> Christophe Mileschi (Traducteur)

ISBN : 2869599226
Éditeur : Arléa (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres

La savane est ce qu'il y a de plus beau en Afrique. Savane veut dire espaces illimités, ciels illimités, herbes hautes sur lesquelles court la musique du vent, acacias rares et légers comme des nuages par beau temps, et silhouettes lointaines d... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 28 août 2011

    Cath36
    Les journaux de voyage sont un pari risqué : il est difficile de susciter et de garder constant l'intérêt du lecteur. Soit ils sont trop longs et ennuyeux, soit ils sont démodés (au niveau du style ou au niveau des idées), soit ils font preuve d'un égocentrisme à tout épreuve qui enlève au propos le peu d'objectivité qui est celui de ce genre. Bref, on bâille énormément avant de se précipiter sur un bon documentaire télévisé sur le pays concerné. Et bien ce livre est tout le contraire : les descriptions concises et efficaces ouvrent la porte aux réflexions brèves et pertinentes d'un européen ouvert à des moeurs tout à fait opposées aux siennes mais curieux de tout, et qui en profite pour nous livrer sa propre vision de la vie, fruit d'une longue méditation sur la différence et le respect que l'on doit à chacun. Philosophique plus qu'anthropologique ("ce sera en somme le journal d'un touriste" nous prévient-il dès le début) ce livre où l'on retrouve le style à la fois concis, pragmatique et profond qui est celui de Moravia accroche dès les premières pages et suscite un intérêt qui ne se dément pas. A lire paisiblement page après page, comme un journal intime où l'auteur riche d'une expérience parfois très pittoresque, nous confie ce qui le relie au monde et aux autres.
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    • Livres 4.00/5
    Par mguy, le 05 octobre 2011

    mguy
    Il s'agit du récit de voyage de Moravia en Afrique, et aux alentours du Sahara. L'auteur décrit les différents pays qu'il rencontre, que ce soit tant au niveau des paysages, qu'au niveau des civilisations, cultures et traditions.
    Ce livre est réellement intéressant. D'une part, l'auteur, par ses descriptions réalistes et concrètes, nous plonge vraiment dans les différentes ambiances qu'il découvre. D'autre part, il ne se contente pas de décrire, mais propose une véritable réflexion sur ce qu'il voit et sur ce qu'il découvre. Et à partir de là, son voyage prend tout son sens. C'est réellement à lire, car cette œuvre reflète une expérience originale du voyage.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Cath36, le 28 août 2011

    Ce qui me frappe le plus tandis que je les regarde vivre, c'est que, parmi les Lobi... l'accent est mis sur la question existentielle beaucoup plus que sur le travail... ça ne veut pas dire que le travail, qui est absolument indispensable dans une économie de subsistance comme celle-ci, n'a pas sa place dans les pensées des habitants du village ; mais... on dirait qu'il est vécu sans effort et quasiment sans intention, autrement dit intégré dans le rythme biologique au même titre que tout ce qui n'est pas du travail, par exemple dormir, manger et surtout jouer. Car c'est vrai, on pourrait dire des Africains ce que Léopardi dit des oiseaux : que chez eux, il y a une joie naturelle qui dépasse continuellement la limite de l'utilité et transforme en jeu jusqu'aux tâches les plus exaspérantes.
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  • Par Cath36, le 28 août 2011

    A la fin, les musiciens, zélés et indifférents, accélèrent le rythme de la mélopée et alors, soudain, les femmes se précipitent sur le sorcier comme si elles voulaient le mettre en pièces. Mais elles n'en font rien ; elles le placent au milieu de leur cercle et, avec une intensité frénétique, elles dansent avec lui et autour de lui. Cependant il fait toujours aussi chaud... A tel point que les sons rauques des cornes et les coups sourds des tambours paraissent dire que les morts vont bien mieux que les vivants, qui triment dans les champs, paient des impôts, tombent malades, souffrent, subissent les conséquences de la sécheresse et de la pluie; tandis que les morts, au contraire, libres, insouciants et délivrés de toute inquiétude, se baladent dans le grand espace extravagant de la brousse... Cela confirme l'idée de la danse non comme exercice et distraction, mais comme rapport au monde.
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  • Par Cath36, le 30 août 2011

    Au fond de la lande pâle et chauve, le village lacustre de Vitsumbi nous présente un front de cabanes noircies par l'humidité, dont les toits de tôle ondulée grouillent curieusement de hautes et minces cheminées.Mais comme nous approchons, nous découvrons qu'en réalité ces cheminées sont des marabouts, dressés sur une patte, inclinant vers le bas leur tête doctorale au bec énorme et au jabot pendant, comme s'ils méditaient. Ces oiseaux sont de véritables caricatures naturelles des professeurs du XIXe siècle, portant redingote, jabot et lunettes. Mais pourquoi donc mettre des professeurs sur les toits ,... La nature dit-on fait toujours bien ce qu'elle fait. Mais alors, dans le cas des marabouts, qu'a-t-elle voulu faire ?
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  • Par Cath36, le 30 août 2011

    Même en les regardant de loin il est évident que les hippopotames sont convaincus qu'il en ira toujours ainsi. C'est-à-dire qu'un jour suivra l'autre pendant des millions d'années ; que le soleil se lèvera et se couchera sans fin ; que le fleuve sera toujours là pour les accueillir dans ses flots... J'ai dit qu'en me penchant sur ce panorama j'ai eu l'impression de contempler un autre monde." Mais quel monde au juste ? J'y réfléchis et je comprends que c'est précisément le monde dont, en des temps immémoriaux, l'humanité a été exclue à jamais.
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  • Par Cath36, le 28 août 2011

    La case, à la différence de la maison, et bien qu'elle soit une oeuvre humaine fort complexe et réfléchie, participe de l'immobilité et de l'immuabilité naturelles. C'est ce qui explique que la case n'ait l'air ni ancienne ni moderne mais, à sa façon sournoise et modeste, éternelle. C'est aussi ce qui explique pourquoi elle n'est pas susceptible d'être améliorée, ni remise à jour : elle n'a pas pour fin d'adapter la nature -c'est-à-dire les matériaux dont elle est faite- aux nécessités de l'homme, mais l'homme aux nécessités de la nature qui, comme on le sait, ne change pas et demeure toujours la même.
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