ISBN : 2266155598
Éditeur : Pocket (2005)


Note moyenne : 3.36/5 (sur 59 notes) Ajouter à mes livres
Melniboné, l'île aux Dragons, régnait jadis sur le monde. Désormais les Dragons dorment et Melniboné dépérit. Sur le trône de Rubis siège Elric, le prince albinos, dernier de sa race, nourri de drogues et d'élixirs qui le maintiennent tout juste en vie. La menace plane ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Melisende, le 21 septembre 2011

    Melisende
    Alors que je faisais un tour dans ma librairie d'occasion préférée il y a quelques semaines, je suis tombée sur plusieurs tomes d'Elric à 1€ pièce. J'ai hésité mais, tous les bons échos que j'avais entendus me sont revenus en tête et puis, un héros aux cheveux blancs, c'est le genre de choses qui me parlent…
    Peut-être en attendais-je trop, peut-être n'était-ce pas le bon moment pour moi de faire cette découverte, mais force est de constater que j'ai été déçue et qu'en plus, quinze jours après ma lecture, je n'ai plus aucun souvenir de celle-ci ! Les tomes suivants sont d'ores et déjà dans ma PAL, peut-être me feront-ils changer d'avis…
    Elric est le prince de Menilboné, empire autrefois très puissant. Mais le jeune homme albinos, dernier représentant de la race des Dragons, ne subsiste que grâce à la prise quotidienne de drogues. Son apparente fragilité nourrit les complots et l'antipathie, notamment de la part de son cousin Yyrkoon qui cherche à le détrôner par tous les moyens. Celui-ci, puissant sorcier, tente d'assassiner Elric avant de s'enfuir en enlevant sa sœur Cymoril, la bien-aimée de l'albinos.
    J'avais vraiment hâte de me plonger dans ce classique de la fantasy et de découvrir enfin l'univers de Moorcock. le monde mis en place (l'île de Menilboné, les Dragons, les Démons,…) semble intéressant - bien que classique - mais est vraiment survolé dans ce premier tome. On apprend l'existence de quelques créatures (les Elémentaires par exemple), on découvre l'ampleur des pouvoirs des personnages, mais ça reste assez peu traité. Peut-être davantage par la suite ?
    Outre le nom célèbre de Moorcock, c'est surtout son personnage principal qui m'intriguait. Un héros albinos et apparemment faible et drogué, voilà qui me parlait. J'ai eu finalement beaucoup de mal à m'attacher à Elric, et je le regrette. Son côté antihéros marginal, seul au monde, avait tout pour me plaire, mais la sauce n'a malheureusement pas pris. de même avec les autres personnages, qu'il s'agisse de Cymoril ou de son frère, le traître Yyrkoon.
    Quant à l'intrigue principale, elle m'a laissée de marbre ; jamais je n'ai adhéré à la quête d'Elric. Je n'ai pas non plus vibré à la découverte de son histoire d'amour avec Cymoril, ni à sa rivalité avec son cousin. L'histoire, le contexte et les personnages, tout était là mais il a manqué l'ingrédient magique pour que ça fonctionne : l'émotion.
    De ce fait, je rapproche beaucoup cette lecture de La fille du roi des elfes de Lord Dunsany, grand classique du genre découvert il y a quelques années et qui m'avait alors déçue pour la même raison : le manque d'émotions. Dans les deux cas, je pense que le « problème » (enfin, ça n'engage que moi) vient du style, très distant, très impersonnel, trop froid. Cinquante ans (ou presque) séparent pourtant ces deux titres (1924 pour La fille du roi des elfes, 1972 pour Elric des Dragons), mais le constat est le même.
    Moorcock utilise, qui plus est, des figures de style proches de celles usitées en poésie. Malheureusement - et c'est très personnel - côté poésie, je suis très difficile et bien peu de poètes parviennent à me faire ressentir quelque chose alors quand il s'agit d'un texte en prose qui se veut poétique… J'ai trouvé certains passages ampoulés, un peu trop artificiels… « froids », c'est le terme qui les qualifie le mieux. Je suis une « vraie » fille, j'ai besoin du côté émotif (attention, j'ai pas dit « niais » !), j'ai envie de ressentir quelque chose quand je lis. Avec Elric : calme plat. Dommage, dommage !

