ISBN : 2070321029
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 66 notes) Ajouter à mes livres
J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était pas la mienne. Les événements que j'évoquerai jusqu'à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence - ce procédé qu... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par trust_me, le 12 mai 2012

    trust_me
    Avant de parler de son enfance, Modiano raconte ses parents. Une mère comédienne qui enchaînera les petits rôles et ne portera jamais la moindre attention à son fils. Un père toujours prêt à monter des affaires plus ou moins louches qui flirtera toute sa vie avec des représentants de la pègre et qui lui non plus ne sera pas d'une grande tendresse pour sa progéniture. « Mais je n'y peux rien, c'est le terreau – ou le fumier- dont je suis issu. » La jeunesse de Patrick Modiano n'est pas un long fleuve tranquille. Il enchaîne les pensionnats sordides et ne voit jamais ses parents, trop occupés par leurs carrières respectives. La perte de son frère est un moment aussi dramatique que traumatisant. Lorsqu'il retourne enfin vivre avec sa mère après avoir obtenu le bac, il connaît la misère la plus noire dans un appartement parisien miteux où le manque de moyens ne permet pas de payer le chauffage au cœur de l'hiver. Ce n'est qu'à 21 ans, en 1967, au moment où est publié son premier roman, que le jeune homme peut enfin prendre son envol et mener sa vie comme il l'entend : « J'avais pris le large avant que le ponton vermoulu ne s'écroule. Il était temps. »
    Mon premier Modiano Un auteur important, il paraît. de ceux dont il faut surveiller chaque nouvelle publication. Je ne connais rien de son œuvre. Je sais juste que de nombreux auteurs contemporains le citent comme référence. Pourtant, à la lecture des premières pages de ce court texte, je m'interroge. le style est sec, presque journalistique. Je me dis qu'il n'y a franchement pas de quoi s'emballer. Modiano survole 21 années à toute vitesse, ne s'arrêtant sur aucun événement marquant. Comme s'il ne voulait rien partager avec le lecteur. du coup on découvre sa jeunesse à la façon d'un observateur peu concerné par ce qu'on lui raconte. Et puis, page 45, tout s'éclaire : « J'écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était pas la mienne. » On sent l'urgence, un élan qui pourrait facilement se briser : « Je vais continuer d'égrener ces années, sans nostalgie mais d'une voix précipitée. Ce n'est pas ma faute si les mots se bousculent. Il faut faire vite ou alors je n'en aurais plus le courage ». Finalement, Un pedigree relève presque du journal intime. Une introspection qui n'aurait à la limite pas besoin d'être partagée. Quelques pages pour purger un passé douloureux et dire : « voila, c'est fait, ne venez plus m'emmerder avec ma jeunesse, c'est juste un mauvais souvenir sans grand intérêt. »
    Drôle de texte. Sans doute pas la meilleure façon de découvrir cet auteur. Il n'empêche que cet exercice de style ne m'a pas forcément déplu. Reste maintenant à trouver un roman de Modiano qui me montre toute l'étendue de son talent.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/05/un-pedigree-de-patrick..
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    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 12 février 2012

    carre
    Modiano fait parti des écrivains qui me trouble à chaque lecture. Trouble entre admiration et irritation. Un pedigree est l'exemple parfait de mon ressenti. Modiano fait un constat sur sa jeunesse, il déroule le fil de sa vie tout en restant à l'écart, sans états d'âme. Et c'est ce parti pris qui peut géner par moment, ce côté sec, sans émotion. Mais Modiano malgré tout, nous touche par son style élégant, sobre, tout en pudeur et il reste un formidable écrivain de l'intime, de la mélancolie et du passé.
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    • Livres 3.00/5
    Par Alwenn, le 05 décembre 2008

