ISBN : 2070546128
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 105 notes) Ajouter à mes livres
Dix-sept ans, un bel âge ? Pour Emma, c'est tout le contraire: en quelques mois, elle perd sa grand-mère, quitte son amoureux, vole au supermarché.
Elle maigrit beaucoup. Volontairement. Pourquoi ? Elle-même ne le sait pas vraiment. Tout bascule le jour où elle d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Chrystaal, le 23 septembre 2011

    Chrystaal
    Je vais me permettre une lecture psy. de ce livre avec la théorie de Serge Tisseron sur Les secrets de famille :
    La première génération est dans l'indicible , Jacques Desroches et Anna , Jean Lachaval et Mamouchka, auteur de crimes et complice. Ils ne disent rien de leur passé. En tout cas verbalement, mais ils expriment des choses, par la musique, par leurs expressions corporelles (en particulier Mamouchka qui montre de la douleur et se ferme aux questions), par le choix des prénoms, par les lapsus, les rêves...etc... le secret filtre, il suinte et se transmet.
    La seconde génération est dans l'innommable, ils ne sont d'ailleurs pas nommés à aucun moment. le père d'Emma, médecin, a un don exceptionnel pour ne jamais poser de question, aucune interrogation sur ce qui arrive à sa fille, sur un symptôme qu'il devrait pourtant au moins pouvoir définir, mais il y a là comme une zone vide, d'impossibilité à nommer. Et Emma pointe bien que le silence de sa mère est lié à l'attitude son père.
    La troisième génération est dans l'impensable. Puisqu'elle ne peut pas penser, le symptôme s'installe et donne un sens à tous les éléments que malgré eux les grands parents et parents ont transmis de leur histoire.
    Emma dit bien, et c'est important, que chaque histoire est singulière et qu'il ne s'agit de poser le postulat que tous les enfants anorexiques ont eu des grands parents bourreaux
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  • Par moustafette, le 17 octobre 2011

    moustafette
    De la folie intime à la folie à l'échelle humaine, il n'y a qu'un pas que Jean Molla franchit avec talent pour nous conter l'histoire d'Emma, souffrant d'anorexie. A force de ténacité, elle parviendra à faire émerger son identité de femme d'un embrouillamini familial des plus sombres.
    Si c'est sa grand-mère qui détient la clef des nombreuses questions qu'elle se pose, c'est seule qu'Emma devra trouver les réponses au risque de chambouler la respectabilité de sa famille.
    Encore un cas d'école, car outre l'aspect romanesque de ce roman joliment mené, on trouve là encore une excellente illustration de ce que vient colmater la pathologie mentale. Si elle s'ancre dans le présent, elle s'enracine toujours dans les générations précédentes et véhicule souvent ce qui ne peut se dire. Ici, elle s'attaque au corps et renvoie, comme un miroir, l'image de celui d'Emma, décharné, à ceux, squelettiques aussi, qui hantaient les camps nazis.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par Ori, le 23 novembre 2008

    Ori
    Sobibor de Jean Molla, Scripto
    Emma veut disparaître, rester à l'écart de la société, mourir... Son mal-être a commencé, une nuit, quand elle a découvert que sa grand-mère lui cachait quelque chose, un secret, un poids trop lourd à porter qui va détruire Emma petit à petit. Sa grand-mère va mourir, et Emma va trouver un cahier, un vieux cahier tenu par un certain Jacques Desroches, un français, un collabo, un monstre qui a participé à la création de Sobibor, le camp...
    Quelle claque que ce roman, non ce n'est pas un énième roman sur les camps M. Molla, c'est bien plus que ça! Si vous saviez quel choc ce fut quand j'ai compris à la fin, si vous saviez comme j'ai pleuré, si vous saviez...
    Il ne faut pas passer à côté de ce livre, pour ne pas oublier, parce qu'à la manière d'Un secret de Grimbert cela montre ce que les secrets peuvent détruire, parce que c'est un magnifique livre tout simplement, parce qu'il deviendrait peut-être pour quelqu'un qui s'oublierait comme Emma, une bouée...
    Et maintenant, je me demande bien comment je vais réagir en voyant Jean Molla, parce que son livre, je ne l'oublierai jamais!
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    • Livres 5.00/5
    Par paikanne, le 29 mai 2008

