> Laetitia Devaux (Traducteur)

ISBN : 2879296757
Éditeur : Editions de l'Olivier (2010)


Note moyenne : 3.28/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Tassie Keltjin est une vraie " country girl ". Élevée dans une ferme du Midwest, elle sait à peine ce qu'est un taxi et n'a jamais franchi les portes d'un restaurant chinois. Lorsqu'elle s'installe en ville pour ses études, elle plonge avec euphorie dans ce tourbillon d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 29 août 2010

    kathel
    Tassie Kjeltin vient de prendre une chambre en colocation pour sa première année d'université, elle commence ses cours et cherche un petit travail d'appoint. Elle devient baby-sitter pour un couple qui cherche à adopter un enfant. Elle va garder, pendant que ses parents travaillent, la petite Mary-Emma.
    J'ai tout d'abord lu un recueil de nouvelles de Lorrie Moore, "Déroutes", qui m'a permis de découvrir la plume à la fois tendre et acérée de l'auteur américaine. Là encore, c'est dans le Midwest que se situe ce roman dont le personnage principal est une jeune fille. le résumé peut paraître assez mince, mais beaucoup de sujets sont traités qui viennent étoffer le roman, les procédures d'adoption aux Etats-Unis, les rapports de Tassie avec ses parents et son frère restés à la ferme familiale, les premiers cours de Tassie, sa solitude, les quelques amitiés qu'elle noue, sa rencontre avec un étudiant brésilien, le racisme puisque la petite Mary-Emma est métisse, la guerre en Afghanistan… La famille adoptante est à elle seule une matière possible de roman, avec le mari, toujours absent et assez énigmatique, la mère, restauratrice à la mode, personnage excentrique et outrancier, la petite fille dotée de solides facultés d'adaptation. Lorrie Moore sait particulièrement bien rendre l'angoisse des futurs parents adoptifs, qu'ils camouflent derrière un humour souvent féroce.
    J'adore chez Lorrie Moore l'ironie douce avec laquelle elle parle de ses personnages ou plutôt les fait parler les uns des autres : « Sa capacité au bonheur était un petit os à soupe dans une grande marmite. » « Je m'efforçais de retrouver à qui Sarah Brink me faisait penser, bien que je ne sois pas certaine que c'était à quelqu'un de réel. Peut-être qu'elle me rappelait le personnage d'un feuilleton télévisé que je regardais des années plus tôt. Mais pas l'héroïne. sûrement pas l'héroïne. Plutôt sa colocataire maniaque, ou sa cousine dingue habitant Cleveland. Je savais que, même quand elle aurait un bébé, Sarah ne perdrait pas son petit côté excentrique au profit de son statut de mère. Il y avait sans doute pire. » Alors, bien sûr, je n'ai pas retrouvé ici exactement la même concision qui m'avait fait trouver ses nouvelles des véritables romans en miniature, mais je me suis tout de même régalée. Lorrie Moore a aussi la particularité de pouvoir, en un court paragraphe de cinq lignes, de raconter de façon très neutre une anecdote qui change complètement la perspective que l'on a d'un des personnages ou de l'histoire elle-même. C'est très particulier, mais très efficace ! Notamment pour passer d'un épisode assez léger à un autre plus dramatique, et il n'en manque pas dans ce roman, mais je n'en dirai pas plus.
    A vous de le découvrir maintenant !
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par missmolko1, le 25 janvier 2012

    missmolko1
    Je suis un peu embêtée car je n'ai lu que des critiques élogieuses ou des avis favorables pour ce livre alors que moi je n'ai pas du tout aimé et m'y suis ennuyeux (je n'ai d'ailleurs pas réussi à aller jusqu'au bout de ce roman).
    Les personnages ne m'ont pas plu, Tassie est naïve, Sarah maladroite..... ils ont tous pour moi un trait de caractère qui fait qu'ils ne sont pas crédibles.
    Les thèmes abordés, j'avoue, sont intéressants : le racismes, l'adoption sur fond d'une Amérique touchée par les événements tragiques du 11 septembre. Mais tous ces thèmes rendent le roman peut être un peu trop profond et pas forcement accessible a tous.
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
  • Par petitepom, le 20 décembre 2011

