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> Patrick Honnoré (Traducteur)
> Yukari Maeda (Traducteur)

ISBN : 2915492255
Éditeur : Editions Cornélius (2007)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 82 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :


NonNonBâ, une vieille dame mystique et superstitieuse qui aime raconter des légendes étranges, est accueillie dans la famille du jeune Shigeru. L'imaginaire débordant du garçon s'en trouve décuplé. Les histoires de fantôme prennent le pas sur la réalité.... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par orhal, le 29 août 2007

    orhal
    Shigeru Mizuki est un mangaka japonais né en 1922 à Sakaiminato. Il est l'un des fondateurs du manga d'horreur, puisque ses récits regorgent de créatures surnaturelles, de monstres et de fantômes. L'auteur, gaucher ayant perdu son bras gauche durant la Seconde Guerre mondiale en Nouvelle-Guinée, surmonta ce traumatisme et apprit à se servir de son seul bras valide pour devenir le mangaka que l'on connait enfin aujourd'hui.

    Dans le Japon des années 30, on découvre l'enfance du jeune Shigeru. Il vit avec ses parents dans une campagne niponne simple, sans accès direct à la technologie et à la culture moderne. Il se lie d'affection avec une vieille dame attachante, Nonnonba, qui lui transmet ses connaissances sur les démons inoffensifs et malicieux que connait ce Japon là, tout de superstitions et de croyances anciennes. L'univers que cette mémé d'adoption fait surgir dans la vie de Shigeru est une réelle bouffée d'air frais, un peu de fantastique dans cette existance monocorde, bien que d'une douceur candide. Shigeru trouve auprès de Nonnonba des sujets originaux, mystiques et cocasses pour écrire ses histoires et dessiner ses mangas. A chaque sursauts de la réalité, agréables et désagréables, le petit garçon court se réfugier en cet échapatoire riche, peuplé de yokaï (démons) et de fantômes. Certaines entités, étranges et familiaires, apparaissent avec les éclairs en jetant des haricots rouges sur les toits, d'autres lèchent la crasse dans les maisons, tandis que d'autres encore aspirent les forces des humains qu'elles possèdent. Chaque visite de démon rythme l'histoire et la segmente en petites nouvelles délicieuses, nous ramenant au temps des histoires qui font peur, racontées par un copain dans la pénombre, sous une couverture, éclairés par une lampe de poche fébrile.
    Avec Nonnonba, on touche une histoire universelle de l'enfance, des découvertes qui la caractérisent et des sentiments qui naissent : l'amour, la peur, la créativité, l'amitié, les croyances. Ce pavé de papier se lit de droite à gauche et de la fin vers le début du livre, comme tout bon manga qui se respecte. le dessin de Shigeru Mizuki est sensible, loin du manga actuel si moderne, si rapide, si pressé. Il a quelque chose de suranné et de nostalgique qui accompagne le propos, sans doute est-ce du à la part autobiographique de l'histoire. La petite mémé ne gronde pas. Elle n'éduque pas mais apprend au garçon à percevoir, à imaginer et à sublimer ce que ses yeux ne voient pas.
    Bien sur l'âme vient du Japon où nous ne sommes pas nés, et pourtant Nonnonba a cette proximité touchante. La curiosité de l'enfant est la même sur n'importe quel continent, c'est en grandissant qu'elle prend des voix différentes. Aucun doute, cet album mérite largement le prix du meilleur album de l'année décerné au festival BD d'Angoulème. Cette récompense marque la reconnaissance du monde de la BD envers le manga, enfin reconnu comme style de BD à part entière.
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    • Livres 4.00/5
    Par outofzebra, le 08 mars 2014

    outofzebra
    L'Américain Robert Crumb, réfugié politique en France* depuis une vingtaine d'années, a acquis grâce à l'exposition de son travail au Musée d'art moderne en 2012 le statut d'artiste international. On a senti alors une certaine réserve de la part de cet iconoclaste, passé de l'ombre de l'underground à la lumière du musée. La muséographie est l'art de l'éclairage et de la mise en valeur, et occulte le plus souvent les zones d'ombre de la contre-culture. Il faudrait une histoire de l'art non-académique pour traduire le véritable sens de la contre-culture.
    L'intérêt de la longue interview biographique de R. Crumb, qui tient lieu de préface aux nombreux extraits de son travail, vient de ce que cet artiste est né, a grandi et a vécu dans la nation où la culture de masse est la plus étouffante. R. Crumb ne se prive d'ailleurs pas de citer en modèle Brueghel et de dénigrer les « comics » :
    - Gary Groth : Qu'est-ce que tu as contre le romantisme ?
    - Robert Crumb : Je ne sais pas quel est le problème exactement. Tout ça s'est prolongé dans Superman, les super-héros et les bandes-dessinées d'aventure « réalistes », tous ces trucs d'évasion.
    - Gary Groth : Tu te sens encore étranger à ta culture ?
    - Crumb : Oh, putain, oui. le seul moment où je n'ai pas eu cette impression, où j'ai même commencé à me dire que je faisais peut-être partie du truc, c'était à la fin des années 1960, pendant la période hippie. Même si je ne me sentais pas tant que ça en phase avec le mouvement hippie (…).

