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ISBN : 2290038687
Éditeur : J'ai Lu (2014)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 1359 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"L'hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus" : voilà comment Dom Juan se justifie auprès de son valet Sganarelle, scandalisé de voir son maître tromper tout le monde autour de lui, des femm... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 14 avril 2014

    Nastasia-B
    Certains me reprochent parfois cette manière que j'ai de terminer mes avis par la petite ritournelle " ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose ". Il n'est pourtant rien de plus vrai à mes yeux et, si reproche on doit faire à cette ritournelle, c'est sur son imprécision. La forme correcte devrait être " ceci n'est que mon avis DU MOMENT, c'est-à-dire, pas grand-chose. "
    En effet, il m'arrive quelquefois de ne pas me trouver d'accord avec moi-même. Entre ces deux moi(s), s'étalent parfois deux décennies. Et c'est le cas ici avec Dom Juan.
    J'ai lu cette pièce pour la première fois alors que j'essuyais encore les bancs du lycée avec mes robes à fleurs. Et le Dom Juan d'alors ne m'avait pas séduite. Une pièce plate, sans farouche déplaisir, mais absolument sans enthousiasme. Et cette fin surprenante m'avait totalement laissée insatisfaite.
    C'était donc un souvenir tout ce qu'il y a de plus médiocre. Tout récemment, je viens de relire Dom Juan, et là, rien n'est pareil. Là j'ai pris plaisir, là je comprends pourquoi cette pièce est si connue et si réputée. Mais quel est le bon avis ? Celui d'alors ou celui de maintenant ? Probablement aucun des deux. Les deux sont valables, les deux ont leur légitimité propre et les deux sont superflus, les deux ne veulent dire que ce que ressent ma sensibilité du moment, c'est-à-dire, pas grand-chose.
    Il est vrai que j'ai désormais en mémoire l'original de Tirso de Molina. Ceci me permets de mesurer les distorsions, les innovations, les apports et parfois les entorses faites par Molière à la trame originale.
    La statue du commandeur est quasi incompréhensible chez Molière alors qu'elle représentait chez Tirso de Molina le père noble d'un femme sincère humiliée. Un vieux père qui avait trouvé assez de courage, malgré son grand âge, pour aller défier le jeune et fringant Dom Juan, qui l'avait alors terrassé sans coup férir. La statue du commandeur venait décorer le monument élevé sur la tombe de ce noble seigneur disparu et Dom Juan avait encore trouvé le moyen de provoquer le souvenir même de cet homme en s'adressant à la statue comme pour la ridiculiser.
    On comprenait le pourquoi du comment et la symbolique de cette statue de pierre. Ici, c'est beaucoup plus nébuleux et — je crois — c'est fait exprès. Notons au passage que la pièce originale avait pour titre complet L'abuseur de Séville ou le convive de pierre, lequel convive de pierre s'est transformé en festin de Pierre, dont on ignore bien de quel individu nommé Pierre il s'agit... mystère...
    Autant le dramaturge espagnol dénonçait sans ambages les dérives libertines de la noblesse, et en ce sens, l'œuvre française la plus proche serait probablement Les Liaisons Dangereuses de Laclos, autant Molière semble avoir quelque affection pour son héros, on sent que derrière le discours officiel qu'il fallait tenir devant le roi et surtout devant les autorités ecclésiastiques, il y a un vrai pied-de-nez de Molière qui n'en pense pas un traitre mot. Il initie donc une tendance nouvelle qui consiste à trouver une certaine grandeur à Dom Juan, ce que ses suiveurs reprendront parfois à leur compte, tel Pouchkine.
    On comprend aussi le Dom Juan de Molière quand on le replace dans la filiation des pièces de son auteur, juste après le Tartuffe, pièce qui dénonçait l'hypocrisie et les faux dévots. Car je crois bien que ce n'est pas tant la question des femmes qui est ici en jeu qu'un bras de fer avec la religion.
    Et le message du Poquelin est, à l'exacte image du Tartuffe, que ceux qui crient, qui hurlent, qui martèlent en public leur foi et leur conduite irréprochable selon les prescriptions divines n'en sont pas moins en privé d'avérés coquins et qui prennent donc le monde pour un petit enfant naïf.
    On sent que Molière veut que son Dom Juan soit apprécié. Ce n'est pas un couard, il est capable de sentiments nobles, il veut penser par lui-même et non ce qu'on lui dit de penser. Il veut sa totale liberté et s'il perd sa franchise, s'il devient hypocrite, c'est seulement à cause des autres, à cause du carcan de la morale.
    C'est un cartésien et un viveur, il veut prendre les plaisirs là où ils sont et exprime clairement sa relation à la femme comme une lutte, une bataille de tous les instants. Pour lui, si la femme n'est pas assez experte pour exciter toujours la brûlure du désir, alors elle n'a pas d'intérêt. D'une certaine manière, selon son raisonnement, si la femme est trompée, c'est de sa faute. D'ailleurs, Done Elvire, lorsqu'elle redevient inaccessible retrouve du même coup un surcroît d'intérêt à ses yeux.
    Avec Dom Juan, une nouvelle fois, Molière fait dans le commercial (j'ai déjà eu l'occasion d'argumenter ce point, notamment pour les Fourberies de Scapin). La pièce, créée 35 ans plus tôt en Espagne avait été abondamment reprise par les Italiens et elle faisait régulièrement salle comble à Paris, sous diverses formes remaniées. Certes, on peut peut-être lui en faire reproche encore une fois, mais il a le génie de savoir lui insuffler sa touche à lui, et quelque chose qui apporte à l'épaisseur et à la complexité du personnage.
    Cette pièce, qui était une tragi-comédie à l'origine en Espagne, devient franchement plus burlesque entre ses mains, tout en ne lâchant rien sur le propos entamé dans Le Tartuffe avec lequel il pourrait presque constituer un diptyque.
    Je vous conseille donc bien plus vivement qu'il y a vingt ans cette pièce mythique, au besoin, en ayant lu au préalable la version originale de Tirso de Molina, El Burlador de Sevilla, qui apporte, par contraste, de nombreuses clefs de compréhension de l'œuvre de Molière.
    Mais ceci, bien sûr, n'est que mon avis du moment, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par juliette2a, le 23 décembre 2012

