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ISBN : 207042538X
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 130 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est peut-être cela l'enfer : "Hanter les couloirs du métro pour l'éternité avec un manteau jaune." Mais en châtiment de quelle faute ? Cette femme en jaune que la narratrice croise un jour au métro Châtelet et en qui elle r... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 27 novembre 2012

    carre
    Du Modiano pur jus, et comme j'en suis friand, « La Petite Bijou » en est une nouvelle fois un bel exemple. On retrouve la petite musique qui fait qu'on adhère ou pas au style Modianesque. Entre la quête des souvenirs, l'enquête sur cette femme croisée à la sortie du métro, Modiano déroule la même pelote livre après livre. Après question de sensibilité ou pas, on reste hermétique ou on se promène dans ses pas dans ce Paris qu'il décrit si bien. Modiano me touche, sa sensibilité, sa pudeur, ses blessures sont autant d'atouts dans son univers. Sa mélancolie, servie par une écriture d'une grande justesse rajoute au plaisir de suivre cet énigmatique auteur. Et comme dirait Nastasia-Buergo (petit clin d'œil amical) cela n'est que mon humble avis, c'est-à-dire peu de chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Melperry, le 27 juillet 2012

    Melperry
    Un livre bouleversant, parce qu'il m'est arrivé une de ces choses qui arrive parfois quand on lit des romans: une totale identification au personnage dont les émotions collaient parfaitement avec les miennes à l'époque où je l'ai lu. L'errance de cette fille, décrite avec une telle sensibilité, comme toutes les errances des personnages de Modiano, m'a laissée en larmes à la dernière page. L'écriture de Modiano est pour moi un mystère de fluidité et de vérité: Cela tient de la magie, on ne comprend pas comment le texte peut couler comme du miel et révéler en même temps avec une précision tranchante les sentiments les plus complexes à définir pour tout homme.
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    • Livres 5.00/5
    Par Hapax, le 22 juin 2013

    Hapax
    Nous sommes en 1967. La dame dans la cinquantaine porte un manteau jaune quand elle passe à la station Châtelet et que vous, Thérèse Cardères, que l'on appelait quand vous aviez sept ans La Petite Bijou, l'apercevez, dans la foule. Jaune, mais la couleur comme fanée. Vous la suivez, c'est si facile de suivre quelqu'un dans le métro à Paris, dans la foule. Car il s'agit peut-être de votre mère, que vous croyiez morte. Il n'y a pas si longtemps, une douzaine d'années peut-être, bref : toute une vie.
    Elle habite, près de Vincennes, une banlieue pauvre et triste, s'arrête au café le temps d'un kir, on la surnomme Trompe-la-mort, autrefois on la surnommait la Boche ; quelle ironie pour vous qui la croyiez morte au Maroc. Il y a si longtemps, une douzaine d'années peut-être. Il est loin le temps du Bois de Boulogne de votre enfance, le grand appartement vide de la rue de Malakoff et puis le petit chien, un caniche noir, qui s'y est perdu quand elle l'a promené.
    « Un chien. Un caniche noir. Dès le début, il a dormi dans ma chambre. Ma mère ne s'occupait jamais de lui, et d'ailleurs, quand j'y pense aujourd'hui, elle aurait été incapable de s'occuper d'un chien, pas plus que d'un enfant. [...] Dans ma chambre j'avais peur d'éteindre la lumière. J'avais perdu l'habitude d'être seule, la nuit, depuis que ce chien dormait avec moi. [...] Ce jour-là, ma mère est allée à une soirée et je me souviens encore de la robe qu'elle portait avant de partir. Une robe bleue avec un voile. Cette robe est longtemps revenue dans mes cauchemars et toujours un squelette la portait. [...] J'ai laissé la lumière toute la nuit et les autres nuits. La peur ne m'a plus quittée. Je me disais qu'après le chien viendrait mon tour. »
    En 1967, seule à Paris, à presque vingt ans, vivant de petits travaux à mi-temps, vous voici confrontée à un passé dérobé, que vous pensiez enterré au Maroc.
    Dérobé, ce passé ? Alors que vous vivez dans le même hôtel, près de la place Blanche où votre mère a vécu un temps, avant d'être connue sous le nom de comtesse Sonia O'Dauyé, elle qui s'appelait Sonia ou Suzanne Cardères, et maintenant Mme Boré. Cet hôtel se trouve d'ailleurs dans la même rue qu'un club de nuit, le Néant, où elle aurait dansé, votre mère, dans une revue obscure, avant de disparaître ?
    D'autres personnages évanescents, les Valadier, Véra et Michel et leur petite fille -- oui, une petite fille en dissimule une autre, toujours le passé qui revient comme si... --, la grande maison vide au 70 du boulevard Maurice-Barrès, qui longe le Bois de Boulogne.
    Dans le Paris de votre dépression, un regard se pose sur vous ; sans rien vous demander en retour, quelqu'un vous aide, vous écoute, s'inquiète de votre santé et met sa main douce sur votre front pour que vous dormiez, là ,sur votre lit, du côté de l'ombre. Pourtant, ces médicaments qu'on vous a procurés vous les avalez un soir, vous La Petite Bijou, pour vous défaire de ce passé obsédant et toujours élusif, mais vous vous réveillerez néanmoins, parce que, tout compte fait, le caniche noir ne s'est sans doute pas perdu.
    Il y a les lieux chez Modiano : un Paris sans couleur sur quoi tranche le jaune d'un manteau usé ; mais il aussi le temps, le détail d'une époque : les biscuits Lefèvre-Utile, les annuaires du téléphone, le pneumatique, le métro, le Réseau.
    Un voyage dans le temps ; celui d'Une jeunesse -- la mienne, qui sait ? rappelez-vous gens d'ici et de cet âge l'Exposition universelle de 1967 : Une jeunesse perdue ? Peut-être, mais c'est une autre histoire....

