ISBN : 2070128474
Éditeur : Editions Gallimard (2010)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
« Il suivait la Dieffenbachstrasse. Une averse tombait, une averse d’été dont la violence s’atténuait à mesure qu’il marchait en s’abritant sous les arbres. Longtemps, il avait pensé que Margaret était morte. Il n’y a pas de raison, non, il n’y a pas de raison. Même l’a... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par alaiseblaise, le 08 avril 2010

    alaiseblaise
    Un définition, convenue et convenable de la critique littéraire pourrait se présenter comme une étude, discussion, évaluation et interprétation de la littérature.
    Cela vous convient-il ?
    De plus, notons que l'étymologie du mot "critique", signifie en grec tri, évaluation, jugement (du verbe kríno, juger ; kritikós, juge de la littérature, apparaît au IVe siècle avant J.-C., comme distinct de grammatikós, grammairien).
    Voilà, nous y sommes presque.
    Il s'agirait aussi de juger un livre, donc de le déclarer "bon" ou "mauvais".
    Dit autrement : l'élever sur le trône reluisant d'un Top des Ventes ou bien l'enterrer, encore chaud, dans la fosse commune des rebuts...
    C'est bien cela ?
    Donc, reprenons depuis le début. Une critique littéraire devrait étudier, discuter, évaluer, interpréter et juger un livre.
    Rien que ça ?

    En fait, ce serait comme écrire une sorte de compte-rendu "érudit" et "sacrificiel" d'une lecture. Comme une sanctification du critique littéraire.
    Mais n'est-ce pas tout naturellement donner l'envie de lire ?
    Oui c'est cela, donner tout simplement l'envie d'aimer...
    Et si "Le but de la littérature est de nous apprendre à lire." comme le suggérait Paul Claudel,
    alors le but de la critique littéraire ne serait-il pas de nous "appeler" à lire ?
    Nous tendre à lire.
    Nous appeler tendrement à lire.
    Non ?

    Finalement, nous y voilà, critiquer un livre, consisterait à l'étudier, le discuter, l'évaluer, l'interpréter, le juger et le lancer à la mystérieuse et insondable "pâture" psycho-affective d'un éventuel futur lecteur inconnu.
    Tout ça ?
    Sachons tous qu'une critique se doit d'être brève. Pour donner l'envie sans ennuyer. L'envie de lire. L'envie d'acheter. Comme une pub télé ? Un peu.
    Qu'en pensez-vous ?
    Remarquons encore que le bon usage courant prétend souvent qu'un esprit critique est un esprit libre. De libre examen. De libre arbitre.
    Concluons donc, un peu naïvement peut-être, qu'un "bon" et "loyal" critique répugne naturellement toutes connivences, flatteries et mondanités.
    Pas vrai ?
    Le juste critique littéraire ne tyranise jamais l'opinion, se montre rarement agressif ou méprisant et respecte toujours l'auteur du livre qu'il a, bien entendu, entièrement lu...et jusqu'au bout ?
    Cela va de soi, non ?
    Le consciencieux critique littéraire ne cède ni à la mode, ni aux pressions de ses "amis" éditeurs et , fervant amateur de tennis, il sait renvoyer la balle.
    C'est évident, non ?
    L'authentique critique littéraire déteste passer à la télévision pour envahir le petit écran de ses précieux et savants bavardages...cachant-crachant l'écrivain muet...soudainement mutique.
    Il adore parler des livres dont tout le monde parle. Il affectionne particulièrement sa sécurisante famille parisienne de critiques littéraires. Parfois il milite à la prestigieuse Association Internationale de la Critique Littéraire et fardé, rêve, le billet plein d'espérance, au Grand Prix de la Critique Littéraire.
    Pas vrai ?

