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ISBN : 2264039167
Éditeur : 10-18 (2004)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 527 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Vers 1870, aux États-Unis, près de Cincinnati dans l'Ohio, le petit bourg de Bluestone Road, dresse ses fébriles demeures.

L'histoire des lieux se lie au fleuve qui marquait jadis pour les esclaves en fuite la frontière où commençait la liberté. Dans l'u... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Marple, le 09 juin 2014

    Marple
    Beloved est un roman magnifique sur l'amour, la force, la culpabilité, l'esclavage, la dignité, la solidarité. C'est l'histoire de Sethe, jeune et belle esclave échappée, et de ses enfants, vivants ou morts, dans un monde âpre qui souvent les juge et les broie.
    Sans en dire plus sur l'intrigue (pour ne pas gâcher le plaisir d'éventuels futurs lecteurs, à qui je recommande d'ailleurs d'éviter la 4ème de couverture), je vais essayer d'expliquer pourquoi ce livre m'a tellement plu. Au-delà de l'histoire, au-delà même des thèmes abordés, c'est le ton qui est juste, et les sentiments, et les réactions d'épuisement, de folie ou d'incompréhension.
    Par les mots de Sethe surtout, mais aussi par moments par ceux de Denver, de Payé-Acquitté, de Paul D., de Baby Suggs ou encore de Beloved, on comprend que la tragédie n'est pas ce moment terrible dans le bûcher, mais tous les événements qui y ont mené et qui l'ont suivi. On comprend aussi que, dans certaines circonstances, la dignité peut valoir plus cher que la vie, le meurtre être un acte d'amour, et la culpabilité ressentie bien plus dure à supporter que les sanctions de la société...
    Toni Morisson a réussi dans ce roman à rapprocher les paradoxes : c'est poignant mais plein d'humour, empli d'amour mais aussi de solitude et de malheur, tragique mais teinté d'espoir. Bref, c'est magnifique.
    Lu dans le cadre du challenge Nobel de Gwen21.
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    • Livres 4.00/5
    Par gouelan, le 29 août 2014

    gouelan
    Roman poignant ,bouleversant et dérangeant également. Il nous montre l'homme dans toute sa cruauté et il nous fait honte.
    Il y a l'esclavagiste qui se montre tel qu'il est, animal plutôt qu'homme, brutal et stupide. Il agit par ignorance et aussi par peur . Il lui faut le fusil pour montrer sa virilité et sa toute puissance.
    Il y a aussi l'autre type d'esclavagiste,hypocrite,qui se dit respectueux des noirs. Certes, il ne les brutalise pas, il les traite bien, il leur donne la parole. Mais leur liberté ne va pas plus loin. Leur corps, leurs pensées, leurs actes sont tout de même entravés par leur soumission, leur asservissement. Il peut changer à tout moment d'avis. S'il a besoin d'argent, il les vendra comme du bétail.
    On se rend compte, dans ce roman, de la dureté de l'existence d'un esclave. Rien ne lui appartient, ni son corps, ni l'air qu'il respire, ni le ciel, ni la terre qu'il foule. Il ne faut surtout pas trop aimer, surtout ne pas trop regarder son enfant qui vient de naître, ne pas s'y attacher, car si on le brise cet enfant, il sera impossible de se relever.
    Sethe n'a pas été séparée de ses enfants, elle les a aimés. Elle ne pourra pas autoriser qu'on les lui prenne pour en faire des petits esclaves et qu'on les traite pire que du bétail. Son acte d'amour la hantera toute sa vie. On ne peut pas pardonner mais on comprend son acte d'amour courageux et désespéré.
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    • Livres 5.00/5
    Par Under_The_Moon, le 26 janvier 2013

