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Elisabeth Gille (Traducteur)
ISBN : 2070315568
Éditeur : Gallimard (2004)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Dans un million d'années, presque à la fin des temps, l'univers est magique, baroque, somptueusement décadent. Pour les derniers hommes, immortels, tout n'est que jeu. Jeux sexuels qu'aucun tabou ne limite, jeux morbides où la mort n'est jamais définitive. On change la face de la Terre, on joue avec les éléments, avec le temps, on incendie des continents entiers pour la beauté du spectacle. Jusqu'à la fameuse Orchidée de Fer à qui vient l'idée originale de devenir m... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (4) Ajouter une critique
boudicca
boudicca24 février 2014
  • Livres 3.00/5
De Moorcock, je n'avais pour l'instant expérimenté que « Glorianna ou la reine inassouvie », excellent roman consacré à l'Angleterre élisabéthaine et baignant dans une ambiance onirique très particulière qui m'avait aussitôt séduite. On retrouve plus ou moins le même climat dans ce premier volume des « Danseurs de la fin des temps », tétralogie dans laquelle l'auteur met en scène notre monde dans un lointain futur, alors qu'il s'apprête à toucher à sa fin. L'occasion pour le lecteur de plonger dans un univers baroque et décadent où la magie règne en maître, et de faire connaissance avec des personnages hauts-en-couleur, immortels ne connaissant aucun tabou ou limite, esthètes, collectionneurs, créateurs et destructeurs de monde. Malgré cette flamboyance qui les anime, tous ont cependant oublié l'existence des véritables sentiments : n'existent que le plaisir, le divertissement, et des mots tels qu' « amour », « vertu » ou « morale » n'ont pour eux qu'une vague signification, fort éloignée de celle que nous connaissons. Aussi quel coup d'éclat, lorsque l'un d'eux se déclara épris de la ravissante Amélia, jeune anglaise respectable arrivée tout droit du XIXe siècle!
On le sait, Moorcock n'a pas son pareil pour mettre en scène des univers exubérants et n'hésite pas à bousculer tous les repères et les certitudes de ses lecteurs. de ce point de vue là, « Une chaleur venue d'ailleurs » se révèle être une vraie réussite, tant grâce à l'originalité du monde et des personnages que grâce au style même de l'auteur qui manie sa plume de façon très inspirée et poétique. Mais là où le roman se distingue véritablement, c'est en la palette de sentiments très variés qu'il fait naître chez le lecteur qui ne cesse d'osciller tout au long du récit entre amusement et mélancolie, sans pouvoir vraiment opter pour l'un ou l'autre. L'humour tient en effet une place non négligeable dans le roman qui fourmille de références complètement erronées ou déformées à notre passé. On se rend cela dit vite compte que rien ni personne n'est vraiment ce qu'il paraît être et que, sous leur façade de libertins vides de toutes émotions, chaque personnage cache en réalité quelque chose de beaucoup plus profond.
« Une chaleur venue d'ailleurs » s'apparente en quelque sorte à un ovni littéraire, mêlant habilement science-fiction, fantasy, romance et humour. Moorcock y met en scène un monde flamboyant et des personnages pleins d'ardeur dont on suit avec intérêt l'apprentissage de ce qu'est la condition humaine, avec toutes les joies et les peines que cela implique.
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Tatooa
Tatooa27 mars 2013
  • Livres 5.00/5
Un moment absolument magnifique de lecture. C'est grandiose, déjanté, magique. On se croirait dans un film des Monthy Python, l'absurde s'y dispute avec l'humour et la tendresse, l'ironie y est chaleureuse , les références (tordues au possible, pas toujours facile de retrouver à quoi il fait réellement allusion, c'est très amusant !) et les jeux de mots sont nombreux, la traduction est excellente, c'est un vrai bonheur. Et à côté de cela, il ne manque pas de profondeur ni de justesse sur les comportements de l'être humain "du passé" que nous sommes...
Par contre, pour paraphraser Dante, "vous qui entrez ici, abandonnez tous vos critères moraux".
C'est un livre à déguster sans porter aucun jugement sur ces êtres du futur très spéciaux, c'est vrai...
Je ne mets aucun spoiler car je ne veux pas déflorer quoi que ce soit, il faut le découvrir par soi-même du début à la fin...
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Fodscraft
Fodscraft13 mars 2011
  • Livres 3.00/5
Je ne suis pas un inconditionnel de Moorcock comme il y en a tant. Loin de mépriser l'auteur (je compte bien continuer la série et lire d'autres romans de lui), je n'ai pas commencé cet ouvrage sans appréhension, parce que du cycle d'Elric, je n'ai vraiment aimé que le premier. Ici, l'écriture de Moorcock est légèrement vieillotte, et on sent les années qui nous séparent de la création du roman. Elle n'en demeure pas moins élégante, justement de cette élégance un peu surannée qui permet au scénario de Moorcock de prendre toute son ampleur. Car l'idée de Moorcock est d'une originalité peu commune : l'action se passe à la fin des temps. Les personnages, humains tout puissants, ne recherchent que l'amusement et ont perdu les valeurs que nous avions, un million d'années avant eux. Ils recherchent donc de nouveaux amusements, et ceci dans une esthétique particulièrement baroque. La seconde idée de Moorcock est de confronter leur époque et la nôtre, ou plus précisément le XIXème siècle avec une histoire de voyage dans le temps. Se créé alors un décalage dont on saura apprécier l'humour...