    Alors comment je suis critique littéraire, moi, le temps d'un prix des lecteurs ?
    La critique est facile mais l'art...de la critique littéraire...est difficile !
    Et après ?
    Je considère que la lecture d'un livre est un plaisir solitaire difficile à partager. "Certes, lorsque j'écris ce n'est pas pour tel être que j'aime, mais c'est pour quelqu'un qui est tous et chacun. Je veux que le lecteur y trouve non pas mes souvenirs ni les siens, mais son avenir." écrivait Henri Thomas.
    Je, tu, elle, il, vous...au passé si singulier, au présent si versatile, au futur si incertain. Chaque énigmatique lecteur est différent, lit différent, aime différent...et heureusement...
    Et la richesse d'un livre ne tient-elle pas à ses multiples, improbables et contradictoires interprétations mouvantes dans le temps ?
    Ainsi, comment parler d'un livre à un inconnu qui n'a pas lu ce livre ?
    Critique littéraire, un métier impossible ?
    Comment éviter la noyade dans cet océan de parutions, près de cette plage où échouent, comme autant de vagues, les premiers romans ?
    Comment échapper à l'illusion dans cet étang vaseux de prosateurs éphémères ?
    D'entrée ferrer le lecteur sans dévoiler le bout de la ligne. Nuancer légérement de qualificatifs adjectifs . Intertextualiser sans trop intellectualiser. Actualiser sans trop citer. Polémiquer sans trop réquisitionner. Plaider l'humeur et l'humour.
    Le temps ne joue t-il pas contre le critique qui manque de recul pressé par l'imposition des medias ?
    Que dire de la relecture digestive qui passe à la trappe de l'immédiateté et du gavage ?
    Un livre doit avoir sa chance. Sa chance de survivre. Un temps pour mûrir...le temps de mourir... "Un livre vit plus longtemps qu'une jeune femme." aimait à déclamer Nabokov.
    Ah oui, au fait, pourquoi j'aime le chocolat ?
    Ben, moi je dirai, parce que c'est bon. Parce que ça me fait du bien.
    Mais le critique littéraire, lui, il dit : "Parce que le livre est un produit merveilleux. A la fois source de plaisir , de volupté, fidèle témoin de nos souvenirs d'enfance et des instants de fêtes.
    Il pourrait se contenter de ce palmares déjà prestigieux. Mais derrière ces qualités festives se cachent des vertus thérapiques reconnues : énergétique, anti stress. Objet de gourmandise, de satisfaction, le livre est lié à une idée de récompense. C'est un cadeau que l'on s'offre à soi-même et aux autres pour le plaisir.
    Balzac estimait que le livre permettait de maintenir plus longtemps les facultés cérébrales. Goethe, fervent amateur de livre, et grand voyageur déclarait: "Quiconque a lu une page de livre résiste à une journée de voyage."
    Le livre, nourrissant et tonique, devient l'ultime déjeuner des gens de lettres. le livre est un aliment très nourrissant qui améliore l'endurance tant physique qu'intellectuelle et permet de lutter contre les “coups de barre”.
    Son parfum profond et suprême, la puissance de l'arôme et la combinaison subtile de notes à la fois amères et sucrées donnent cette joie simple et unique de le croquer.
    Gourmandise savourée en solitaire, sur le coin d'un bureau, récompense donnée à un enfant ou simple "coup de fouet" pour faire le plein d'énergie, le livre est l'aliment plaisir et santé par excellence.
    Le livre est parfois accusé de donner des migraines, de l'acné et de constiper... Tous ces a priori ont été totalement récusés par les travaux scientifiques, mais les préjugés persistent.
    Il ne donne pas de crise de foie ; tout au plus, il peut ralentir la digestion s'il est trop gras et consommé après un repas trop copieux. La forte présence de fibres dans le livre en fait même un aliment régulateur du transit intestinal.
    Il n'occasionne que très exceptionnellement des réactions allergiques."
    Voilà comment parlerait un critique littéraire...

    J'ai bien aimé le dernier Modiano. "L'horizon."

    Un livre qui se savoure, sans fin.
    Avec des douceurs de mots qui fondent sous la langue.
    Avec des temps savamment mélangés.
    Des souvenirs chancelants.
    Des secrets ombrageux.
    Un Paris habité.
    Des noms de rues délicatement servis sous cloche.
    Des amoureux inquiets et intemporels qui luttent contre l'oubli.

    Ici le lecteur, pris aux mots, reste à table jusqu'au bout.
    Un roman long en bouche.
    Décidément, rien n'est plus difficile que de faire aimer...

