Parler d'une époque que l'on n'a pas connue n'est pas chose facile, surtout lorsque l'on n'est pas historien. Et parler d'un lieu, un lieu en ruines qui plus est, l'est encore moins si l'imagination ne nous vient pas en aide. Dans ce petit livre, bien trop court d'ailleurs,
Alain Monnier erre dans ce qu'il reste , à l'heure actuelle, du camp de Rivesaltes. Sa pensée vagabonde, son esprit va à la rencontre de ceux qui ne sont plus.
Je connais ce camp. J'ai vécu plus d'une trentaine d'années à côté mais je ne suis allée le visiter qu'en 2007. J'ai ressenti également ces émotions dont nous fait part l'auteur. Pour autant, j'étais passée à côté de quelque chose d'important: je ne savais pas qu'il avait servi de transit à des juifs. Dans cette région, lorsqu'on parle des camps, on pense à ceux d'Argelès, de Saint-Cyprien, mais surtout, on fait référence aux réfugiés espagnols. Ici,
Alain Monnier a choisi de ne mettre l'accent que sur une période et sur une "catégorie" de population ayant eu le malheur de rencontrer ce camp. le choix est pleinement assumé et peut-être même est-il judicieux afin, justement, de faire connaître toute l'histoire de ce lieu, sans chaînon manquant. Un devoir de mémoire qu'il convient d'assurer...
Je vais mettre toutefois un petit bémol. Oh, bien léger toutefois: j'aurais aimé, mais cela n'engage que moi, qu'
Alain Monnier, qui écrit avec une grande pudeur, s'ouvre un peu plus afin que sa poésie nous transcende. Sa retenue, qui est tout à son honneur, fait que certains passages sont "froids". En même temps, ne sont-ils pas mimétiques de l'histoire même du Camp Joffre ?
Je ne peux que conseiller ce livre qui montre à quel point l'être humain peut s'imprégner de lieux, d'émotions, et vivre une période du passé en écoutant son côté humaniste.
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