ISBN : 2864247429
Éditeur : Editions Métailié (2009)


Note moyenne : 3.11/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Elle n'entend plus qu'un mot :Convocation. Depuis son passageà l'usine de confection où elle a glissé un SOS dans la doublure d'un vêtement de luxe qu'elle cousait pour une maison italienne, ils ne la lâchent plus. Chaque semaine, chaque jour, leur rendre des comptes, é... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 07 février 2010

    cprevost
    Herta Müller a reçu cette année le prix Nobel pour avoir « avec la concentration de la poésie et l'objectivité de la prose, dessiné les paysages de l'abandon, de l'oppression, de la peur, de la trahison, de la répression, de l'humiliation». Dans « La convocation » l'auteur nous dit la douleur du « rester » dans la Roumanie de Ceauşescu et l'impossibilité de simplement rêver le « partir ».
    La narratrice, prête à épouser n'importe quel Italien pour sortir du pays, a glissé un message dans la poche d'un pantalon qu'elle confectionnait pour une maison de couture transalpine. Depuis, dénoncée par son collègue, elle est convoquée inlassablement par la Securitate et absurdement interrogée par un officier rotor. le texte est d'une absolue noirceur avec cependant quelques éblouissements poétiques qui disent la beauté irrépressible du monde. Ainsi, au point du jour sur le chemin de l'interrogatoire, la lune ne sait où aller, le ciel doit lâcher le sol et les tramways sont autant de pièces éclairées… La technique du récit est également exemplaire. Nous sommes, tout au long du roman, dans l'espace clos du tramway en chemin vers celui qui ne manque jamais d'humilier la narratrice. L'angoisse est omni présente et trois récits s'enchâssent : le trajet, le conducteur et les autres passagers ; le retour sur les épisodes marquants de sa biographie (métaphorique de celle de l'auteur ?) ; et enfin la réalité imminente et terrible de l'interrogatoire qui s'impose par intermittence.
    C'est un monde grisâtre d'enfermement que nous montre Herta Müller. Les rapports entre les êtres semblent envisager d'un point de vue uniquement matériels où le rapport à l'autre est souvent instrumenté. Peut-être les liens du personnage principal avec son mari alcoolique et avec sa meilleure amie Lilli qui meurt lors d'une tentative d'évasion, échappent à cela ? « La convocation » est manifestement un texte du ressentiment – par ailleurs parfaitement compréhensible et légitime de la part de l'auteur– qui fait cependant à mon sens peu de place à l'intelligence, la sensibilité et l'humanité incoercibles de l'Individu. Est-ce que les régimes de l'Est ont pu gommé totalement ses qualités humaines ? Il manque aussi ici, me semble-t-il, un peu de la force, de la lucidité de penser contre soi. Herta Müller, souabe du Banat, fille d'un ancien soldat de la Waffen SS, appartenant donc à une minorité allemande de Roumanie au lendemain de la terrifiante deuxième guerre mondiale, met peu de chose de cette complexe biographie et de l'Histoire contemporaine, cela nous aiderait pourtant à « surmonter l'insurmontable ».
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par mimipinson, le 12 mai 2012

    mimipinson
    Ce roman vit au rythme des convocations de sa narratrice, et de ses souvenirs, et réflexions qu'elle égraine lors de son trajet dans le bus.
    1. le scénario
    C'est d'un ennui mortel, c'est sans relief, sans saveur, rébarbatif… Il ne se passe rien dans ce livre. Armez-vous donc d'une bonne dose de patience pour ingurgiter ce truc –là….250 pages ne sont rien quand c'est intéressant, mais quand on s'emmerde, mieux vaut planifier un nombre de pages journalier pour tenter d'en venir à bout….et encore….
    2. le style
    Je me suis dit, prix Nobel de Littérature, cette femme doit avoir une patte, un style ; bref, un petit truc en plus qui donne à son œuvre une dimension particulière. Et bien non !!! Pas de poésie, rien de particulier, un texte massif sans chapitre : un paquet qu'on vous file dans les mains, en vous disant « tiens débrouille toi avec ça »
    Il n'y a rien dans cette écriture-là, on ne ressent pas le poids de la dictature.Elle ne suscite ni l'émotion, ni la colère, ne vous fait pas dire " tiens, c'est beau ça"....rien!!!
    En tout cas, je ne remettrai plus mes yeux dans ses œuvres. Je n'ai accroché ni à ce qu'elle voulait me dire (je cherche toujours !!!) ni à son écriture.
    Je me pose une question : son Prix Nobel, choix littéraire ou choix politique ?