    Cet isolement, Robert Crumb l'a d'abord ressenti au sein du foyer familial, installé à Cleveland, puisque les difficultés de ses parents le plongèrent, lui et son frère aîné, dans la lecture et le dessin de petites BD inspirées de gazettes humoristiques comme le célèbre « Mad » (Harvey Kurtzman). Il raconte sans ambages et de façon pittoresque une enfance américaine typique :
    « Et donc il y a avait toujours une tension entre mes parents parce que mon père ne supportait pas le côté fêtard de ma mère et de sa famille, qui ne pensaient qu'à se saouler et à s'amuser. le reste, ils s'en foutaient. Mon père, à l'inverse, avait un sens aigu du devoir, de l'honneur et tous ces trucs. C'était constamment une source de tension. Quand un salaire arrivait, ma mère voulait toujours le dépenser, tout claquer tout de suite. Ils se disputaient toujours au sujet de l'argent, ce qui est typique du petit bourgeois de la classe moyenne. »
    Cette marginalité, subie au début, Crumb a réussi grâce à son art à la transformer en individualisme. Bien que « self made man » à sa manière, Crumb est un Américain pas comme les autres, et cela rend son témoignage unique. de la culture américaine, Crumb ne sauve pas grand-chose d'autre que cet espèce de fugueur frénétique de Jack Kerouac, Charles Bukowski, romancier politiquement incorrect et provocateur, et quelques musiciens de jazz déjantés.
    Crumb n'hésite pas à mettre « ses couilles sur la table » : il déballe ses frustrations et ses désirs sexuels pour les Femmes costaudes, ses convictions politiques communistes teintées de scepticisme anarchiste, parle de célébrité, d'argent et de Femmes, évoque les rencontres décisives de sa carrière artistique, de la façon dont le LSD a changé sa vie, ou encore de la façon dont la musique, selon lui, a perdu sa sincérité.
    Comme l'opinion de Crumb sur le féminisme est à peine plus orthodoxe que celle qu'il a de la famille, son interlocuteur G. Groth l'interroge longuement sur cette épineuse question, devenue pratiquement aujourd'hui un enjeu de politique internationale. « le principal défaut du féminisme, c'est qu'il n'incluait pas de questions de base sur le fonctionnement du système mais voulait simplement que les Femmes y soient présentes. » Crumb n'est pas du genre à botter en touche, et se montre aussi capable d'autocritique :
    - G.G. : « Même aujourd'hui, tu ne te considères pas comme un bon dessinateur ? »
    - R. Crumb : « Non. Je ne l'ai jamais été. Je n'ai jamais été dessinateur du tout. »
    … et avoue même un certain plaisir à pratiquer l'autodénigrement.
    plusieurs exemples de la production de Crumb suivent ensuite, destinée aux adultes, de courts chapitres humoristiques. On peut y découvrir ou redécouvrir les différents antihéros bizarres, mi-humains mi-animaux le plus souvent (Fritz-the-cat, Big-Foot), dont l'artiste s'est servi pour donner sa version du rêve américain dans plusieurs fanzines.
    *R. Crumb justifie en effet son exil par le durcissement de la politique et des mœurs américaines depuis les années 90.

