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Bertille Hausberg (Traducteur)
ISBN : 2864245078
Éditeur : Métailié (03/09/2004)

Note moyenne : 4.39/5 (sur 14 notes)
Résumé :

"L imagination est la folle du logis. " Sainte Thérèse d'Avila. Rosa Montero invite le lecteur à un voyage entre vérité et fiction sous la houlette de la folle du logis, sur des chemins pleins de surprises, mêlant allégrement la littérature et la vie en un cocktail excitant de biographies d'écrivains et d'autobiographie vraie ou fausse. A travers un panorama des folies et des faiblesses d'auteurs comme Melville... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
11 janvier 2017
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Ce livre n'est pas un roman. Il est à la fois un récit autobiographique (mais pas forcément authentique) et un essai (mais bien loin d'une lourde démonstration scientifique) sur la littérature, l'écriture et l'imagination, cette « folle du logis », comme l'avait baptisée Sainte Thérèse d'Avila.
Rosa Montero nous embarque dans un texte jubilatoire et nous parle de la création littéraire, de sa raison d'être, du métier de romancier, des doutes et des peurs de celui-ci, au nombre desquels l'angoisse de ne pas être reconnu (par le public, les autres romanciers, la critique, séparément ou tous en même temps) fait figure de torture ultime. Ecrire contre le temps et la folie, pour apprendre et trouver du sens, dans la réalité ou la fiction, ou sur l'infime frontière entre les deux, écrire à partir de son imagination, qui se manifeste parfois à travers les rêves, ou à partir de la mémoire qui n'est pas toujours (consciemment ou non) fiable. Ecrire en toute indépendance vis-à-vis des critiques, du marketing, du pouvoir, ou s'y asservir. Ecrire pour vivre plusieurs vies, et finalement, pour ne pas mourir.
Dressant de-ci de-là de brefs portraits de quelques-uns de ses écrivains préférés, l'auteure ne se prive pas de dénoncer les attitudes peu honorables de certains autres, et nous livre des souvenirs de sa propre enfance et de sa vie amoureuse enflammée (mais rappelez-vous, la folle du logis à l'oeuvre dans la mémoire de Rosa Montero pourrait bien vous mystifier...)
Dans un style clair et fluide et avec un franc-parler jouissif, Rosa Montero fait un éloge passionné et passionnant de l'écriture et de l'imagination. A la fois instructif et amusant, ce texte enlevé et très personnel est un plaisir de lecture bien réel !
Lien : https://voyagesaufildespages..
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nathalia1307
15 avril 2014
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"L'Imagination est la folle du logis", est empruntée à Sainte Thérèse d'Avila. Rosa Montero lui reprend cette image pour évoquer l'imaginaire comme la possibilité de l'écrivain à explorer, inventer tous les mondes possibles et impossibles. L'imagination à l'origine de tout processus d'écriture, Sujet qu'elle développe et élargit, pour entrainer son lecteur dans l'univers des livres, de l'écriture, des auteurs et parfois de leur folie (elle a d'ailleurs une manière plutot délicate et posée d'aborder le sujet, elle évite de faire de la folie, une peur indicible).

Rosa Montero réussit à enchevêtrer l'essai et la fiction (ce que je croyais être au départ un roman ne l'est pas) sans perdre son lecteur, je dirais même avec une vision assez claire sur le processus de l'écriture, même si le processus créatif reste propre à chaque écrivain.

Qu'est ce qui pousse un lecteur insatiable à l'écriture? Pour Rudyard Kipling, c'est son daemon, son démon.
Rosa Montero cite Julio Ramon Ribeyro "Nous avons tous en réserve un livre, peut être même un grand livre mais dans le tumulte de notre vie intérieure, il émerge rarement ou si rapidemment que nous n'avons pas le temps de le harponner. "

Je ne suis pas auteure et n'ambitionne pas de le devenir, j'aime juste beaucoup lire et le processus d'écriture m'interesse tout autant, et en cela j'ai apprécié le point de vue de Rosa Montero. Rien n'est plus subjectif que la lecture d'un roman (les lecteurs sont multiples), et le cheminement pour l'écrire (l'auteur est unique) demeure pour moi un mystère, parfois des connexions s'établissent, et je suis d'accord avec l'idée que l'imagination y est pour beaucoup.

Rosa Montero apporte quelques réponses clés, elle n'impose pas de schéma universel, voire même donnent l'impression que ses réponses sortent de chaque livre qu'elle a pu lire Une liste de livres se déroulent, s'annonçant comme une irrésistible invitation impossible à décliner... (allongement de votre liste de livres prévisible), dont Kemperer en ce qui me concerne. Je me suis retrouvée vite impliquée dans cette lecture, sans pour autant être complice de cette auteure.

