> Heinz Schwarzinger (Traducteur)
> Jean Jourdheuil (Traducteur)

ISBN : 2707310328
Éditeur : Editions de Minuit (1985)


Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Ce recueil présente tout d’abord deux textes récents : Rivage à l’abandon matériau. Médée. Paysage avec Argonautes (1982) et Paysage sous surveillance (1984)qui sont comme deux variations sur des figures anciennes, Alceste et Médée (auxquelles Euripide avait consacré de... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par hupomnemata, le 13 décembre 2010

    hupomnemata
    C'est du théâtre mais ça ressemble à de la poésie, plus précisément de la poésie de Maïakovski. La forme est belle, bien écrite, les récits sont énigmatiques. Je voulais m'intéresser à Heiner Müller après une émission sur France culture dans laquelle j'ai appris qu'il était l'héritier de Brecht. Il y a dans Germania mort à Berlin différentes époque et différents protagonistes politiques et historiques liés à Berlin. Mais je ne suis pas sure que cette pièce nous donne une conscience politique plus aigu ou un regard plus critique, elle n'est pas non plus didactique comme le sont les pièces de Brecht. Mais il des choses qui m'échappent et sa me donne envi de poursuivre la lecture de Heiner Müller après avoir lu cette première pièce.
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Citations et extraits

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  • Par hupomnemata, le 13 décembre 2010

    l'objet de la recherche: la faille dans le déroulement, l'autre dans le retour du même, le bégaiement dans le texte sans paroles, le trou dans l'éternité, l'ERREUR peut-être salvatrice: regard distrait de l'assassin, quand il éprouve de ses mains, de la lame du couteau, le cou de la victime sur la chaise, sur l'oiseau dans l'arbre, dans le vide du paysage, hésitation avant de trancher, les yeux fermés avant le jet de sang, rire de la femme qui le temps d'un regard relâche l'étranglement, fait trembler la main qui tient le couteau, vol en piqué de l'oiseau attiré par le scintillement de la lame, atterrissage sur le crâne de l'homme, deux coups de bec à droite et à gauche, vertige et hurlement de l'aveugle, giclées de sang dans le tourbillon de l'ouragan qui cherche la femme, peur que l'erreur survienne pendant le clignement des yeux, la fente de visée sur le temps s'ouvre entre regard et regard, l'espoir demeure sur le fil de la lame d'un couteau tournant de plus en plus vite sur lui-même avec une attention croissante = lassitude, inquiétude soudaine dans la certitude de l'effroyable: le MEURTRE est un échange de sexe, ÉTRANGER A SON PROPRE CORPS, le couteau est la blessure, la nuque le couperet, la perte de contrôle fait-elle partie du plan, à quel appareil est-elle fixée la lentille qui aspire les couleurs du regard, dans quelle orbite se trouve-t-elle la rétine, qui OU QUOI s'inquiète de l'image, DEMEURER DANS LE MIROIR, l'homme au pas de danse est-ce MOI, ma tombe son visage, MOI la femme avec la blessure au cou, dans les mains à droite et à gauche l'oiseau déchiré en deux, le sang à la bouche, moi l'oiseau, qui de l'écriture de son bec montre à l'assassin le chemin dans la nuit, MOI l'ouragan gelé
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  • Par hupomnemata, le 12 décembre 2010

    Et vîmes les images se télescoper
    Les forêts brûlaient en EASTMAN COLOR
    Mais le voyage était sans fin NO PARKING
    A l'unique carrefour Polyphème
    D'un seul oeil réglait la circulation
    Notre port était un cinéma désaffecté
    Les stars en concurrence pourrissaient sur l'écran
    Dans le hall Fritz Lang étranglait Boris Karloff
    Le vent du cud jouait avec de vieilles affiches
    OU BIEN CE DÉBARQUEMENT DÉSASTREUX Les nègres morts
    Plantés comme des pieux dans le marais
    Dans l'uniforme de leurs ennemis
    DO YOU REMEMBER DO YOU NO I DON'T
    Le sang séché
    Fume sous le soleil
    Le théâtre de ma mort
    Avait déjà commencé quand j'étais entre les montagnes
    Entouré de mes compagnons tués sur cette pierre
    Et au-dessus de moi apparut l'avion tant attendu
    Sans y penser je savais
    Que cette machine était
    Ce que mes grand-mères avaient appelé Dieu
    Le souffle balaya les cadavres de la plate-forme
    Et des coups de feu éclatèrent dans ma fuite titubante
    Je sentis MON sang sortir MES veines
    Et MON corps devenir le paysage
    De MA mort
    ME TIRER DANS LE DOS LE PORC
    Le reste est poésie Qui a de meilleures dents
    Le sang ou la pierre
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  • Par hupomnemata, le 12 décembre 2010

    Le petit écran vomit le monde dans la pièce
    L'usure calculée d'avance Le container
    Sert de cimetière Des silhouettes dans les décombres
    Indigènes du béton Parade
    Des zombies hachée de spots publicitaires
    Dans les uniformes de la mode d'hier matin
    La jeunesse d'aujourd'hui Spectres
    Des morts de la guerre qui aura lieu demain
    CE QUI DEMEURENT LES BOMBES L'INSTAURENT
    Dans un fastueux accouplement d'albumine et de fer blanc
    Les enfants inventent des paysages d'ordures
    Une femme sera l'éclaircie habituelle
    ENTRE LES CUISSES
    LA MORT A UN ESPOIR
    Ou le rêve yougoslave
    Entre des statues brisées fuyant
    Devant une catastrophe inconnue
    La mère à la traîne la vieille à la palanche
    En armure rouillée L'AVENIR marche à ses côtés
    Un troupeau de comédiens passe au pas cadencé
    NE VOYER-VOUS PAS QU'ILS SONT DANGEREUX CE SONT
    DES COMÉDIENS CHAQUE PIED DE CHAISE VIVANT UN CHIEN
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  • Par hupomnemata, le 13 décembre 2010

    1 - Puis-je déposer mon coeur à vos pieds.
    2 - Si vous ne salissez pas le plancher.
    1 - Mon coeur est propre.
    2 - C'est ce que nous verrons.
    1 - Je n'arrive pas à le sortir.
    2 - Voulez-vous que je vous aide.
    1 - Si ça ne vous ennuie pas.
    2 - C'est un plaisir pour moi.
    Moi non plus je n'arrive pas à le sortir.
    1 - pleurniche.
    2 - Je m'en vais procéder à l'extraction.
    Sinon pourquoi aurais-je un canif.
    Il n'y en a pas pour longtemps.
    Travailler et ne pas désespérer.
    Bon, eh bien le voilà. Mais
    C'est une brique. Votre coeur
    C'est une brique.
    1 - Oui, mais il ne bat que pour vous.
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  • Par hupomnemata, le 13 décembre 2010

    LE MORT JOYEUX
    DIEU BONHEUR: Tu es bien joyeux, mort.
    LE MORT: Quand on est mort, on n'a pas le droit
    D'être joyeux?
    Le dieu bonheur pleure.
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Heiner Muller à propos de la fonction du théâtre
Dans le cadre du festival d'Avignon, interview de l'auteur de théâtre allemand Heiner MULLER qui s'explique longuement sur sa conception du théâtre, de l'écriture et du rôle de l'artiste.








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