leurs aventures sentimentales.
    L'une d'elles, Taéko, s'éprend d'un jeune barman, Senkitchi, rencontré au Hyacinthe, un bar essentiellement fréquenté par des homos. Rapidement, elle le veut, oui elle le veut malgré (ou en raison de sa jeunesse, de ce regard, de ce torse, de cette sensualité qu'il dégage). Il s'installe chez elle tout en conservant une totale liberté personnelle. On appellerait cela l'amour libre, aujourd'hui... S'inquiétant d'une future et probable rupture, Taéko propose que chacun puisse bientôt se présenter mutuellement leur amant. Elle se met donc en quête de l'amant qu'elle n'a pas et de son côté Senkitchi demeure mystérieux... Jusqu'au jour où la fameuse rencontre à lieu.
    Un roman écrit en 1964 dont je vous recommande la lecture.

    Lien : http://lejournaldechrys.blogspot.com/2011/09/lecole-de-la-chair.html
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Citations et extraits

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  • Par Gast, le 20 avril 2011

    Pour un homme comme pour une femme, "être aimé" est tout à fait différent d' "aimer". Taeko commençait à en prendre conscience depuis sa liaison avec Senkichi. Ces deux sentiments faisaient partie de deux univers totalement étrangers l'un à l'autre. Taeko était mise pour la première fois devant cette vérité effrayante de la vie humaine.
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