> Manuel Berri (Traducteur)

ISBN : 2879294851
Éditeur : Editions de l'Olivier (2007)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Adam Ewing est un homme de loi américain, embarqué à bord d'une goélette partie de Nouvelle-Zélande et faisant route vers San Francisco, sa ville natale. Il n'a rien à voir avec Robert Frobisher, lequel, un siècle plus tard, se met au service d'un compositeur génial pou... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(4)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par claudialucia, le 06 octobre 2010

    claudialucia
    Le livre de David Mitchell, Cartographie des nuages est paru aux éditions de l'Olivier.
J'ai beaucoup aimé ce livre si curieux par la construction et intéressant au niveau du récit qui fait s'entrecroiser plusieurs vies à des époques différentes. Si certaines de ces nouvelles sont situées dans le passé ou dans le présent, les autres appartiennent à la littérature de science-fiction .
    Le protagoniste d'une des histoires, musicien, compose “un sextuor de solistes empiétant les uns sur les autres ” : piano, clarinette, violoncelle, flûte, hautbois, violon;”.
    Ce qu'il en dit résume bien la construction de ce livre : ” Dans le premier mouvement, chaque solo est coupé par le suivant; dans le second, les soli reprennent successivement là où ils se sont interrompus.”
Effectivement il y a six histoires dans ce livre, six vies qui s'interrompent pour laisser place a une autre avant d'être reprises par la suite. “Véritable révolution ou simple procédé?” s'interroge l'artiste. Je ne saurais le dire mais en tous cas c'est une réussite.
    “Chaque instrument parle une langue définie par une clé, gamme et couleur.” ajoute le musicien.
    Ce qui est remarquable, en effet, c'est que chaque récit est comme une partition qui changerait de style selon le personnage, le siècle dans laquelle il vit, la destinée qu'il affronte. Chacun a une tonalité qui lui est propre, triste ou nostalgique, cruelle ou âpre, humoristique, férocement satirique, chacun est un prétexte a explorer une époque, à en saisir l'essence, en montrer les faiblesses, dénoncer les horreurs. Brillantes variations selon qu'il s'agit d'une femme ou d'un homme, d'une personne âgée ou jeune, de notre passé lointain ou récent, de notre présent ou de notre futur car David Mitchell s'essaie aussi à la science-fiction dans deux des récits. On s'intéresse aux personnages, on peut s'identifier à certains d'entre eux ou en rejeter d'autres selon notre sympathie pour eux car les récits sont prenants.
    Piano : Adam Ewing rédige le journal de sa traversée du Pacifique. C'est un homme de loi américain, honnête et scrupuleux, bon croyant. Il manifeste parfois les préjugés de sa classe sociale et de sa religion mais son humanité, l'intérêt qu'il porte aux autres y compris aux indigènes des pays qu'il visite (nous sommes en Nouvelle-Zélande dans l'archipel de Chatham) le rendent sympathique. Nous sommes au XIXème siècle, colonisation, asservissement des races au nom de la religion et de la prétendue supériorité des blancs.
    Clarinette : Robert Frobisher, rejeton d'une bonne famille anglaise, déshérité par son père, se met au service du grand compositeur Vivyan Ayrs trop malade pour continuer à composer. du château Zedelghem en Flandre il écrit à son ami Sixsmith des lettres datées de 1931. Rapports humains qui se fondent sur l'appartenance à une classe sociale et la fortune. Exalté, sans scrupules, cynique, voleur, il voue à la musique une passion qui le consume et qui représente ce qu'il a de mieux en lui. L'art paraît être la seule porte de sortie.
    Violoncelle : Luisa Rey, journaliste américaine, idéaliste et courageuse, risque sa vie pour déjouer un complot nucléaire dans les années 70 en Californie. le récit montre la corruption du pouvoir qui n'hésite pas à sacrifier les êtres humains à l'argent et au profit.
    Flûte : Timoty Cavendish vit dans un présent qui nous ressemble où les vieux sont enfermés dans des maisons de retraite, antichambres de la mort. Début inquiétant d'une déshumanisation, solitude.
    Hautbois : Somni-451 est une clone. Dans la dictature où elle vit les clones sont des esclaves au service des Sangs-Purs. La liberté individuelle est niée. La science sans conscience a créé une société sans espoir qui fonctionne à la manière du nazisme en éliminant ce qu'il y a d'humain dans l'Homme.
    Violon : Zachary, est un survivant de cette civilisation, dans un futur encore plus lointain, après la Chute c'est à dire après la destruction de la civilisation de Somni. C'est le retour à une forme de barbarie où prévaut la loi du plus fort dans une civilisation éclatée qui porte encore des traces de l'ancienne. Pourtant , la solidarité possible entre les peuples,est un léger espoir dans la survie de l'Humanité.
    La langue parlée évolue avec les époques et il faut saluer la vive imagination et le style protéiforme de David Mitchell qui parvient même à créer un langage du futur, contemporain de Somni , et un autre contemporain de Zachary , ce dernier n'étant qu'une corruption de la langue parlée à l'époque de Somni.
Ingénieux aussi comment ces récits se transmettent de l'un à l'autre malgré l'éloignement dans les siècles et comment les personnages sont reliés entre eux par un fil qui assure la cohésion de l'ensemble.