    juliette2a
    Dom Juan est un terrible séducteur, à l'assaut de nouvelles conquêtes amoureuses au prix du désespoir de certaines de ses victimes...
    Sganarelle est son valet, un peu bouffon, mais aussi fidèle à son maître, qu'il n'aime tout de même pas.
    Ces deux personnages font tout le génie de Dom Juan, pièce de Molière, qui fût censurée à l'époque par sa moquerie des "faux dévots".
    Et pourtant, Molière mêle dans son récit une touche d'humour, comme dans toutes ses comédies, mais surtout une critique de la société de son époque (en particulier de la médecine et de la religion), qui rende cette pièce de théâtre profonde et d'une sincérité remarquable.
    J'aime beaucoup Molière, le grand Jean-Baptiste Poquelin, dont je voulais découvrir Dom Juan depuis un certain temps ; le hasard est bien tombé puisque j'ai enfin pu, avec grand plaisir, découvrir cette oeuvre !
    Ainsi, je ne peux que recommander Dom Juan à tous ceux qui veulent le découvrir, en ajoutant simplement qu'il est différent des autres oeuvres de Molière, car moins comique mais plus symbolique.
    Un grand plaisir !
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    • Livres 4.00/5
    Par DBC-Anais, le 11 juin 2013

    DBC-Anais
    Doté d'une surprenante modernité, ce classique de Molière est sûrement l'un de ses textes les plus réussis !
    Dom Juan est un séducteur, qui n'hésite pas à passer ouvertement d'une fille à une autre. Il le revendique durant tout le récit : pourquoi rester avec une fille alors que tout un tas d'autres lui plaisent tout autant, voire plus ?
    Ce comportement libertin va lui apporter les foudres de ses conquêtes, de ses valets et serviteurs, et de tous ceux qui croiseront son chemin.
    Un livre très court, mais très intéressant, qui comporte de nombreux passages clés. En effet, ce récit est tellement bien écrit, additif et intelligent, que le peu de pages qu'il comporte me désole. La magie de la plume de l'auteur a opérée, mais elle s'est trop rapidement éteinte.
    Mêlant comme à chaque fois, de l'humour dans ses écrits, Molière nous offre ici un texte comique (notamment avec les personnages comme Sganarelle), avec de nombreuses valeurs moralistes.
    Dans Dom Juan, Molière réitère les rapports maître/valet, et nous montre ici une très forte complicité entre le protagoniste et son serviteur. Même s'ils ne partagent pas les mêmes opinions, ils se comportent comme de parfaits confidents, prêts à tout l'un pour l'autre. Un moment fort en émotions, qui ne devrait pas laisser indifférent.
    Le dénouement, quant à lui, est tragique, tout en gardant une petite touche de comédie. Je ne vais pas vous révéler cette fin, pour vous laissez la totale surprise au moment de la découvrir, mais la seule chose que je voulais souligner, c'est la rapidité à laquelle elle est survenue. En une seule et même scène, qui fait grosso modo 3/4 pages, l'histoire est bouclée, les personnages périssent et tout se termine... très rapide tout ça...
    Dom Juan se présente comme le récit théâtral d Molière que j'ai le plus apprécié tant il est complet, traitant de nombreux sujets divers. A lire absolument !

