ISBN : 2709634198
Éditeur : J.-C. Lattès


Note moyenne : 3.86/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
On sait peu de choses d'elle. Pas son prénom. Juste qu'elle a décidé de ne plus parler, « puisqu'il n'y a plus rien à dire », qu'elle coud le même modèle de pantalon en velours rouge dans toutes les tailles, de 6 mois à 102 ans, qu'elle surnomme ses parents Lucha mama e... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 22 avril 2012

    canel
    Né grand prématuré, Eugène a succombé à six jours à une infection nosocomiale. Nous assistons aux douleurs parallèles des parents lors de la première année de deuil, aux turbulences au sein du couple. Chacun réagit différemment : la mère se mure dans le silence, ne communique que par écrit et très brièvement. le père a besoin de donner une existence à son enfant, en le dotant de qualités, en l'inscrivant dans le temps : il l'ancre dans le passé via sa généalogie et lui dessine un avenir.
    Sans exhibitionnisme ni sensationnalisme, avec une grande dignité, ce texte de deuil est beau, émouvant. Bien que souvent poignant, il m'a moins bouleversée que je le craignais - peut-être me suis-je moins identifiée à cette douleur exprimée par un père ? Ces paroles paternelles sont pleines de douceur et d'amour, sages et pragmatiques... Mais lorsqu'il enquête sur les camarades de crèche qu'Eugène aurait dû avoir et s'imagine courir avec son fils dans le dos, on craint alors de le voir sombrer dans le déni, la dépression... le récit s'achève joliment sur une longue lettre de la mère à son enfant.
    Un joli roman sur la douleur de la perte d'un enfant, le couple face aux épreuves, ainsi que le deuil d'une manière générale et le sentiment de solitude extrême qui en résulte.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par litolff, le 08 février 2011

    litolff
    Je viens de terminer en 4h de lecture ininterrompues les 132 pages bouleversantes des Vies extraordinaires d'Eugène, Eugène qui n'a vécu que 6 jours minuscules dans le petit lit d'un service de néo natalité.
    Faire son deuil, essayer de donner une identité à une existence si fugace, faire accepter sa douleur, sa détresse, son impuissance, sa colère face à l'absurdité d'une vie aussi éphémère que celle d'Eugène, c'est ce que fait son père en essayant de transcrire la vie d'Eugène, ses 6 jours d'existence aussi bien que sa vie rêvée, la vie qu'il aurait pu ou dû avoir ; donner une consistance à sa vie afin d'essayer de retrouver la maman d' Eugène, murée dans le silence qui, elle, fait son deuil en cousant des pantalons de velours rouge, un pour chaque âge de la vie d'Eugène, de 0 à 100 ans. Comment ne pas comparer l'effroyable injustice d'une vie d'enfant pas vécue et celle d'un vieillard atteint d'Alzheimer qui se prolonge… Sans tomber dans l'amertume ni le pathos , l'auteur livre ici un récit extrêmement émouvant, un récit délicat et sensible empreint de tendresse, oscillant entre humour et désespoir, mais se terminant sur une note d'espoir.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par maevedefrance, le 28 novembre 2010

