> André Gabastou (Traducteur)

ISBN : 2757808176
Éditeur : Points (2008)


Note moyenne : 3.22/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Lucia et Ramon décident de passer le 1er de l'an à Vienne. Dans la salle d'embarquement de l'aéroport, Ramon se rend aux toilettes et disparaît. Après avoir demandé l'aide de la police, Lucia entreprend une enquête personnelle avec l'aide de deux de ses voisins : Adrian... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par LN, le 05 mars 2012

    LN
    La Fille du Cannibale commence comme un roman farfelu habité par des personnages atypiques réunis par des circonstances pour le moins étonnantes : le mari de Lucia semble s'être bel et bien volatilisé dans les toilettes de l'aéroport, lieu romanesque au possible... le vieux Félix, anarchiste et torero à ses heures va alors se joindre à Lucia pour mener l'enquête. Et si ladite enquête piétine, Félix va en profiter pour raconter sa vie et éclairer de sa sagesse d'octogénaire la vie de ses nouveaux compagnons. A l'inverse, le jeune Adrian incarne l'insouciance de la jeunesse qui file là où le vent le porte, et, pourquoi pas, dans les bras de Lucia.

    Mais derrière cette insouciance apparente, se cachent des blessures inhérentes à la vie, des interrogations qui ne peuvent trouver de réponses car elles appartiennent aux mystères de la vie et de l'identité des êtres. Lucia est une femme lucide qui essaie de se construire en racontant, en se créant par le récit un être particulier :

    "Mais moi, je suis persuadée que l'art primordial est celui du récit, parce que pour pouvoir exister, nous les humains, nous devons d'abord raconter." (p. 19)

    Alors oui, quelquefois, elle ment, elle cache la vérité pour agrémenter sa vie d'un brin de folie, ou, paradoxalement d'un souffle de souffrance. Elle nous raconte le couple et son usure :

    "Si je sortais avec Adrian, si je partageais ma vie avec lui, il arriverait probablement un moment o^j ele haïrais parce qu'il parle la bouche pleine, comme il était en train de le faire à ce moment-là, projetant des miettes de pain et des postillons partout. Mais, ce jour-là, même de telles cochonneries m'attendrissaient. Il n'est au monde pire arbitraire, injustice plus atroce que ceux du sentiment." (p. 177)

    Le monde qu'elle cotoie lui apprend le mensonge, la trahison, la faiblesse de l'être humain sans arrêt tenté par le Mal,

    "Ce que vous disiez tout à l'heure, a ajouté Félix. A quoi pouvait servir de se comporter dignement. Eh bien, à nous donner la mesure de ce que nous sommes. Nous, les humains, voyez-vous, sommes incapables d'imaginer ce qui n'existe pas ; si nous pouvons parler de choses telles que la consolation, la solidarité, l'amour et la beauté, c'est parce qu'en fait, ces choses existent et font partie des êtres, de même que la férocité et l'égoïsme." (p. 380)

    Lucia va apprendre la sagesse, elle va comprendre que même la souffrance est nécessaire à la vie, car elle nous aide à rester vivant, l'absence de douleur nous tuerait en effet plus sûrement et rapidement que les symptômes salvateurs.

    "Laisse-moi te parler des pingouins, ces oiseaux patauds qui habitent par millions la déserte Antarctique. Quand les petits des pingouins sortent de leurs oeufs, leurs paretns doivent les laisser seuls pour aller chercher de la nourriture en mer. Ce qui pose un grave problème, parce que les petits pingouins sont recouverts d'un duvet si léger qu'il ne suffirait pas à les maintenir en vie dans les températures extrêmement froides du pôle Sud. Alors les petits pingouins restent regroupés sur leurs îlots de glace, des milliers de pingouins qui viennent de naître serrés les uns contre les autres pour se tenir chaud. Mais pour que ceux qui se trouvent à l'extérieur du groupe ne gèlent pas, les petis pingouins tournent sans arrêt si bien qu'aucun n'est exposé aux intempéries plus de quelques secondes. (...) C'est une générosité dictée par la mémoire génétique, par la sagesse brute des cellules. Ce que je veux te dire à travers cet exemple, Lucia, c'est que ce que nous appelons le Bien est déjà présent au coeur même des choses, chez les animaux irrationnels, dans la matière aveugle. le monde n'est pas simplement fureur, violence et chaos, mais il est aussi ces pingouins ordonnés et fraternels." (p. 422)


    "La vie est beaucoup plus grande que nos peurs. Et nous sommes même capables de supporter beaucoup plus que nous le souhaiterions. Alors, reste calme." (p.423)

    Un très beau roman à savourer...