    Lien : http://addictbooks.skyrock.com/3167363502-posted-on-2013-06-09.html
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    • Livres 2.00/5
    Par sultanne, le 28 juin 2012

    sultanne
    D'une modernité déconcertante, le Dom juan de Molière mêle avec art tous les registres possibles et inimaginables : du comique le plus burelesque (gifles et autres soufflets) à l'héroïne pathétique figurée par la belle Elvire, en passant par le tragique ou l'épique, cette pièce n'a eu de cesse de déconcerter son temps, et le notre par la même occasion.
    Mais rendons à Dom juan ses titres de noblesse : là où la postérité n'en a gardé que l'image d'un vil séducteur, j'y vois un grand philosophe, qui aurait aisément débattut avec Sartre ou avec Camus. Dom juan oscille constamment entre un existentialisme exacerbé, assumant et, même, revendiquant jusqu'à son dernier souffle, ses actes les plus méprisables, et une révolte contre l'absurdité : les normes sociales deviennent vides de sens dans la bouche d'un tel libre-penseur qui fait figure de révolté face à l'insoutenable absurdité de la vie !
    En cela, me semble-t-il, Dom juan se rapproche de Caligula. Certes, le verbe de Molière a vieilli et gêne parfois la compréhension ; certes les scènes comiques des gifles, des chutes et autres ridicules n'ont plus la même verve pour les "modernes" que nous sommes... mais enfin, les questions qu'il soulève n'en sont pas moins toutes plus modernes les unes que les autres.
    Ses comtemporains, accablés par le caractère impie de ce héros, ont réussi à flouer la postérité en accablant l'homme qui me paraît le plus courageux qu'il soit : celui qui, envers et contre tout, s'assume et rêve d'une liberté absolue.
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    • Livres 5.00/5
    Par Bartleby, le 28 juin 2008