    Lien : http://les-cendres-et-le-plumeau.blogspot.ca/2013/06/reprise-la-peti..
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    • Livres 2.00/5
    Par herveGAUTIER, le 28 février 2014

    herveGAUTIER
    N°713 – Janvier 2014.
    La Petite BijouPatrick Modiano – Gallimard (2001)
    Thérèse Cadères, dite la « Petite bijou » avait déjà fait une apparition furtive dans un autre roman de Patrick Modiano (« Un cirque passe » (1992) - La feuille Volante n°711). Elle était à l'époque une enfant un peu délaissée. Elle a maintenant grandi, est une adolescente solitaire de 19 ans qui va croiser par hasard dans le métro à la station Châtelet une femme en manteau jaune qui ressemble à sa mère et la suit jusqu'à son habitation modeste à Vincennes mais sans oser l'aborder. Dès lors, lui reviennent des images de son enfance quand sa mère immature l'a confiée à une institution. Jusqu'à présent, elle n'avait d'elle que quelques photos un peu passées et le souvenir d'une ancienne danseuse affublée d'une cicatrice sur le visage, un vieil agenda, une vague adresse et un tableau qui la représentait quelques années auparavant quand elle se faisait appeler Sonia alors que son véritable prénom était Suzanne. D'ailleurs tout a toujours été faux chez elle, son âge à l'époque de cette peinture, le titre de noblesse qu'elle s'était octroyé, celui de la comtesse Sonia O'Dauyé. Sa présence à Paris est d'autant plus surprenante qu'elle était censée être morte au Maroc douze ans auparavant. Lors de cette rencontre, cette femme ne se rend même pas compte qu'elle est suivie tant est elle apparemment fatiguée et même absente de sa propre vie. Les épisodes douloureux de son enfance et notamment cet abandon inexpliqué continuent à perturber Thérèse qui a du mal à vivre pleinement sa propre vie toujours en recherche de ses origines.
    En proie à la dépression elle trouve un travail de baby-sitter et rencontre à cette occasion une petite fille qu'elle doit garder. Elle est aussi délaissée qu'elle l'a été elle-même dans sa jeunesse
    Avant cette rencontre fortuite, « La Petite Bijou » avait croisé un homme un peu étrange, Moreau-Badmaev, d'environ 25 ans qui s'intéresse à cette quête qui l'amène dans un vieil hôtel où sa mère a jadis habité. Il jouxtait une boite de nuit un peu sordide « le Néant » ou sa mère dansait avant de disparaître. Elle va aussi rencontrer une pharmacienne qui va l'aider dans sa recherche et après une tentative de suicide Thérèse va peut-être enfin revivre. Elle est un peu paumée cette Thérèse et revit à l'occasion des scènes de son passé et cela devient obsessionnel d'autant que son présent la met en situation de rencontrer le couple Valadier qui est pour le moins mystérieux.
    Comme toujours dans l'œuvre de Modiano ses propres obsessions ressortent et notamment la quête de ses origines. le ton est ici le mystère, mais aussi la mélancolie, l'errance, la quête de soi-même, une petite musique que j'aime bien chez Modiano et qui n'est pas sans rappeler « Les inconnues » (La Feuille Volante n°667). le lieu choisi ici est un Paris un peu terne comme c'est souvent le cas chez l'auteur.
    Les hypothétiques lecteurs de cette chroniques peuvent en témoigner, je suis toujours aussi admiratif du style de Modiano et de l'ambiance si particulière qu'il réussit à instiller dans ses Romans. Cependant cette fois, je suis un peu déçu par ce livre.

