> Anne Wicke (Traducteur)

ISBN : 2264041161
Éditeur : 10-18 (2008)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 35 notes) Ajouter à mes livres
Dans les années quarante, Bill Cosey possédait un hôtel pour Noirs fortunés sur la côte Est des Etats-Unis. En 1971, à sa mort, tout bascule ; l'ancien lieu idyllique se transforme en un champ de bataille où s'affrontent des femmes obsédées par son souvenir. Désormais â... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par MClo85, le 16 janvier 2012

    MClo85
    Un très beau livre qui retrace la vie d'une famille noire sur plusieurs générations. Histoire d'amitié entre fillettes, détruite par les adultes, par l'incompréhension d'un monde qu'elles ne comprennent pas. Très poétique et très bouleversant. On traverse la période de ségrégation, des luttes pour la liberté mais aussi Toni Morrison nous fait découvrir les luttes à l'intérieur de la communauté noire, il y a des riches et des pauvres, ceux qui exploitent comme du temps de l'esclavage. Une richesse de caractère des personnages qui font vivre ce livre
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 13 octobre 2010

    LiliGalipette
    Roman de Toni Morrison. Lecture commune avec Ax'l.
    Sur la côté Est des États-Unis, Bill Cosey, Noir qui a réussi, possède un hôtel où se retrouvent les Noirs fortunés. Amateurs de femmes et de plaisirs, il est l'homme à qui tout réussit, celui que l'on admire, celui que l'on sollicite, celui que l'on envie. À sa mort, les femmes qui ont traversé sa vie se disputent un héritage qu'un testament ambigu rend indéchiffrable. Il y a May, la belle-fille, l'épouse du fils adoré mort trop tôt, la femme qui a tenu l'hôtel pendant des années. Il y a Christine, la petite-fille, l'enfant de May et de Billy Boy, celle qui veut obtenir l'héritage que le sang lui reconnaît. Il y a Heed, la femme-enfant, épousée alors qu'elle n'avait que 11 ans, l'épouse-jouet qui veut obtenir les biens laissés par le mari mort. Il y a aussi Vida, l'employée reconnaissante, L, la cuisinière et figure imposante de l'hôtel, Célestial, la beauté cachée, la femme ultime. Il y a enfin Junior, gamine des rues qui entre dans la maison où Heed et Christine alimentent une haine qui dure depuis leur enfance. Dans la demeure aux pièces poussièreuses et encombrées, Junior avive et résoud les animosités.
    Love, c'est "une histoire qui montrerait comment des femmes dévergondées pouvant mettre à terre un homme bon." (p. 19) Un homme bon? Chaque chapitre porte un intitulé qui révèle le lien avec une femme en particulier: l'ami, le père, l'amant, etc. Bill Cosey est un homme généreux, un homme franc et ouvert. Bill Cosey dissimule aussi des secrets des vices que toutes les femmes de sa vie ont découvert. Chacune a son propre portrait d'un homme solitaire. Love, c'est une déclinaison du sentiment. Les personnages du roman aiment et détestent, et ils aiment détester.
    Love, c'est aussi l'histoire des Noirs aux États-Unis, de la ségrégation et des préjugés. L'écriture de Toni Morrison sublime l'histoire afro-américaine et l'histoire de femmes unies dans la même haine et autour de la même blessure. Je découvre l'auteure avec ce roman. Aucun doute que je poursuivrai ma découverte. Et encore une fois, 10-18 m'a séduite avec un texte de qualité!
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par lacazavent, le 06 mai 2012

    lacazavent
    Voilà un livre qui me laisse perplexe, c'est le premier livre que je lis écrit par Toni Morrison et je dois dire que j'ai vraiment été dérouté par son écriture. Les portraits de femme se croisent et s'entrecroisent autour de la figure d'un même homme qui fut pour l'une un mari, l'autre un père, un amant, un ami ...etc
    J'ai mis beaucoup de temps avant de réussir à imbriquer correctement les différentes pièces des témoignages, je ne comprenais pas grand chose aux rapports entretenues entres elles enfin avant les pages 200. Une petite explication dans le style des pièces de théâtre m'aurait été bien utile, par exemple : May, femme de … fille de … mère de ... / Heed, femme de …
    L'écriture complexe m'a également obligé à quelques aller retour en arrière, histoire d'être sûr de la personne qui raconte.
    Mais au delà de cette impression de brouillon, étonnamment dès les premières phrases je me suis laissé emporté par l'atmosphère de tension, de rancœur, de passion et de mystère si bien recrée par Toni Morrison. J'ai été conquise par sa narration où j'ai vu se refléter les différentes facettes de l'amour, elle n'hésite pas à faire passer ses personnages de l'envie au désir, à l'obsession, à la langueur. Ce roman, c'est le cycle autour d'un premier amour indélébile, un amour qui nous emporte et nous marque pour toujours.
    J'ai aimé ces portraits de femme même si le puzzle trop lent à se former m'a quelque peu gâcher ma lecture...
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ph_hugot, le 18 décembre 2011

