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ISBN : 2264039167
Éditeur : 10-18 (2004)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 274 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Vers 1870, aux États-Unis, près de Cincinnati dans l'Ohio, le petit bourg de Bluestone Road, dresse ses fébriles demeures. L'histoire des lieux se lie au fleuve qui marquait jadis pour les esclaves en fuite la frontière où commençait la liberté. Dans l'une des maisons, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ferdi, le 31 juillet 2012

    ferdi
    On pourrait croire que « Beloved », essaimé de quelques noms propres avenants comme « Bon-Abri », « Femme-aux-cinquante-kilomètres » ou « Ici-couché » augure de choses colorées et poétiques, issues d'un folklore africain. Il n'en est rien. Ce roman est ténébreux, il renvoie une image sous-exposée, aux détails flous, les personnages y sont déprimés, les couleurs désaturées.
    Visite des bas-fonds de l'humanité, liés aux conditions de l'esclavagisme à la fin du 19e, aux Etats-Unis. Toni Morrison accroche le lecteur dans les mailles de sa narration alambiquée et le plonge dans un univers ensorcelé, mystères et souffrances humaines entremêlées, à partir de flash-back sur l'histoire de Sethe, esclave évadée du Bon-Abri et poursuivie depuis par le fantôme de son bébé. Brrr. Dans « Beloved », des enfants disparaissent et des revenants surgissent, le quotidien s'inquiète de phénomènes surnaturels et le lecteur s'englue dans des sables mouvants, comme dans un mauvais rêve. Mais au dessus de tout ça, magistrale, resplendit l'écriture envoûtante de Toni Morrison.
    Au final un sentiment complexe m'habite, à mi-chemin entre le ouf de soulagement qui a ponctué la fin de cette lecture malgré tout compliquée, et l'impression d'avoir lu un grand roman.
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    • Livres 5.00/5
    Par Under_The_Moon, le 26 janvier 2013

    Under_The_Moon
    1ère année de fac, et 1ère lecture imposée.
    Et là : bada-boum ! C'est le coup de coeur !!
    J'ai été tout de suite happée par ce récit. Un récit de femme, et de femme noire qui plus est. Une femme blessée et meurtrie dans sa chaire. Coupable, oui mais de quoi ? D'être née femme et esclave ? D'avoir trop bien compris sa situation au point d'avoir peur de la faire revivre à quelqu'un d'autre (et par conséquent d'en être responsable) ?
    C'est vrai que l'écriture de Toni Morrison n'est pas toujours facile à comprendre car elle transcris avec une très grande fidélité le "parler" afro-américain. Alors quand on y rajoute les ellipses temporelles et retour en arrière... ça peut être un véritable cauchemar stylistique !
    Mais c'est un roman tellement fort qu'on oublie vite cet aspect. C'est l'un des romans où il y a tellement de choses à dire -je trouve - qu'on finit par ne pas pouvoir résumer le tout dans une critique. S'il n'y avait qu'un livre de cette auteure à lire, c'est celui-ci à n'en pas douter.
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    • Livres 4.00/5
    Par sylvaine, le 30 septembre 2012

    sylvaine
    1850. Sethe, esclave de la plantation de Mme Garner, le Bon Abri, s'est enfuie pour retrouver ses trois enfants envoyés chez sa Belle –mère Baby Suggs à Cincinnati. Son fils Halle, le mari de Sethe l'a en effet « rachetée » à Mr Garner moyennant de travailler tous ses dimanches afin de payer sa dette.
    Arriver à Cincinnati n'est pas une mince affaire, surtout si l'on est noire, en fuite , et enceinte de surcroit presqu' à terme. Marchant de nuit , se cachant le jour, morte de faim et de soif elle finira par accoucher au fond d'une barque aidée par la seule fille blanche qui lui ait jamais tendue la main, en cavale comme elle Amy Denver. Sa ténacité, l'aide des noirs de la ville lui permettront d'atteindre le 124 , la maison relais de Baby Suggs, sa belle-mère.
    la suite sur:
    http://www.biblioblog.fr/post/2012/10/23/Beloved-Toni-Morrison
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    • Livres 5.00/5
    Par steppe, le 07 janvier 2012

    steppe
    Certains livres dès les premières pages nous promettent un voyage inoubliable et bouleversant.
    Beloved est de ceux la. de par son propos d'abord. Pour avoir lu nombre d'ouvrages sur l'esclavage et la condition des Noirs et alors que je pensais avoir tout lu ou presque et ne plus pouvoir m'étonner de rien sur le sujet, je suis restée scotchée de la première à la dernière page....
    Toni Morrison livre un récit haletant et passionnant mais plus que tout, sa plume, la virtuosité avec laquelle elle en use, le mot toujours juste, tranchant, sublime, rien de trop, rien de "pas assez", tout contribue à mettre en valeur la profondeur d'âme de ses personnages et à nous faire toucher du doigt la Négritude jusqu'à devenir soi-même le noir encore debout même si chancelant, l'homme bafoué, torturé, humilié.
    C'est, à travers un récit captivant mêlant fantastique et réalité qu'elle
    nous embarque dans la découverte de la culture afro américaine, ses origines, ses blessures, ses espérances ..
    Un livre poignant et superbement bien écrit....
    Un gros coup de coeur pour moi....
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    • Livres 4.00/5
    Par medsine, le 22 mars 2012