    Lien : http://www.enlisant.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 11 juillet 2010

    annie
    début de lecture... revue de presse : http://www.magazine-litteraire.com/content/critiques/article.html?id=15587
    .
    «Depuis quelque temps, Bosmans pensait à certains épisodes de sa jeunesse, des épisodes sans suite, coupés net, des visages sans noms, des rencontres fugitives. Tout cela appartenait à un passé lointain, mais comme ces courtes séquences n'étaient pas liées au reste de sa vie, elles demeuraient en suspens, dans un présent éternel.» Dès ces premières lignes placées sous l'égide de la fuite du temps, le nouveau roman de Patrick Modiano manifeste son appartenance à une oeuvre sérielle, reprenant à la manière d'une ritournelle les mêmes thèmes, interrogations, types de personnages - avec un charme toujours renouvelé. Écrivain remontant le cours de souvenirs épars, à la recherche d'une femme disparue dont il ne sait presque rien, Jean Bosmans mène une enquête flottante, au gré d'une mémoire à éclipses. Il ne bénéficie pas de l'expérience professionnelle d'un détective privé, comme Guy Roland dans Rue des boutiques obscures ou Pierre Caisley dans Dans le café de la jeunesse perdue ; il n'a pas non plus le désir de pister documents et archives (même vides) qui fait tendre Dora Bruder vers la micro histoire. Il n'en ressemble pas moins à tous ces hommes modestes et incertains, en marge du monde et de la vie, qui peuplent les livres de Modiano et nous déroulent sur un ton dépouillé, troué de non-dits, des aventures aux contours si tremblés qu'elles semblent issues d'un songe. Celle que Bosmans s'efforce de faire ressurgir du néant, Margaret le Coz, convoque elle aussi dans son sillage toutes les figures féminines qui l'ont précédée au sein de la toile tissée par l'auteur d'Accident nocturne depuis son premier texte, chacun de ses romans renvoyant aux autres et réciproquement. Denise engloutie dans les neiges de l'amnésie de Rue des boutiques obscures, Yvonne qui manque au rendez-vous dans Villa triste, Ingrid suicidée dans voyage de noces, tout comme Louki à la fin de Dans le café de la jeunesse perdue. Toutes ces femmes évanouies s'inscrivent en filigrane de Margaret, qui prit un train pour ne jamais revenir, laissant sans nouvelles l'homme qui songe à elle quatre décennies après les faits, tandis qu'il tente de saisir dans un même mouvement celui et celle qu'ils furent, la quête de l'autre étant inséparable de la quête de soi chez Modiano.
    L'écrivain a souvent déclaré se retrouver davantage dans ses héroïnes que dans ses narrateurs. Ce sentiment d'empathie transparaît ici symboliquement à travers le lien noué entre ses deux personnages après un rapprochement né d'un hasard, leur intimité pareille à celle que ressentent des voyageurs dans un train de nuit, leur reconnaissance moins amoureuse que fraternelle, le temps de quelques cafés, promenades, mots échangés dans le Paris des années 1960, vingt ans après une guerre dont l'ombre continue de planer, insensiblement. Française née à Berlin, Margaret est poursuivie par un homme aux motifs obscurs, dénommé Boyaval, qui lui a fait quitter Annecy pour la Suisse, puis la Suisse pour Paris, où elle erre d'un petit emploi à un autre en se cachant. Travaillant vaguement aux «éditions du Sablier», Bosmans tâche d'éviter le couple improbable et agressif formé par sa mère et son compagnon aux allures de prêtre défroqué, qui lui réclament de l'argent chaque fois qu'ils le croisent. Ce que Margaret et Bosmans ont en commun, c'est la solitude, le déracinement, l'absence d'ancrage: «Ils n'avaient décidément ni l'un ni l'autre aucune assise dans la vie. Aucune famille. Aucun recours. Des gens de rien.» De là vient leur angoisse jumelle, leur sourde inquiétude, leur hésitation à vivre qui pousse le récit vers l'épure, avec son intrigue ténue, ses scènes fragmentées, ses phrases mates qui veulent restituer le fantôme d'une présence, esquisser plutôt que peindre, ne se raccrochant guère qu'à quelques adresses et numéros de téléphone pour exister. Une dimension topographique habituelle chez Modiano, où la carte des lieux qu'arpentent ses héros porte en elle l'empreinte d'une autre carte, celle d'une identité égarée: «Il suffisait d'entrer, de suivre le couloir jusqu'au bureau de la réception et de demander le numéro de la chambre de Margaret. Il devait bien rester des ondes, un écho de son passage dans cet hôtel et dans les rues avoisinantes.»
    Au paysage urbain et existentiel se superpose le paysage littéraire, avec cette invitation permanente à (re)parcourir les autres textes de Modiano. L'horizon ouvre cependant une perspective nouvelle, visible dès son titre qui, contrairement aux précédents (Du plus loin que l'oubli, Fleurs de ruine...), suggère la projection plutôt que le repli sur le passé. Dans ce livre, l'écriture n'est plus seulement le vecteur des choses enfuies et enfouies. Lorsque Bosmans corrige les pages dactylographiées de son premier roman, il lui semble «atteindre un carrefour de sa vie, ou plutôt une lisière d'où il pourrait s'élancer vers l'avenir. Pour la première fois, il avait dans la tête le mot : avenir, et un autre mot : L'horizon. Ces soirs-là, les rues désertes et silencieuses du quartier étaient des lignes de fuite, qui débouchaient toutes sur l'avenir et L'horizon». Pour la première fois, rien n'a changé et tout a changé dans ce nouveau livre de Modiano, qui se veut plus qu'un mémorial autour d'un centre absent. Si les creux sont comme toujours plus nombreux que les pleins, si le silence de Margaret et son mystère font écho au «pauvre secret» que Dora Bruder emporta dans sa tombe, les voies du roman semblent ici offrir une issue, au lieu de l'impasse à laquelle elles ont toujours abouti jusque-là. «C'étaient toujours les mêmes mots, les mêmes livres, les mêmes stations de métro», observe Bosmans/Modiano. Et pourtant. Jamais l'auteur n'a été si près de briser le cercle de l'«éternel retour» qui fascinait l'un des héros de Dans le café de la jeunesse perdue, de quitter l'ombre pour rejoindre la lumière, le réel, le présent et retrouver - peut-être - ce qui a été perdu.