    Lien : http://bazar-de-la-litterature.cowblog.fr/elric-tome-1-elric-des-dra..
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    • Livres 5.00/5
    Par Dude76, le 23 octobre 2010

    Dude76
    Le commencement de ce bouquin m'a rappelé - si je me souviens bien - les tragédies grecques dans la façon de présenter les différents protagonistes et dans la mise en place de la situation de départ (rapports des forces, tensions, envies, rancœurs).
    Toutefois, la forme diffère de nombreuses manières, comme avec les références / préambules aux Chroniques de l'Épée Noire.
    La trame, épique s'il en est, est longue et complexe, mais parvient à ne pas souffrir de lourdeur.
    L'histoire nous emmène loin dans la capacité de rêve et de représentation des acteurs/lieux, avec de très riches descriptions, mais là encore, bien que peu adepte des longues descriptions, j'ai été surpris de ne pas m'ennuyer, au contraire, celles-ci sont relativement précises pour aider à se concevoir sa propre image de l'épopée et des caractères sans devenir prépondérante ou par trop envahissante.
    Un tome qui demande avec force nécessité une suite.
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    • Livres 3.00/5
    Par Skarn-sha, le 15 février 2012

    Skarn-sha
    J'ai eu un peu de mal à accrocher à l'histoire car, si j'ai bien aimé le coté fragile du héros contrastant avec sa puissance en tant qu'empereur, les personnages tergiversent de nombreuses pages sur son incapacité à régner comme le veut la tradition, sa politique trop “humaine” et évidement sur sa faiblesse physique.
    La trame centrale est classique à souhait : le cousin d'Elric, Yyrkoon, est son parfait opposé et complote pour prendre sa place et devant son échec, enlève la bien-aimé d'Elric, la belle Cymoril.
    Évidement, Elric le poursuit à travers les mers jusqu'aux enfers pour la secourir.
    En cela, le livre est l'archétype du roman de fantasy.
    Cependant, Moorcock insuffle une petite touche de poésie et certainement beaucoup de lui-même dans les personnages comme il est dit dans la préface :
    "(...) dans ses premières aventures, Elric se déplaçait dans un univers assez semblable au mien. Pour moi, Elric c'était moi (tout au moins le moi des années 60). Nous avions en commun les mêmes caractéristiques troubles du traître et du trahi, un abasourdissement identique face à l'existence et le même désir de trouver des solutions ; car toutes ces formes d'incompréhension menant à la violence, au cynisme ou au désir de puissance, tout cela venait de moi."
    Ce premier livre jette les bases d'une tragédie, à l'instar des tragédies grecques, certainement plus profonde.
    En effet, pour retrouver son cousin, Elric se lie avec Arioch, maître des enfers et du chaos qui, en échange de sa future loyauté, lui prête main fortes.
    Seul bémol, je n'ai pas accroché aux autres personnages,à l'exemption du héros, pas suffisamment fouillés à mon goût. Leurs relations sont cousus de fil blanc et, dès les premières pages, on devine la relation amoureuse avec Cymoril et la rivalité avec Yyrkoon.
    L'écriture est fluide bien qu'un peu trop ampoulé, comme si de multiples réécriture avaient fait disparaitre un peu de la chaleur du phrasé au profit de la forme.
    Sans être un summum du genre, ce premier opus du cycle d'Elric fut une bonne découverte et mérite d'être lu.
    Je poursuivais donc la lecture du cycle d'Elric avec le second tome La forteresse de la perle.

