ISBN : 2070373584
Éditeur : Gallimard (1982)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 73 notes) Ajouter à mes livres
Ce roman met en scène la quête d'un amnésique. Les pistes s'ouvrent, se diluent, se referment en champ de points d'interrogation devant Guy Roland, détective privé, qui tente de recueillir les bribes de la vie d'un certain McEvoy. Est-il lui-même ? Est-il un autre ? Peu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Petitebijou, le 12 novembre 2011

    Petitebijou
    Pour beaucoup, ce que je vais raconter ici paraitra dérisoire : "Rue des boutiques obscures" est le premier livre que j'ai eu entre mes mains qui ne soit ni une surprise, un livre de poche, un livre d'occasion. Ma première volonté de lectrice, d'économiser pour m'acheter un livre des Editions Gallimard, le prix Goncourt, dont j'avais aperçu l'auteur par hasard, dans un soir d'internat où je végétais, trainais une adolescence interminable, dans la lucarne télévisuelle, une émission "Apostrophes", seule ouverture sur un monde de liberté possible. Cet auteur, nommé Patrick Modiano, un inconnu, m'avait décoché une flèche en plein coeur. J'ai acheté ce livre, cher pour moi à l'époque, et ramené chez moi. J'ai attendu quelques temps pour le lire, intimidée par cette couverture d'un livre qui me paraissait le summum du luxe et symbole intellectuel dans une famille où le livre était objet superflu. On se moqua de moi. Et puis, j'ai osé ouvrir la première page, m'aventurer dans le récit. Ce fut le début d'une histoire d'amour qui perdure encore aujourd'hui, avec l'univers de Modiano, pas évidente au premier abord, avec les méandres d'une mémoire sans cesse réinventée, un style épuré, l"histoire de destins fracturés, le début aussi de l'obsession de la lecture de l'intégralité de l'oeuvre des écrivains qui auraient l'heur de me sourire... l'affranchissement de s'autoriser l'accès à la culture qui semble réservée à d'autres que soi, de son milieu social, éducatif.
    Attention, lire est un acte subversif !
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par brigittelascombe, le 25 juin 2011

    brigittelascombe
    Un frère disparu jeune, une mère actrice, en tournée, la plupart du temps, un père absent, trois raisons suffisantes pour que des personnages nimbés de l'ombre du passé hantent l'oeuvre de Patrick Modiano.
    La quête d'identité, est un thème souvent retrouvé dans les nombreux romans de cet auteur couvert des lauriers de prix prestigieux comme en 2010 le prix Mondial Cino del Luca et en 2011 le prix de la Bnf, tous deux pour l'ensemble de son oeuvre,
    "La Rue des boutiques obscures" a d'ailleurs reçu le Goncourt en 1978.
    Je n'ai pas vraiment adhéré à ce roman dont le personnage central, Guy Roland, frappé d'amnésie dix ans auparavant,devenu détective privé, part sur les traces d'une plausible piste.
    Un récit, fort bien écrit, aux subtiles images comme cette voix russe qui sussure comme un bruissement de feuilles, mais un récit entrecoupé de lettres de son ex coéquipier Constantin von Hutte, un baron, frais retraité niçois et de rapports de police aux détails précis et concis.
    Un air de musique, une chanson du Caucase, un parfum poivré et la mémoire entrebaille ses rideaux.
    A sa suite, on frappe à des portes aux noms obscurs, aux consonnances étrangères comme cet étranger qu'il est à lui même.
    Gay Horlow, Freddy Howard Luz, Dédé Wilmer, Scoufi, Rubirosa, Sonachitzé, le vieux Giorgiadzé. On pioche une carte ou un pion,dans une boite à biscuits, on avance d'une case. Jusqu'à Pédro Mac Ewoy et Denise Coudreuse, sa compagne. Un Pédro qui pourrait être lui et auquel il s'identifie. Oui c'est sûr, lui c'est moi, perdu qu'il est ce pauvre homme et tellement perdu qu'on s'y perd aussi dans ce long labyrinthe monté à la façon d'un puzzle mais dont on ne sait toujours pas à l'arrivée s'il a tiré le numéro gagnant.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par vincentf, le 24 juin 2010