    Lien : http://claudialucia.blog.lemonde.fr/2008/05/31/david-mitchell-cartho..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par unpeudeau, le 17 mai 2012

    unpeudeau
    Magnifique montage,
    Là où chacun de ces récits pris individuellement pourrait faire un texte plaisant à lire par lui même mais sans grande originalité, le montage final donne un relief voire une profondeur formidable. En apparence il n'y a que l'imbrication d'une histoire dans l'autre sans réel lien logique (si ce n'est que la chronologie est respectée) à part quelques clins d'oeil d'un récit à l'autre. Et pourtant l'histoire initiale qui se passe au 19° siècle se reflète à merveille dans le récit le plus futuriste, en échappée le musicien compose une oeuvre structurée comme celle que nous lisons ; certains récits se répondent alors même que certains sont des fictions pour d'autres, mais pas tous ! le pessimisme semble dominer (malgré des scène férocement drôles), mais une certaine lueur d'espoir est aussi clairement affirmée.
    Au bout du compte : un chef d'oeuvre !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par olivierc, le 18 février 2012

    olivierc
    Six récits situés à des époques différentes de notre passé, présent et futur, six histoires inachevées, emboitées comme des poupées gigognes et dont les liens ténus paraissent autant de prétextes pour nous raconter une histoire de l'humanité empreinte de résignation. David Mitchell se livre à six exercices de style avec une stupéfiante maîtrise. Il aime les humains, il les met au centre de ses récits, il rentre en eux, ne se place jamais plus haut qu'eux pour raconter leurs histoires, tantôt cocasses, tantôt graves, leurs destins tous simples, tous bêtes. le futur se devine en regardant le passé. le passé n'est jamais sans conséquences sur l'avenir. Alors quoi? par nature, par essence l'humanité est-elle vouée à un irréversible declin? On tremble à l'idée, mais David Mitchell est un auteur brillant, pas un théoricien farfelu. Un auteur, tout simplement.
    Vivement le film.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par JLM56, le 01 mars 2012

    JLM56
    malgré un début plus que prometteur, une construction très originale du roman à plusieurs voix j'ai abandonné la lecture au moment ou celui ci tombe dans la science fiction ou il devient bavard et ou je me suis perdu
    il faudra peut être que je reprenne ce livre plus tard s'il me reste du temps
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (1)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par olivierc, le 18 février 2012

    En poussant à l'absurde la vision de M. D., on pouvait spéculer que si la science inventait des machines de guerre toujours plus destructrices, le pouvoir de destruction de l'humanité finirait par dépasser son pouvoir de création, et en conclure que notre civilisation était vouée à l'extinction.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (2)

Videos de David Mitchell

>Ajouter une vidéo
Vidéo de David Mitchell

David Mitchell - Les mille automnes de Jacob de Zoet .
David Mitchell vous présente son ouvrage " Les mille automnes de Jacob de Zoet ", publié aux éditions de l'Olivier.http://www.mollat.com/livres/david-mitchell-les-mille-automnes-jacob-zoet-9782879297613.htmlNotes de Musique : Master of Zen - 2 - Aika








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Cartographie des nuages par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (24)

> voir plus

Quiz