    Lien : http://lombredeskarnsha.blogspot.com/2012/02/elric-tome-1-elric-des-..
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    • Livres 3.00/5
    Par Chiwi, le 05 janvier 2012

    Chiwi
    Elric est l'empereur de Menilboné, un royaume qui a régné sur le monde mais qui a fini par se replier sur lui-même. Il doit faire face à des tentatives de pillage de la part d'autres royaumes et à l'avidité de son cousin Yrkoon.
    Ce premier volet du cycle d'Elric m'a assez plu. le personnage d'Elric est singulier pour être intéressant. Albinos et ayant besoin de drogues pour survivre il n'a pas les caractéristiques pour faire un héros. Il est plus ou moins dominé par Stormbringer, son épée maudite qui boit les âmes et qui lui permet de se passer de ses drogues.
    Le rythme est enlevé, les séquences de bagarres sont assez fréquentes tout comme les trahisons et les rebondissements.
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    • Livres 4.00/5
    Par wilhelmina, le 07 août 2010

    wilhelmina
    Je retourne auprès d'Elric avec ce premier tome du cycle qui a, en réalité, été écrit après le cycle principal constitué de nouvelles. Les premières sont rassemblées dans le tome 4, "Elric le Nécromancien", selon Pocket.
    Bon je sais c'est compliqué ! =$ [...]

    Lien : http://les-lectures-de-mina.over-blog.com/article-cycle-d-elric-tome..
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Critiques presse (1)


  • SciFiUniverse , le 14 juin 2011
    Elric des Dragons est le livre à l'origine de la légende d'Elric, débutée en 1961. Il pose les bases du dilemme qui torturera toute sa vie le prince Albinos: son hésitation à servir le Chaos ou la Loi.
    Lire la critique sur le site : SciFiUniverse

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Citations et extraits

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  • Par Dude76, le 24 octobre 2010

    Les deux épées runiques s'abaissèrent.
    Stormbringer se dirigea vers la main droite d'Elric, Mournbalde vers la main droite d'Yyrkoon.
    Les deux hommes se tenaient face à face. Chacun observa son adversaire, puis son épée.
    Les lames chantaient, d'une voix faible mais distince. Elrc souleva la gigantesque épée sans aucune peine et la retourna d'un côté et de l'autre pour admirer sa beauté.
    - Stormbringer, dit-il.
    Puis l'angoisse s'empara de lui.
    Il eut cette angoissante impression de renaître, de renaître avec cette épée runique, cette impression de l'avoir toujours portée.
    - Stormbringer ! hurla Elric en bondissant à la rencontre de son cousin. Stormbringer !
    Et toujours cette angoisse, cette angoisse qui ne voulait pas le quitter ! Mais elle devint bientôt cette impulsion violente, ce besoin féroce de se battre et de tuer son cousin, de plonger sa lame dans le cœur d'Yyrkoon. Un besoin de vengeance, de sang, de mort.
    - Mournblade !
    C'était Yyrkoon qui venait de crier, dominant le murmure des épées et les palpitations de la caverne.
    Mournablade para le coup de Stormbringer et riposta. Elric s'effaça, virevolta et tint Yyrkoon et Mournblade en respect pendant quelques instants. Nouvelles passes de part et d'autre. Les deux hommes et leurs épées étaient de même force. Les lames semblaient accomplir leur propre volonté, mais elles ne faisaient en fait qu'accomplir la volonté de ceux qui les maniaient.
    Le cliquetis des armes devint bientôt un chant aux féroces accents métalliques entonné par les épées. Un chant plein de gaieté, comme si elles avaient été heureuses de croiser le fer de nouveau, bien que cet engagement dût les mettre face à face.
    Elric ne voyait du Prince Yyrkoon que son visage sombre et féroce lorsqu'une lueur venait à l'éclairer. Il concentrait toute son attention sur les deux épées noires. L'enjeu de ce combat semblait être la vie d'un des deux hommes - peut-être même des deux. La rivalité entre Elric et Yyrkoon ne pouvait se comparer à la rivalité fraternelle entre les deux épées, qui semblaient même prendre un certain plaisir à rivaliser après tant de méillénaires.
    Lorsque Elric le remarqua, toujours combattant - mais maintenant il se battait pour sauver son âme et sa vie -, sa haine implacable pour Yyrkoon s'affaiblit.
    Il était toujours décidé à tuer son cousin, mais pas pour le plaisir d'un autre, pas pour le divertissement de ces épées.
    Mournblade visa les yeux d'Elric, mais Stormbringer para le coup une fois de plus.
    Elric ne se battait plus contre son cousin. Il se battait contre les épées, contre leur volonté.
    Stormbringer pointa la gorge d'Yyrkoon. Mais Elric la rattrapa, sauvant ainsi la vie à son cousin. L'épée gémit alors - un gémissement presque plaintif - tout comme un chien à qui son maître interdit de mordre l'intrus.
    Elric dit alors entre ses dents :
    - Tu ne feras pas de moi ton pantin, épée runique ! Entendons-nous bien là-dessus, si nous devrons œuvrer ensemble.
    L'épée sembla hésiter et relâcha son attention. Elric eut quelque peine à parer l'attaque de Mournblade, qui semblait avoir remarqué l'occasion à saisir.
    Elric sentit un courant d'énergie envahir son bras droit et se propager dans son corps tout entier. L'épée venait d'user de son pouvoir. Dès lors Elric n'avait plus besoin de drogues et ne devait plus sentir ses forces l'abandonner. En temps de guerre, il allait triompher, en temps de paix régner en Empereur orgueilleux. Il allait pouvoir voyager seul en toute sécurité. Tout cela, c'était l'épée elle-même qui semblait le lui rappeler, alors qu'elle ripostait à l'attaque de Mournblade.
    Et l'épée, que devait-elle recevoir en retour ?
    Elric alors l'apprit ; c'est elle qui le lui dit sans même avoir besoin de parler. Stormbringer avait besoin de se battre, c'était sa raison de vivre. elle avait besoin de tuer, c'était son souffle de vie. Elle avait besoin de la vie et de l'âme des hommes, des démons et même des dieux.
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  • Par Dude76, le 19 octobre 2010