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profdoc72
profdoc7220 novembre 2013
  • Livres 3.00/5
Futé. Je crois que c'est le qualificatif qui convient le mieux pour qualifier ce roman de Moorcock, plus proche de Gloriana l'inassouvie que du cycle d'Elric. Foisonnant, très drôle, politiquement incorrect, faussement sans queue ni tête, c'est un récit très intéressant sur les notions de bien et mal (et donc de morale), qui confronte les époques plutôt qu'il ne les oppose et nous incite à réfléchir sur nos propres pratiques.
Enfin, soulignons que le récit est d'une très grande originalité.
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Citations & extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
lavinia02lavinia0203 décembre 2012
"Et maintenant, ravissante Orchidée, racontez-moi ce que vous avez fait depuis notre dernière rencontre."
Elle leva vers lui des yeux brillants.
"J'ai fait des bébés, mon très cher. Des centaines de bébés ! " Elle pouffa. "Je ne pouvais plus m'arrêter. Des chérubins surtout. Et puis je leur ai construit une petite volière. Et je leur ai fabriqué des trompettes pour souffler dedans et des harpes pour qu'ils en pincent les cordes et j'ai composé la plus jolie musique du monde pour eux. Et ils l'ont jouée !
- Je serais ravi de l'entendre.
- Quel dommage ! " Elle était sincèrement désolée de ne pas avoir pensé à lui son préféré, son seul vrai fils. "Je fabrique des microscopes, à présent. Et des jardins, bien sûr, pour aller avec. Et des bestioles. Mais je m'y remettrai peut-être un jour, aux chérubins. Et alors, vous les entendrez.
- Si je ne suis pas dans ma période vertueuse, lança-t-il.
- Ah ! maintenant je commence à comprendre ce que ça signifie. Si l'on a envie de faire une chose, on fait le contraire. On désire être un homme, on devient femme. On a envie de boire, on émet du liquide à la place. Et ainsi de suite. Oui, c'est merveilleux. Vous allez lancer une mode, je vous le prédis. Dans un mois, chair de ma chair, tout le monde sera vertueux. Et nous, que ferons-nous ensuite ? Y-a-t-il quelque chose d'autre ? Dites-le-moi !
- Oui. Nous pourrions être "mauvais", ou bien "modestes", ou encore "paresseux", "pauvres", "dignes", peut-être, je ne sais pas.
- Et vous saurez nous expliquer comment nous y prendre ?
- Eh bien !..." Il fronça les sourcils. "Il me reste encore quelques détails à élucider, mais dans un mois j'en saurai un peu plus.
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boudiccaboudicca11 février 2014
Lady Charlotina préférait depuis toujours vivre sous la terre. Son territoire d'En-dessous-le-Lac n'était pas seulement sous-terrain, mais aussi sub-aquatique. Il se composait de kilomètres de cavernes reliées par des tunnels et des grottes, où l'on pouvait créer sans difficulté des cités et des villes entières. Le lac en question était, bien sûr, celui de Billy-the-Kid. Il portait le nom d'un Américain légendaire, explorateur, astronaute et bon vivant, qui avait été crucifié aux environs de l'an 2000 pour avoir été surpris en train de posséder l'arrière-train d'une chèvre. A son époque, ce genre de permutations n'était apparemment pas à la mode.
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boudiccaboudicca10 février 2014
Pourtant, même s'ils n'avaient pas conscience de vivre à la Fin des Temps, une intuition inconsciente modelait leur attitude et les détournait des idéaux, des croyances, des philosophies et des conflits auxquels ces choses donnent naissance. Ils avaient du goût pour le paradoxe, l'esthétique et l'humour baroque ; s'ils avaient une philosophie, c'était celle de la sensualité, du plaisir. Leurs projets, souvent grandioses et pervers, étaient entrepris sans obsession et ils les laissaient inachevés sans regret, car la mort était rare et la vie ne cesserait sans doute que lorsque la Terre elle-même mourrait.
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OlivierH77OlivierH7709 mai 2014
Ils avaient du goût pour le paradoxe, l'esthétique et l'humour baroque; s'ils avaient une philosophie, c'était celle de la sensualité, du plaisir. La plupart des vieilles émotions s'étaient atrophiées et ne voulaient plus dire grand-chose pour eux. Ils connaissaient la rivalité sans la jalousie, l'affection sans l'obscénité, la malice sans la rage, la gentillesse sans la pitié. Leurs projets, souvent grandioses et pervers, étaient entrepris sans obsession et ils les laissaient inachevés sans regret, car la mort était rare et la vie ne cesserait sans doute que lorsque la Terre elle-même mourrait.
+ Lire la suite
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TatooaTatooa22 mars 2013
Jherek savait que la personnalité de Mongrove était entièrement artificielle, mais il affectait cette attitude depuis si longtemps qu'elle avait pu devenir partie intégrante de lui-même. Mongrove, par exemple, n'était pas réellement sans amis et délaissé. Tout le monde se l'arrachait dans les réceptions... Quand il daignait y assister. Ce devait être la première fois depuis vingt ans.
- Comment allez-vous, Lord Mongrove ? demanda Jherek, en levant les yeux vers le visage lugubre du géant.
- Plus mal encore depuis que je vous ai vu, Jherek Carnelian. Je n'ai oublié aucun de vos affronts, vous savez.
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Videos de Michael Moorcock (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michael Moorcock

Michael Moorcock - le cycle d'Elric
A l'occasion de sa venue sur le stand de la Librairie Sauramps à Montpellier lors de la Comédie du Livre 2013, Michael Moorcock nous a accordé un entretien e...
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