> Anne Wicke (Traducteur)

ISBN : 2267020327
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (2009)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 78 notes) Ajouter à mes livres
« Situé deux cents ans avant Beloved, Un don évoque, dans la même prose lyrique et verdoyante qui caractérisait son précédent roman, le monde beau, sauvage et encore anarchique qu'était l'Amérique du XVIIe siècle. Toni Morrison a redécouvert une voix pressante et poétiq... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 06 juin 2010

    caro64
    Vingt ans après Beloved, Toni Morrison nous emmène de nouveau sur les traces de l'esclavage aux États-Unis, avec un lyrisme et des personnages envoûtants.
    Ouvrir un don, c'est se plonger dans le monde sauvage et encore anarchique qu'était l'Amérique du XVII ème siècle, " un monde si neuf, presque inquiétant de cruauté et de tentation " . C'est aussi se plonger dans l'univers des esclaves et des riches plantations, comme seule Toni Morrison, Prix Nobel de littérature 1993, sait le raconter.
    Il y a tout d'abord Florens, narratrice et esclave. Abandonnée par sa mère, Florens est visitée chaque nuit par le fantôme de celle-ci, hantée par la blessure de cet abandon, par un secret, dont nous découvrirons la clé qu'à la toute dernière page. Florens travaille pour Jacob Vaark et son épouse Rebekka, « Mistress », émigrants européens épris de liberté, et entourée de Lina, l'intendante d'origine amérindienne, et de Sorrow, considérée comme une faible d'esprit.
    Nous suivons Florens, son quotidien, sa découverte de l'amour, ses conditions d'esclave, ses démons. Nous retrouvons à travers son destin les thèmes si chers à l'auteure : l'esclavage, évidemment, l'épreuve, la dureté de l'homme, la façon qu'à chacun de se construire dans l'adversité, la lutte, la douleur, la violence, la destinée.
    Chant lyrique et polyphonique, un don est aussi animé par les songes, les pulsions, les délires et les obsessions de certains personnages, et l'on retrouve la dimension mystique et symbolique que nous avions plaisir à trouver dans Beloved.
    Ce roman demande une attention particulière, le récit se fait à plusieurs voix et dans l'intemporalité. En d'autres termes, on peut être souvent perdu. Il est donc conseillé de ne pas l'avoir entre les mains dans un moment où l'esprit est trop agité. On s'accroche aux premières pages, il ne faut pas se décourager car on finit toujours pas retrouver le fil de l'histoire. … pour se laisser porter, puis envoûter.
    Un très beau livre qui donne envie de relire Beloved !
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par le-mange-livres, le 06 avril 2012

    le-mange-livres
    Bon alors ça y est, je me lance, même si j'ai été la plus cancre de nous tous pour ce premier défi lecture ! J'ai manqué considérablement de discipline ... Je suis totalement hors délai, et je ne vais pas me chercher d'excuses comme celle de mes chers élèves (quoi ? l'ordinateur a encore lâché ?), bref, j'ai été débordée, alors que j'ai fini le bouquin depuis un moment. Mais quand même j'ai eu pas mal de boulot ces temps-ci (et notamment mon nouveau programme !). Mais là n'est pas le sujet, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos colons.