    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par Livrespourvous, le 29 mars 2010

    Livrespourvous
    Voilà, je tourne et retourne la feuille, je n'arrive pas à démarrer cette chronique sur le dernier Modiano.
    Pourquoi ? Cela fait pourtant plus de 25 ans que je le lis, que je guette religieusement sa prose, son nouveau roman et que je m'immerge à chaque fois.

    On prétend que les écrivains écrivent toujours le même roman. Peut-être que la petite musique qui les accompagne, est si particulière, si insolite qu'elle enchante l'œuvre. Sans doute est-elle familière au lecteur.

    De livre en livre, Modiano décrit des ombres, des fantômes avec douceur, nostalgie, des frontières floues, qui se promènent dans la mémoire et que le narrateur ne veut jamais, sans doute par peur de perdre le fil de son existence, préciser.

    Il y a toujours des mauvais garçons, des héros naïfs, embarqués dans des vies trop grandes pour eux, des femmes qui n'ont pas eu de parcours idéal, des veules qui ont bien vécu sous l'occupation allemande, d'autres qui ont trouvé refuge en Suisse.

    Pourtant le héros de L'horizon, Bosmans essaie vaille que vaille de retrouver Margaret le Coz, son souvenir et sa figure. L'époque, quarante ans auparavant. Les autres protagonistes.

    Mais Bosmans souhaite que les choses demeurent dans le vague et même quand il retrouve enfin la trace de Margaret, il se freine, il ralentit sa quête, hésite.

    Pour une fois un héros de Modiano peut enfin toucher l'objet de sa quête.Et c'est nouveau, comme si justement l'écrivain voulait en finir avec ses ombres fétiches, ses ruines, et se tourner enfin vers le présent.

    C'est une étape importante dans l'œuvre de ce grand auteur.

    Lien : http://livrespourvous.centerblog.net
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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 23 juin 2010