    Alwenn
    Parmi les petits bonheurs de l'enseignement des lettres, il y a les cadeaux des maisons d'édition. J'ai donc eu le plaisir de recevoir il y a deux jours dans ma boîte aux lettres cet exemplaire de Pedigree de Patrick Modiano. Je dois (honteusement) avouer que je n'ai jamais rien lu de lui avant. Je connais les titres qui ont fait son succès mais je ne me suis jamais donné la peine de plonger dans l'un de ses romans.
    C'était donc ici l'occasion qui faisait le larron. A la lecture de la quatrième de couverture, j'ai cru qu'il s'agissait d'un roman au narrateur interne fictif, mais j'ai vite compris qu'il s'agissait en réalité d'une autobiographie. J'ai d'abord eu un mouvement de recul : je n'ai jamais trop su si Sainte-Beuve avait raison en pensant qu'une œuvre est avant tout le reflet d'un homme (« Tel arbre, tel fruit ») et je me suis demandé s'il était vraiment opportun de lire l'autobiographie de Modiano sans avoir lu aucun de ses livres. Et puis je me suis abandonnée au rythme des lignes.
    Au départ, la généalogie presque exhaustive de l'auteur peut rebuter : une suite de noms, aux consonances exotiques et mystérieuses, au parfum suranné des années d'avant guerre ; un climat presque de film. Mais une fois passé ces pages, Modiano livre des instants de sa jeunesse par bribes, comme un patchwork des vingt première années de sa vie. Et certains passages sont touchants, émouvants : une mère presque toujours absente, qui veille encore moins sur ses garçons que sur un chow-chow, qu'elle abandonne au soin des autres. Un père qui est véritablement un personnage : mystérieux, fripon, charmeur, homme d'affaire, rêveur… un être visiblement complexe que Modiano admire et qu'il regrette sans doute de ne pas avoir connu assez. La mort de son frère Rudy, dont il avoue que c'est l'événement de sa vie qui le marque le plus et qui paradoxalement est évoqué pudiquement sur quelques lignes… Les moments s'enchaînent, sautent d'une image à une autre comme la mémoire peut le faire quand on essaie de se souvenir de quelque chose.
    Je ne pense pas qu'il y ait de recherche particulière dans le style ni de maniérisme dans l'évocation des souvenirs. C'est livré naturellement, presque avec naïveté et c'est cela sans doute qui m'a le plus émue ; ça se lit d'une traite, en une heure et ça laisse dans l'esprit un vague à l'âme… le temps passe, chaque être vit des événements qui le constituent, mais derrière le détail particulier de chacun, c'est l'universalité des sentiments qui s'expriment et qui résonnent en écho chez le lecteur.
    Petite lecture plaisante donc, mais je dois avouer que si je ne l'avais pas eu en cadeau, je ne serais pas de moi-même allée le chercher… Et c'est ainsi que dans sa vie on fait des choix et que sans doute, on passe à côté de centaines de livres…
    Terminé le 06 novembre 2006.
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    • Livres 3.00/5
    Par jd, le 29 août 2008

    jd
    J'ai découvert le fameux Patrick Modiano à l'occasion de son dernier roman « Dans le café de la jeunesse perdue » dont j'avais aimé la poésie. Il me reste maintenant à découvrir son importante bibliographie. Je commence par « Un pedigree » où l'auteur a écrit « ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n'était pas la mienne.» Modiano raconte les vingt-et-une premières années de sa vie. Mais « Un pedigree » ressemble à tout sauf a une autobiographie, et c'est là toute la réussite de l'écrivain. Il réussit en effet à nous raconter son enfance et son adolescence avec des listes de noms et de lieux (parfois jusqu'à l'overdose), des moments, des anecdotes… une vraie réussite. On y trouve un père homme d'affaire un peu louche sans cesse en voie de disparition et une mère comédienne souvent absente, parents d'un Modiano presque transparent à force de vouloir passer inaperçu...
    L'intérêt est de comprendre le parcours, les faits, les éléments de vie qui ont constitué le terreau de l'œuvre de Modiano. On pense à ces années d'errance, à ces années de pensionnat, ces balades bien sûr dans le Paris qu'il aime tant. Et l'on cherche l'élément clé, celui qu'on appelle le déclic. On le découvre rapidement et c'est écrit sans fioritures, avec une extrème pudeur : " En février 1957, j'ai perdu mon frère (...) A part mon frère Rudy, sa mort, je crois que rien de tout ce que je rapporterai ici ne me concerne en profondeur".

    D'autres critiques sur http://lesbottesrouges.hautetfort.com
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    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 14 avril 2012

