Dans ces trois nouvelles extraites du recueil
Le Châle andalou,
Elsa Morante aborde principalement le thème de l'enfance. Dans la première, Donna Amalia, celle que j'ai préféré, il s'agit d'une femme d'une cinquantaine d'années qui a su garder son âme d'enfant: elle est autant capable de s'émerveiller devant un collier en or d'une grande valeur que devant un bijou-fantaisie trouvé sur le marché, tout comme elle peut réveiller ses servantes au milieu de la nuit pour leur faire admirer la lune. C'est un récit extrêmement court, sans véritable intrigue: plutôt une description, laissant le lecteur imaginer une suite ou interpréter cette attitude de la manière de son choix.
Dans la seconde nouvelle, La grand-mère, une autre femme se rend compte après la mort de son mari qu'elle a vécu comme une morte et décide de prendre sa vie en main. Elle rencontre un autre homme qui vit avec sa mère qui le traite toujours comme un enfant en quelque sorte. Les deux jeunes gens se marient, malgré la réaction de la future grand-mère qui a l'impression qu'on lui vole son fils.
Enfin, dans la troisième nouvelle, Jeu secret, il s'agit, non plus d'adultes, mais de vrais enfants qui, dans une famille assez étouffante et stricte, jouent en secret au théâtre entre eux et en viennent à délirer, ne distinguant plus leurs personnages et la réalité.
Elsa Morante aborde donc ce thème de l'enfance sous différentes facettes, mais toujours avec un regard extérieur et neutre, se plaçant comme en spectatrice à côté du lecteur, le laissant seul juge des évènements qu'elle raconte, sans se positionner elle-même explicitement.