    maevedefrance
    Ce roman est l'histoire d'un deuil. Celui de la perte d'un enfant. le narrateur a perdu Eugène, son fils, grand prématuré né à six mois. Il est décédé quelques jours après sa naissance. Mais, comble de l'horreur, pas à cause de sa grande prématurité ! A cause d'un fichu staphilocoque doré qui s'est sans doute introduit dans le tube qui l'aidait à respirer dans sa couveuse. Sa femme en a perdu la parole, de douleur sans doute, mais surtout parce qu'il n'y a "plus rien à dire" après la perte d'un enfant. Pour rendre justice à son fils, pour lui (re)donner la vie et le rendre en quelque sorte immortel, le narrateur décide d'écrire sa vie. D'abord sa vie réelle, après un interrogatoire des personnels hospitaliers l'ayant côtoyé. Mais, comme cela ne suffit pas il décide d'inventer ce qu'aurait été la vie d'Eugène et pour cela mène une enquête à partir de la liste des enfants inscrits à la crèche du quartier. Il découvre les futurs copains et copines d'Eugène. Mais cela ne suffit toujours pas à combler le vide. Donc il va raconter son ascendance. D'autant plus que "papy Marcel", grand-père du narrateur, est au plus mal mais dans une lente agonie !
    Cependant, un an après avoir commencé son journal et l'écriture de la vie de son fils, le narrateur en convient : il a échoué. Il ne peut pas faire revivre son fils et il doit l'abandonner pour faire son deuil. Pas vraiment d'autres solutions : "Je viens te demander pardon mon enfant (...) J'ai relu tout ce que j'ai écrit depuis un an. Rien. Rien qui ne te donne vie. J'ai échoué. (...) Je m'épuise à vouloir te raconter, il n'y a rien à raconter. Je t'ai cherché partout, je te jure, je ne te trouve pas mais je me perds. (...) Je te tue mon fils, pour vivre un peu".
    Le lecteur découvre avec surprise que, malgré les apparences, c'est la mère de l'enfant qui est le plus lucide sur la situation et que c'est elle qui écrit son fils dans la lettre qu'elle lui adresse : "Ce n'est pas parce que tu es mort, petite tête, que tu vas devenir un objet de niaiserie. Nous allons rester dignes. Chacun chez soi, mon grand. Toi au cimetière, moi ici." (...) "Ce n'est pas un abandon, c'est une émancipation . (...) Inoubliable et légendraire, tu es le héros de toutes mes aventures (...). Tu as toutes les vies, tiens, je te les offre. Tes vies extraordinaires".
    Isabelle Monin écrit ici un roman très sensible sur un thème qui l'est tout autant dans un style magistral. Un roman qui ne peut laisser indifférent. Elle aborde le thème contemporain des maladies nausocomiales, mais celui-ci reste en surface. C'est donc avant tout un texte sur la mort et le deuil. On accroche ou l'on n'accroche pas. Et je dois dire que j'ai un avis mitigé sans pour autant nier le talent d'écriture. La mort d'un bébé prématuré, c'est déjà difficile. On y ajoute une mort par maladie contractée à l'hôpital et un grand-père qui, par une lente agonie, lui ne parvient pas à quitter ce monde... Ca fait beaucoup. On ne sort pas vraiment en forme d'une telle oeuvre !
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  • Par claracambry, le 07 septembre 2010

    claracambry
    Pour des raisons personnelles expliquées ici, je n'ai pas la force de continuer cette lecture.

    Je ne reproche rien à l'écriture ou au style.
    Mon résumé est bâti à partir de ce que j'ai lu et est donc sûrement incomplet :
    Un couple perd son bébé quelques jours après sa naissance. Eugène, grand prématuré, a attrapé une infection nosocomiale qui lui été fatale. le père veut raconter l'histoire d'Eugène, lui donner une existence. Sa femme s'est enfermée dans un mutisme. Il part à la rencontre d'une infirmière qui s'est occupée de son fils. . Il veut savoir plus, comprendre et écrire pour qu'Eugène ne soit pas oublié. En même temps, il a décidé de se préparer au marathon de New-York.
    Le mari cherche à surmonter cette épreuve en écrivant et en courant. Il veut également aider sa femme qui ne correspond plus que par de petites phrases écrites.
    L'écriture ne tombe pas dans le mélo même si le sujet est dur, très dur. L'auteure insère des petites notes d'humour pour ne pas rendre étouffante la charge émotionnelle.
    J'ai été bouleversée… et j'arrête ma lecture page 94 car quelquefois les mots sont trop poignants quand ils sont bien écrits.
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  • Par FC, le 23 octobre 2010

