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> Marc-Henri Arfeux (Préfacier, etc.)

ISBN : 2266152165
Éditeur : Pocket (2005)


Note moyenne : 3.54/5 (sur 813 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
De conception traditionnelle, cette collection a le mérite d'aborder l'œuvre intégrale sous des angles diversifiés. Outre le résumé détaillé des différentes parties et les commentaires composés qui le complètent, ch... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 01 juillet 2014

    LydiaB
    Arnolphe, dit M. de la Souche, désespère de pouvoir trouver un jour son bonheur sur le plan conjugal. Il considère les femmes comme des êtres frivoles, dénuées de bon sens. Il a peur d'être cocufié. Il pense ainsi que la meilleure solution serait d'en épouser une ne connaissant rien au monde et à ses perversions. L'ingénue est toute trouvée puisque sa pupille, Agnès, a été élevée dans un couvent. Mais bien évidemment, rien ne se passe comme prévu. Agnès n'éprouve absolument rien pour lui et s'est entichée d'Horace, le fils d'un ami de son tuteur, Oronte.

    Si cette pièce a obtenu un franc succès, on peut également imaginer à quel point elle a dû choquer. Car sous des dehors naïfs, la petite Agnès cache un autre caractère. Une scène (acte II, sc. 5) montre à quel point elle peut faire tourner Arnolphe en bourrique. Lorsqu'il lui demande quelles sont les nouvelles, elle lui dit que le petit chat est mort. Bon, certes, c'est bien malheureux pour la pauvre bête, mais elle se garde bien de lui dire qu'elle a vu Horace. Arnolphe est obligé de lui tirer les vers du nez car elle ne répond que par de petites phrases. Peur d'en dire trop ? Et puis, il y a ce passage, fabuleux, lorsqu'elle lui annonce, toujours aussi naïvement (mon œil ! ) qu'elle a vu Horace et qu'elle ne comprenait pas lorsque la voisine disait qu'elle l'avait blessée. Elle voulut aussitôt réparer sa faute :


    Agnès.

    Voilà comme il me vit, et reçut guérison.
    Vous-même, à votre avis, n'ai-je pas eu raison ?
    Et pouvois-je, après tout, avoir la conscience
    De le laisser mourir faute d'une assistance,
    Moi qui compatis tant aux gens qu'on fait souffrir
    Et ne puis, sans pleurer, voir un poulet mourir ?

    [...]

    Arnolphe.

    Non. Mais de cette vue apprenez-moi les suites,
    Et comme le jeune homme a passé ses visites.



    Agnès.

    Hélas ! si vous saviez comme il était ravi,
    Comme il perdit son mal sitôt que je le vi,
    Le présent qu'il m'a fait d'une belle cassette,
    Et l'argent qu'en ont eu notre Alain et Georgette,
    Vous l'aimeriez sans doute et diriez comme nous...


    Arnolphe.

    Oui. Mais que faisait-il étant seul avec vous ?


    Agnès.

    Il jurait qu'il m'aimait d'une amour sans seconde,
    Et me disait des mots les plus gentils du monde,
    Des choses que jamais rien ne peut égaler,
    Et dont, toutes les fois que je l'entends parler,
    La douceur me chatouille et là dedans remue
    Certain je ne sais quoi dont je suis toute émue.


    Arnolphe, à part.

    Ô fâcheux examen d'un mystère fatal,
    Où l'examinateur souffre seul tout le mal !
    (À Agnès.)
    Outre tous ces discours, toutes ces gentillesses,
    Ne vous faisait-il point aussi quelques caresses ?


    Agnès.

    Oh tant ! Il me prenait et les mains et les bras,
    Et de me les baiser il n'était jamais las.


    Arnolphe.

    Ne vous a-t-il point pris, Agnès, quelque autre chose ?
    (La voyant interdite.)
    Ouf !


    Agnès.

    Hé ! il m'a...


    Arnolphe.

    Quoi ?


    Agnès.

    Pris...


    Arnolphe.

    Euh !


    Agnès.

    Le...


    Arnolphe.

    Plaît-il ?


    Agnès.

    Je n'ose,
    Et vous vous fâcherez peut-être contre moi.


    Arnolphe.

    Non.


    Agnès.

    Si fait.


    Arnolphe.

    Mon Dieu, non !


    Agnès.

    Jurez donc votre foi.


    Arnolphe.

    Ma foi, soit.


    Agnès.

    Il m'a pris... Vous serez en colère.


    Arnolphe.

    Non.


    Agnès.

    Si.


    Arnolphe.

    Non, non, non, non. Diantre, que de mystère !
    Qu'est-ce qu'il vous a pris ?



    Remarquez à quel point elle le fait attendre, à quel point ses paroles sont ambiguës. Tous les sous-entendus peuvent se percevoir, ce qui induit le barbon en erreur. Et après, on me fera croire que cette Agnès est une ingénue ? Je pense que Molière a joué justement avec cela. Et c'est bien d'ailleurs ce qui lui vaudra le courroux de ses détracteurs (vous me direz, quand on veut trouver quelque chose à redire, on trouve toujours) qui estimaient que les bienséances n'étaient pas respectées, qu'il y avait trop d'obscénités. Bref, pour revenir à notre Agnès, elle finit quand même enfin par lâcher :



    Agnès.

    Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné.
    À vous dire le vrai, je n'ai pu m'en défendre.


    Arnolphe, reprenant haleine.

    Passe pour le ruban. Mais je voulais apprendre
    S'il ne vous a rien fait que vous baiser les bras.


    Agnès.

    Comment ? est-ce qu'on fait d'autres choses ?



    "Est-ce qu'on fait d'autres choses ," ose t-elle répondre !!! Allez, je sais bien qu'elle a été élevée dans un couvent mais quand même ! Ah, il est fort ce Molière, très fort ! Et sous une apparente simplicité se cache là quelque chose de mordant, de féroce. Qu'on vienne après me dire que Molière, "c'est trop gnan gnan !"


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-du-xviie-si%C3%A8c..
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    • Livres 3.00/5
    Par Moan, le 21 octobre 2012

    Moan
    Depuis que je me suis inscrite sur Babélio, j'ai fait le constat que je lis peu de classiques de la littérature française!
    Alors , je commence à combler mes lacunes avec la lecture de "L'école des femmes" de Molière!
    Sans regret! J'ai apprécié la découverte de cette histoire:Un homme souhaite se marier avec une jeune fille qu'il a recueilli dans une famille pauvre.
    "Un air doux , et posé, parmi d'autres enfants,
    M'inspira de l'amour pour elle, dès quatre ans:
    Sa mère se trouvant de pauvreté pressée,
    De la lui demander il me vint la pensée,
    Et la bonne Paysanne, apprenant mon désir,
    A s'ôter cette charge eut beaucoup de plaisir"
    Il a payé pour sa bonne éducation dans un couvent, afin qu'elle devienne une femme soumise.
    "Dans un petit Couvent, loin de toute pratique,
    Je la fis élever, selon ma politique,
    C'est-à-dire ordonnant quels soins on emploierait,
    Pour la rendre idiote autant qu'il se pourrait."
    Il la cache chez lui et s'absente pendant quelques jours. Ses projets vont être contrariés!
    L'écriture de Molière est un régal! le livre refermé, sa musique reste dans la tête!!
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    • Livres 4.00/5
    Par juliette2a, le 30 décembre 2011

    juliette2a
    Voici un beau livre de Molière, le "géant" de la comédie.
    Arnolphe, bourgeois vaniteux maintenant âgé, voudrait se marier, mais craint d'être cocu.. Il prévoit donc de se marier sous le nom de "Monsieur de la Souche" avec Agnès, jeune fille innocente, pour qu'elle soit entièrement soumise à lui. En effet, Arnolphe a fait élever Agnès dans un couvent, loin du monde, de manière à ce qu'elle soit la plus "sotte" possible. Toutefois, pendant l'absence d'Arnolphe, Agnès est tombé amoureuse d'Horace, jeune galant et fils du meilleur ami d'Arnolphe, et devient donc plus intelligente et autonome grâce à la découverte de l'amour.. Ainsi, Horace décide de confier ses élans amoureux à Arnolphe-Monsieur de la Souche, entre ses craintes et ses espoirsainsi que ses défaites et ses victoires..
    Comme la plupart des comédies du XVII ème siècle, cette pièce en cinq actes a un dénouement heureux. J'ai beaucoup aimé, encore une fois, le style de Molière, l'histoire et la fin heureuse et paisible du merveilleux couple qu'est Agnès- Horace.
    Une belle pièce, à lire !!
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    • Livres 4.00/5
    Par Nodamin, le 03 avril 2010