    Il regardait autour de lui. Son armée l'escortait. À sa tête se trouvaient Magum Colim et Dyvim Tvar. La foule bordait les rues tortueuses et faisait force révérences. Les esclaves se prosternaient devant lui. Même les bêtes de somme se mettaient à genoux sur son passage. Yyrkoon goûtait le pouvoir comme l'on goûte un fruit fondant. Il aspirait de grandes bouffées d'air. Même l'air état à lui. Tout Imrryr était à lui. Tout Melniboné. Bientôt le monde entier serait à lui. Et il dilapiderait toutes les richesses du monde. Il allait de nouveau faire régner la terreur, du nord au sud et du sud au nord.
    Dans une passion extatique, presque aveugle, l'Empereur Yyrkoon pénétra dans la tour. Il marqua une pause devant les grandes portes de la Salle du Trône.Il fit signe à ses serviteurs d'ouvrir les portes pour jouir du spectacle qui allait se dérouler devant ses yeux. Les murs, les bannières, les trophées, les galeries, tout cela était à lui. La Salle du Trône était vide, mais elle serait bientôt pleine de couleurs, de cérémonies et de divertissements dignes de Melniboné. Il y avait bine longtemps que l'odeur du sang n'avait pas empli l'atmosphère de cette salle. Puis son regard se mit à gravir lentement les degrés du Trône de Rubis ; mais avant de parvenir au sommet, il entendit Dyvim Tvar suffoquer derrière lui. Il regarda alors vers le Trône de Rubis et frémit. Il n'en croyait pas ses yeux.
    - Illusion !
    - Apparition ! dit Dyvim Tvar avec une certaine satisfaction.
    - Hérésie ! hurla l'Empereir Yyrkoon qui s'avança alors d'un pas mal assuré, désignant du doigt la silhouette drapée d'une cape et coiffée d'un capuchon, tranquillement assise sur le Trône de Rubis. C'est à moi ! À moi !
    La silhouette resta muette.
    - C'est à moi. Va-t'en ! Le trône appartient à Yyrkoon. Yyrkoon est l'Empereur maintenant ! Qui es-tu ? Pourquoi viens-tu me tourmenter ?
    Le capuchon se rabattit, découvrant un visage d'une pâleur cadavérique. Des yeux pourpres regardaient sereinement la chose hurlante, titubante qui se rapprochait d'eux.
    - Tu es mort, Elric ! Je sais que tu es mort !
    L'apparition ne répondit toujours pas, mais un léger sourire se dessina sur ses lèvres blanches.
    - Tu n'as pas pu survivre. Tu t'es noyé. Tu ne peux pas revenir. Pyaray s'est emparé de ton âme.
    - Il y a d'autres Seigneurs qui règnent sur la mer, dit la silhouette assise sur le Trône de Rubis. Pourquoi m'as-tu tué, mon cousin ?
    À la perfidie d'Yyrkoon succédèrent la terreur et la confusion.
    - Parce que c'est mon droit de gouverner ! Parce que tu n'étais pas assez fort, pas assez cruel, pas assez cynique ! ...
    - N'est-ce pas là une bonne plaisanterie, mon cousin ?
    - Va-t'en ! Va-t'en ! Va-t'en ! Cen'est pas un spectre qui va prendre ma place ! Un Empereur défunt ne peut gouverner Melniboné !
    - C'est ce que nous verrons, dit Elric en faisant un signe à Dyvim Tvar et ses soldats.
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  • Par Dude76, le 19 octobre 2010