    paikanne
    Un roman à lire, un roman à proposer en lecture aux élèves. Impérativement. Ils y découvriront Emma, une adolescente au mal de vivre tel que l'anorexie dont elle souffre risque bien de lui coûter la vie à moins, peut-être, qu'elle n'arrive à découvrir un terrible secret qu'elle pressent, au-dedans d'elle, comme un legs qui doit sortir, à l'instar de la nourriture qu'elle n'arrive à garder...
    Le titre indique déjà la tonalité du livre...
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    • Livres 4.00/5
    Par IreneAdler, le 04 février 2012

    IreneAdler
    Emma est très proche de sa grand-mère et aucune n'a de secrets pour l'autre. Jusqu'a soir où Emma surprend se grand-mère à parler dans son sommeil, prononçant le nom d'une femme. le matin, la grand-mère nie tout. Elle mourra quelques semaines plus tard, emportant son secret. Elle interroge alors son grand-père, qui lui non plus de dit rien.
    Emma découvrira le journal intime de sa grand-mère, et découvre la vérité sur ce couple qu'elle a toujours pris pour intègre et droit. D'autant plus que le grand-père fut un grand résistant.
    Le secret est si lourd, la culpabilité pour Emma si grande qu'elle entre dans la spirale de l'anorexie.
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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 13 octobre 2009

    Je n'avais pas encore compris que ne plus manger signifie très exactement souhaiter se mettre à l'écart. C'est une sorte de ghetto que l'on s'invente pour soi seul et dans lequel on s'enferme avec un mélange pervers d'aveuglement et de ravissement. C'est une forme de distinction absurde, pour se différencier à tout prix, se dessaisir du banal. On ne peut plus partager ce qu'il y a de commun. On ne peut plus communier dans la célébration des choses mortes. On a le regard qui s'est tordu. On ne voit plus les aliments avec innocence et l'on s'étonne que les autres ne nous suivent pas. p.55
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  • Par Zazette97, le 13 octobre 2009

    Je sais enfin que je suis entre parenthèses. Moi, j'ai au moins cette chance. Je suis comme je suis parce que je suis en instance de vie. Une anorexique n'est pas en marge. Elle s'est faite aussi mince que le trait qui sépare la marge de l'espace où l'on écrit. Un jour ou l'autre, si tout va bien, elle revient sur la page. C'est ce que je m'efforce de faire." p.152
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  • Par Myrabelle, le 08 mars 2012

    Ataraxie, anorexie, oubli. Mon tiercé gagnant.
    Je suis debout face au miroir de la salle de bains. Je l'essuie pour en ôter la buée puis je me dégage de ma serviette qui tombe à mes pieds. J'observe mon reflet...
    ... Je ne possède rien à cacher. Je me suis débarrassée de ce qui parasite un corps de femme : l'excès de chair, la graisse, la peau qui se modèle en courbes tendres et le sang qui coule, chaque mois. Seule l'ombre brune, obscène, au bas de mon ventre témoigne de ma féminité.
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  • Par Zazette97, le 13 octobre 2009

    Je ne crois pas qu'elle a fait un mouvement quand il a posé son arme sur son front et qu'il a tiré. Je ne pense pas qu'elle l'a seulement vu. Eva avait déjà pris congé de l'humanité. Cet homme par son geste avait aboli le monde des hommes. p.9
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  • Par claracambry, le 09 juin 2011

    Je ne sais pas si je dois essayer de suivre la chronologie des faits ou m'abandonner aux souvenirs. Peut-être ferai-je un peu des deux, jusqu' à ce que quelque chose jaillisse. Peut-être vais je essayer de vomir en mots ce que j'ai des mois durant vomi en silence.Nourritures à peine digérées me lacérant la gorge, me laissant épuisée, douloureuse.Nourritures avalées comme une forcenée, pour me faire taire, ou pour remplir ce vide immense au-dedans de moi.

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Jean Molla - "Plus tard" .
Portrait de l'écrivain Jean Molla, Prix du livre en Poitou-Charentes, réalisé par les Yeux d'IZO.© Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes - 2011








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