AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2264039167
Éditeur : 10-18 (2004)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 681 notes)
Résumé :
Vers 1870, aux États-Unis, près de Cincinnati dans l'Ohio, le petit bourg de Bluestone Road, dresse ses fébriles demeures.

L'histoire des lieux se lie au fleuve qui marquait jadis pour les esclaves en fuite la frontière où commençait la liberté. Dans l'une des maisons, quelques phénomènes étranges bouleversent la tranquillité locale : les meubles volent et les miroirs se brisent, tandis que des biscuits secs écrasés s'alignent contre une porte, des g... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (106) Voir plus Ajouter une critique
Marple
09 juin 2014
  • 5/ 5
Beloved est un roman magnifique sur l'amour, la force, la culpabilité, l'esclavage, la dignité, la solidarité. C'est l'histoire de Sethe, jeune et belle esclave échappée, et de ses enfants, vivants ou morts, dans un monde âpre qui souvent les juge et les broie.
Sans en dire plus sur l'intrigue (pour ne pas gâcher le plaisir d'éventuels futurs lecteurs, à qui je recommande d'ailleurs d'éviter la 4ème de couverture), je vais essayer d'expliquer pourquoi ce livre m'a tellement plu. Au-delà de l'histoire, au-delà même des thèmes abordés, c'est le ton qui est juste, et les sentiments, et les réactions d'épuisement, de folie ou d'incompréhension.
Par les mots de Sethe surtout, mais aussi par moments par ceux de Denver, de Payé-Acquitté, de Paul D., de Baby Suggs ou encore de Beloved, on comprend que la tragédie n'est pas ce moment terrible dans le bûcher, mais tous les événements qui y ont mené et qui l'ont suivi. On comprend aussi que, dans certaines circonstances, la dignité peut valoir plus cher que la vie, le meurtre être un acte d'amour, et la culpabilité ressentie bien plus dure à supporter que les sanctions de la société...
Toni Morisson a réussi dans ce roman à rapprocher les paradoxes : c'est poignant mais plein d'humour, empli d'amour mais aussi de solitude et de malheur, tragique mais teinté d'espoir. Bref, c'est magnifique.
Lu dans le cadre du challenge Nobel de Gwen21.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          762
gouelan
29 août 2014
  • 4/ 5
Roman poignant ,bouleversant et dérangeant également. Il nous montre l'homme dans toute sa cruauté et il nous fait honte.
Il y a l'esclavagiste qui se montre tel qu'il est, animal plutôt qu'homme, brutal et stupide. Il agit par ignorance et aussi par peur . Il lui faut le fusil pour montrer sa virilité et sa toute puissance.
Il y a aussi l'autre type d'esclavagiste,hypocrite,qui se dit respectueux des noirs. Certes, il ne les brutalise pas, il les traite bien, il leur donne la parole. Mais leur liberté ne va pas plus loin. Leur corps, leurs pensées, leurs actes sont tout de même entravés par leur soumission, leur asservissement. Il peut changer à tout moment d'avis. S'il a besoin d'argent, il les vendra comme du bétail.
On se rend compte, dans ce roman, de la dureté de l'existence d'un esclave. Rien ne lui appartient, ni son corps, ni l'air qu'il respire, ni le ciel, ni la terre qu'il foule. Il ne faut surtout pas trop aimer, surtout ne pas trop regarder son enfant qui vient de naître, ne pas s'y attacher, car si on le brise cet enfant, il sera impossible de se relever.
Sethe n'a pas été séparée de ses enfants, elle les a aimés. Elle ne pourra pas autoriser qu'on les lui prenne pour en faire des petits esclaves et qu'on les traite pire que du bétail. Son acte d'amour la hantera toute sa vie. On ne peut pas pardonner mais on comprend son acte d'amour courageux et désespéré.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          690
Under_The_Moon
26 janvier 2013
  • 5/ 5
1ère année de fac, et 1ère lecture imposée.
Et là : bada-boum ! C'est le coup de coeur !!
J'ai été tout de suite happée par ce récit. Un récit de femme, et de femme noire qui plus est. Une femme blessée et meurtrie dans sa chaire. Coupable, oui mais de quoi ? D'être née femme et esclave ? D'avoir trop bien compris sa situation au point d'avoir peur de la faire revivre à quelqu'un d'autre (et par conséquent d'en être responsable) ?
C'est vrai que l'écriture de Toni Morrison n'est pas toujours facile à comprendre car elle transcris avec une très grande fidélité le "parler" afro-américain. Alors quand on y rajoute les ellipses temporelles et retour en arrière... ça peut être un véritable cauchemar stylistique !
Mais c'est un roman tellement fort qu'on oublie vite cet aspect. C'est l'un des romans où il y a tellement de choses à dire -je trouve - qu'on finit par ne pas pouvoir résumer le tout dans une critique. S'il n'y avait qu'un livre de cette auteure à lire, c'est celui-ci à n'en pas douter.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          650
ninosairosse
20 octobre 2016
  • 5/ 5
Ah, ça y est, c'est mon tour !!....une bonne semaine pour lire ce Beloved, Pulitzer 88, de Toni Morrison, Nobel de littérature 1993, lecture pas simple, d'autant plus que j'ai essayé d'appliquer la méthode de lecture rapide de Buzan ! J'avoue j'ai dû abandonner le second pour revenir à ma méthode traditionnelle, lire en marchant ( alors pas question de marcher avec un livre dans chaque main !! comment je fais pour tourner les pages ?).
Donc, pas simple...pas sûr d'avoir reçu le message 5/5, si vous voyez ce que je veux dire ! Faut d'abord maîtriser l' Analepse (ah, vous voyez bien que c'est pas simple ! ), comprenez le flash black si vous préférez la version cinématographique de J. Demme (1999), même que la Bande annonce, j'ai pas su la visionner sur Allociné, dommage...
Il a vraiment fallu que je m'investisse dans ce livre, mais un investissement qui allait s'avérer oh combien rentable ! Ne craignez pas de découvrir l'intrigue à cause de la 4em de couverture comme j'ai pu lire dans certaines critiques, on ne peut pas connaître l'intrigue, si on ne se met pas à la place du, voire des, personnages du roman; place d'ailleurs pas enviable pour deux sous, s'ils souriaient c'est qu'ils avaient un mors en travers la bouche !!! Je vous invite à approfondir l'histoire de l'abolition de l'esclavage aux USA, affranchis ou pas, les esclaves continuaient à mener une vie de timbrés....'chaque jour était une affliction et une épreuve". Dans ces conditions, on comprendra les transes du prédicateur, des apparitions de fantôme, des consomptions incontrôlées, des règlements de compte à tout va, des arbres qui vous poussent dans le dos et j'en passe et des meilleurs ...
Conclusion : du jamais lu, (quoique Faulkner, le bruit et la fureur !! ), écriture réaliste mais poétique, ça vaut largement un Nobel.
J'entends déjà , là-bas dans le vent, un Dylan qui n'en dit pas long ....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          614
bilodoh
13 février 2015
  • 5/ 5
Une femme dans une maison hantée par le fantôme de son enfant qu'elle a elle-même tuée, l'écriture incisive de Toni Morrison fait mal.