Il est aisé pour le lecteur passionné, de trouver des tas de points d'ancrage, grâce à des lectures communes, pour moi ce fut Carson Mc Cullers, Tolstoi, Voltaire, Truman Capote, JM Barrie ou sur l'originalité des sujets qu'elle évoque : la présence des nains dans ces romans par exemple, là aussi j'ai pensé "elle voit des nains partout" , pas étonnant pour une madrilène, elle m'a rappelé Velasquez et ses portraits de cour avec un certain amusement, et portant sa justification est tout autre.

Les différents portraits d'écrivains, qu'elle présente sont très succincts mais servent son argumentaire sur l'imaginaire qui peut mèner l'écrivain jusqu'à l'excès, à la folie. Franchement, Devenir écrivain, un métier à risques certains l'ont payé de leur vie à l'époque Rimbaud et Robert Walser, sans compter les echecs et les infortunes comme ceux de Melville et Truman Capote, dont elle met la déontologie à rude épreuve tout en lui reconnaissant un talent immense pour de Sang froid. Là aussi, je me retrouve dans l'idée qu'un auteur n'écrit pas pour ses lecteurs, il est habité par la force de son daemon, comme Stevenson et son brillant Dr Jekyll et Mr Hyde.

Elle évoque la condition éphèmère de l'écrivain et ces auteurs d'un autre temps, tombés dans l'oubli. Elle cite George Elliot, comme la romancière à lire (avis partagé par Edmund White dans City Boys).
"La merveilleuse George ELIOT, à mon avis une des plus grandes romancières de l'histoire est pratiquement inconnue dans les pays hispanophobes et, dans le monde anglo saxon ou elle est considerée comme un classique des manuels scolaires, personne ne la lit. Et elle a encore la chance:en fin de compte elle est entrée au panthéon littéraire officiel de la langue officielle de la planète. le cas de ces milliers de romanciers et de romancières dont la vie et les oeuvres ont été totalement éffacées de la surface de la terre et dont nous ignorons les noms est encore pire et encore plus répandu."

Rosa Montero a cette liberté d'expression, qui vous donne l'impression, que vous êtes quelque part dans Madrid, une belle place ensoleillée, elle partage avec vous en terrasse quelques tapas et vous dévoile ce qui se cache derrière les lignes des grands romans, sur le sujet elle invente peu, elle partage ce qu'elle a lu; puis comme dans une conversation entre vous et elle, elle digresse, et hop la voilà qui aborde ses histoires amoureuses avec M, son enfance .
Et là, Qui est ce fameux M??? La lecture bascule, Vérité ou fiction elle laisse un peu le choix, les deux valent la peine mais trois fois la même version de la même histoire, racontée différemment, elle tient la route et les détails comptent.

Quant à moi et à mon imagination débordante, nous allons bien mieux cohabiter après cette lecture.
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a_girl_from_earth
30 décembre 2012
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Voici un livre pour tous les amoureux des livres, pour ceux que les coulisses de la création littéraire intriguent, et pour ma part, j'y ai vu un hommage aux écrivains, à la littérature, à l'écriture, à tout ce qui se rapporte au processus littéraire.

J'ai trouvé ce livre passionnant car à travers la vie et le témoignage de divers écrivains - entre autres, Italo Calvino, Truman Capote, Tolstoï (aah j'ai aimé voir que l'auteure, Rosa Montero, n'en disait pas du bien ), Nabokov, Raimbaut, Rilke, des écrivains espagnols et latino-américains - des oeuvres tel que Les Mille et une nuits,et bien d'autres exemples et anecdotes littéraires, dont certaines reposent sur sa propre expérience, Rosa Montero questionne, tente de répondre et illustre ce qui fait les livres, le pourquoi et le comment derrière l'écriture, ce qu'est le cauchemar mais aussi la passion de tout écrivain, i.e., la création littéraire, celle qui fait appel à l'imagination, cette "folle du logis" que "nos cura, nos sana, nos hace ser mejores y mas felices" (qui nous guérit, nous rend meilleurs et plus heureux), et nous permet même de vaincre la mort (exemple à l'appui avec le cas "Shéhérazade").

Un texte passionnant et instructif au style claire, limpide, accessible et agréable, sa lecture m'a donné envie de me plonger dans plusieurs des oeuvres des écrivains cités, dont George Eliot pour qui Rosa Montero semble vouer une grande admiration.


Ce livre dévoile presque les ficelles des magiciens des histoires, leurs difficultés, leurs motivations, ce que l'écriture leur apporte, leurs angoisses, leur fragilité, leur humanité, leur perfidie parfois, leurs dilemmes, leurs attentes, leur orgueil, tout cela placé dans le contexte de leur époque et de l'Histoire, tout cela suivant leur personnalité aussi. J'ai trouvé cet exposé captivant, riche et savoureux. Il m'a permis de comprendre beaucoup de choses concernant la psychologie de l'écrivain, bien qu'on ne découvre rien de bien neuf vraiment à ce sujet.