    Lien : http://fanzine.hautetfort.com/kritik/
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    • Livres 5.00/5
    Par steambook, le 29 septembre 2012

    steambook
    Nous allons suivre Shigeru, cet enfant à l'imagination débordante. Il aime dessiner, il crée ses propres Bandes dessinées. Il vit avec ses parents et ses deux frères. Il n'aime pas vraiment l'école car il n'est pas doué en calcul, il préfère jouer avec ses amis à la guerre entre clans. Ainsi nous allons le suivre dans ses différentes aventures : celles du jeu entre amis, celles qu'il parcourt auprès de Non-Non Bâ (qui pourrait être traduit comme 'mémé'), sa grand-mère, celles qu'il vit durant ses dessins. Nous découvrirons de nombreux personnages tous aussi amusants que Shigeru. Non-Non Bâ racontera tout au long de ce récit des histoires de Yôkaï, ces êtres restés sur Terre après leur mort et qui peuvent hanter les humains. Nous serons comme fascinés par ces 'contes' comme le seront les personnages qui les découvrent, nous avanceront par histoires de quelques pages chacune mais qui restent liées chronologiquement entre elles. Nous passerons par des contes, de l'amour, des peurs, des tristesses, des découvertes, des jeux, des rêves. C'est un ouvrage que je recommande à tous, peu importe l'âge, car c'est aussi une manière de comprendre différents moments réels et sérieux de la vie comme la mort, la maladie, les sentiments, le travail, le rejet, le manque d'argent... le dessin n'est pas très compliqué comme certains manga mais tout de même très attachants et les paysages sont vraiment magnifiques. Nous avons l'impression d'entrer dans un conte plein de poésie et de finesse. Ce fût une très belle découverte qui malheureusement ne dure que 420 pages ! Car oui, j'aurais voulu rester encore auprès de Shigeru, de Non-Non Bâ et de tous les autres.
    Le petit plus c'est qu'au début, nous avons deux pages d'Introduction nous expliquant les choix des noms car ils ont une signification qui caractérise les personnages, les choix mis en place par le mangaka puis à la fin, il y a cinq pages de Notes afin que nous comprenions mieux tous les termes spécifiques, les sous-entendus ou encore les particularités des Yôkaï (comme : Umi-bôzu, Bétobéto-san, Akanamé, Jizô, Kappa, ostracisé etc..).

    Lien : http://steambook.blogspot.fr/2012/08/non-non-ba-shigeru-mizuki.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Gregor, le 30 octobre 2011

    Gregor
    Cette BD japonaise s'avère plus adulte, plus réfléchie que bien d'autres. Shigeru Mizuki est un grand raconteur. Qu'il aborde le merveilleux par l'intervention récurrente de yôkaï, ou évoque le des leçons de vie, il sait faire usage de charme et de simplicité. Cette histoire est forte par la richesse des enchaînements, son graphisme jubilatoire et les enseignements objectifs fournis par les protagonistes. Un album d'une haute tenue, d'une écriture légère où se font entendre mille messages "qui font grandir". C'est par là que les personnages s'affirment, prennent vie, extraient leurs peurs et amusent le lecteur.
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    • Livres 5.00/5
    Par LN, le 28 janvier 2011

    LN
    C'est à un voyage poétique et onirique auquel nous convie Shigeru Mizuki avec beaucoup de talent. le jeune Shigeru de l'histoire évolue dans un univers douillet que viennent seulement troubler quelques yokaïs, petits êtres surnaturels, élèments fondamentaux de la tradition populaire japonaise. La vieille NonNonBâ connaît bien ces monstres étranges et ainsi elle peut repérer ceux qui sont dangereux (celui qui aide à tricher en classe, ou celui qui lèche la saleté par exemple, d'où la nécessité de rester propre...) et ceux qui sont davantage pacifistes, souvent des âmes errantes malheureuses.
    - le portrait de cette famille traditionnelle est haut en couleurs, conduit par un père utopiste.
    " - C'est simple... En fait, tu n'as qu'à te figurer l'endroit où tu rêves d'aller.
    - j'ai compris.
    - Tu vois, Shigeru... Ce qui émeut les gens, ce n'est pas les choses telles qu'elles sont... Il te suffit de rêver à comment tu voudrais que ce monde soit, tu vois ?" (p. 187)
    ll décide un beau matin d'ouvrir un cinéma :
    "Je crois que c'est comme qui dirait ma mission, à moi qui ai acquis la culture de la capitale de faire découvrir et apprécier les nouvelles formes d'art aux habitants de notre province..." (p. 49)
    Sa femme se dresse contre cette idée saugrenue en se demandant quand son homme sera enfin sérieux, avant de finalement accepter, "va donc comprendre quelque chose aux femmes" soulignera à cette occasion le petit frère de Shigeru (p. 76)...
    - Les bagarres entre bandes rivales rythment l'enfance du jeune Shigeru et la transition vers l'adolescence se fait doucement par l'intermédiaire de jeunes filles qui l'acheminent vers des sujets plus graves que ces batailles rangées...
    "Il est temps maintenant de vous laisser découvrir NonNonBâ, ce petit bijou qui marie admirablement fantaisie et chronique familiale, et dont les particularités culturelles, pour aussi intéressantes qu'elles soient, deiennent vite secondaires face au caractère universel des sentiments qu'on y rencontre. Bonne lecture." (Introduction)


