ISBN : 2266159232
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 370 notes) Ajouter à mes livres
"L'hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus" : voilà comment Dom Juan se justifie auprès de son valet Sganarelle, scandalisé de voir son maître tromper tout le monde autour de lui, des femm... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Bartleby, le 28 juin 2008

    Bartleby
    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/search/label/Moli%C3%A8re
    Extrait :
    Le fou de Dieu. Molière, Dom Juan
    Il me semble qu'un contresens est fait à propos de cette pièce lorsqu'on affirme que Dom Juan est athée. Ce sont les deux premières scènes de l'acte III qui sont citées afin d'étayer cette thèse. Dans la première, Dom Juan se moque des croyances de Sganarelle à propos du Ciel, de l'Enfer, du diable, de la vie après la mort, du Moine bourru et de la preuve physico-théologique et finit par affirmer qu'il ne croit qu'en une seule chose, à savoir que « deux et deux sont quatre » et que « quatre et quatre sont huit ». Dans la seconde, Dom Juan promet un Louis d'or au pauvre à condition qu'il jure et, comme il refuse obstinément de le faire, Dom Juan lui abandonne quand même la pièce « pour l'amour de l'humanité ».
    Quelle est la valeur de ces preuves ? Nulle. Il ne faut, en effet, pas confondre la critique de la religion, de la pratique religieuse avec la critique de l'existence de Dieu. Ces deux scènes sont la réfutation de la pratique superstitieuse de la religion. le Ciel, l'Enfer et le Moine bourru appartiennent à divers degrés au folklore religieux et celui qui croit en Dieu parce qu'il a peur des châtiments ou parce qu'il espère une juste rétribution n'est pas un véritable croyant ; la Bible elle-même l'affirme plusieurs fois : le Livre de Job montre que la véritable foi réside dans la pureté de l'amour et non dans la crainte ou l'espérance et Jésus insiste sur la pureté de l'intention. le véritable amour de Dieu réside dans le désintéressement.
    Sganarelle, qui voit bien que ses allégations n'ont aucun effet sur son maître, décide de se lancer dans l'exposé de la preuve physico-théologique qui est la preuve préférée des théologiens de tout horizon (les premiers à l'utiliser furent les Grecs). Cette preuve consiste à dire que l'harmonie du monde est le gage de l'existence d'une volonté organisatrice. C'est à la perfection de sa création qu'on devine la perfection de l'artisan. Voulant montrer la perfection de la machine humaine, Sganarelle bouge en tout sens et finit par tomber par terre. Or, cette preuve est à l'image de Sganarelle, elle ne tient pas debout puisque le principe d'ordre peut être n'importe quoi, même le hasard.
    Avec le pauvre, la critique de la religion atteint ses limites bien qu'elle se fasse plus radicale puisque Dom Juan s'en prend à la pratique de la prière. le « grand seigneur méchant homme » s'étonne en effet que l'ermite soit condamné à demander l'aumône alors qu'il prie sans arrêt. Et Dom Juan échoue. En fait, Dom Juan échoue parce qu'il a sous-estimé l'ermite, parce qu'il l'a pris pour un croyant à la Sganarelle. Il y a, en effet, deux manières d'appréhender la prière ; l'une vulgaire et superstitieuse, l'autre sincère et c'est parce que Dom Juan est persuadé que l'ermite prie vulgairement qu'il le défie. La prière vulgaire est revendicatrice, elle consiste à demander à Dieu certains bienfaits et est, en ce sens, doublement blasphématoire puisqu'elle suppose deux choses : d'une part que le monde qu'Il a créé n'est pas parfait (il faut changer quelque chose), d'autre part que Dieu ne sait pas ce que nous voulons (alors qu'il sonde « les reins et les cœurs »). Ainsi entendue, la prière est la négation de toute Providence (providere en latin signifie "pré-voir" et "pour-voir"). C'est pour cette raison que Jésus la condamne (Matthieu, VI, 7) et qu'il recommande de simplement louer Dieu. Or, c'est justement ce que fait l'ermite. Alors que Dom Juan lui demande pourquoi il n'obtient aucune faveur de Dieu, l'ermite répond sans comprendre qu'il prie pour les autres et non pour lui. Il y a dialogue de sourds et c'est pourquoi Dom Juan, impressionné, reconnaît sa défaite et ne s'en sort que par une ultime bravade, en invoquant l'amour de l'humanité qui lui est tout aussi étranger que l'amour de Dieu…
    Reste à se demander si Dom Juan ne croit vraiment qu'en « deux et deux sont quatre ». Il me semble qu'il ne s'agit là que d'une bravade, bravade qui en annonce d'autres : l'invitation à dîner faite et réitérée à la statue du Commandeur et la décision de suivre cette même statue venant le chercher chez lui. Crachons-nous au ciel si nous sommes athées ? Allons-nous consulter un astrologue si nous ne croyons pas à l'astrologie ? Les provocations de Dom Juan ne sont pas le signe de son athéisme : Dom Juan croit en Dieu, sinon Il lui serait indifférent, mais il voudrait que Dieu croie en lui, qu'Il lui donne une importance, quitte à être foudroyé. Cela explique pourquoi il répond à Sganarelle qui lui reproche l'immoralité de son attitude que « c'est une affaire entre le Ciel et moi, et nous la démêlerons bien ensemble (acte I, scène 2). » Il m'étonnerait beaucoup qu'un incroyant prononce ce genre de phrase...
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 04 mai 2012