C'est une ode à la folie, à la passion, à ce qui nous fait vibrer et enrichit nos vies. Rosa Montero parle des livres mais aussi de la vie, de cette frontière fine entre la fiction et la réalité, l'imaginaire et le réel, et qui nous touche tous, écrivains ou non. Passionnant vraiment !

J'ai aimé aussi son éclairage personnel sur différents sujets autour de la littérature, notamment concernant la question de la littérature féminine, sujet qui l'exaspère profondément, ou encore sa réponse à la question : les écrivains préfèrent-ils lire ou écrire ?


Et tout en discourant ainsi, l'auteure s'amuse elle aussi, laissant parfois la main à la folle du logis pour intervenir dans ce qui était censé être un essai, et qui se transforme parfois en fiction, comme si l'imagination était plus forte que tout !
J'ai beaucoup aimé ce côté inattendu dans ce livre, et j'y ai apprécié aussi ses positions affirmées, son franc-parler, sa non langue de bois sur certains auteurs et certains de leurs actes, et le fait qu'elle assume ses points de vue sur la littérature. On peut ne pas être d'accord sur certains points. C'est une vision très personnelle des choses et des faits qu'elle assume.
Lien : http://lecture-sans-frontier..
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keisha
02 juin 2011
Les romans de Rosa Montero font la part belle à l'imagination, "la folle du logis" d'après sainte Thérèse d'Avila, mais cet essai éblouissant et limpide n'est pas en reste.

"Toute biographie est fiction et toute fiction est autobiographique" (Barthes), nous rappelle-t'elle dans une pirouette finale, après avoir bien promené son lecteur en lui contant ses amours passionnantes et vraisemblables avec M., à trois reprises, sur le même canevas.Mais différentes quand même...

Développant ses interrogations et opinions sur écriture et littérature au fil d'anecdotes personnelles (imaginées?) ou à propos d'auteurs tels Melville, Goethe, Tolstoï, Capote, Calvino, Voltaire, Zola, ..., elle n'oublie pas non plus la lecture et les lecteurs.

"Je ne connais pas un romancier qui ne soit affligé du vice insatiable de la lecture."(...) Pour apprendre à écrire, il faut lire beaucoup."(...) Car enfin, comment peut-on vivre sans lecture?"
" Lire, c'est vivre une autre vie."
" Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas comme un coup de poing sur le crâne, alors pourquoi le lisons-nous?"(Kafka)

Il me semble préférable de ne plus chercher à parler de ce livre admirable. Tout serait à citer. Indispensable pour tout lecteur et incontournable pour tout auteur (ou futur auteur, je ne donne pas de noms, mais j'en ai en tête, elles se reconnaîtront)

"Il y a des jours où on se sent si inspiré, si débordant de mots et d'images qu'on écrit avec une sensation de légèreté totale, comme on survole l'horizon, surpris par ce qu'on vient d'écrire : 'Je savais ça? j'étais capable de rédiger ce paragraphe?' Il nous arrive parfois d'écrire très au-dessus de nos capacités, mieux que nous ne savons le faire. Alors, pour ne pas briser ce miracle, on ne veut pas quitter son siège, ni respirer ou battre des paupières, encore moins penser. Dans ces étranges transports de légèreté, écrire revient un peu à danser à la perfection une valse très difficile. Vous tournez et virez dans les bras de votre cavalier en enchaînant d'un pied ailé de jolis pas très compliqués; et la musique des mots résonne à vos oreilles et, autour de vous, le monde est un tintement de lustres de cristal, de candélabres d'argent, de soies chatoyantes et de souliers bien cirés, un tourbillon impérieux de fulgurances, et votre danse frôle la beauté parfaite, vous tournez et virevoltez sans rompre le rythme, c'est prodigieux, vous qui craignez tant de perdre la cadence, de marcher sur les pieds de votre partenaire, de vous montrer une fois de plus maladroite et humaine, vous réussissez à faire un nouveau pas puis un autre et peut-être un autre encore pendant que vous volez dans les bras de votre propre écriture."

Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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claraetlesmots
26 juin 2015
★★★★★
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Précipitez vous sur le livre si n'est pas encore fait ! Keisha m'en avait parlé à plusieurs reprises et je la remercie d'avoir insisté car cet essai est brillant, bourré de réflexions et passionnant !
L'auteure nous parle d'écriture, d'écrivains, de l'imagination et cite Rimbaud, Truman Capote, Tolstoï, Stevenson et bien d'autres encore. Et par des exemples, elle nous raconte ce lien qu'ils entretiennent avec l'écriture, la notoriété pour certains et ce qu'il a pu en découler et comment ils travaillent. Au passage, elle remet les pendules à l'heure en éclairant la vie de certaines épouses d'écrivain notamment Mme Tolstoï, se rebiffe contre le fait que les livres n'ont pas le temps de vivre, décrie que le valeur d'un livre se mesure au nombre d'exemplaires vendus, et nous donne son opinion sur les écrivains dites féministes.
Et l'ensemble est fluide, très fluide, avec des exemples ou des contre-exemples car elle parle d'elle d'également.
Ah, malicieuse Rosa Montero qui nous raconte trois fois la même histoire : sa rencontre avec un acteur M. dans les années 70 et chaque fois, la version diffère. Et la folle du logis c'est-à-dire l'imagination selon Sainte Thérèse d'Avila? Rosa Montero lui rend hommage car elle est la source de l'écriture et elle omniprésente dans nos vies.
J'ai souri, j'ai noté plein de livres cités et j'ai tout aimé ! Passionnant, enrichissant, ce livre devenu hérisson m'a procurée des étincelles de plaisir et de bonheur car cet essai est complètement génial !

Lien : http://claraetlesmots.blogsp..
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Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
viou1108viou110801 janvier 2017
La rivalité entre frères [...] n'existe pas seulement en littérature, la relation fraternelle est, je crois, le premier endroit où se mesurer: pour être moi, je dois d'une certaine manière l'être contre mes frères; ils sont mes autres moi possibles, des miroirs angoissants dans lesquels je me contemple. Je me dis au passage que cette sorte d'émiettement de la personnalité, ce manque de structuration du moi dont semblent souffrir actuellement certains adolescents est peut-être dû, entre autres, au fait qu'aujourd'hui beaucoup sont des enfants uniques et donc privés du reflet de cet autre moi possible, assez différent cependant pour lui permettre d'exister.
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viou1108viou110811 janvier 2017
Je déteste la littérature utilitaire et militante, les romans féministes, écologistes, pacifistes et autres genres en iste; écrire pour faire passer un message trahit la fonction primordiale du roman, sa raison fondamentale, celle de la recherche du sens. On écrit pour apprendre, pour savoir, et on ne peut entreprendre ce voyage vers la connaissance si on emporte avec soi les réponses préalables.
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viou1108viou110801 janvier 2017
Il est vrai que des oeuvres atroces et d'une horrible facilité se vendent comme des petits pains en s'adressant à un public de lecteurs peu exigeants mais écrire un roman à la fois très mauvais et très populaire n'est pas à la portée du premier venu. Il faut pour cela avoir une certaine impudence ou être vraiment un peu simplet; il faut ne pas craindre de tricher, de flatter les bas instincts, et tout le monde ne sait pas le faire. J'ai l'impression que le bon écrivain ne peut que bien écrire, tout comme le mauvais n'est capable que d'écrire mal. Chacun écrit comme il peut car la littérature finit par devenir une fonction organique supplémentaire comme transpirer, par exemple, et on ne contrôle pas sa sueur: certains ruissellent au moindre effort tandis que d'autres restent parfaitement secs.
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SagnesSySagnesSy25 août 2015
Je pourrais dire aussi que j’écris pour supporter l’angoisse de la nuit. Dans l’agitation fébrile de l’insomnie, pendant qu’on se tourne et se retourne dans son lit, on a besoin de penser à quelque chose pour ne pas voir les menaces envahir les ténèbres. On pense alors à ses livres, au texte en cours de rédaction, aux personnages qui prennent forme au fond de soi. (…) C’est un état extraordinaire que celui de notre fragilité nocturne. Cela n’arrive pas toujours mais, parfois, après vous être mis au lit, la peur vous tombe dessus tel un prédateur. Alors, les dimensions des choses se disloquent; les petits ennuis de la journée grandissent comme des ombres expressionnistes pur atteindre une taille démesurée et oppressante. Dans son roman The Information, Martin Amis parlait de cette voix qui vous murmure la nuit que vous allez mourir, message inaudible le jour mais assourdissant dans votre demi-sommeil. Où est donc la vérité ? A quel moment est-on le plus proche de la réalité, dans les angoisses nocturnes ou dans la relative anesthésie des jours ? Il serait bon de se le demander.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel15 janvier 2012
On se trouve au seuil même de la création et des trames admirables, des romans immenses éclatent dans nos têtes, baleines grandioses qui ne laissent voir que l’éclair de leur dos mouillé ou plutôt des fragments de ce dos, des parcelles de cette baleine, des miettes de perfection laissant deviner l’insupportable beauté de l’animal tout entier ; mais ensuite, avant d’avoir pu faire un geste, avant d’avoir été capable de calculer son volume et sa forme, de comprendre le sens de son regard perçant, la bête prodigieuse plonge au fond de l’eau et le monde reste paisible et sourd et terriblement vide.
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