Dans cette maison de la banlieue de Cincinnati dans l'Ohio où vit Sethe, des phénomènes étranges se produisent et persécutent ses habitants. Lorsqu'une jeune fille apparait à sa porte, elle devient le fantôme de sa fille assassinée et peu à peu, la maisonnée bascule dans la folie.

En flash-back, on apprendra ce qui s'est passé, la terrible histoire des esclaves dans les plantations du sud des États-Unis, des hommes battus, torturés, vivant dans des conditions immondes, des femmes violées, qu'on traite comme des « poulinières » et dont on peut vendre les enfants.

Un maître bon aussi parfois, qui traite ses esclaves comme des hommes, leur permet d'apprendre à lire et à compter et leur confie même des fusils pour qu'ils puissent se ravitailler dans les bois. Mais à la mort de ce Blanc, la fuite devient la seule option, au risque d'être poursuivi par les chasseurs d'esclaves.

Le contexte historique est celui du milieu du 19e siècle, avec la Guerre de Sécession qui mettra officiellement fin à l'esclavage. La violence envers ces Noirs ne cessera pas immédiatement pour autant… (Ce n'est pas dans le roman, mais Martin Luther King, c'est juste 100 ans plus tard!)

Dans le livre de Morrison, l'histoire de fantôme tranche avec la réalité brutale, mais les superstitions ajoutent aussi à l'ostracisme envers la femme infanticide et on comprend aisément que sa raison s'effrite devant l'insupportable.

