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ISBN : 2864326736
Éditeur : Verdier (2012)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
J’ai allumé un souvenir,
et lentement je l’ai fumé.
C’est au son de cette ranchera mexicaine qu’Alain Montcouquiol accomplit une autre étape de son voyage entamé en 1997 avec le magnifique Recouvre-le de lumière, témoignage poignant de la vie glorieuse et tragique de son frère Nimeño II, premier grand torero français.
Si l’absent, dont le deuil paraît impossible, hante ses deux premiers livres, on le trouvera encore mais différemment dans ce nou... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Tempuslegendae
Tempuslegendae03 février 2013
  • Livres 4.00/5
Les nuits disent toujours leurs secrets, dit-on. Et tout au fond de cette obscurité, Alain MONCOUQUIOL tisse, livre après livre, une toile de «maux» (avec ses mots) qui devient une oeuvre. Son sujet? Son frère, Christian, Nimeño II, que la longue corne de Panolero souleva, fit pirouetter dans les airs. Seulement, lorsqu'il retomba, nuque cassée, il devint tétraplégique. A force de volonté, il remarcha, mais son bras gauche restait ballant car inerte le long de son corps. Autant dire que la corne de Panolero le poursuivit longtemps. Elle finit par le rejoindre dans un garage où il se donna la mort, désespéré de ne plus pouvoir toréer.
Depuis ce jour, Alain MONCOUQUIOL n'a eu cesse de revisiter ce passé de douleur, ces mois et ces jours qui se sont arrêtés en cet après-midi d'automne d'Arles. L'auteur avait écrit le bouleversant «Recouvre-le de lumière», où il parlait de sa culpabilité, de sa tristesse, de ses regrets et du temps que nul n'arrive à toréer.
Son dernier ouvrage s'ouvre sur un titre plein de signification, «Le Fumeur de souvenirs». Il est tiré d'une rengaine mexicaine, un blues local qui commence par ces mots: «J'ai allumé un souvenir et lentement je l'ai fumé.» Ce sont les lueurs d'incandescence de cette «cigarette» qu'A. MONCOUQUIOL a rassemblées de façon courageuse. Une série de très petites histoires comme des éclats surgis d'un temps enfoui, comme des reflets de mica à l'intérieur des pierres. Ce sont des voyages dans ce Mexique où son frère était connu pour l'un des plus grands toreros, au point d'y ériger une statue..
Surtout, ne vous attendez pas à suivre une suite taurine. Ce sont les strophes d'une complainte qui voudrait remonter le cours de la vie, comme une oeuvre euclidienne, qui tente d'inverser par je ne sais quelle loi naturelle le sens d'un fleuve. On ne peut dans ce recueil préférer un texte à un autre, tant ils sont ajustés avec une minutie de mortaise. Mais le livre lu, on ne peut toutefois s'empêcher d'y revenir tant il nous revient par bribes.
Il est une histoire qui se déroule à Bordeaux juste après l'inauguration des arènes de Floirac en 1987. Manolo Chopera, l'imposant impresario d'alors, et Antonio Ordoñez, une des légendes de la tauromachie, étaient présents. L'hôtel fermait. La conversation était loin d'être terminée. Montcouquiol, Chopera et Ordoñez allèrent continuer leur discussion au café de la gare; ils y restèrent toute la nuit. Ordoñez exprima en "une longue phrase éblouissante le lien entre tous les toreros, les célèbres, les inconnus, les morts et les vivants". A partir de là, Montcouquiol se fit le serment de ne jamais oublier ces mots tissés entre eux. Il s'endormit épuisé d'émotions, du triomphe de son frère dans les nouvelles arènes, de cette nuit d'échange avec Ordoñez. Mais dès son réveil au matin suivant, il ne se souvint pas de la phrase, comme si celle-ci s'était envolée par une fenêtre entrouverte.
C'est ainsi qu'est la vie, fragile et belle comme un oiseau. C'est ainsi qu'aujourd'hui, Alain Montcouquiol éprouve ce besoin de la raconter à nouveau, sans plainte et sans apprêt, mais dans le dépouillement d'une douleur revisitée.
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Les critiques presse (1)
LePoint30 juillet 2012
Avec classe, et une émotion poignante, Montcouquiol trace les visages, les rivalités, la sueur dans les yeux, les trous dans la peau, le ramdam sous la poitrine, les cabrioles devant la mort. D'aucuns diront que, à force d'écrire la vie et la fin de Christian, Alain s'empêche de vivre
Lire la critique sur le site : LePoint
Video de Alain Montcouquiol (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alain Montcouquiol
Alain Montcouquiol : Le Fumeur de Souvenirs (Festival de la Biographie)
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