    Bartleby
    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/search/label/Moli%C3%A8re
    Extrait :
    Le fou de Dieu. Molière, Dom Juan
    Il me semble qu'un contresens est fait à propos de cette pièce lorsqu'on affirme que Dom Juan est athée. Ce sont les deux premières scènes de l'acte III qui sont citées afin d'étayer cette thèse. Dans la première, Dom Juan se moque des croyances de Sganarelle à propos du Ciel, de l'Enfer, du diable, de la vie après la mort, du Moine bourru et de la preuve physico-théologique et finit par affirmer qu'il ne croit qu'en une seule chose, à savoir que « deux et deux sont quatre » et que « quatre et quatre sont huit ». Dans la seconde, Dom Juan promet un Louis d'or au pauvre à condition qu'il jure et, comme il refuse obstinément de le faire, Dom Juan lui abandonne quand même la pièce « pour l'amour de l'humanité ».
    Quelle est la valeur de ces preuves ? Nulle. Il ne faut, en effet, pas confondre la critique de la religion, de la pratique religieuse avec la critique de l'existence de Dieu. Ces deux scènes sont la réfutation de la pratique superstitieuse de la religion. le Ciel, l'Enfer et le Moine bourru appartiennent à divers degrés au folklore religieux et celui qui croit en Dieu parce qu'il a peur des châtiments ou parce qu'il espère une juste rétribution n'est pas un véritable croyant ; la Bible elle-même l'affirme plusieurs fois : le Livre de Job montre que la véritable foi réside dans la pureté de l'amour et non dans la crainte ou l'espérance et Jésus insiste sur la pureté de l'intention. le véritable amour de Dieu réside dans le désintéressement.
    Sganarelle, qui voit bien que ses allégations n'ont aucun effet sur son maître, décide de se lancer dans l'exposé de la preuve physico-théologique qui est la preuve préférée des théologiens de tout horizon (les premiers à l'utiliser furent les Grecs). Cette preuve consiste à dire que l'harmonie du monde est le gage de l'existence d'une volonté organisatrice. C'est à la perfection de sa création qu'on devine la perfection de l'artisan. Voulant montrer la perfection de la machine humaine, Sganarelle bouge en tout sens et finit par tomber par terre. Or, cette preuve est à l'image de Sganarelle, elle ne tient pas debout puisque le principe d'ordre peut être n'importe quoi, même le hasard.
    Avec le pauvre, la critique de la religion atteint ses limites bien qu'elle se fasse plus radicale puisque Dom Juan s'en prend à la pratique de la prière. le « grand seigneur méchant homme » s'étonne en effet que l'ermite soit condamné à demander l'aumône alors qu'il prie sans arrêt. Et Dom Juan échoue. En fait, Dom Juan échoue parce qu'il a sous-estimé l'ermite, parce qu'il l'a pris pour un croyant à la Sganarelle. Il y a, en effet, deux manières d'appréhender la prière ; l'une vulgaire et superstitieuse, l'autre sincère et c'est parce que Dom Juan est persuadé que l'ermite prie vulgairement qu'il le défie. La prière vulgaire est revendicatrice, elle consiste à demander à Dieu certains bienfaits et est, en ce sens, doublement blasphématoire puisqu'elle suppose deux choses : d'une part que le monde qu'Il a créé n'est pas parfait (il faut changer quelque chose), d'autre part que Dieu ne sait pas ce que nous voulons (alors qu'il sonde « les reins et les cœurs »). Ainsi entendue, la prière est la négation de toute Providence (providere en latin signifie "pré-voir" et "pour-voir"). C'est pour cette raison que Jésus la condamne (Matthieu, VI, 7) et qu'il recommande de simplement louer Dieu. Or, c'est justement ce que fait l'ermite. Alors que Dom Juan lui demande pourquoi il n'obtient aucune faveur de Dieu, l'ermite répond sans comprendre qu'il prie pour les autres et non pour lui. Il y a dialogue de sourds et c'est pourquoi Dom Juan, impressionné, reconnaît sa défaite et ne s'en sort que par une ultime bravade, en invoquant l'amour de l'humanité qui lui est tout aussi étranger que l'amour de Dieu…
    Reste à se demander si Dom Juan ne croit vraiment qu'en « deux et deux sont quatre ». Il me semble qu'il ne s'agit là que d'une bravade, bravade qui en annonce d'autres : l'invitation à dîner faite et réitérée à la statue du Commandeur et la décision de suivre cette même statue venant le chercher chez lui. Crachons-nous au ciel si nous sommes athées ? Allons-nous consulter un astrologue si nous ne croyons pas à l'astrologie ? Les provocations de Dom Juan ne sont pas le signe de son athéisme : Dom Juan croit en Dieu, sinon Il lui serait indifférent, mais il voudrait que Dieu croie en lui, qu'Il lui donne une importance, quitte à être foudroyé. Cela explique pourquoi il répond à Sganarelle qui lui reproche l'immoralité de son attitude que « c'est une affaire entre le Ciel et moi, et nous la démêlerons bien ensemble (acte I, scène 2). » Il m'étonnerait beaucoup qu'un incroyant prononce ce genre de phrase...
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°129 - mars 2009 - Cette transposition de la pièce de Molière en bande dessinée, suivie du texte intégral, a pour ambition de faciliter la compréhension de l'oeuvre. Il suffit de comparer la tirade de Sganarelle, sur le tabac, et le portrait qu'il fait de Dom Juan, avec sa traduction graphique, pour saisir l'efficacité du procédé. En effet, un découpage judicieux de la tirade, éclairé par un dessin expressif quoique manquant d'originalité, plonge immédiatement le lecteur au coeur de l'intrigue. Les techniques de la bande dessinée sont ainsi mises à profit intelligemment et le lecteur parvient, sans peine, jusqu'à la fin de l'acte V. Plans larges, gros plans, plongées et contre-plongées, zooms, champs et contrechamps participent à la mise en scène de la comédie. Quand le texte seul nécessite des compétences de lecteur confirmé, la bande dessinée s'avère très efficace car elle permet de visualiser ce qu'il faut imaginer. Ainsi le sermon que Dom Louis adresse à son fils silencieux (acte IV, scène 4) est traité en plans fixes. Le père, de dos, s'adresse à Dom Juan dont les mimiques traduisent tour à tour l'indifférence, l'ennui, l'agacement, l'exaspération. À conseiller aux lecteurs que rebute la confrontation aux textes classiques. ? Colette Broutin