    petitepom
    J'avais réservé ce livre à la biblio, il y a un moment, puis j'ai oublié. Quand ma bibliothécaire (que j'adore) me l'a présenté, ce fut une belle surprise, double quand j'ai vu qu'il y avait une lecture commune sur ce roman.
    Je me suis donc lancée dans cette lecture doublement motivée ; et j'ai vraiment passé un bon moment avec Tassie. Moi, qui me plaint souvent de paragraphes trop descriptifs, là, je dois dire que cela ne m'a pas gêné, car l'écriture est très agréable.
    Tassie est né à la campagne, ses parents lui paient des études universitaires, elle débarque à Troie où elle cherche un travail, elle rencontrera Sarah qui veut adopter une enfant, son choix va s'arrêter à Emmie, une enfant métis.
    Alors que Tassie promène Emmie en ville, elle est sujet à bien des regards ; dans le quartier blanc, elle subit un racisme assez violent ; dans les quartiers noirs, les plus âgées voient d'un mauvais œil, une blanche qui pour eux, a eu une relation avec un homme de couleur, les plus jeunes par contre, lui sourient, l'acceptant dans leur communauté ; ces regards plein de préjugée font la richesse de ce livre.
    Le secret que va découvrir Tassie au sein de cette famille adoptive, et le dénouement de la sienne, donnent une touche de tristesse sans en enlever le charme.
    J'ai mis plusieurs jours pour lire ce livre, pas qu'il soit épais, je l'ai savouré sans jamais m'ennuyer, un petit coup de cœur.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par jostein, le 16 janvier 2012

    jostein
    Je reste un peu partagée à la fin de cette lecture. Comme il s'agit d'une lecture commune, j'ai hâte de voir ce qu'en ont pensé mes co-lecteurs.
    Le roman comprend nettement deux parties. La première moitié du livre nous permet d'apprendre à connaître les personnages, les lieux. Je reconnais que l'auteur analyse avec finesse les caractères mais j'avais hâte d'arriver à une action. L'ambiance est tendue, le lecteur sent l'imminence d'un évènement capital mais rien ne vient.
    De plus, j'ai eu beaucoup de mal à me familiariser avec le ton du récit. L'auteur excelle effectivement dans un humour décalé qui me laisse perplexe. Des phrases étranges s'insèrent dans le récit et certaines réparties qui se veulent drôles m'ont paru plutôt douteuses.
    Par exemple en parlant du gazage des poulets : " Ce serait l'expression de la judéité des poulets- à moins que ce ne soit l'expression de la pouléité des juifs."
    Certains passages (toujours dans la première partie) ont des longueurs désagréables comme la restitution des rendez-vous du mercredi soir entre parents d'enfants multi-raciaux. L'évidence est que le malaise des enfants vient de l'ambiguïté des parents.
    Par contre, ce roman aborde, quelquefois trop superficiellement des problèmes structurants de l'Amérique. Si la vie universitaire, le racisme et l'adoption illustrent la première partie, l'auteur évoque rapidement le terrorisme puis d'une manière assez cruelle l'engagement du pays en Afghanistan. Et la seconde partie du livre, oubliant malheureusement un peu la petite Mary-Emma , devient passionnante. Tassie, jeune fille naïve venue de sa campagne va grandir avec les dures épreuves de la vie d'adulte. Certains passages m'ont émue malgré, là encore cet humour narquois.
    La passerelle est un roman d'apprentissage. Tassie, jeune fille naïve venue de sa campagne va grandir avec les dures épreuves de la vie d'adulte. Les gens qu'elles côtoient ne sont pas toujours ce qu'ils laissent paraître.
    L'auteur a peut-être voulu traiter trop de sujets. Elle a sûrement trop détaillé sa première partie, lassant ainsi quelques lecteurs ce qui est dommage. L'ensemble est toutefois intéressant même si la forme (ton, construction) ne m'a pas séduite.