    Luniver
    Cette pièce de Molière met en scène Dom Juan, jeune noble sicilien jouisseur de toute chose et sans le moindre scrupule.
    Dom Juan a des opinions originales sur tous les principes de son temps : il adore séduire, mais perd tout intérêt dès que la personne qu'il convoite lui a cédé. Une fois marié, il repart sur les routes à la recherche de nouvelles conquêtes. Il n'hésite pas à séduire en même temps une nièce et sa tante. Il tourne en dérision la religion, et se moque du peu de retour des prières que fait quotidiennement un mendiant : il lui promet même de l'argent s'il jure, ce qui plonge le pauvre homme dans un dilemme douloureux. Il ne croit pas plus en la médecine, et considère que "tout leur art est pure grimace". On peut toutefois mettre à son crédit un courage qui est proche de l'inconscience, et une capacité à emberlificoter toutes les personnes qui tentent de l'empêcher d'agir comme il le souhaite.
    Mais le personnage de Don Juan ne serait rien sans son valet, Sganarelle, qui tente de le remettre sur le bon chemin d'un manière très naïve, et qui s'embrouille rapidement devant les réparties de son maître. Si Sganarelle pense beaucoup de mal de Dom Juan, il a énormément de mal à le lui dire en face, et finit toujours par retourner sa veste à chaque tentative.
    Le Ciel finit par se venger de toutes ces offenses, mais comme Dom Juan ne se repend jamais, la fin parait plutôt précipitée et sonne comme un ultime pied-de-nez à tous les gens raillés plus tôt.
    Cette pièce est vraiment savoureuse : l'avoir étudié en cours de français n'a même pas réussi à gâcher le plaisir de la relecture.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 18 avril 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Dom Juan est marié à Done Elvire, mais cette dernière est loin d'être sa seule femme. Dès le début, on comprend tout de suite face à quel personnage on se trouve. Dom Juan est un homme arrogant qui ne pense qu'à sa petite personne, ne croit ni à l'amour, ni à la religion ni à toute sorte de valeurs. Pourtant, il est difficile de vraiment le détester.
    Cet homme papillonne à droite, à gauche et trouve inconcevable de rester avec une seule femme sous prétexte qu'elle est la première. le cœur est, pour lui, fait pour aller là où bon lui semble, là où la beauté le mènera. Son comportement paraît terriblement déplacé mais il suffit de voir comment il s'exprime pour oublier tous ses travers.
    Comment ne pas tomber sous le charme de sa verve ? Certes, c'est un homme peu recommandable mais sa façon de s'extirper de différentes situations a toujours quelque chose de très drôle. Parce que tout le monde qui l'entoure a l'air si naïf que cela fait rire. On en viendrait presque à en vouloir aux autres d'être aussi bête et de ne pas se rendre compte du personnage qu'ils rencontrent en Dom Juan. Plutôt que de lui en vouloir à lui, qui au fond, fait seulement ce dont il a envie.
    Mais cette pièce ne serait pas aussi drôle sans le personnage de Sganarelle, valet de Dom Juan qui tente tant bien que mal de remettre son maître sur le droit chemin. Peine perdue ! Pourtant, il ne perd pas espoir. Il le met en garde contre le Ciel, tente de lui faire comprendre le mal qu'il fait autour de lui. Mais ne reçoit que moqueries en retour. Dom Juan se rend compte que sa vie s'est très bien déroulée jusqu'ici et ne voit pas pourquoi cela se passerait autrement.
    Cependant, bien que j'aie ri tout au long de la pièce, elle possède tout de même une morale. Molière nous montre que l'on ne peut pas se moquer impunément des autres. Que nous avons une liberté mais que les autres aussi en possèdent une et qu'il faut en prendre compte. Profiter des plaisirs de la vie, oui mais pas au détriment des autres.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 01 juillet 2010