    BVIALLET
    Dans ce livre, Modiano nous raconte son pédigree ( ou plutôt son absence de pédigree). Il nous apprend qu'il est "né le 30 juillet 1945, à Boulogne-Billancourt, d'un juif et d'une flamande qui s'étaient connus à Paris sous l'Occupation." Son père était né à Paris en 1912, lui-même issu d'un père juif originaire de Salonique et de plus lointaine origine juive toscane. Sa mère flamande essayait de percer dans le milieu artistique. Elle fut "girl" dans des revues de troisième ou quatrième catégorie, décrocha quelques roles d'utilités au théâtre et passa surtout sa vie à tirer le diable par la queue. Son père, un temps apparemment enrichi par le marché noir, fréquentait tout un monde interlope qui allait des miliciens de la rue Lauriston à un tas d'hommes d'affaires plus ou moins véreux, plus ou moins escrocs de "bas vol". Les deux parents se trompèrent mutuellement, prirent de nouveaux compagnons et compagnes de sorte que le jeune Modiano, mal aimé, passa quasiment toute sa jeunesse dans des internats friqués mais sévères ou chez de lointains parents et amis. Il ne récolta donc aucun appui auprès de son étrange père et fort peu d'amour de sa fofolle de mère...
    Du Modiano quoi... Nombrilisme. obsession des années "les plus sombres de notre histoire"... Son habituel fond de commerce. On apprend également qu'à 21 ans , il pondit un premier roman, l'envoya à un éditeur et fut aussitôt ( l'heureux homme !) édité, ce qui lui permit d'obtenir son autonomie immédiate. On se dit que cette époque devait être bien douce et peut-être plus cultivée que la nôtre. de nos jours, aucun inconnu comme lui, écrivant d'une plume aussi sèche et neutre que la sienne n'aurait la moindre chance de voir sa production transformée et sanctifiée en ouvrage de librairie vu que toute la place est occupée par les "vedettes" du show-biz ou de la politique et les best-sellers venus des 4 coins de la planète... ( Avez-vous lu le dernier Sarkozy, tiré à 150 000 exemplaires en attendant les rééditions, le nouveau "Hervé Villard" ou l'incroyable livre du fils de Sheila ?)
    A cette époque, les découvertes des éditeurs s'appelaient Sagan ou Modiano... de nos jous nous avons Gavalda et Levy ( Rien de nouveau sous le soleil). Non que je ne reconnaisse pas une certaine qualité de plume au "maître" Modiano. Simplement, à trop dépouiller son style , on en arrive à la phrase squelettique, que dis-je anorexique, mécanique, impersonnelle, sans le moindre sentiment et le lecteur, même s'il est bon public comme moi, repart un peu déçu voire trompé sur la marchandise...

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits

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  • Par Petitebijou, le 11 août 2011

    Les veilleuses du dortoir. Les retours au dortoir après les vacances. La première nuit est pénible. On se réveille et on ne sait plus où on est. Les veilleuses vous le rappellent brutalement. Extinction des feux à 21 heures. Le lit trop petit. Les draps qu'on ne change pas pendans des mois et qui puent. Les vêtements aussi. Lever à 6 h 15. Toilette sommaire, à l'eau froide, devant les lavabos de dix mètres de long, abreuvoirs surmontés d'une rangée de robinets. Etude. Petit déjeuner. Café sans sucre dans un bol en métal. Pas de beurre. A la récréation du matin, sous le préau, nous pouvons lire, par groupes, un exemplaire du journal L'Echo Liberté. Distribution d'une tranche de pain sec et d'un carré de chocolat noir à 16 heures. Polenta pour le dîner. Je crève de faim. J'ai des vertiges.
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  • Par Petitebijou, le 11 août 2011

    A l'école du Montcel se trouvaient des enfants mal-aimés, des bâtards, des enfants perdus. Je me souviens d'un Brésilien qui fut pendant longtemps mon voisin de dortoir, sans nouvelles de ses parents depuis deux ans, comme s'ils l'avaient mis à la consigne d'une gare oubliée. D'autres faisaient des trafics de blue-jeans et forçaient déjà des barrages de police. Deux frères, parmi les élèves, ont même comparu, une vingtaine d'années plus tard, en cour d'assises. Jeunesse souvent dorée, mais d'un or suspect, de mauvais alliage. La plupart de ces braves garçons n'auraient pas d'avenir.
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  • Par MonsieurO, le 12 novembre 2010

    J ‘écris ces pages comme on rédige un constat ou un curriculum vitae, à titre documentaire et sans doute pour en finir avec une vie qui n ‘était pas la mienne. Les événements que j ‘évoquerai jusqu ‘à ma vingt et unième année, je les ai vécus en transparence – ce procédé qui consiste à faire défiler en arrière-plan des paysages, alors que les acteurs restent immobiles sur un plateau de studio. Je voudrais traduire cette impression que beaucoup d ‘autres ont ressentie avant moi : tout défilait en transparence et je ne pouvais pas encore vivre ma vie.
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  • Par JeanLouisBOIS, le 21 décembre 2010

    Parfois, comme un chien sans pedigree et qui a été un peu trop livré à lui-même, j'éprouve la sensation puérile d'écrire noir sur blanc et en détail ce qu'elle [ma mère] m'a fait subir, à cause de sa dureté et de son inconséquence. Je me tais. Je lui pardonne. Tout cela est désormais si lointain... (p.88)
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  • Par jd, le 29 août 2008

    En février 1957, j'ai perdu mon frère (...) A part mon frère Rudy, sa mort, je crois que rien de tout ce que je rapporterai ici ne me concerne en profondeur
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Les lectures d'influence de Olivier Adam : livre 1 : "L'horizon" de Modiano.








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