    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-la-fille-du-cannibale-de-r..
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  • Par keisha, le 18 décembre 2010

    keisha
    Début de la quatrième de couverture:
    "Si votre mari va aux toilettes dans un aéroport et disparaît, si ensuite vous recevez une demande de rançon venant d'une organisation terroriste et que vous êtes l'auteur d'une série de livres pour enfants dont le héros est Belinda la cocotte, que faire? Pleurer d'abord puis décider de comprendre ce qui vous arrive. Et si la chance veut que vous rencontriez vos voisins de palier dont l"un se révèle être un vieil anarchiste octogénaire, ancien torero, compagnon de Durruti, dont les récits de la guerre d'Espagne vont fournir la toile de fond de vos soirées, et l'autre un garçon de 20 ans naïf et terriblement attirant, vous découvrez comme Lucia que vous ne tenez finalement pas tant que ça à ce mari disparu et qu'il est temps de donner un sens à votre vie."

    Lucia, la quarantaine, sans enfants, Félix dont la vie bien remplie a forgé une philosophie de l'existence, et Adrian qui rêve de devinettes, voilà le trio à la recherche de Ramon, le mari enlevé. La rançon remise après des péripéties tragi-comiques, Ramon n'est toujours pas libéré, et leur enquête les mènera à rencontrer des personnages parfois inquiétants. Jusqu'à la fin, où chacun trouvera une place, et Lucia aura mûri et aura réglé des comptes avec elle-même.

    Après l'éblouissant Instructions pour sauver le monde, lire un autre roman de Rosa Montero paraissait une évidence. Ne connaissant pas vraiment les événements historiques auxquels Félix se réfère, j'ai apprécié qu'ils n'interviennent finalement pas trop fréquemment, même si l'auteur sait de toute façon nous emporter dans une narration tendue, en plongée dans la tête de ses personnages. L'enquête du trio chemine plaisamment, de découvertes de plus de mensonges que de vérités.

    Rosa Montero a l'art des "arrêts sur images", des réflexions qui émaillent le récit, permettant de connaître ses personnages et de laisser le lecteur s'interroger sur ses propres réactions. Des moments magiques où on sent son coeur s'élargir, ses pensées s'élever, le bonheur et l'apaisement pénétrer sont particulièrement présents lors des magnifiques derniers chapitres, avec une Lucia heureuse et apaisée, ayant passé sa "deuxième puberté autour de la quarantaine", reconnu que ses parents sont des personnes indépendantes, réconciliée "avec la vie, et même l'obscurité de la vie."

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-la-fille-du-cann..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lalivrophile, le 17 novembre 2011

    Lalivrophile
    Ce livre est très riche, mais pas pour son histoire. L'histoire est banale, et cette banalité la rend secondaire. le lecteur résout assez vite cette histoire d'enlèvement. Ce qui compte, c'est la psychologie des personnages, les réflexions pertinentes de Lucia, le fait qu'elle sorte différente de cette aventure.
    Lucia interrompt parfois le récit de son présent pour expliquer sa vision à propos de certaines choses. Ce qu'elle dit me semble frappé au coin du bon sens.
    Les disputes de Félix et d'Adrian sont également des moyens pour l'auteur d'exprimer des idées, de confronter des opinions. Personnellement, je partage plutôt l'opinion de Félix en ce qui concerne les croyances humaines.
    Il y a certains passages détendants: les devinettes d'Adrian, les moments où Lucia se compare à Rosa Montero, le passage où la chinoise vient parler à Lucia (à écouter, c'est encore plus drôle), la rencontre impromptue des parents de Lucia chez cette dernière, Félix prenant l'avantage sur les assaillants et faisant enfermer l'un par l'autre dans le placard, les fois où on confond Lucia avec sa rivale. Cette situation est à la fois drôle et assez triste, d'ailleurs, Lucia ayant inventé un personnage qu'elle n'aime pas, faisant donc mal son travail, et par conséquent n'étant pas reconnue pour cela.
    [...]
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    Lien : http://www.lalivrophile.net/la-fille-du-cannibale-de-rosa-montero
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par sandrine57, le 11 décembre 2010

    sandrine57
    Bof bof je n'ai pas été convaincue par ce roman...Il y a de longs propos inintéressants sur le Bien et le Mal, la Justice et son contraire,etc. Seules quelques réflexions sur le couple et la vieillesse sont très justes et m'ont même fait sourire. A part ça, Lucia anxieuse, coincée et pleutre n'est pas un personnage très attachant et Adrian n'a pas une personnalité marquante. le seul a tiré son épingle du jeu est Félix. L'histoire de sa vie à la fois épique et bouleversante m'a beaucoup touchée et j'attendais avec impatience les passages où il faisait ses confidences.
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