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-la-passerelle-97034..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lostinbooks, le 07 octobre 2010

    lostinbooks
    Tassie Keltjin a vingt ans. Elle vient de quitter son Midwest natal, son frère et ses parents agriculteurs (bio, ce qui mérite d'être souligné, le Midwest étant plutôt connu pour ses gigantesques exploitations agricoles) et de s'installer à Troie, petite ville universitaire où elle est inscrite en fac. Tassie découvre la vie urbaine, les cinémas, les restaurants, une vie plutôt exaltante comparée à celle qu'elle menait à Delacrosse, au sein d'une famille attachante.
    Sa perception du monde s'élargit encore lorsque Tassie est engagée comme babysitter par un couple un peu atypique, Sarah et Edward Brink, eux aussi récemment installés à Troie et en cours de procédure pour l'adoption d'une petite fille métisse de deux ans, Mary-Emma.
    Tassie s'attache immédiatement à la petite fille et sa vie s'organise autour de ses cours, ses après-midi de jeux et de promenades avec Mary-Emma et ses soirées avec Reynaldo, un étudiant prétendument "brésilien", dont elle pense être amoureuse.
    Pour Tassie, cette première année en dehors du cocon familial sera riche en expériences et enseignements qui la confrontent à des réalités dont elle était bien loin. Elle découvrira également que les gens qui l'entourent ne sont pas toujours ce qu'ils prétendent être et cachent parfois de lourds secrets et que le racisme peut s'exprimer sous de multiples formes.
    Jeune fille candide, mais pas godiche, Tassie porte un regard assez décapant sur le monde qui l'entoure. A la maman qui lui demande si elle viendra régulièrement au parc, parce qu'elle trouve que sa fille n'a pas de petite amie afro-américaine, elle répondra, agacée, qu'Emmy a déjà suffisamment d'amis blancs et que donc, elle ira désormais jouer dans un autre parc.
    La réussite de ce roman d'apprentissage au ton subtil et ironique réside essentiellement dans le portrait de Tassie, héroïne un brin fantaisiste à laquelle on s'attache très vite, davantage que dans l'observation des questions sociales et politiques évoquées, comme le racisme, l'émergence du terrorisme, la guerre en Irak ou en Afghanistan, le marché de l'adoption, qui continuent d'agiter les sociétés contemporaines.


    Lien : http://perduedansleslivres.blogspot.com/2010/09/la-passerelle-lorrie..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 09 juillet 2011
    Un superbe récit d'apprentissage, au détour duquel l'auteur de Vies cruelles égratigne le chromo d'une Amérique pudibonde où le regard d'autrui est parfois lourd d'accusations.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 29 août 2010

    Les cours ne débutaient pas avant la semaine suivante, mais je sentais le semestre remonté à bloc et prêt à tirer comme une kalachnikov. Le semestre du printemps, à la fois bien et mal nommé. Tant qu'il n'avait pas commencé, je dormais jusqu'à midi, puis me levais et me préparais une sorte de pitoyable baklava du pauvre : un grand biscuit de blé complet sur lequel je versais du miel et des cacahuètes écrasées. La cuisine était toujours à l'abandon. De nouvelles fraises avaient moisi dans le réfrigérateur, alors que j'avais l'impression de les avoir tout juste achetées. Cette fois, elles arboraient le gris turquoise d'un toit cuivré. Le pain lui aussi était poudré d'une moisissure bleutée qui aurait fait une ravissante ombre à paupière pour choriste - mais une choriste ayant besoin de pénicilline. Un quignon resté plusieurs semaines dans un sac en plastique semblait contenir un serpent de moisissure aux taches orange et noire : le musée d’Art moderne des Filles fauchées.
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  • Par jostein, le 16 janvier 2012

    En quoi les mariages de raison étaient-ils si mal? Au moins, la froideur était présente dans le couple dès le début, plutôt que de grandir lentement, désagréablement, dans le cœur des deux amants.
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  • Par pyrouette, le 31 décembre 2010

    C'est étrange comme, quand on prend de l'âge, ce sont les jeunes qui vous aprennent des choses. De jeunes gens qui semblent en savoir beaucoup plus long que vous. On finit par se dire, comme un scientifique, Mon Dieu voici la preuve de l'évolution.
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  • Par jostein, le 16 janvier 2012

    Le pardon des enfants est une grâce du ciel.
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Vidéo de Lorrie Moore

A Conversation With Lorrie Moore (en anglais)








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