    vincentf
    Etrange pièce que ce classique qui n'en est pas un. Il ne s'y passe pas grand chose, sinon qu'on y voit cet homme, Don Juan, épater son valet Sganarelle par son absence totale de remords dès qu'il s'agit de commettre une crasse, du genre épouser une fille pour la délaisser le plus vite possible, mentir à son père ou encore promettre à deux paysannes en même temps (on les imagine une sur un genou de Don Juan, l'autre sur l'autre) de les épouser. Don Juan est mécréant, soit, mais Molière, j'en suis sans doute déçu, n'en rajoute pas à ce propos, laissant plutôt à Sganarelle le soin de démontrer, car le faquin (ça fait très moliéresque d'écrire le mot "faquin", on ne trouve ça que chez lui, nous les modernes, les types qui, du haut de leur vingt-et-unième siècle, ne voient plus ce que le personnage de Don Juan pouvait avoir de scandaleux en un temps où nier l'existence de Dieu était unanimement considéré comme une pure folie, ne percevons plus grand chose de ce temps révolu, étrange, que l'on dit, faussement, classique), reprenons (j'ai la manie des parenthèses interminable, je m'en excuse en closant celle-ci), le faquin a le génie de la démonstration qui, sans que Don Juan n'exprime une seule fois le fondement idéologique de son comportement, montre que toutes les critiques qui sont faites au mécréant reposent sur des évidences indémontrables. le mal, car Don Juan est un génie du mal, un minet de cabane sans doute, un Hitler de pacotille, un Staline de cours d'école, devient sympathique, parce que c'est ça, Don Juan, une canaille sympa, un coureur de jupon (pas un génocidaire). Don Juan est puni, certes, mais cette fin laisse le lecteur sur sa faim. Don Juan l'emporte, bien sûr, Sganarelle est en passe de le reconnaître. Don Juan, même interdit par les dévots du temps de Molière, par les tartuffes et par les puissants, va faire des émules. Il est le papa des roués du siècle suivant, le parrain de Valmont, le grand-père du marquis de Sade. Il est donc, Don Juan, un peu, le premier moderne, l'Adam d'un monde nouveau, celui duquel nous sommes peut-être en train de sortir pour retrouver les douces certitudes monotones des religions.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 12 avril 2012

    brigittelascombe
    Cette comédie de moeurs et de caractère du XVII° siècle, qui s'attaque à l'hypocrisie, fait penser aux caricatures brossées par Beaumarchais (ex:Le mariage de Figaro où les défauts du comte sont accentués) mais elle n'est pas versifiée et s'attache à un mythe, celui de Don Juan (déjà traîté sous différentes formes).
    L'action se déroule en Sicile et met en scène deux personnages principaux Don Juan (un "homme du monde" sûr de lui mais "méchant homme" égoïste,séducteur,volage,narcissique,amoral,cynique,menteur, fin stratège et dominateur) et son valet Sganarelle (fasciné par son maître, lâche et sensible.
    Cette farce soutire les rires au public car Sganarelle est un bouffon glouton émettant des remarques naïves, mais elle tourne en tragédie car après avoir abandonné son épouse, la pieuse Done Elvire, séduit Charlotte et Mathurine, menti à son père, cet amoral va diner avec une statue, un souper qui lui sera fatal.
    Honneur, valeurs morales. Molière (auteur dramatique et comédien français du XVII° siècle) s'attaque ici à l'hypocrisie des "devots" plus libertins qu'il n'y paraît!
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°129 - mars 2009 - Cette transposition de la pièce de Molière en bande dessinée, suivie du texte intégral, a pour ambition de faciliter la compréhension de l'oeuvre. Il suffit de comparer la tirade de Sganarelle, sur le tabac, et le portrait qu'il fait de Dom Juan, avec sa traduction graphique, pour saisir l'efficacité du procédé. En effet, un découpage judicieux de la tirade, éclairé par un dessin expressif quoique manquant d'originalité, plonge immédiatement le lecteur au coeur de l'intrigue. Les techniques de la bande dessinée sont ainsi mises à profit intelligemment et le lecteur parvient, sans peine, jusqu'à la fin de l'acte V. Plans larges, gros plans, plongées et contre-plongées, zooms, champs et contrechamps participent à la mise en scène de la comédie. Quand le texte seul nécessite des compétences de lecteur confirmé, la bande dessinée s'avère très efficace car elle permet de visualiser ce qu'il faut imaginer. Ainsi le sermon que Dom Louis adresse à son fils silencieux (acte IV, scène 4) est traité en plans fixes. Le père, de dos, s'adresse à Dom Juan dont les mimiques traduisent tour à tour l'indifférence, l'ennui, l'agacement, l'exaspération. À conseiller aux lecteurs que rebute la confrontation aux textes classiques. ? Colette Broutin

