Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes)
La croisière du hachich2Ajouter à mes livres
Henry de Monfreid entend dire que la contrebande du hachich est en Egypte une institution d'Etat, secrète et jalousement cachée. Il entreprend alors de passer de Grèce à Suez, sur son bateau, un gros chargement de chanvre. C'est le récit de cette entreprise qu'il nous f... > voir plus
Henri de Monfreid nous raconte ici ses débuts de contrebandier de hachich dans les années trente . Il doit se rendre en Grèce où la culture se pratique pour y acheter une importante cargaison de drogue dans le but de l'écouler en Egypte et faire un gros profit . L'auteur ne nous épargne aucune péripétie pour échapper à la douane , aux concurrents , à ses propres partenaires qui essaient de le doubler , essayant de profiter de sa naîveté de néophyte . Il s'en sort en doublant une mise qu'il aurait du décupler .
J'ai voulu relire ce livre car j'en avais gardé un bon souvenir . Aujourd'hui mon impression est plus mitigée . le texte vaut surtout pour la description de quelques personnages pittoresques des "colonies" , ce monde disparu rempli de petits fonctionnaires ronds de cuir et d'indigènes bons enfants . Cette affaire de trafic est peu intéressante en elle-même . Monfreid n'y voyait qu'un négoce comme un autre et au bout du compte , tout semble trop facile et les ficelles trop grosses .
Seul élément dramatique : la mort de son fils adoptif Lucien . Mais curieusement , Monfreid n'y consacre que deux petites pages alors que celui-ci a connu un naufrage terrible et a été dévoré par un requin . Manque de coeur ?Le lecteur a du traverser des centaines de pages consacrées aux états d'âme du marin , à ses navigations , ses descriptions de paysages ou de personnages secondaires et le seul drame de l'affaire est survolé très vite . Manque de pratique littéraire , sans doute ...Livre sans effets faciles d'un auteur un peu oublié . En tous cas , d'un intérêt très limité .
Henri de Monfreid entreprend de transporter sur son petit bateau une grosse provision de chanvre proscrit. Ce périple le mènera de la Grèce jusqu'au golf de Suez.
C'est le récit de cette expédition qu'il nous fait, depuis l'achat du hachich dans une ferme grecque jusqu'au retour à Djibouti : un voyage très mouvementé dans ce milieu si mystérieux des contrebandiers du golfe de Suez. Il nous offre avec ce livre un superbe roman d'aventures maritimes.
Je n'ai pas le coeur à déguster mon café et la splendeur du soleil levant, ce tapis d'or et de rose qui, chaque matin, se déploie sur le désert et les montagnes me semble une cruelle ironie pour le deuil et la tristesse que je porte en mon coeur.
Le soleil est maintenant installé dans le ciel. La mer s'étend, calme et brillante, désespérément unie dans le champ de ma jumelle, sans rien qui ressemble à la tête d'un nageur...
Je ne puis croire, cependant, à une fin aussi bête pour Abdi. Lui, mourir noyé ? Mais c'est absurde. Il est bien resté une fois cinquante-six heures dans l'eau, sans trouver la chose extraordinaire. Nous nous rassurons mutuellement en examinant toutes les chances qu'Abdi peut avoir ; et puis, l'activité du jour, la vie intensive de la rade autour des vapeurs, tout cela fait diversion...
(extrait du chapitre XXVIII " On croise le fer")