    Yyrkoon redressa la tête et regarda la cour. Il avait l'air attendrissant d'un enfant perdu ; la haine et la colère s'étaient effacées de son visage. Elric sentit naître en lui un sentiment de pitié pour son cousin. Mais, cette fois-ci, il réprima ce sentiment.
    - Tu devrais me savoir gré de t'avoir légué le pouvoir quelques heures, de t'avoir laissé jouir de ce sentiment de domination face au peuple malnibonéen.
    C'est d'une voix timide et intriguée à la fois qu'Yyrkoon demanda à Elric :
    - Comment as-tu échappé à la mort ? tu n'avais ni le temps ni la force de prononcer une incantation. Tu pouvais à peine te mouvoir et ton armure a dû t'entraîner au plus profond de la mer. Tu aurais dû te noyer. Je ne comprends pas, Elric. Tu aurais dû te noyer.
    Elric haussa les épaules.
    - J'ai au sein de la Mer des amis qui reconnaissent mon sans royal et mon droit de gouverner, si toi tu ne le fais pas.
    Yyrkoon essaya de dissimuler sa stupéfaction. À sa haine pour Elric venait maintenant de s'ajouter, de façon singulière, le respect.
    - Des amis ?
    - Oui, dit Elric, avec un léger sourire.
    - Je croyais que tu avais fait vœu de ne pas user de ton pouvoir de sorcellerie.
    - Mais tu croyais qu'un tel vœu convenait mal à un monarque melnibonéen, n'est-ce pas ? Je suis d'accord avec toi. Vois-tu, Yyrkoon, tu as finalement remporté une victoire.
    Yyrkoon regardait fixement Elric, comme pour essayer de découvrir ce qui se cachait derrière ces paroles.
    - Tu vas faire revenir les Seigneurs du Chaos ?
    - Aucun sorcier, aussi puissant soit-il, ne peut invoquer les Seigneurs du Chaos, ou, pour la circonstance présente, les Seigneurs de la Loi, s'ils ne veulent pas entendre celui qui les invoque. Cela, tu le sais, Yyrkoon. N'as-tu pas essayé toi-même ? Et Arioch ne s'est pas manifesté, n'est-ce pas ? T'a-t-il fait don de ce que tu désirais, c'est-à-dire les deux Épées Noires ?
    - Tu sais cela ?
    - Je ne le savais pas. Je l'ai deviné. Mais maintenant, je le sais.
    Yyrkoon essaya de parler, mais le courroux le rendait muet ; il ne put qu'émettre un faible grognement. Les soldats s'emparèrent de lui ; il se débattit, mais dut bientôt renoncer à la lutte.
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  • Par Dude76, le 19 octobre 2010