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Citations et extraits

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  • Par Bere16, le 25 octobre 2014

    Mon cœur est à toutes les belles et c’est à elles à le prendre tour à tour et à le garder tant qu’elles le pourront.
    -Dom Juan -

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  • Par CoralieLeboucher, le 19 octobre 2014

    Pour moi, je ne tiens plus à vous par aucun attachement du monde.

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  • Par sentinelle, le 23 décembre 2009

    Sganarelle
    En ce cas, Monsieur, je vous dirai franchement que je n’approuve point votre méthode, et que je trouve fort vilain d’aimer de tous côtés comme vous faites.

    Dom Juan
    Quoi ? tu veux qu’on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on n’ait plus d’yeux pour personne ? La belle chose de vouloir se piquer d’un faux honneur d’être fidèle, de s’ensevelir pour toujours dans une passion, et d’être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux ! Non, non : la constance n’est bonne que pour des ridicules ; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l’avantage d’être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont toutes sur nos cœurs. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J’ai beau être engagé, l’amour que j’ai pour une belle n’engage point mon âme à faire injustice aux autres ; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu’il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d’aimable ; et dès qu’un beau visage me le demande, si j’en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l’amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d’une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu’on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l’innocente pudeur d’une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu’elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu’on en est maître une fois, il n’y a plus rien à dire ni rien à souhaiter ; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d’un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d’une conquête à faire. Enfin il n’est rien de si doux que de triompher de la résistance d’une belle personne, et j’ai sur ce sujet l’ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n’est rien qui puisse arrêter l’impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute la terre ; et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.
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  • Par Nastasia-B, le 16 avril 2014

    SGANARELLE : Quoi ? vous ne croyez rien du tout, et vous voulez cependant vous ériger en homme de bien ?
    DOM JUAN : Et pourquoi non ? Il y en a tant d’autres comme moi, qui se mêlent de ce métier, et qui se servent du même masque pour abuser le monde !
    SGANARELLE : Ah ! quel homme ! quel homme !
    DOM JUAN : Il n’y a plus de honte maintenant à cela : l’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. Le personnage d’homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu’on puisse jouer aujourd’hui, et la profession d’hypocrite a de merveilleux avantages. C’est un art de qui l’imposture est toujours respectée ; et quoiqu’on la découvre, on n’ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l’hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d’une impunité souveraine.

    Acte V, Scène 2.
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  • Par Nastasia-B, le 15 avril 2014

    DOM LOUIS : Non, non, la naissance n’est rien où la vertu n’est pas. Aussi nous n’avons part à la gloire de nos ancêtres qu’autant que nous nous efforçons de leur ressembler ; et cet éclat de leurs actions qu’ils répandent sur nous, nous impose un engagement de leur faire le même honneur, de suivre les pas qu’ils nous tracent, et de ne point dégénérer de leurs vertus, si nous voulons être estimés leurs véritables descendants. Ainsi vous descendez en vain des aïeux dont vous êtes né : ils vous désavouent pour leur sang, et tout ce qu’ils ont fait d’illustre ne vous donne aucun avantage ; au contraire, l’éclat n’en rejaillit sur vous qu’à votre déshonneur, et leur gloire est un flambeau qui éclaire aux yeux d’un chacun la honte de vos actions. Apprenez enfin qu’un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature, que la vertu est le premier titre de noblesse, que je regarde bien moins au nom qu’on signe qu’aux actions qu’on fait, et que je ferais plus d’état du fils d’un crocheteur qui serait honnête homme, que du fils d’un monarque qui vivrait comme vous.

    Acte IV, Scène 4.
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