    ©Hervé GAUTIER – Janvier 2014 - http://hervegautier.e-monsite.com

    Lien : http://hervegautier.e-monsite.com
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    • Livres 1.00/5
    Par bgn, le 12 mars 2013

    bgn
    Thérèse, La Petite Bijou, est une jeune femme d'une vingtaine d'années qui croise par hasard dans le métro une femme qui physiquement lui rappelle sa mère, officiellement morte depuis plusieurs années. Bouleversée par cette rencontre, elle se met à la suivre, sans l'aborder, et évoque son enfance avec sa mère qu'elle a peu connue et qui l'avait confiée à une institution lorsqu'elle avait une dizaine d'années. La Petite Bijou dès lors va pister cette «mère» au travers de divers indices. Les épisodes douloureux de son enfance continuent de perturber la jeune femme qui ne réussit pas à vivre sa vie, en étant en perpétuelle quête d'explications sur cet abandon et à la recherche de ses origines familiales. Dans un Paris froid et hostile, plusieurs personnages croiseront l'errance et la recherche d'identité de Thérèse, qui après une ultime rencontre et tentative de suicide, renaîtra à la vie.
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Citations et extraits

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  • Par fanfan50, le 16 octobre 2014

    "Qu'est-ce que vous recherchez exactement dans la vie ?"
    Il semblait s'excuser de cette question vague et solennelle. Il me fixait de ses yeux clairs et je remarquai que leur couleur était d'un bleu presque gris. Il avait aussi de très belles mains.
    "Ce que je recherche dans la vie..."
    Je prenais mon élan, il fallait vraiment que je réponde quelque chose. Un type comme lui, qui parlait vingt langues, n'aurait pas compris que je ne réponde rien.
    "Je recherche... des contacts humains..."
    Il n'avait pas l'air déçu de ma réponse. De nouveau, ce regard clair qui m'enveloppait et me faisait baisser les yeux. Et les belles mains, à plat sur la table, dont j'imaginais les doigts longs et fins courant sur les touches d'un piano. J'étais si sensible aux regards et aux mains... Il m'a dit :
    "Il y a un mot que vous avez employé tout à l'heure et qui m'a frappé... le mot "fixe..."
    Je ne m'en souvenais plus. Mais j'étais flattée qu'il ait attaché de l'importance aux quelques paroles que j'avais prononcées. Des paroles si banales.
    "Le problème, c'est de trouver un point fixe..."
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  • Par balooo, le 28 septembre 2010

    Une douzaine d'années avait passé depuis que l'on ne m'appelait plus «la Petite Bijou» et je me trouvais à la station de métro Châtelet à l'heure de pointe. J'étais dans la foule qui
    suivait le couloir sans fin, sur le trottoir roulant. Une femme portait un manteau jaune. La couleur du manteau avait attiré mon attention et je la voyais de dos, sur le tapis roulant. Puis elle marchait le long du couloir où il était indiqué «Direction Château-de-Vincennes». Nous étions maintenant immobiles, serrés les uns contre les autres au milieu de l'escalier, en attendant que le portillon s'ouvre. Elle se tenait à côté de moi. Alors j'ai vu son visage. La ressemblance de ce visage avec celui de ma mère était si frappante que j'ai pensé que c'était elle.
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  • Par fanfan50, le 16 octobre 2014

    "Alors, vous avez retrouvé votre vieille maison de famille."
    Et nous avons éclaté de rire tous les deux. Le portail est recouvert de chèvrefeuille, il est resté fermé depuis si longtemps que les herbes ont poussé derrière lui et que l'on ne peut que l'entrouvrir et se glisser entre les deux battants. Au fond de la prairie, sous la lune, le château de notre enfance. Là-bas, à gauche, le cèdre est toujours là. Maintenant nous pénétrons dans le château. Un candélabre à la main, nous traversons le salon bleu et la galerie où se succèdent les portraits des ancêtres. Rien n'a changé, tout est resté à la même place sous une couche de poussière. Nous montons le grand escalier. Au bout du couloir, nous voilà enfin dans la chambre des enfants. C'est ainsi que Moreau-Badmaev s'amusait à décrire le retour au domaine familial, tel que j'aurais dû le faire dans une autre vie.
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  • Par BRIGITTEB, le 19 juin 2013

    Un chien. Un caniche noir. Dès le début, il a dormi dans ma chambre. Ma mère ne s'occupait jamais de lui, et d'ailleurs, quand j'y pense aujourd'hui, elle aurait été incapable de s'occuper d'un chien, pas plus que d'un enfant. Quelqu'un lui avait certainement offert ce chien. il n'était pour elle qu'un simple accessoire dont elle a dû se lasser très vite. Je me demande encore par quel hasard ce chien et moi, nous nous trouvions tous les deux dans la voiture. Maintenant qu'elle habitait un grand appartement et qu'elle s'appelait la comtesse Olga O' Dauyé, il lui fallait sans doute un chien et une petite fille.
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  • Par Austral, le 07 novembre 2012

    Il faut se méfier de ceux qu'on appelle des témoins.

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