    Le Docteur Jest s'en retourna a ses occupations. Allongeant son bras gauche, il saisit alors adroitement les parties génitales de l'un des prisonniers . Il y eut un éclair du scalpel, puis un gémissement.Le Docteur Jest jeta ensuite quelque chose dans le feu. Elric était assis dans le fauteuil qui lui était réservé. Ce rite, qui accompagnait inéluctablement les interrogatoires, l'ennuyait plus qu'il ne le dégoûtait. Les cris déchirants, le cliquetis des chaînes, les sourds murmures du Docteur Jest, tout venait de détruire cette sensation de bien-être qui était sienne lorsqu'il avait pénétré dans la caverne.
    Mais cela faisait partie de son métier de roi d'assister à de semblables cérémonies pour recueillir de précieux renseignements, et féliciter ensuite son Inquisiteur. Il devait aussi élaborer un plan de contre-attaque, conférer avec ses amiraux et généraux, toute la nuit durant probablement, pour décider des plans à adopter et des mesures à prendre concernant la capture des hommes et des vaisseaux. Avec un bâillement d'ennui à peine étouffé, il s'enfonça dans son fauteuil pour jouir du spectacle du Docteur Jest en train d'opérer sur les corps avec ses doigts, son scalpel, sa pointe, ses pinces et ses tenailles. Ses pensées allèrent vers d'autres problèmes, à ces problèmes philosophiques qu'il n'avait pas encore résolu.
    Non qu'Elric fût un barbare; mais il était un Melnibonéen. Il était depuis l'enfance accoutumé à de tels spectacles. Même s'il l'avait désiré, il n'aurait pas pu libérer les prisonniers sans enfreindre les traditions de l'Ile aux dragons. Et il eût alors été inutile, voire dangereux, de mettre en œuvre une stratégie quelconque, aussi astucieuse fût-elle. Il avait ainsi pris l'habitude de faire abstraction de tout sentiment qui ne fût pas compatible avec ses devoirs d'Empereur. S'il avait eu une raison de libérer les quatre prisonniers, qui se tordaient maintenant de douleur pour le plus grand plaisir du Docteur Jest, il l'eût fait.
    Mais il n'avait aucune raison de le faire ; de plus, ceux-ci auraient été surpris de se voir appliquer un autre traitement. Lorsqu'il avait à prendre une décision d'ordre moral, Elric faisait preuve d'un esprit très pratique. Cette décision, il la prenait en fonction de l'action à entreprendre. Ici, il n'y en avait aucune. Ces tractations avec sa conscience étaient devenues chez lui une seconde nature. Il ne désirait pas agir au nom de Melniboné, mais en son propre nom ; Il ne désirait pas entreprendre une action mais connaître la meilleur façon de répliquer aux actions des autres. Un espion était un agresseur : contre l'agresseur on se défend du mieux que l'on peut. Et les méthodes du Docteur Jest étaient les meilleures.
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  • Par Dude76, le 24 octobre 2010

    Arioch s'appuya contre cette porte. Il avait de nouveau l'apparence d'un beau jeune homme. Il souriait d'un sourire ouvert et amical, seuls ses yeux de vieillard trahissaient son page.
    - Il est l'heure pour toi d'aller chercher les épées noires, Elric, dit Arioch, de crainte qu'Yyrkoon ne les trouve avant toi. Je te préviens : avec ces épées runiques, il sera assez puissant pour détruire la moitié du monde. Et c'est pour cela que ton cousin affronte en ce moment les dangers du royaume qui se trouve au-delà de la Porte des Ténèbres. S'il s'empare de ces épées avant toi, cela signifiera la fin, pour toi, Cymoril, les Jeunes Royaumes et probablement aussi la chute de Melniboné. Je t'aiderai à trouver les deux épées runiques dans les enfers.
    Elric dit alors d'un air songeur:
    - On m'a souvent conseillé de ne pas m'aventurer à la recherche de ces épées ; on m'a dit également qu'il était dangereux de les posséder. Je crois qu'il me faut élaborer un autre plan, mon Seigneur Arioch.
    - Il n'y a pas d'autre solution. Si ce n'est pas toi, c'est Yyrkoon qui les aura. Avec Mournblade dans une main et Stormbringer dans l'autre, il sera invincible, car elles confèrent un grand pouvoir à celui qui les possède, un pouvoir immense. (Arioch se tut) Tu dois faire ce que je te dis. Tu as tout à gagner.
    - Et vous aussi, Seigneur Arioch ?
    - Oui, moi aussi. Je ne suis pas tout à fait désintéressé.
    Elric hocha la tête.
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1001libraires.com - Hypermonde - juin 2011
Attention, une émission exceptionnelle, où Sylvie Lartigue reçoit le grand Michael Moorcock en personne et son disciple français Fabrice Colin, à l'occasion de la sortie d'Elric, les buveurs d'âme, livre écrit à quatre mains et deux épées.








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