    vincentf
    Que retenir d'un roman de l'oubli ? Un homme à la recherche de son passé erre entre photographies jaunies, anciennes connaissances usées et souvenirs qui s'envolent. Il se cherche, obsessionnellement. Il trouve des indices, il se reconstitue une vie, des souvenirs, mais ces souvenirs, n'est-il pas en train de les inventer à partir de lambeaux, de "bribes de quelques chose"? le roman part de rien et y revient presque. Il s'agit de la vie. Quand sommes-nous ? Hier, aujourd'hui ? Les temps verbaux se mélangent, le passé simple se complique, et la description des souvenirs, qui n'en sont peut-être (ce mot-là est sans doute le meilleur résumé possible du roman) pas, celle des lieux visités par le narrateur, les mêmes que ceux des souvenirs mais longtemps après, oubliés, celle des photographies, tout est mis sur le même plan, dans un même style télégraphique, dans les mêmes phrases nominales, sous le même regard inquiet, précis, sec et amnésique. On voyage dans le temps mais on ne sait pas quand, on retrouve des personnages qui aussitôt rencontrés s'effacent, on se déplace d'une adresse à l'autre mais tout a disparu, tout sent le vieux, le naguère anodin et mort, on aboutit au bout du monde, sur une île au milieu du Pacifique d'où le seul ami du narrateur vient de s'enfuir, pour un bout du monde encore plus effacé. La bulle de savon éclate. Retour à la case départ, Rue des boutiques obscures, qui n'est pas la case départ, mais une case parmi d'autres, impossible à intégrer dans un récit linéaire. Que reste-t-il au bout de la lecture de ce roman ? Des "bribes de quelque chose" et des bouts du rien de tout, le sentiment de l'errance presque (ce mot-résumé est peut-être meilleur que celui évoqué dans la dernière parenthèse) infinie. Au fait, le héros de ce roman, comment s'appelle-t-il ? Des dizaines de noms propres ont défilé sous mes yeux, des dizaines de personnages, toujours seuls, se sont succédés, il n'en reste que de vagues souvenirs qui demain s'effaceront. Je viens de refermer le bouquin, et la recherche policière du temps perdu a échoué.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par hove, le 10 août 2011

    hove
    Guy est amnésique. Il est à la recherche de son passé. Si ses recherches fournissent les indices lui permettant d'espérer avoir été tel ou tel personnage, avoir mené telle ou telle vie, rien n'indique jamais la véracité du sinueux chemin qu'il emprunte. Tout au long de ses pérégrinations le doute subsiste et les remises en causes sont le lot quotidien d'un lecteur agacé par son aveuglement et sa volonté de s'accaparer un destin. A mesure qu'il progresse dans son enquête, Guy semble s'éloigner de lui-même. L'intérêt du roman réside dans cette méfiance continuelle que le lecteur se doit d'observer à l'égard du personnage et donc de l'auteur qui tient les ficelles. L'aveuglement de Guy nous amène à encore plus de vigilance. Un roman intrigant et réussi.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par nena, le 09 septembre 2011

    nena
    Rue des boutiques obscures de Partick Modiano
    Patrick Modiano est un écrivain français né le 30 juillet 1945 à Boulogne-Billancourt. Auteur d'une trentaine de romans dont Rue des boutiques obscures, Prix Goncourt en 1978.
    Que reste-t-il d'un homme? une photo, au fond d'une boîte ou d'un tiroir et aussi les souvenirs de ceux qui l'on connu ou rencontré. C'est une quête d'identité, le personnage a perdu la mémoire, grâce a ses investigations, il retrouve peu à peu le fil de son passé. Bon livre, on s'identifie à lui, on recherche avec lui, on croit avoir trouvé et puis non on repart pour une nouvelle quête. Livre prenant du début à la fin.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par brigittelascombe, le 25 juin 2011

    Elle pleure pour rien, parce qu'elle aurait voulu continuer de jouer. Elle s'éloigne. Elle a déjà tourné le coin de la rue, et nos vies ne sont elles pas aussi rapides à se dissiper dans le soir que ce chagrin d'enfant?
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par lorenzopolis, le 09 septembre 2010

    Elle a déjà tourné le coin de la rue, et nos vies ne sont-elles pas aussi rapides à se dissiper dans le soir que ce chagrin d'enfant ?
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 25 juin 2011

    Il jouait cet air avec une lenteur étrange et la mélodie semblait distendue, embourbée dans un marécage d'où les notes avaient de la peine à se dégager.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 25 juin 2011

    -Schonachitzé?...
    Il prononçait à la russe. C'était très doux: le bruissement du vent dans les feuillages.
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  • Par brigittelascombe, le 25 juin 2011

    -Ma femme est beaucoup plus jeune que moi...Trente ans de différence..il ne faut jamais épouser une femme beaucoup plus jeune que soi...Jamais...
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