    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2012/05/la-convocation.html
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lune, le 03 février 2011

    Lune
    Poésie et prose : paysages de l'abandon, oppression, peur, trahison, répression, humiliation, absurdité (Alfu-securitate, le cahier offert au gardien).
    Il s'agit donc d'un texte noir, d'espaces clos.
    Trois récits : des souvenirs biographiques, l'interrogatoire, la vie avec Paul brisé par le système (fuir mais la fuite par l'alcool est destructrice).
    Toutes les qualités humaines sont gommées. Les sentiments sont corrompus (inceste - "chair fraîche"...), c'est ce qui me fappe le plus, nous sommes au degré zéro de l'espoir.
    Il y a intemporalité qui, plus loin que la Roumanie de l'époque, instaure un chant contre toute dictature.
    Il y a aussi la mer et son au-delà rêvé : vers quel autre?
    Le style est froid, pas de gémissements, pas de pleurs, un constat glacial de la richesse maléfique de l'homme. Cette volonté d'écriture ne la rend pas toujours aisée, il faut sentir et s'installer dans le rythme voulu pour dépasser cette froideur et tenter de comprendre.
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    • Livres 3.00/5
    Par vdujardin, le 26 avril 2012

    vdujardin
    Un livre extrêmement fort, avec des phrases cultes, bien ciselées, très belles pour raconter un quotidien et une vie sordide... Je comprends pourquoi l'auteure a reçu le prix Nobel. Je trouve que le titre allemand original est plus parlant : Heute wär ich mir lieber nicht begegnet. Ni le lieu (on reconnaît certes assez bien la Roumanie) ni la date ne sont précisés, car il s'agit plus de dénoncer la dictature en général qu'une dictature en particulier.

    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-la-convocation-de-herta-mulle..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par bartleby95, le 30 mars 2011

    bartleby95
    Pas facile la vie en Roumanie sous Ceaususcu !
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Citations et extraits

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  • Par cprevost, le 06 février 2010

    A l'époque, tous les jours à cinq heures précises, Paul et moi partions travailler en moto. Nous voyions les camionnettes devant les magasins, les chauffeurs, les manutentionnaires, les vendeurs et la lune. Maintenant je n'entends que le bruit et ne vais pas à la fenêtre, je ne regarde pas non plus la lune. Je me souviens qu'elle quitte la ville d'un côté du ciel, comme un oeuf d'oie, et que le soleil arrive de l'autre côté. Cela n'a pas changé, c'était ainsi même avant notre rencontre, quand j'allais à pied prendre le tramway. En chemin je trouvais inquiétant de voir quelque chose de beau tout là-haut dans le ciel sans qu'il y eût sur terre, ici-bas, de loi interdisant de regarder en l'air. Il était donc permis de soutirer quelques images à la journée avant qu'elle ne devienne pitoyable à l'usine. Si j'avais froid, c'était parce que je ne me lassais pas de ce spectacle et non parce que je n'étais pas assez chaudement habillée. La lune est toute rongée en ce moment, une fois au bout de la ville, elle ne sait plus où aller. Le ciel doit lacher le sol au point du jour. Les rues montent et descendent à pic, à même le sol. Les voitures de tramway vont et viennent comme autant de pièces éclairées.
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  • Par Lune, le 03 février 2011

    L'enfant laisse tomber son mouchoir et dit : maman. Il voit une femme avec une poussette. Et le père dit : notre maman n'a pas de lunettes de soleil, sinon elle ne verrait pas comme tes yeux sont bleus.
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  • Par MarcBibliotheca, le 17 février 2010

    “Depuis que le réveil, en guise de tic-tac, dit con-vo-ca-tion, con-vo-ca-tion, con-vo-ca-tion, je n‘ai pu m'empêcher de penser au commandant Albu (...). Dès que la fenêtre était devenue grise, j‘avais vu au plafond la bouche d'Albu en très grand, le bout de sa langue rose qui pointait derrière sa denture inférieure, et entendu sa voix narquoise : Pourquoi être à bout de nerfs, nous ne faisons que commencer.”
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