    Titine75
    L'horizon”, le dernier roman de Patrick Modiano, nous entraîne une nouvelle fois dans les méandres du passé. le personnage principal, Jean Bosmans, se remémore sa jeunesse et plus particulièrement son histoire d'amour avec Margaret le Coz. Bosmans est devenu un écrivain sexagénaire et ses balades dans les rues de Paris lui évoquent les moments passés avec Margaret. Tous deux débutent dans la vie active et sont en dehors de l'agitation de la jeunesse. Ils sont extrêmement discrets et effacés. A raison d'ailleurs, car tous deux se sentent menacés et harcelés par des parents ou un ancien amant. le présent les angoisse mais le futur n'est guère plus rassurant. Avec le recul des années, Jean Bosmans analyse cette période où il avait l'impression de “(…) marcher souvent sur des sables mouvants. “
    Comme souvent chez Patrick Modiano, le personnage central est hanté par ses souvenirs. Paris est encore le lieu des réminiscences, chaque rue renvoie à un souvenir, un moment dans l'histoire de Jean et Margaret. Mais Jean va plus loin que la seule évocation des souvenirs, il imagine un monde parallèle où les personnes croisées seraient toujours présentes. Il l'évoque à propos de l'agence de recrutement qu'il fréquentait avec Margaret : “L'agence Stewart existait-elle toujours ? Il pensa aller vérifier sur place. Au cas où l'agence occuperait les mêmes bureaux, il rechercherait dans les archives sa fiche et celle de Margaret avec leurs photos de l'époque. Et peut-être serait-il reçu par le même blond aux petits yeux bleus. Et tout recommencerait comme avant.” Jean regrette de n'avoir pu profiter pleinement des moments passés avec Margaret. Cette bulle du passé renferme également tous les possibles non réalisés, tous les chemins que Jean n'a pas empruntés. Les vies de Jean Bosmans peuvent se multiplier à l'infini et l'entraînent dans une certaine mélancolie.
    Mais les souvenirs ne sont pas qu'une source de tristesse. Patrick Modiano nous laisse entrevoir un espoir : “Pour la première fois, il avait dans la tête le mot : avenir, et un autre mot : L'horizon. Ces soirs-là, les rues désertes et silencieuses du quartier étaient des lignes de fuite, qui débouchaient toutes sur l'avenir et L'horizon.” le lecteur n'est pas totalement plongé dans la mélancolie, une lueur apparaît dans la vie de Jean Bosmans. Les derniers paragraphes apportent un éclairage nouveau sur le récit qui les a précédés. Jean ne s'apitoie pas sur ses souvenirs, il évoque Margaret le Coz afin de terminer leur histoire au présent. Sur un thème caractéristique de son oeuvre, Patrick Modiano arrive à surprendre son lecteur avec une subtile variation, une ouverture sur L'horizon.
    Une nouvelle fois j'ai été séduite par l'univers et l'écriture envoûtante de Patrick Modiano. “L'horizon” est un roman magnifique et je suis fascinée par la capacité de l'auteur à se renouveler avec finesse. La fin du livre est lumineuse et m'a transportée.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2010/06/17/lhorizon-de-patrick-mo..
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    • Livres 3.00/5
    Par gilles3822, le 25 avril 2010

    gilles3822
    Je ne suis pas un fan de Modiano. Je lui reconnaît une certaine esthétique du souvenir, du temps qui passe. Les morceaux du passé se promènent dans le temps présent, constituant l'essentiel de son propos et de la vie de ses personnages. On aime ou pas. Dans ce livre, il se passe "concrètement" des choses mais toujours intimement liées à un passé que l'on devine douloureux. le lecteur devine, pressent un drame mais non, pas de drame, juste une rencontre malencontreuse qui obsède une héroïne à la sensibilité exacerbée. Ce simple fait aurait fait l'objet de quelques lignes chez d'autres romanciers. Ici, il irrigue tout le récit. D'un petit rien, Modiano en fait le fil d'Ariane que suivent les protagonistes, aux petits soins avec cette fragile jeune fille.
    Les rues de Paris servent, une fois de plus, de décor et Annecy, ville bien connue de l'écrivain, fait son apparition.
    Les personnages sont, comme souvent chez Modiano, des inadaptés à la vie réelle, au présent et l'avenir leur semble étranger d'où une sensation étrange de flottement. Ils réagissent au hasard d'une impression fugitive, d'un parfum, d'une photo ou d'une silhouette croisée dans un parc, comme si leur vie en dépendait. Tout peut arriver, l'improbable est omniprésent et leur existence même est fantomatique.
    Le charme des livres de Modiano réside dans une improbabilité existentielle :
    Je suis là, oui, mais pour faire quoi, et pourquoi pas ailleurs ?
    Cette indécision peut agacer mais elle rassure aujourd'hui, dans un monde pétri de certitudes.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Minh Tran Huy pour le Magazine Littéraire

    «Depuis quelque temps, Bosmans pensait à certains épisodes de sa jeunesse, des épisodes sans suite, coupés net, des visages sans noms, des rencontres fugitives. Tout cela appartenait à un passé lointain, mais comm... > lire la suite