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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 23 décembre 2009

    Sganarelle
    En ce cas, Monsieur, je vous dirai franchement que je n’approuve point votre méthode, et que je trouve fort vilain d’aimer de tous côtés comme vous faites.

    Dom Juan
    Quoi ? tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n’est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d’aimable ; et dès qu’un beau visage me le demande, si j’en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d’une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu’on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l’innocente pudeur d’une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu’on en est maître une fois, il n’y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d’une conquête à faire. Enfin il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n’est rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.
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  • Par letteratura, le 22 avril 2011

    Ô Ciel ! qu’entends-je ici ? Il ne vous manquait plus que d’être hypocrite pour vous achever de tout point, et voilà le comble des abominations. Monsieur, cette dernière-ci m’emporte et je ne puis m’empêcher de parler. Faites-moi tout ce qu’il vous plaira, battez-moi, assommez-moi de coups, tuez-moi, si vous voulez : il faut que je décharge mon cœur, et qu’en valet fidèle je vous dise ce que je dois. Sachez, Monsieur, que tant va la cruche à l’eau, qu’enfin elle se brise ; et comme dit fort bien cet auteur que je ne connais pas, l’homme est en ce monde ainsi que l’oiseau sur la branche ; la branche est attachée à l’arbre ; qui s’attache à l’arbre, suit de bons préceptes ; les bons préceptes valent mieux que les belles paroles ; les belles paroles se trouvent à la cour ; à la cour sont les courtisans ; les courtisans suivent la mode ; la mode vient de la fantaisie ; la fantaisie est une faculté de l’âme ; l’âme est ce qui nous donne la vie ; la vie finit par la mort ; la mort nous fait penser au Ciel ; le ciel est au-dessus de la terre ; la terre n’est point la mer ; la mer est sujette aux orages ; les orages tourmentent les vaisseaux ; les vaisseaux ont besoin d’un bon pilote ; un bon pilote a de la prudence ; la prudence n’est point dans les jeunes gens ; les jeunes gens doivent obéissance aux vieux ; les vieux aiment les richesses ; les richesses font les riches ; les riches ne sont pas pauvres ; les pauvres ont de la nécessité ; nécessité n’a point de loi ; qui n’a point de loi vit en bête brute ; et, par conséquent, vous serez damné à tous les diables.
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  • Par courgette, le 19 mai 2010

    Sganarelle _ Pour moi, Monsieur, je n'ai point étudié comme vous, Dieu merci, et personne ne saurait se vanter de m'avoir jamais rien appris ; mais, avec mon petit sens, mon petit jugement, je vois les choses mieux que tous les livres, et je comprends fort bien que ce monde que nous voyons n'est pas un champignon qui soit venu tout seul en une nuit. Je voudrais bien vous demander qui a fait ces arbres-là, ces rochers, cette terre, et ce ciel que voilà là-haut...
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  • Par sentinelle, le 23 décembre 2009

    Dom Juan
    Il n’y a plus de honte maintenant à cela : l’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. Le personnage d’homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu’on puisse jouer aujourd’hui, et la profession d’hypocrite a de merveilleux avantages. C’est un art de qui l’imposture est toujours respectée ; et quoiqu’on la découvre, on n’ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l’hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d’une impunité souveraine.
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  • Par courgette, le 19 mai 2010

    Dom Juan _ Sais-tu bien que j'ai encore senti quelque peu d'émotion pour elle, que j'ai trouvé de l'agrément dans cette nouveauté bizarre, et que son habit négligé, son air languissant et ses larmes ont éveillé en moi quelques petits restes d'un feu éteint ?

    Sganarelle _ C'est-à-dire que ses paroles n'ont fait aucun effet sur vous.
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Yves Desgagnés nous parle de la pièce L'École des femmes de Molière qu'il aura le plaisir de monter sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde dès le 4 octobre 2011. Avec Guy Nadon, Jean-Philippe Baril Guérard, Henri Chassé, Pierre Collin, Louison Danis, Sophie Desmarais, Mathieu Handfield, Raymond Legault.











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