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ISBN : 2020851679
Éditeur : Editions du Seuil (2008)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 55 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au vu début des années 1880, Aimé Victor Olivier, que les Peuls appelleront Yémé et qui deviendra le vicomte de Sanderval, fonde le projet de conquérir à titre personnel le Fouta-Djalon et d’y faire passer une ligne de chemin de fer.
On a presque tout oublié de l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par delcyfaro, le 27 septembre 2010

    delcyfaro
    Voici un livre exhumé de ma conséquente PAL car en effet il m'a été offert pour mon anniversaire en 2008. Je ne sais pas pourquoi je l'avais laissé de côté depuis si longtemps, peut être parce que le sujet ne m'emballait pas, n'ayant jamais été une grande fan des périodes de colonisation..

    Toujours est-il que je l'ai donc sorti de son ensevelissement et je me suis mise à le lire , pas vraiment convaincue au départ..mais peu à peu je me suis laissée entrainée à la suite de Olivier de Sanderval dans sa conquête de cette partie de l'Afrique inexplorée ou presque.

    En effet on le suit dans toutes ses démarches, sa douce « folie » : vouloir devenir roi de Kahel. On imagine très aisément les difficultés, les risques et les ruses employés pour parvenir à ses fins.. car si au début on le prend pour un doux rêveur, il s'avère que par la suite cette région devient un véritable enjeu et est convoitée par de nombreux pays colonisateurs et ainsi le pauvre Olivier doit batailler longuement et souvent pour obtenir ce territoire..

    En effet rien n'est jamais acquis, tout est toujours à refaire.. là-dessus se rajoutent les maladies, les traitrises, les empoisonnements et les tentatives d'assassinat.. on imagine parfaitement combien cette conquête est difficile et combien il faut de ténacité pour parvenir à conserver les acquis si chèrement obtenus et négociés..

    De ce point de vue là l'auteur a très bien relaté toute la force et le courage d'Olivier de Sanderval qui ira au bout de son rêve.

    Il a également très bien montré combien, à cette époque, les africains étaient considérés comme des « sauvages », des « singes » ou presque.. en tout les cas des sous humains à coup sur. On est gêné par la façon dont les « blancs » pensent apporter tellement de progrès et de civilisation à cette population qu'ils considèrent pratiquement comme à peine plus évoluée que celle animale..
    Le seul reproche que je ferai au roman est celui de m'avoir un peu perdue en route avec les différents noms très africains des divers dirigeants des régions environnantes du Kahel…mais c'est un détail par rapport à la richesse du roman sur la période colonisatrice de la France.
    Un très bon roman au final que je conseille à qui aime les histoires d'aventures humaines…
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    • Livres 4.00/5
    Par maggymauve, le 09 décembre 2012

    maggymauve
    Il s'agit de la biographie romancée du vicomte Aimé Victor Olivier de Sanderval, un personnage fascinant. Aimé, nommé Yémé par les Peuls n'a qu'une idée en tête: La conquête du Fouta Djalon (situé au cœur de la guinée actuelle).
    Précurseur de la colonisation en Afrique de l'ouest, il est captivé depuis l'enfance par les grands explorateurs tel que René Caillé.
    Peu lui importe les dangers de l'Afrique, les difficiles conditions de vie, les maladies, la détention, les moqueries des bureaucrates parisiens, qui le prennent pour un illuminé, Yémé n'abandonne pas.
    Il fait preuve de ruse et parvient progressivement à gagner la confiance du grand Almani, chef du royaume qui fera de lui un Peul, un ami, un roi de « Kahel ».
    Mais l'empire colonial français s'étend et désormais rien ne sera plus jamais comme avant.
    Un livre passionnant.
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    • Livres 3.00/5
    Par michelekastner, le 28 janvier 2013

    michelekastner
    Enfant, Aimé Victor Olivier, fils d'industriels et futur ingénieur, nourrissait déjà le rêve de devenir explorateur. Passionné par l'Afrique de l'Ouest, il va le concrétiser vers la fin du 19ème siècle, alors que les Anglais et les Français font commerce d'esclaves et de denrées alimentaires en Afrique. Convaincu par l'idée moderne dune colonisation pacifique, il embarque à Marseille pour le territoire du Fouta-Djalon, dans l'actuelle Guinée-Conakry, à titre personnel. Par la suite, il tente de persuader Gambetta, le ministère de la Marine et la société de géographie qu'il est capital de développer le commerce dans cette région pour garder le Soudan et le Sénégal et contrer les Anglais. Il a pour ambition d'y faire tracer une ligne de chemin de fer et a réussi à obtenir l'adhésion des chefs Peuls. Après plusieurs années passées de cohabitation auprès des indigènes, il a acquis une grande connaissance de la psychologie des personnages-clés, des rites et coutumes du pays, une grande pratique de la ruse. Il est aussi sous le charme de ce pays, envoûté après avoir affronté tous les dangers : les dysenteries, la malaria, les empoisonnements, les colères soudaines des rois suite à une parole malencontreuse, les guerres tribales, les jalousies. L'almâni, le chef suprême, lui accorde même le statut de Peul et de roi de Kahel, comblant ses rêves mégalomanes. La France et son gouverneur anéantiront ses rêves les plus fous, ainsi que la relation de confiance qu'il avait patiemment et habilement entretenue avec les Peuls, par leur méconnaissance totale du pays et de son fonctionnement, obnubilés par la seule utilisation des armes.
    Le récit est très documenté mais il manque peut-être un peu de souffle épique dans l'écriture, je l'ai trouvé un brin monotone.
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    • Livres 4.00/5
    Par irenelec, le 16 juillet 2012