    Under_The_Moon
    1ère année de fac, et 1ère lecture imposée.
    Et là : bada-boum ! C'est le coup de coeur !!
    J'ai été tout de suite happée par ce récit. Un récit de femme, et de femme noire qui plus est. Une femme blessée et meurtrie dans sa chaire. Coupable, oui mais de quoi ? D'être née femme et esclave ? D'avoir trop bien compris sa situation au point d'avoir peur de la faire revivre à quelqu'un d'autre (et par conséquent d'en être responsable) ?
    C'est vrai que l'écriture de Toni Morrison n'est pas toujours facile à comprendre car elle transcris avec une très grande fidélité le "parler" afro-américain. Alors quand on y rajoute les ellipses temporelles et retour en arrière... ça peut être un véritable cauchemar stylistique !
    Mais c'est un roman tellement fort qu'on oublie vite cet aspect. C'est l'un des romans où il y a tellement de choses à dire -je trouve - qu'on finit par ne pas pouvoir résumer le tout dans une critique. S'il n'y avait qu'un livre de cette auteure à lire, c'est celui-ci à n'en pas douter.
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    • Livres 5.00/5
    Par Thorp, le 31 juillet 2012

    Thorp
    On pourrait croire que « Beloved », essaimé de quelques noms propres avenants comme « Bon-Abri », « Femme-aux-cinquante-kilomètres » ou « Ici-couché » augure de choses colorées et poétiques, issues d'un folklore africain. Il n'en est rien. Ce roman est ténébreux, il renvoie une image sous-exposée, aux détails flous, les personnages y sont déprimés, les couleurs désaturées.
    Visite des bas-fonds de l'humanité, liés aux conditions de l'esclavagisme à la fin du 19e, aux Etats-Unis. Toni Morrison accroche le lecteur dans les mailles de sa narration alambiquée et le plonge dans un univers ensorcelé, mystères et souffrances humaines entremêlées, à partir de flash-back sur l'histoire de Sethe, esclave évadée du Bon-Abri et poursuivie depuis par le fantôme de son bébé. Brrr. Dans « Beloved », des enfants disparaissent et des revenants surgissent, le quotidien s'inquiète de phénomènes surnaturels et le lecteur s'englue dans des sables mouvants, comme dans un mauvais rêve. Mais au dessus de tout ça, magistrale, resplendit l'écriture envoûtante de Toni Morrison.
    Au final un sentiment complexe m'habite, à mi-chemin entre le ouf de soulagement qui a ponctué la fin de cette lecture malgré tout compliquée, et l'impression d'avoir lu un grand roman.
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    • Livres 5.00/5
    Par bilodoh, le 13 février 2015

    bilodoh
    Une femme dans une maison hantée par le fantôme de son enfant qu'elle a elle-même tuée, l'écriture incisive de Toni Morrison fait mal.

    Dans cette maison de la banlieue de Cincinnati dans l'Ohio où vit Sethe, des phénomènes étranges se produisent et persécutent ses habitants. Lorsqu'une jeune fille apparait à sa porte, elle devient le fantôme de sa fille assassinée et peu à peu, la maisonnée bascule dans la folie.

    En flash-back, on apprendra ce qui s'est passé, la terrible histoire des esclaves dans les plantations du sud des États-Unis, des hommes battus, torturés, vivant dans des conditions immondes, des femmes violées, qu'on traite comme des « poulinières » et dont on peut vendre les enfants.

    Un maître bon aussi parfois, qui traite ses esclaves comme des hommes, leur permet d'apprendre à lire et à compter et leur confie même des fusils pour qu'ils puissent se ravitailler dans les bois. Mais à la mort de ce Blanc, la fuite devient la seule option, au risque d'être poursuivi par les chasseurs d'esclaves.

    Le contexte historique est celui du milieu du 19e siècle, avec la Guerre de Sécession qui mettra officiellement fin à l'esclavage. La violence envers ces Noirs ne cessera pas immédiatement pour autant… (Ce n'est pas dans le roman, mais Martin Luther King, c'est juste 100 ans plus tard!)

    Dans le livre de Morrison, l'histoire de fantôme tranche avec la réalité brutale, mais les superstitions ajoutent aussi à l'ostracisme envers la femme infanticide et on comprend aisément que sa raison s'effrite devant l'insupportable.