    ph_hugot
    Un de ses meilleurs romans du prix nobel de la littérature (avec Beloved), Dans ce livre, paru en 2004, Toni Morrison nous plonge à la fois dans une réflexion sur l'histoire de la communauté afro-américaine et dans un huis clos psychologique, qui lui permet une présentation extrêmement pénétrante des relations des femmes entre elles, toujours en rivalité pour être l'élue d'un seul et même homme aux multiples facettes. Toni Morrison épate par son sens du détail et son art de la construction d'un récit :les pièces du puzzle se mettent en place petit à petit, par une narration qui alterne les récits des différents personnages mais aussi grâce à des vérités cachées et de savants oublis. La situation de départ peut sembler claire, mais on se rend vite compte que les apparences sont réellement trompeuses. Et ce coup de théâtre final, aussi surprenant que convainquant, achève de rendre cet ouvrage absolument incontournable.

    Lien : http://www.baz-art.org/archives/2011/12/18/22944079.html?t=132422216..
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    • Livres 4.00/5
    Par csapin, le 01 mai 2012

    csapin
    Toujours sur les conseils de Lire, j'ai commencé à découvrir l'oeuvre d'une romancière, professeur en littérature et éditrice américaine qui fut la huitième femme (sur onze seulement depuis 1900) et seule auteur afro-américaine à recevoir le prix Nobel de littérature.
    Dans ce roman, Toni Morrison dépeint les relations complexes unissant plusieurs femmes autour d'un seul homme tout en inscrivant l'ensemble dans le contexte historique de la misère des Noirs au Etats-Unis. Dans un style rythmé alternant les époques, les narrateurs et les registres de langue tantôt soutenu, tantôt argotique et métissé, l'écrivain reconstitue fragment par fragment la mémoire de tout un peuple victime de l'esclavage puis de la ségrégation mais également de ses guerres intestines.
    La vivacité et l'entremêlement narratifs nécessitent une grande attention de la part du lecteur qui va de surprise en surprise en fil du récit mais l'écriture et la trame inattendues, bien loin des clichés historiques, rendent l'ensemble incontestablement captivant.

    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2008/08/02/charlotte-sapin-lov..
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Citations et extraits

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  • Par MClo85, le 16 janvier 2012

    Dans des endroits non éclairés, sans réverbères ni néons sonores, la nuit est profonde et elle tombe souvent comme un soulagement, après tant de regards guetteurs ou fuyants. Les voleurs ont besoin de la nuit pour pouvoir être furtifs, mais ils ne peuvent pas la savourer. Les mères attendent la nuit et pourtant elles se blindent contre elle dans leur sommeil. Ce que la nuit offre avant tout, c'est un moyen d'échapper au guet, ainsi qu'aux guetteurs. Tout naturellement, comme les étoiles sont libres d'écrire leur propre histoire et de ne se soucier de rien d'autre ; ou comme les diamants enfin libérés, peuvent retrouver leur beauté brute.
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  • Par MClo85, le 16 janvier 2012

    Pendant qu'ils sont occupés à frimer, à creuser les tombes des autres, à se pendre à une croix, à courir dans les rues, déchainés, les cerises passent tranquillement du vert au rouge, les huitres créent leur perle dans la souffrance, et les enfants ouvrent grande la bouche pour attraper des gouttes de pluie en s'attendant à ce que ces gouttes soient froides, mais ce n'est pas le cas ; elles sont tièdes et elles ont le goût de l'ananas, puis elles se font de plus en plus lourdes, si lourdes et si rapides qu'on ne peut plus en attraper une seule à la fois.
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  • Par MClo85, le 16 janvier 2012

    Les mauvais nageurs veulent alors regagner la côte, tandis que les plus forts attendent les veines argentées de l'éclair. Des nuages vert bouteille s'avancent vivement et poussent la pluie vers les terres, où les palmiers font semblant d'être bousculés par le vent. Les femmes vont se mettre à l'abri en se protégeant les cheveux et les hommes se courbent et tiennent les épaules des femmes contre leur poitrine.
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  • Par liratouva2, le 01 juin 2010

    L'hôtel de Cosey était bien plus qu'un terrain de jeu; c'était une école, un refuge, où les gens pouvaient discuter de la mort qui planait dans les grandes villes, des meurtres commis dans le Mississipi et de ce qu'ils comptaient faire pour réagir autrement qu'en pleurant et en regardant fixement leurs enfants. Puis la musique commençait et venait les convaincre qu'ils pourraient toujours s'en sortir et survivre.
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  • Par liratouva2, le 01 juin 2010

    Lorque Bill Cosey est mort, cela faisait presque cinquante ans que je cuisinais pour lui, et les fleurs de ses funérailles étaient encore fraîches lorsque j'ai tourné le dos à ses femmes.
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Toni Morrison parle de ce qui la motive à écrire.
Non sous-titré.








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