> Noël Dutrait (Traducteur)

ISBN : 2020787709
Éditeur : Editions du Seuil (2005)


Note moyenne : 2.91/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Lorsque Lao Ding, à l'âge de soixante ans, est licencié de l'usine Étoile rouge pour cause de faillite, c'est un monde qui s'effondre. Mais une nouvelle Chine est en train de naître, fondée sur l'initiative privée, où se déploient tout ensemble l'ingéniosité du petit pe... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par Zazette97, le 29 septembre 2010

    Zazette97

    Publié en 1999, "Le maître a de plus en plus d'humour" est un court roman signé Mo Yan, écrivain chinois dont l'oeuvre se compose de pas moins de 80 romans, nouvelles et essais tels que "Beaux seins, belles fesses" ou encore "La dure loi du karma" paru l'an dernier.
    A un mois seulement de la retraite, Ding Shikou dit "Le maître" se fait licencier de l'usine de fabrication de machines agricoles après 43 ans de bons et loyaux services.
    D'autres employés suivent. Bien que la direction remercie Ding Shikou pour son dévouement et la constante rigueur apportée dans son travail, le désignant aux employés restants comme étant l'exemple à suivre, elle se montre complètement indifférente à son sort.
    Alors que la plupart des employés éconduits rebondissent sur leurs pattes, Ding Shikou voit ses économies partir en fumée et se met en tête de trouver une idée qui lui permettrait de gagner sa vie.
    Une caravane abandonnée tombe alors à point nommé...
    Voici un personnage attachant que ce vieux monsieur frappé par la honte de se retrouver démuni alors qu'en toute logique, ce serait plutôt son ancien employeur qui devrait rougir de la situation dans laquelle il le place.
    A travers le parcours de ce personnage naïf affublé d'une conscience, confronté à cette figure déshumanisée qu'est l'entreprise pour laquelle le rendement se veut la préoccupation majeure, Mo Yan dépeint une société individualiste dans laquelle chacun est laissé à son propre sort et où la débrouillardise côtoie la tentation de l'argent facile.
    Le lecteur se prend de tendresse pour ce vieil homme qui loin de s'apitoyer sur son sort, reste digne et rebondit comme il peut, non sans éprouver de scrupules quant à cette nouvelle activité qui se veut plutôt cocasse pour un homme de son âge (et c'est bien en cela et non dans ses propos que Le maître a de plus en plus d'humour).
    Un petit conte sans prétention teinté d'une jolie leçon d'humanité dont l'écriture m'a fait penser à du Schmitt ou encore à "La petite fille de Monsieur Linh" de Claudel, rien de véritablement transcendant mais de temps en temps, c'est le genre de lecture qui fait tout simplement du bien.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/09/le-maitre-de-plus-en-plus-..
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    • Livres 3.00/5
    Par le_Bison, le 11 mars 2012

    le_Bison
    Ce court roman de Mo Yan (avec l'auteur, soit j'ai le droit à de longs pavés de plus de 700 pages, soit de courtes histoires dépassant à peine la centaine) me propose de découvrir ici le grand capitalisme chinois. Lao Ding, alias « le Maître », a consacré sa vie pour son Usine, sacrifices et privations en ont fait un ouvrier modèle (un adepte du 'travailler plus pour gagner plus') qui ne compte plus les distinctions honorables orchestrées par les hauts dignitaires du Parti. A seulement un mois de sa retraite, Lao Ding se trouve purement et simplement licencié suite à la faillite de son Usine.
    Maître Ding voit donc son monde s'effondrer sur ses vieilles épaules frêles. Que devenir, comment subvenir à ses besoins les plus minimes, payer les factures et assurer la survie de son couple. Maître Ding a certes toujours été ouvrier, mais n'en ai pas moins intelligent, et surtout il a de plus en plus d'humour... Une idée lui survient en regardant quelques-uns de ses compatriotes autour du lac artificiel à deux pas de son ancienne usine. Mais cette pensée mise en application est-elle bien légale ?
    De l'humour et de l'émotion ponctuent joyeusement ce « léger » roman au milieu d'une profonde et acerbe critique du néo-capitalisme chinois. En plus de me divertir avec son esprit fallacieux et tendancieux, Mo Yan dénonce subtilement l'économie socialiste de marché de son pays, ce qui ne gâche en rien ma boulimie de connaissances et de voyages vers les différentes cultures à travers le monde.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 2.00/5
    Par belledeschamps, le 21 juillet 2009

    belledeschamps
    C'est l'histoire d'un ouvrier d'âge avancé qui se trouve licencié comme ses collègues pour raison économique. Son statut de meilleur ouvrier de sa société l'empêche d'accepter tous les petits boulots que les autres acceptent. Mais pour subsister, il faut trouver une solution. Dans un bois, non loin de chez lui, il remarque que les amants illégitimes se retrouve dans un bus abandonné pour faire l'amour. Il décide de retaper le bus, d'y proposer boissons fraîches, préservatifs … et fait payer un droit d'entrée aux amants. Son affaire marche très bien jusqu'au jour où un couple rentre dans le bus sans en ressortir...
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    • Livres 3.00/5
    Par maupiti, le 09 juin 2008

