En ouvrant ce livre, je me souvenais avoir lu
Rue des boutiques obscures, et je ne comprenais pas pourquoi ce livre ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable. Au bout de deux pages, la mémoire m'était revenue. Et justement c'est cette mémoire qui m'avait posé problème, à force de chercher dans sa mémoire, de mêler plusieurs époques, à force de lier à chaque endroit un souvenir, j'avais perdu la mienne. Et en lisant
Fleurs de ruine, j'ai retrouvé cette ambiance, cette obsession de la mémoire, du souvenir, cette multiple quête identitaire, quête de soi, quête du père…
Fleurs de ruine ne déroge pas à l'univers si particulier de
Modiano. On y retrouve ses thèmes de prédilections : son père, l'occupation, le Paris nocturne, la foule et la multitude de personnage, tous flous, évoqué de façon sommaire, sans véritable approfondissement. On déambule avec le narrateur/
Modiano dans le Paris de 1933, celui de 1944 ou encore celui des années 60 et 80. Seul le lieu ne bouge pas, ce sont les époques qui gravitent autour, se mélangeant, nous entraînant dans un certain chaos ou comme toujours avec
Modiano, on ressort sans réponse. « Ainsi, cet homme que j'avais côtoyé pendant des mois ne s'appelait pas Philippe de Pacheco. Il s'agissait d'un certain Charles Lombard, ancien garçon de café, qui fréquentait les refuges de l'Armée du Salut et en particulier la péniche amarrée quai d'Austerlitz. Pourquoi m'avait-il laissé sa valise ? Voulait-il me donner une leçon en me montrant que la réalité était plus fuyante que je ne le pensais ? Ou bien, tout simplement, il avait abandonné ces dépouilles, sûr de faire peau neuve, à Casablanca ou ailleurs. »
le style est fluide, nonchalant. le narrateur subit les éléments au gré de ses pérégrinations, et c'est indolemment que j'ai fini ma lecture. Et je ne suis toujours pas un inconditionnel de
Modiano. Tant pis pour moi….
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