    Un lourd moment de l'histoire de l'Amérique…
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Citations et extraits

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  • Par michelekastner, le 22 juillet 2015

    Sethe avait eu la chance étonnante d'être mariée six années pleines à ce "quelqu'un" de fils, qui engendra tous ses enfants. Bénédiction qu'elle fut assez insouciante pour la considérer comme acquise, sur laquelle elle fit fond, comme si le Bon Abri en eût vraiment été un. Comme si une poignée de myrte fourrée dans la poignée d'un fer à repasser coincé contre la porte de la cuisine d'une femme blanche eût pu la faire sienne. Comme si un brin de menthe dans la bouche changeait l'haleine tout autant que son odeur. Plus idiote jamais ne vécut.
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  • Par kris334, le 27 novembre 2014

    Courbé derrière elle, le corps en arc de bonté, il tenait ses seins dans les paumes de ses mains. Il frottait sa joue contre son dos, et apprit ainsi sa peine, avec ses racines, son large tronc et ses branches ramifiées. Remontant les doigts vers les agrafes de sa robe, il sut, sans les voir ni entendre le moindre soupir, que ses larmes coulaient, pressées. Et lorsque le haut de sa robe tomba autour de ses hanches et qu'il vit la sculpture qu'était devenu son dos, pareil à l'oeuvre décorative d'un forgeron trop passionné pour l'exposer, il pensa sans l'exprimer : "Oh ! Seigneur, petite !" Et il sut qu'il n'aurait de paix avant d'en avoir suivi des lèvres chaque saillant et chaque feuille, ce dont Sethe ne sentit rien, parce que la peau de son dos était morte depuis des années. La seule chose qu'elle savait, c'était que la responsabilité de ses seins reposait, enfin, dans les mains de quelqu'un d'autre.
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  • Par bilodoh, le 13 février 2015

    Des femmes fortes et sages le voyaient, et lui disaient des choses qu’elles ne se racontaient qu’entre elles : que longtemps après le retour d’âge, le désir en elles était subitement devenu intense, avide, plus sauvage que lorsqu’elles avaient quinze ans, et que cela les embarrassait et les rendait tristes ; que secrètement, elles aspiraient à mourir — pour en être quittes ; que le sommeil leur était plus précieux que n’importe quelle journée de veille.
    (10/18, p.31)
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  • Par ssstella, le 03 mars 2013

    Que tout Blanc avait le droit de se saisir de toute votre personne pour un oui ou pour un non. Pas seulement pour vous faire travailler, vous tuer ou vous mutiler, mais pour vous salir. Vous salir si gravement qu'il vous serait à jamais impossible de vous aimer. Vous salir si profondément que vous en oubliiez qui vous étiez et ne pouviez même plus vous en souvenir. Et qu'alors même qu'elle, Sethe, et d'autres étaient passés par là et y avaient survécu, jamais elle n'aurait pu permettre que cela arrive aux siens. Le meilleur d'elle, c'étaient ses enfants. Les Blancs pouvaient bien la salir, elle, mais pas ce qu'elle avait de meilleur, ce qu'elle avait de beau, de magique -la partie d'elle qui était propre.
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  • Par Jeannepe, le 28 décembre 2013

    Sethe regarda ses mains, ses manches vert bouteille et pensa au peu de couleur qu’il y avait dans la maison, et comme il était étrange que cela ne lui ait pas manqué de la même façon qu’à Baby. Délibéré, se dit-elle, cela doit être délibéré, car la dernière couleur dont elle se souvînt était le rose qui pailletait la pierre tombale de sa petite fille. Après cela, elle n’avait pas eu plus conscience des couleurs qu’une poule. Chaque jour à l’aube, elle cuisinait des tartes aux fruits, des plats de pommes de terre et de légumes tandis que le cuisinier s’occupait de la soupe, la viande et tout le reste. Et pour autant qu’elle se souvînt, elle ne gardait même pas souvenance d’une pomme rouge ou d’un potiron jaune. Chaque jour à l’aube, elle voyait l’aurore, mais n’enregistrait ni ne remarquait jamais sa couleur. Il y avait là quelque chose qui n’allait pas. C’était comme si, un jour, elle avait vu le sang rouge d’un bébé, un autre jour les paillettes roses de la pierre tombale, et puis plus rien.
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Vidéo de Toni Morrison

Christine Laferrière - "Délivrances" de Toni Morrison .
Christine Laferrière, traductrice de Toni Morrison vous présente "Délivrances". Parution août 2015 aux éditions Bourgois. Rentrée littéraire automne 2015. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/morrison-toni-delivrances-9782267028782.html Notes de Musique : ?America? (by Cooper-Moore & Assif Tsahar) Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/








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