ISBN : 2227481412
Éditeur : Bayard Jeunesse (2010)
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Nos écrans de télé-vision ne cessent de déverser des images terribles, dont la violence nous paralyse. Marie José Mondzain nous invite ici à sortir de cette passivité. Avant de dénoncer le pouvoir de l'image et de chercher à protéger nos enfants, intéressons-nous un peu... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par lanard, le 20 février 2012

    Un enfant peut tout voir à condition d'avoir eu la possibilité de construire sa place de spectateur. Or cette place est longue à construire. Il Il faut donc en conclure qu'un enfant ne peut pas tout voir s'il n'est pas soutenu par la parole de ceux qui voient avec lui et qui eux-même doivent avoir appris à voir. L'image n'est pas un espéranto accessible à tout un chacun. L'image en tant qu'objet passionnel est toujours violente, reste à savoir la force ou la faiblesse qu'on en tire. La violence d'une image donne de la force quand elle ne dépossède pas le spectateur de sa place de sujet parlant. Voir avec d'autres, voila la question puisque l'on voit toujours seul et qu'on ne partage que ce qui échappe à la vue. C'est ce qui se tisse invisiblement entre les corps qui voient et les images vues qui constitue la trame d'un sens partagé, d'un choix dans le destin des passions qui nous traversent. Cela se joue sur l'écran et n'est pas visible sur lui. L'atopie de l'image au coeur des visibilités nous met en demeure de produire l'invisible, ce que tous disent avoir vu et que le visible n'a pas montré. Une salle de cinéma est au sens fort une salle d'attente.
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  • Par lanard, le 20 février 2012

    Peut-on produire de la communauté sans fusionner? Vivre en commun n'est pas vivre comme un.
    Désormais dans cette tension, le visible et l'invisible seront en crise. Cette crise ne cessa de déchirer l'Eglise elle-même, tant et si bien que les contestations du pouvoir ecclésial se sont toujours accompagnées de débats violents à la fois sur l'image et sur l'eucharistie. La Réforme, en contestant l'autorité pontificale, ne pouvait que dénoncer la trahison de l'incarnation dans l'idolâtrie des visibilités cultuelles qui fondaient l'incorporation institutionnelle. Constatant que le règne des images s'était entièrement mis au service de l'Eglise visible, les réformés voulaient rétablir le régime de l'invisible et la puissance du Livre et de la Parole. Or, dans le même temps, les artistes déployaient un monde iconique, fidèle à la libre inconsistance des images et rebelle à toute incorporation institutionnelle. L'art rompait avec l'Eglise pour rester fidèle à l'incarnation imaginale de l'invisible. L'image n'a cédé ni aux idolâtres ni aux iconoclastes. Elle se trace, irréductible, son propre chemin, loin des polices qui la contrôlent ou qui la condamnent.
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  • Par lanard, le 20 février 2012

    La violence du visible n'a d'autre fondement que l'abolition intentionnelle ou non de la pensée et du jugement. Voilà pourquoi, face à l'émotion provoquée par les images, c'est-à-dire face au mouvement qu'elles provoquent, il est impératif d'analyser le régime passionnel qu'elles instaurent et la place qu'elles font à ceux à qui elles s'adressent. La critique de l'image est fondée sur une gestion politique des passions par la communauté. Elle ne devrait jamais être un tribunal d'épuration morale des contenus, qui mettrait fin à tout exercice de la liberté du regard.
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