    Nodamin
    Alors c'est "Le Barbier" sans Figaro, en à la fois plus drôle et plus dramatique. Bien sûr il y a les alexandrins, et le personnage beaucoup plus détaillé d'Arnolphe. En vieux gardien jaloux de sa jeune pupille, il ne me fait à aucun moment pitié, tant il est bien là détestable par ses propos misogynes et sa volonté de soumettre Agnès à un état de servitude complet. Et cette dernière, ô combien elle évolue entre le commencement et la fin de la pièce ! Si elle est décrite comme terriblement naïve au début, les quelques répliques qu'elle enverra à son tuteur au final montreront bien que celle que l'on forçait à être sotte ne le restera pas bien longtemps.
    En revanche un qui n'a pas besoin de s'échiner à le faire croire, c'est ce bellâtre d'Horace, typiquement le genre de personnage qui m'insupporte. En effet, monsieur beau parleur parfait sur lui est un superbe crétin fini ; surtout pour aller conter fièrement ses exploits à son "rival" sans jamais avoir le moindre début de soupçon, il ne faut pas avoir beaucoup de jugeote. A aucun moment il ne m'a parut intéressant, sauf pour m'en moquer quand il court triomphalement dans la gueule de son ennemi. Ahah, involontairement oui c'est bien lui qui me fait le plus rire dans l'histoire.
    Bon finalement, malgré cette impressionnante subtilité qu'on lui constate, l'intrigue veut qu'Horace sorte tout de même vainqueur ; alors contre Arnolphe, soit, mais vis-à-vis d'Agnès, dommage qu'elle ne lui substitue pas un nouveau galant de meilleur goût, c'aurait été un rebondissement moins deus ex machina que celui qu'on nous livre (j'vais réécrire la fin moi !). En tout cas je présage qu'il y aura de bons moments dans le couple avec elle, quand madame se trouvera complètement émancipée et qu'elle le dominera allégrement. Uh…, je m'attache trop aux personnages je crois, tralala.
    Les répliques brillantes ou cocasses fusent, telle cette « la femme est le potage de l'homme » ainsi que sa suite, et on trouve des scènes de quiproquo, outre le principal, vraiment très drôles (je me remets difficilement du « il m'a pris le… » ).
    Une lecture vraiment plaisante, donc, où les scènes de misogynie sont plus drôles qu'irritantes, tant elles sont à prendre au 23eme degré, où l'intérêt n'est pas tant dans l'histoire que dans la pertinence des propos et dans le piquant des situations.
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    • Livres 4.00/5
    Par Darkcook, le 20 juillet 2014

    Darkcook
    J'ai longtemps hésité à ajouter et à chroniquer ce livre sur Babelio... Mes lecteurs et amis savent à quel point j'abhorre la littérature française du XVIIème (seul La Fontaine trouve grâce à mes yeux), totalement opposée au sacré et flamboyant XIXème qui me transporte. Lecture imposée étudiante que L'École des femmes, et je dois reconnaître avoir davantage apprécié l'intrigue, son déroulement, et l'humour des situations qu'avec les autres pièces comiques au programme (Lysistrata, La Locandiera) centrées sur la femme (cette fois assez absente, mais elle prime bel et bien). La Critique de l'école des femmes, autre pièce jointe à l'édition, autodéfense de Molière face aux attaques de l'époque, m'a pas mal amusé lors des argumentaires magistraux de Dorante, encore valables aujourd'hui contre la plèbe chroniqueuse de Youtube, ou même contre nous-mêmes, ici. Mais ça s'arrête là. Les deux comédies ne m'ont pas converti à Molière, elles m'ont malheureusement conforté dans mes positions. Je fais un rejet allergique, viscéral, à ses vers complètement ampoulés, entortillés, où il faut relire parfois trois fois la phrase interminable pour comprendre de qui l'énonciation parle, tellement pompeux, il a fallu que j'interrompe périodiquement la lecture en me remettant Hugo sous le nez comme un masque à oxygène salvateur. La langue de Molière (pas le français hein, honteuse et indigne périphrase pour lui), son écriture, m'irrite au plus haut point, tant elle a vieilli. Et puis ces moeurs de l'époque tellement idiotes, où tout le monde s'offusquait pour rien, donnait dans le cirage de pompes à n'en plus finir (la préface est un bon exemple de parfaite vanité littéraire)... Par pitié, laissez-moi dans la littérature de la passion!!
    Mais hein, je mets quand même 4 étoiles vu que la situation m'a amusé, et que je salue le propos de L'École des femmes (très heureux de la fin)...
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Citations et extraits

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  • Par Cognet_Marie, le 21 mars 2015

    J’étais aigri, fâché, désespéré contre elle,
    Et cependant jamais je ne la vis si belle.

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  • Par LydiaB, le 01 juillet 2014

    Arnolphe, reprenant haleine.

    Passe pour le ruban. Mais je voulais apprendre
    S’il ne vous a rien fait que vous baiser les bras.


    Agnès.

    Comment ? est-ce qu’on fait d’autres choses ?
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  • Par Moan, le 21 octobre 2012

    Il le faut avouer, l'amour est un grand maître,
    Ce qu'on ne fut jamais il nous enseigne à l'être,
    Et souvent de nos coeurs l'absolu changement
    Devient par ses leçons l'ouvrage d'un moment.
    De la nature en nous il force les obstacles,
    Et ses effets soudains ont de l'air des miracles,
    D'un avare à l'instant il fait un libéral:
    Un Vaillant d'un Poltron, un Civil d'un Brutal.
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  • Par Luniver, le 23 septembre 2012

    CHRYSALDE
    Ah ! malgré que j'en aie, il me vient à la bouche,
    Et jamais je ne songe à Monsieur de la Souche.
    Qui diable vous a fait aussi vous aviser,
    A quarante et deux ans, de vous débaptiser,
    Et d'un vieux tronc pourri de votre métairie
    Vous faire dans le monde un nom de seigneurie ?
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  • Par DBC-Anais, le 14 janvier 2013

    Il le faut avouer, l'amour est un grand maître : Ce qu'on ne fut jamais il nous enseigne à l'être.

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