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Critiques presse (3)


  • Actualitte , le 20 décembre 2011
    Une intrigue épurée, évasive, si ténue mais qui envoûte ; toute en retenue, qui ne dit pas tout mais dont la fin, à Berlin est comme libératrice d'un souffle longtemps comprimé. [...]
    Une écriture appliquée et heureuse, où l'auteur exprime avec précision et justesse, toute l'incertitude et le flou, l'indiscernable, pourtant proches de l'indicible. Le talent, sans doute.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • LeFigaro , le 25 novembre 2011
    Nous voilà embarqué dans une histoire avec ce narrateur hésitant, à la mémoire à la fois précise et trouble. Mais c'est fantastique, c'est Modiano. Il pourrait écrire un annuaire, il nous séduirait quand même.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • Telerama , le 23 novembre 2011
    L'Horizon est un très beau roman de Patrick Modiano, une enquête subtile qui flotte entre passé et présent, Paris et Berlin, la jeunesse et la soixantaine. Sans mélancolie pourtant, car il n'est pas question de repli sur soi mais de carrefour et d'avenir.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par vda, le 05 juillet 2010

    Bien des années plus tard, il s'était retrouvé par hasard dans cette rue Bleue, et une pensée l'avait cloué au sol : Est-on vraiment sûr que les paroles que deux personnes ont échangées lors de leur première rencontre se soient dispensées dans le néant, comme si elles n'avaient jamais été prononcées ? Et ces murmures de voix, ces conversations au téléphone depuis une centaine d'années ? Ces milliers de mots chuchotés à l'oreille ? Tous ces lambeaux de phrases de si peu d'importance qu'ils sont condamnés à l'oubli ?
    [...]
    Et si toutes ces paroles restaient en suspens dans l'air jusqu'à la fin des temps et qu'il suffisait d'un peu de silence et d'attention pour en capter les échos.
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  • Par Laruellebleue, le 05 mai 2010

    «Depuis quelque temps Bosmans pensait à certains épisodes de sa jeunesse, des épisodes sans suite, coupés net, des visages sans nom, des rencontres fugitives. Tout cela appartenait à un passé lointain, mais comme ces courtes séquences n’étaient pas liées au reste de sa vie, elles demeuraient en suspens, dans un présent éternel. Il ne cesserait de se poser des questions là-dessus, et il n’aurait jamais de réponse.»
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  • Par Petitebijou, le 14 avril 2011

    Le long de la Karl Marx Allee, il n'était pas vraiment dépaysé, malgré l'avenue trop large et les immeubles en béton, l'aspect de gigantesques casernes. Mais cette ville a mon âge. Moi aussi j'ai essayé de construire, au cours de ces dizaines d'années, des avenues à angle droit, des façades bien rectilignes, des poteaux indicateurs pour cacher le marécage et le désordre originels, les mauvais parents, les erreurs de jeunesse. Et malgré cela, de temps en temps, je tombe sur un terrain vague qui me fait brusquement ressentir l'absence de quelqu'un, ou sur une rangée de vieux immeubles dont les façades portent les blessures de la guerre, comme un remords. Il n'avait plus besoin de consulter le plan. Il marchait droit devant lui, il traversait le pont de la voie ferrée, puis un autre pont sur la Spree. Et si c'était un détour, cela n'avait aucune importance.
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  • Par Bibounde, le 08 avril 2010

    L'avenir... Un mot dont la sonorité semblait aujourd'hui à Bosmans poignante et mystérieuse. Mais, en ce temps-là, nous n'y pensions jamais. Nous étions encore, sans bien nous rendre compte de notre chance, dans un présent éternel.
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  • Par TRIEB, le 11 décembre 2011

    Il s’était étonné que ,parmi les millions d’habitants que comptait une grande ville comme Paris , on puisse tomber sur la même personne à de longs intervalles , et chaque fois dans un endroit très éloigné du précédent .Il avait demandé son avis à un ami qui faisait des calculs de probabilité en consultant les numéros du journal Paris Turf des vingt dernières années , pour jouer aux courses. Non, pas de réponse à cela .Bosmans avait alors pensé que le destin insiste quelquefois. Vous croisez à deux, trois reprises la même personne .Et si vous ne lui adressez pas la parole, alors tant pis pour vous
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Les lectures d'influence de Olivier Adam : livre 1 : "L'horizon" de Modiano.








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