    medsine
    Beloved est un roman qui plonge le lecteur au plus profond d'un océan de noirceur. La noirceur de l'histoire américaine du XIXe siècle qui s'est étendue trop longtemps encore au XXe. La noirceur des actes atroces commis de manière la plus naturelle qui soit par les blancs envers les noirs avant que l'esclavage ne soit prohibé juste après la guerre de sécession.
    Roman de la « négritude » étendue au contexte américain, contre l'exploitation des hommes, contre l'indifférence et l'oubli, contre la barbarie.
    Beloved est aussi un roman d'amour. Amour maternel qui dépasse tout le reste. Amour qui peut dans des situations de désespérance extrême conduire à des actes fous. Quand la folie des hommes est la référence, où se situe le crime ? Quand tout n'est que cassures et que plus rien ne peut être réparé que veut dire commettre l'irréparable ?
    Toni Morrison nous plonge – au sens propre car on se sent réellement noyé – dans un univers à la fois onirique, car peuplé de fantômes, et à la fois cruellement réel, bien qu'on soit tenté par l'oubli tant les atrocités des hommes sont difficiles à comprendre.
    Ce roman nous montre la pureté de l'esprit et la force de l'amour que les meurtrissures de la chair les plus mordantes ne peuvent faire vaciller. Un roman sur les liens du sang, sur la force des femmes, sur le pouvoir des âmes.
    20 mars 2012
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Citations et extraits

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  • Par BBLadyBird, le 06 juin 2013

    Joyeusement gênés d'être tellement adultes et si jeune à la fois.

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  • Par BBLadyBird, le 06 juin 2013

    Ne pas savoir était dur; savoir était plus dur encore.

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  • Par ssstella, le 03 mars 2013

    Que tout Blanc avait le droit de se saisir de toute votre personne pour un oui ou pour un non. Pas seulement pour vous faire travailler, vous tuer ou vous mutiler, mais pour vous salir. Vous salir si gravement qu'il vous serait à jamais impossible de vous aimer. Vous salir si profondément que vous en oubliiez qui vous étiez et ne pouviez même plus vous en souvenir. Et qu'alors même qu'elle, Sethe, et d'autres étaient passés par là et y avaient survécu, jamais elle n'aurait pu permettre que cela arrive aux siens. Le meilleur d'elle, c'étaient ses enfants. Les Blancs pouvaient bien la salir, elle, mais pas ce qu'elle avait de meilleur, ce qu'elle avait de beau, de magique -la partie d'elle qui était propre.
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  • Par steppe, le 21 janvier 2012

    Paul D ne dit mot, parce qu'elle n'attendait pas de réponse de sa part ni n'en désirait, mais il comprenait parfaitement ce qu'elle voulait dire. Écouter les tourterelles à Alfred, Géorgie, et n'avoir ni le droit ni la permission d'y prendre plaisir, parce que dans cet endroit, brume, tourterelles, soleil, poussière cuivrée, lune - tout appartenait aux hommes qui avaient des fusils. De petits hommes, pour certains, et des hommes grands aussi, qu'il aurait tous pu briser comme fétus, s'il l'avait voulu. Des hommes convaincus que leur virilité résidait dans leur fusil et qui n'étaient même pas gênés de savoir que, coups de feu ou pas, les renards se moquaient d'eux. Et ces "hommes" qui faisaient rire jusqu'aux renardes pouvaient, si vous les laissiez faire, vous priver d'entendre les tourterelles ou d'aimer le clair de lune. Si bien que vous vous protégiez et que vous finissiez par aimer petit. Que vous choisissiez la plus petite étoile du ciel pour vôtre ; que vous couchiez la tête tordue pour apercevoir la bien-aimée par dessus le bord du fossé avant de vous endormir. Lui glissiez des coups d’œil timides entre les arbres au moment de l'enchaînage. Brins d'herbe, salamandres, araignées, piverts, scarabées, vous n'aviez droit qu'à un royaume de fourmis. A l'exclusion de tout ce qui était plus grand. Une femme, un enfant, un frère - un grand amour comme ceux-là vous eût déchiré de part en part, à Alfred, Géorgie. Il savait exactement ce qu'elle voulait dire : arriver quelque part où l'on pouvait aimer tout ce que l'on voulait - ne pas avoir besoin d'autorisation pour désirer -, eh bien, ça c'était la liberté.
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  • Par caravelle, le 29 août 2011

    Dangereux se dit Paul D, très dangereux. Pour une ancienne esclave, aimer aussi fort était risqué; surtout si c'étaient ses enfants qu'elle avait décidé d'aimer. Le mieux, il le savait, c'était d'aimer un petit peu, juste un petit peu chaque chose, pour que, le jour où on casserait les reins à cette chose ou qu'on la fourrerait dans un sac de jute lesté d'une pierre, eh bien il vous reste peut-être un peu d'amour pour ce qui viendrait après.
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