    FC
    Ce premier roman met en scène le deuil de parents et tourne autour d'une question centrale: quels mots permettront aux parents du petit Eugène d'exprimer leur douleur d'avoir perdu leur nouveau-né?
    Prématuré, Eugène naît au bout de 6 mois de gestation dans le ventre de sa mère et meurt 6 jours plus tard, après avoir attrapé un staphylocoque doré à l'hôpital. le père doit alors affronter et le deuil de son petit garçon, et le chagrin immense de la mère, qui se réfugie dès la mort de son fils dans le mutisme le plus complet. "S'il n'y a rien à dire, alors je ne parlerai plus." écrit-elle au père, au début du roman.
    Ce père, historien de formation, se pose alors cette terrible et pertinente question (qui deviendra le fil conducteur du roman): Eugène a t-il existé même s'il n'a pas vécu?
    Dans ce livre, Isabelle Monnin élabore un éventail assez large de thèmes: tout d'abord, évidemment, la mort, le deuil et l'absurdité de la vie. Mais elle aborde également d'autres thèmes plus "légers" et propose une profonde réflexion au lecteur sur "qu'est-ce qu'être parent?" (père en particulier), sur les notions de transmission, d'héritage familial et sur la puissance de la vie, qui continue malgré tout.
    Le mélange de tragique et d'humour offre au livre une véritable singularité et en fait un premier roman à la fois sombre et lumineux.
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Citations et extraits

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  • Par liratouva2, le 28 septembre 2010

    J'ai dressé la liste des ouvrages à lire sur le deuil, et plus spécifiquement le deuil d'un enfant. Le libraire de la rue Sainte-Boubou m'a conseillé Joan Didion, L'Année de la pensée magique, j'adore ce titre, et aussi Philippe de Camille Laurens et Tom est mort, de Marie Darrieusecq. J'ai tout acheté, pas tout lu encore. Déprimant. Tom est mort: le récit dix ans après de la mort d'un enfant de quatre ans. Je me suis arrêté à la moitié environ, à la description de l'habit choisi par la narratrice pour enterrer son fils. Trop éprouvant. Eugène était-il habillé dans son cercueil? Je n'en sais même rien.
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  • Par livr-esse, le 26 septembre 2010

    (Non, ce n'est pas une fausse couche Mathieu. c'est un bébé, un enfant, un plus petit que Marius, un fils, mon fils, qui est né, a vécu et est mort. Il est sorti du ventre de sa mère, il a respiré, il a ouvert les yeux pareil à un petit rat, il a crié un imperceptible miaulement, il a tenu mon doigt qui paraissait si gros, il a connu le sucre sur sa langue et les piqûres de l'infirmière. Et puis il a senti la mort lui tomber dessus, le noyer du dedans. Non, je ne vais pas rester pour l'apéro ni pour le barbecue avec Jérôme et sa femme, Stéphanie. Vous vous débrouillez très bien sans moi. Je ne suis pas de votre monde, où des enfants courent en tendant un verre en plastique. De ce mon où les enfants disent "ta".)
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  • Par Sand94, le 17 septembre 2010

    « Je te connais si peu. Chaque morceau de ta peau, je ne l’ai pas caressé. Chaque parcelle de toi, je ne l’ai pas respiré. Ton souffle, je ne l’ai pas senti. Je ne sais pas ton odeur. Je n’ai pas donné un biberon. Je n’ai pas changé ta couche. Je n’ai jamais même vu ton dos. » (pp.229/230)
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  • Par anyuka, le 25 octobre 2010

    Inoubliable et légendaire, tu es le héros de toutes mes aventures. Toujours courageux et fulgurant, jusque dans la mort. Tu n'es pas un centenaire qui s'éternise, tu vis peu mais concentré ; tu exploses en bouche, condensé de vie, puissant comme une pointe de piment. Tu as toutes les vies, tiens, je te les offre. Tes vies extraordinaires.
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  • Par litolff, le 08 février 2011

    Ils ont raison : à quoi bon pleurer ce gamin que je n'ai même pas tenu dans mes bras ? Un si grand chagrin pour si peu de vie, est-ce bien la peine ? On n'a qu'a faire comme si de rien n'était. Comme s'il n'était pas né. Alors, il ne serait pas mort.
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La grande librairie 19/04/2012 sur France 5 de François Busnel, Isabelle Monnin parle de son nouveau livre "Second tour"
Isabelle Monnin est l’auteur d’un premier ouvrage encensé par la critique, Les Vies extraordinaires d’Eugène (finaliste du prix Goncourt du Premier roman), et d’Ils sont devenus Français, co-écrit avec Doan Bui, tous deux parus chez Jean-Claude-Lattès en 2010. Elle est grand reporter au Nouvel Observateur.








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