La littérature du XXe siècle a produit, en son temps, un écrivain du nom de
Pierre Molaine, lequel s'est vu décerner le prix Renaudot en 1950 et s'est vu proposé plusieurs fois pour le Goncourt.
Mais les modes changent et, après un temps de célébration (comme romancier de la guerre particulièrement), Molaine, dont la personnalité atypique s'accomodait mal des compromissions avec les attentes changeantes et instables du public d'un moment, s'était imposé le silence depuis les années 1970, tout en continuant une activité d'écriture régulière et purement intime.
Décédé en l'an 2000,
Pierre Molaine a laissé de ce fait un ensemble de manuscrits inédits que les Editions des Traboules de Lyon (où Molaine a longtemps résidé) ont entrepris de publier, donnant ainsi vie à un première parution, un roman,
La garrigue brûle.
Dans ce livre, un narrateur-personnage s'abandonne à une méditation originale, clairvoyante et désespérée - si l'on en juge par la fin - sur une société «intemporelle» dans laquelle il a du mal à se reconnaître et à se retrouver. Hédoniste faussement cynique, il nous convie, dans une écriture qui confirme un styliste d'évident talent, à un parcours de vie où, par-delà l'amour, la célébrité et l'argent, l'aspiration à un absolu d'authenticité s'offre à l'Homme comme un absolu inaccessible.
Conçu comme un journal de la dérision, ce livre me paraît contribuer à la redécouverte d'un auteur que le fameux critique
Pierre-Henri Simon, dans le journal le Monde, qualifiait de «moraliste de l'absurde», expression qui serait on ne peut plus appropriée au contenu du livre si, derrière l'artifice fictionnel, on ne discernait aussi l'acuité pénétrante d'un «philosophe de l'absurde».
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