    irenelec
    Impressionnant ce roman : tout d'abord l'univers dans lequel il nous fait entrer : l'Afrique noire qui nous envoûte. Les descriptions du pays, de sa nature sont tellement belles que l'on voudrait tout copier dans les citations. C'est une Afrique à couper le souffle qui en même temps qu'elle fascine le personnage principal nous emporte.
    Ce roman en plus de sa qualité d'écriture remarquable nous permet de connaître un personnage ayant vécu fin XIXème siècle qui est tellement fanatique de l'Afrique qu'il va chercher à y créer un royaume chez les Peuls. C'est aussi un beau roman historique qui retrace les débuts de l'épopée coloniale.
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    • Livres 4.00/5
    Par pragmatisme, le 08 avril 2011

    pragmatisme
    Le roi de Kahel est l'histoire romancée de l'épopée coloniale d'un personnage réel, Aimé Victor Olivier de Sanderval, du 29 novembre 1879, date à laquelle il s'est rendu pour la première fois à Timbo par le bateau, au 24 mars 1919, date de sa chronique nécrologique. Timbo était alors l' une des neuf provinces de la fédération du Fouta Djallon, en Guinée. Cette région avait été colonisée par les Peuls du XIIIème au XVIème siècle avant d'être islamisée puis gouvernée par un Almâmi, selon un modèle théocratique à partir de 1725, en vertu de la loi islamique. Timbo, devint la capitale du Fouta Djalon jusqu'à l'arrivée des colonialistes français. Les explorateurs portugais avaient installé des comptoirs commerciaux dès le XVème siècle sur les côtes de l'Afrique de l'Ouest. Ils pratiquèrent le commerce de l'or, de l'ivoire et la traite des esclaves et furent bientôt supplantés par les Britanniques et les Français. L'action de ce roman se déroule lorsque les Européens lancèrent des missions d'exploration dans l'arrière pays et raconte comment Aimé Victor de Sanderval jeta les bases de la colonisation. Pour écrire ce roman, l'auteur, Guinéen, exilé au Sénégal puis en Côte d'Ivoire, docteur es sciences de l'Université de Lyon, semble s'être beaucoup documenté. En particulier, il a eu accès aux archives de la famille de Sanderval et aux archives départementales de Caen. Ce roman qui a reçu le prix Renaudot 2008, est riche d'informations et de rebondissements. Il est passionnant malgré quelques longueurs et redites. Il est écrit avec beaucoup d'humour. On y découvre les enjeux et les intrigues politiques, les démarches diplomatiques entreprises par les différents acteurs de la colonisation, l'ambiance des sociétés savantes et des cabinets ministériels à l'époque. le personnage principal est façonné de préjugés qu'il saura remettre en cause lorsqu'il choisira de devenir un Peul parmi les Peuls et de créer des relations d'affaires et d'amitié. Bien que nourries de méfiance réciproque et de distance, ces relations n'en sont pas moins guidées par le soucis de connaitre et de comprendre les habitants de ces contrées éloignées, de s'y fondre et de découvrir dans des conditions sanitaires souvent difficiles, la magie de ce pays et ses paysages éblouissants.




    Lien : http://pragmatisme.over-blog.fr/article-le-roi-de-kahel-tierno-mone-..
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Citations et extraits

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  • Par michelekastner, le 28 janvier 2013

    - Tenir l'Afrique par le Sénégal et le Soudan, c'est tenir le sabre par la lame ! Sans le Fouta-Djalon, nous risquons de tout perdre là-bas !
    Il s'interrompit quelques instants pour se diriger vers la mappemonde collée au mur :
    - Revoyons un peu, si vous le voulez bien, monsieur le ministre, la carte du monde. Qu'avons-nous autour de notre pauvre France ?
    Il prit la règle et montra d'un air grave l'Espagne, l'Angleterre, l'Allemagne, rien que des ennemis ! Comment survivre dans ce guêpier ? L'Afrique ! Il n'y avait pas d'autre solution ! "Elle doit être le corps et nous l'esprit !", insista-t-il. Il avait compris, lui, dès son arrivée à Gorée, qu'elle deviat immédiatement cesser d'être une simple réserve d'esclaves et d'oléagineux pour devenir, minutieusement dégrossie sous le scalp d'Athènes et de Rome, une amie, une alliée, une province française. Alors, la France pourrait y lever une grande armée ; grâce à elle, la conquête de l'Italie serait facile ainsi que le passage par le Brenner vers l'Autriche. L'Allemagne n'aurait plus le choix : la paix éternelle et peut-être même l'union face à une angleterre ennemie de l'Europe. Et comment faire de l'Afrique une province française ? En faisant du Fouta-Djalon sa base, c'était aussi évident que le nez au milieu du visage.
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  • Par michelekastner, le 28 janvier 2013