Un lourd moment de l'histoire de l'Amérique…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          500
Citations & extraits (104) Voir plus Ajouter une citation
JOE5JOE520 novembre 2016
Les Blancs étaient persuadés que, quelles que fussent leurs manières, sous toute peau sombre se cachait une jungle. Eaux rapides et non navigables, babouins hurlant et se balançant, serpents endormis, gencives rouges prêtes à boire le doux sang blanc. En un sens pensait Acquitté, ils avaient raison. Plus les gens de couleur dépensaient d'énergie à tenter de convaincre les Blancs de leur douceur, de leur intelligence et de leur nature aimante, humaine, plus ils s'épuisaient à les convaincre de ce dont eux, les Noirs, ne pensaient pas que l'on pût douter, et plus la jungle s'épaississait en eux et devenait inextricable. Mais ce n'était pas la sorte de jungle qu'ils apportaient ici en venant de l'autre endroit (vivable). C'était une jungle que les Blancs avaient plantée. Et elle poussait. Elle s'étendait. Sous les peaux, pendant et après la vie, elle s'étendait, jusqu'à envahir les Blancs qui l'avaient cultivée. Touchait chacun d'entre eux. Les changeait et les transformait. Les rendait sanguinaires, idiots, pires qu'eux-mêmes l'eussent souhaité, tant ils étaient terrifiés par la jungle qu'ils avaient semée. Le babouin hurleur vivait alors sous leur propre peau blanche ; les gencives rouges devenaient les leurs.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
KrisPyKrisPy27 novembre 2014
Courbé derrière elle, le corps en arc de bonté, il tenait ses seins dans les paumes de ses mains. Il frottait sa joue contre son dos, et apprit ainsi sa peine, avec ses racines, son large tronc et ses branches ramifiées. Remontant les doigts vers les agrafes de sa robe, il sut, sans les voir ni entendre le moindre soupir, que ses larmes coulaient, pressées. Et lorsque le haut de sa robe tomba autour de ses hanches et qu'il vit la sculpture qu'était devenu son dos, pareil à l'oeuvre décorative d'un forgeron trop passionné pour l'exposer, il pensa sans l'exprimer : "Oh ! Seigneur, petite !" Et il sut qu'il n'aurait de paix avant d'en avoir suivi des lèvres chaque saillant et chaque feuille, ce dont Sethe ne sentit rien, parce que la peau de son dos était morte depuis des années. La seule chose qu'elle savait, c'était que la responsabilité de ses seins reposait, enfin, dans les mains de quelqu'un d'autre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
bilodohbilodoh13 février 2015
Des femmes fortes et sages le voyaient, et lui disaient des choses qu’elles ne se racontaient qu’entre elles : que longtemps après le retour d’âge, le désir en elles était subitement devenu intense, avide, plus sauvage que lorsqu’elles avaient quinze ans, et que cela les embarrassait et les rendait tristes ; que secrètement, elles aspiraient à mourir — pour en être quittes ; que le sommeil leur était plus précieux que n’importe quelle journée de veille.
(10/18, p.31)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          370
ninosairosseninosairosse16 octobre 2016
"Dépose-les, Sethe. Epée et bouclier. Pose-les. Pose. A terre, l'un et l'autre. A terre au bord de la rivière. Epée et bouclier. Ne cherche plus la guerre. Dépose tout ce fourbi. Epée et bouclier."
Et sous la pression des doigts et de la voix paisible qui ordonnait, elle s'exécutait. Les lourds poignards de ses défenses contre le malheur, les regrets, l'amertume et la douleur, elle les déposait un à un sur une rive au-dessous de laquelle ruisselait une eau claire.

p124
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
ninosairosseninosairosse15 octobre 2016
Les spores des fougères bleues qui poussent dans les creux, au long de la berge, flottent vers l'eau en filets d'argent bleuté difficiles à voir si l'on n'est pas les pieds dessus ou tout proche, couché juste au bord de la rivière, là où les rayons du soleil sont les plus bas et affaiblis. Souvent on les méprend pour des insectes, mais ce sont des graines où sommeille toute une génération, confiante en son avenir. Et il est facile de croire un instant que chacune a un futur, qu'elle deviendra tout ce qui est contenu dans sa spore : qu'elle vivra tous ses jours de vie comme prévu. Mais cette certitude ne dure que l'espace d'un instant; peut-être même plus longtemps que la spore elle-même.

p122
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          233
Videos de Toni Morrison (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Toni Morrison
Christine Laferrière - "Délivrances" de Toni Morrison .Christine Laferrière, traductrice de Toni Morrison vous présente "Délivrances". Parution août 2015 aux éditions Bourgois. Rentrée littéraire automne 2015. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/morrison-toni-delivrances-9782267028782.html Notes de Musique : ?America? (by Cooper-Moore & Assif Tsahar) Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : esclavageVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Beloved de Toni Morrison

De quoi s'inspire ce roman ?

D'un fait divers
De rien
De la vie de l'auteur

7 questions
36 lecteurs ont répondu
Thème : Beloved de Toni MorrisonCréer un quiz sur ce livre
. .