    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-nonnonba-de-shigeru-mizuki..
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 juin 2007
    Lecture jeune, n°122 - NonNonBâ est une grand-mère particulière : superstitieuse et mystique, elle initie son petit-fils Shigeru au monde des petits esprits (« yokaï ») qui peuplent le quotidien sans que l’on s’en aperçoive. Ce garçon à l’imagination débordante doit gérer toutes ses rencontres spirituelles mais aussi les joutes guerrières qu’il vit au quotidien en tant que chef de bande. Les histoires de fantômes envahissent parfois son univers, au point de prendre le pas sur la réalité. Récit autobiographique, NonNonBâ nous touche par sa tendresse. Cette grand-mère superstitieuse, qui souhaite entretenir les meilleures relations avec les « yokaï », mais aussi avec son petit-fils, est dessinée de manière originale : ses yeux démesurés - pour mieux voir les esprits peut-être - nous frappent, et le trait n’est pas toujours esthétique. Mais la force de ce manga consiste à restituer tout l’univers de croyance de la vieille dame (Japon animiste des années 30) et toute la naïveté et l’incrédulité du garçon, en les faisant vivre ensemble. C’est touchant, drôle et cela nécessite un bon souffle de lecteur (l’album fait 424 pages). Mais les amateurs du genre n’en manquent pas ! NonNonBâ a obtenu en janvier 2007 le prix du meilleur album de bande dessinée au Festival d’Angoulême. ndlr Michelle Charbonnier

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Citations et extraits

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  • Par roxaneboehm, le 11 avril 2013

    -C'est parce que l'âme de Chigusa-san reste dans ton coeur, ton coeur est lourd.
    -Mais tu m'as dit que l'âme allait dans le dix milla milliardième monde....
    -La plus grande partie, oui, mais certains morceaux restent dans le coeur des gens qui ont été liés à cette âme.... Il ne faut pas t'inquiéter/ Bientôt, tu t'habitueras à ce poids. Le corps grandit en mangeant...mais le coeur grandit grâce à tout sortes d'âmes que tu gardes en toi.
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  • Par steambook, le 08 octobre 2012

    "Un seul instant dure toute l'éternité, et l'éternité n'est qu'un instant."

    "Le corps grandit en mangeant .. Mais le coeurs grandit grâce à toutes sortes d'âmes que tu gardes en toi."

    "Pour un homme, les femmes sont des sortes de profs, qui t'enseigneront quantité de choses qu'on n'apprend pas à l'école. Tu peux arrêter l'école mais ne cesse jamais de tomber amoureux des femmes."
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  • Par chartel, le 06 septembre 2007

    - Enfin... Si tu veux vraiment mourir, vas-y... Personnellement, je crois que ça n'en vaut pas la peine, mais bon... Pour un homme, les femmes sont des sortes de profs, qui t'enseigneront quantité de choses qu'on apprend pas à l'école. Tu peux arrêter l'école, mais ne cesse jamais de tomber amoureux des femmes. Voilà, c'est mon dernier mot avant mon départ.

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  • Par Natty56, le 01 septembre 2012

    [...] tu sais, la vraie force, ce n'est pas la force physique.
    La force physique ne peut pas vaincre les sentiments du coeur.
    Regarde-toi. Tu as été battu, mais tes sentiments ont-ils changé pour autant?

    Non, c'est vrai. Mais alors la vraie force, c'est quoi?

    ça, tu dois le trouver toi-même.
    En tout cas, ta douleur et ton dépit d'aujourd'hui se changeront petit à petit en force, tu verras.
    Mais pas tout de suite. Ne te laisse pas décourager par ta faiblesse actuelle, ça ne te mènerait à rien.
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  • Par malaurie, le 30 août 2013

    Dialogue entre le père et la mère de Shigueru :

    Le père - J'ai un peu trop travaillé... Je suis fatigué...
    La mère - Hein ? Des vacances !? Qu'est ce que tu veux dire ?
    Le père - Je vais rester ici et me reposer un certain temps.
    La mère - Te reposer ? Et ton patron est d'accord ?
    Le père - D'accord ou pas peu importe, je me repose, un point c'est tout.
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