    - Mon cher Bonnard,
    Si je ne vous ai pas donné de mes nouvelles depuis que je vous ai télégraphié de Bordeaux en descendant du bateau, la raison en est toute simple : c'est que je n'en avais pas. Ma famille à Montredon passe des jours on ne peut plus ordinaires. Quant à la vie de la France, ma foi, mis à part les éclats de voix que l'on entend pousser au Parlement, c'est celle, paisible et morne, d'une vieille rentière qui se sent bien dans son agonie. Seulement, je viens de Paris où, m'usant à gravir les étages pour essayer de faire comprendre à nos bureaucrates l'intérêt pour notre pays d'asservir le Fouta-Djalon, je suis enfin tombé sur une nouvelle : il paraît que les Anglais ont envoyé une mission à Timbo en la personne de Goldsburry, son gouverneur en Gambie. Je n'ai pas besoin d'arguments pour vous faire comprendre que c'est un mauvais coup pour nous. Vous savez mieux que moi combien les Anglais sont sournois et les Peuls cupides et versatiles. La rencontre de ces deux races perfides risque de faire voler nos traités et engloutir tous les trésors que nous y avons investis en cadeaux et en factoreries. Aussi je vous ordonne, toutes affaires cessantes, de vous rendre à Timbo pour vous assurer que nous sommes (et non ces fripouilles d'Anglais) les amis de l'almâmi, et que nos traités sont toujours valables. Vous connaissez les viles moeurs des rois nègres. Pour eux, l'amitié va au plus offrant. Alors, n'hésitez pas : inondez ces ces vilains seigneurs peuls de cadeaux (surtout Pâthé, Aguibou, Bôcar-Biro et Alpha Yaya)! A chacun un miroir ou une boule d'ambre ! Quant aux Anglais, dénigrez-les ! Sabotez ce pauvre Goldsburry ! Faites comprendre aux Peuls qu'ils n'ont qu'une seule envie : décapiter l'almâmi et s'emparer de son pays. Jouez sur la corde sensible du Peul : sa fierté légendaire, son attachement à l'Islam, à l'indépendance de son pays, tout ce que le méchant Anglais veut démolir alors que nous, Français...Rappelez un million de fois combien je suis et resterai leur très fidèle et dévoué ami ! Faites comme je vous dis et tenez-moi au courant.
    En attendant, moi, je dois rester ici pour harceler les ministères. Pour l'instant tout est contre moi. Mais vous me connaissez !...
    Je retourne au Fouta dès que je peux.
    Saluez pour moi les Portôbé de la côte !"
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  • Par pragmatisme, le 08 avril 2011

    Des brumes du songe aux durs cailloux de la réalité, quel chemin ! Lui, Olivier de Sanderval parlait peul, respirait peul, sentait peul, allait et venait en pays peul. Il habitait le Fouta, le Fouta l'habitait, plus exactement. Plus qu'une complicité, une fusion ; plus qu'un lien, une communion mystique ! Oui, quel chemin depuis les jeux de marelle et les culottes courtes, depuis les limbes si ça se trouve ! Une simple intuition au début puis un rêve, puis un projet. Il en était maintenant à l'œuvre, à la finition de l'œuvre, les deux ou trois derniers gestes décisifs et bientôt...
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  • Par BMR, le 28 septembre 2014

    […] – Vous, vous n’êtes pas ici pour la France mais pour vous, n’est-ce pas ? Vous êtes un drôle de type. Qu’est-ce qui peut bien vous attirer en Afrique ?
    – Le goût de l’Histoire, justement, monsieur le Britannique. L’Europe est blasée. C’est ici que l’Histoire a une chance de recommencer. À condition que l’on sorte le Nègre de son état animal !
    – Et c’est pour cela que vous êtes là, pour sortir le Nègre de son état animal !
    – Je crois, en effet, qu’il est temps de lui transmettre la lumière que nous avons reçue d’Athènes et de Rome !
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  • Par soelmaju, le 05 février 2009

    Qu'importe le résultat : seul l'effort donne un sens à l'existence ! Il ne faut jamais braquer son regard sur la distance, mais sur le pas. Ce pas-ci gagné, songer aussitôt au suivant.

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