    maupiti
    un petit livre rouge mais surtout drôle...mais un humour un peu amer, on rit jaune!
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    • Livres 2.00/5
    Par wictoria, le 05 avril 2012

    wictoria
    Licencié de l'usine dans laquelle il a toujours travaillé de manière exemplaire un mois avant sa retraite, le vieux maître Ding cherche à se recycler pour pouvoir continuer à vivre, mais tandis que les plus jeunes de ses anciens camarades trouvent un nouveau petit boulot, lui erre sans but et honteux de son état jusqu'à ce qu'un jour il tombe sur un vieux bus abandonné près d'un cimetière.
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    Lien : http://lecturesencontrepoint.blogspot.com/2012/04/yan-mo-le-maitre-d..
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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 29 septembre 2010

    - Un homme qui ne peut pas gagner d'argent pour sa famille, c'est comme une femme qui ne peut pas avoir d'enfants, impossible de garder la tête haute devant les autres !

    - Vous avez bien raison, maître.

    - Donc je vais entreprendre quelque chose.

    - A mon avis, c'est possible.

    - Mais les rues sont remplies d'ouvriers au chômage et il y a en plus tellement d'ouvriers flottants! Ce qu'il est possible de faire, on dirait qu'il y a déjà quelqu'un qui le fait.

    - C'est bien la réalité.

    - Xiaohu, le ciel ne nous laisse jamais sans ressources, pas vrai?

    - Maître, c'est une citation de Confucius, alors c'est la vérité, bien sûr !

    - Ton maître a trouvé aujourd'hui un moyen de s'enrichir, mais il ne sait pas si il doit le faire...

    - A part tuer, incendier, détrousser les gens, maître, je pense que tout est faisable.

    - Oui, mais cette chose...j'ai l'impression que c'est un peu un crime... p.51
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  • Par wictoria, le 05 avril 2012

    Lorsqu'il s'approcha du cimetière, une douleur à la jambe le contraignit à s'asseoir sur un bloc de ciment. Un peuplier blanc abritait un nid de corbeaux et un nid de pies. Les corbeaux ne cessaient de croasser, tandis que les pies tournoyaient silencieusement dans les airs. Tout en se massant la jambe, il découvrit sur un espace plat situé sous un peuplier une carcasse de bus abandonnée. Les roues avaient disparu, les vitres aussi, la peinture était presque entièrement effacée. Il n'arrivait pas à comprendre qui avait bien pu amener ce bus ici et pourquoi. A cet instant, il vit un homme et une femme sortir furtivement du cimétière, telles deux ombres irréelles, pour se faufiler prestement à l'intérieur du bus tout bariolé de rouille.
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  • Par le_Bison, le 12 mars 2012

    C’était déjà le coucher de soleil quand insensiblement ses pas le menèrent sur la petite colline derrière l’Usine de fabrication de machines agricoles. Le soleil rouge sang irisait de milles couleurs la surface de l’eau du lac artificiel en bas de la colline. Sur le chemin qui faisait le tour du lac, des hommes et des femmes se promenaient tranquillement en couple. Il avait travaillé tout près des dizaines d’années, mais il n’était jamais monté une seule fois sur cette hauteur et s’était encore moins promené autour du lac. Durant tout ce temps, sa vraie famille avait été l’usine, et, derrière ses dizaines de diplômes d’honneur, il y avait des seaux et des seaux de sueur. Il tourna son regard vers son usine, les ateliers d’ordinaire en pleine effervescence étaient à l’abandon, les bruits de coups de marteau sur le métal n’étaient plus qu’un rêve du passé, la cheminée qui avait craché sa fumée noire pendant des années ne fumait plus, sur les terrains vides aux alentours s’entassaient des canettes défectueuses et des moissonneuses rouillées. Derrière la petite cantine s’empilaient des bouteilles d’alcool...
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  • Par wictoria, le 05 avril 2012

    Le maître et l'apprenti se placèrent côte à côte devant les urinoirs, sans se regarder, les yeux fixés sur les boulettes désodorisantes qui roulaient sans fin. Dans le fracas de l'eau, il demanda doucement : "Pourquoi faut-il payer pour aller aux toilettes ?
    - Maître, on dirait que vous débarquez de la planète Mars, vous croyez que de nos jours il y a encore des choses gratuuites ? dit l'apprenti en haussant les épaules. Mais payer a aussi son avantage. Si c'était gratuit, même en rêve, des petites gens comme nous n'iraient pas dans des W.C. luxueux comme ceux-ci !"
    L'apprenti le guida pour se laver les mains et les passer sous le sèche-mains, puis ils sortirent des toilettes.
    Assis dans le triporteur, frottant ses mains rugueuses adoucies par le séchage, il dit en souprirant : "Xiaohu, on s'est fait une pisse de luxe tous les deux.
    - Vous ne manquez pas d'humour, maître !
    - Je te dois un yuan, je te le rendrai demain !
    - Vous avez de plus en plus d'humour, maître !"
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  • Par le_Bison, le 12 mars 2012

    L’usine était morte, une usine sans ouvriers, c’est purement et simplement un tombeau.
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