    Tout d'abord, pourquoi "Un don" ? Parce que Toni Morrison est une auteur que j'aime énormément. J'ai eu l'occasion de la découvrir en prépa, et c'est à cette période que j'ai lu ses grands romans. Celui-ci est le dernier traduit en français.
    Ca commence comme ça : "N'aie pas peur. Mon récit ne peut pas te faire de mal malgré ce que j'ai fait et je promets de rester calmement étendue dans le noir - je pleurerai peut-être, oui je verrai parfois à nouveau le sang - mais je ne déploierai plus jamais mes membres avant de me dresser et de montrer les dents".
    Alors de quoi ça cause ? Nous sommes en Amérique, au 17e siècle. le roman s'ouvre sur le monologue de Florens, une jeune noire anciennement esclave, recueillie par Jacob et Rebekka, deux Blancs sous le toit desquels vivent également Sorrow, une jeune fille blanche, et Lina, une Indienne rescapée de l'épidémie qui a décimé sa tribu. L'histoire, enchevêtrée, reconstitue les destins de ces personnages.
    J'ai un avis mitigé sur le bouquin, ou plutôt je suis partagée. J'ai aimé l'évocation de ce cadre très peu familier des débuts de la colonisation américaine, au cœur d'une terre rude et dans des conditions proches de la misère (mortalité infantile, épidémies) où les inégalités sont criantes (voire l'opulence écoeurante dans laquelle vit le planteur duquel Jacob reçoit Florens), mais où se construit progressivement le mythe de l'Amérique et de l'Américain qui se "fait" lui-même, avec un enthousiasme déroutant et parfois aveugle. C'est assez inhabituel, et je ne crois pas avoir lu d'autre roman qui situe son action dans un décor comparable. J'ai d'ailleurs appris plein de choses, comme le travail de ces Blancs enfermés dans un quasi-esclavage interminable pour rembourser le prix de leur traversée, la dette se transférant sur leurs enfants en cas de décès.
    Ce qui permet à Morrison de travailler sur son thème de prédilection, les logiques de la ségrégation et les mécanismes de sa mise en place et de son fonctionnement ; tout ici est suggéré, mais reste percutant, comme cette lecture des annonces pages 65-66 : « Belle femme qui a déjà eu la variole et la rougeole … Beau négrillon d'environ neuf ans … Fille ou femme bonne en cuisine, raisonnable, parlant bien anglais, à la peau entre le jaune et le noir … Cinq années de service d'une engagée blanche qui connaît les travaux de la terre, avec enfant de deux ans passés … Mulâtre très marqué par la variole, honnête et sobre … ».
    Par ailleurs, j'ai beaucoup accroché (plus que Vincent) au côté construit / déconstruit du récit ; on dirait que Toni Morrison travaille un peu comme un Léonard de Vinci avec son sfumato ; elle applique des couches successives à ses personnages qui prennent progressivement un relief incroyable (Florens, Lina, Rebekka ... ou même la mère de Florens). Et je rejoins Danielle sur ce point, les portraits de femme sont splendides, des femmes sans résignation et avec un instinct de vie époustouflant d'énergie et de grandeur.
    Le titre – original – est splendide, mais assez mal traduit en français … il faudrait davantage tourner autour de l'idée de pitié. Il ne prend son sens qu'à la fin, et éclaire rétrospectivement le sens du livre.
    Pourtant, je trouve que certaines pistes auraient pu être plus exploitées, comme le pense aussi Cathy. Par exemple la relation ambigue de Jacob à l'esclavage, et le fait qu'il ait reçu Florens en paiement. Ou encore les relations entre les femmes. C'est peut-être dû à la longueur effectivement assez courte du livre, alors que Toni Morrison écrit d'ordinaire dans des formats différents …
    … et ceux qui n'ont pas trop accroché à Un don peuvent tenter d'autres Morrison, comme L'œil le plus bleu ou Le Chant de Salomon, ou, mieux encore, mon préféré, Beloved. Danielle, tu me diras ce que tu as pensé, mais personnellement, je trouve que – pour un propos au fond équivalent – Beloved est beaucoup plus puissant qu'Un don.
    En ce qui concerne le principe de notre « club » de lecture, je suis assez séduite … malgré les petits ajustements de départ, je trouve le principe assez chouette, d'autant que nous avons des profils assez différents et que nous n'avons pas tous été d'accord sur le bouquin, et c'est très enrichissant … je me rends compte que j'ai énormément parlé de mes lectures ces temps-ci, et ça fait du bien de partager, de communiquer, et d'échanger ! Bref : à quand le prochain ? Je propose que ce soit l'un d'entre vous qui propose cette fois un titre, si vous êtes partants, bien sûr ! Pourquoi pas Danielle ?

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2010/07/un-don-toni-morrison.html
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par raton-liseur, le 28 mai 2012

    raton-liseur
    Je n'avais jamais lu Toni Morrison et ne savais trop par où commencer. La robe froissée et les pieds nus de la couverture de ce livre ont tranché. Pour moi, Toni Morrison, c'est l'écrivain de la condition des Noirs, de l'esclavage. On est ici à la fois loin et proche de ces thèmes.
    A la fin du XVIIème siècle, dans une Amérique où tout reste à coloniser, où la ségrégation n'est pas encore érigée en système et où l'esclavage est encore multi-racial, ce roman est l'histoire d'un domaine agricole comme tant d'autres. Un couple de blancs à la tête bien sûr, et un échantillon de la nouvelle Amérique comme main-d'œuvre, de l'indienne à la noire, en passant par les blancs, dont certains payaient leur passage par des années de servitude sans fin.
    Dans un style apparemment très déconstruit, mêlant les voix des différentes femmes du domaine, ne respectant aucune chronologie, Toni Morrison fait une peinture sombre de l'exploitation de l'homme par l'homme, quelles qu'en soient les formes et les couleurs, à un moment charnière d'un pays en train de construire ses valeurs et où les mécanismes de la ségrégation ne sont encore qu'en germe.
    Même si Toni Morrison rend très bien la singularité des voix de ses différents personnages, même si elle sait créer un environnement délétère en ne faisant que le suggérer, je n'ai pas vraiment été sensible à ce livre, dont la structure m'a paru trop complexe sans que cela n'apporte beaucoup au propos. La forme me paraît finalement par trop prendre le pas sur le fond, et la singularité de l'histoire nuit au message qui se veut universel.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 17 juin 2009

    annie
    Tout simplement superbe !
    *
    Miséricordieuse Amérique
    Avec un don, qui ressemble à un prequel de Beloved, Toni Morrison revient sur le basculement de l'esclavage à l'institutionnalisation du racisme.
    A travers les récits croisés de personnages en proie à l'extrême violence de la conquête du Nouveau Monde, le roman exalte la brutalité d'une nature sauvage, et celle des rapports entre des humains en quête de survie.
    Born in the USA
    Toni Morrison occupe une place auréolée de respect, qui en fait en quelques sortes la "boss" de la littérature américaine. Prix Pulitzer pour Beloved, puis nobélisée en 1993, l'écrivain incarne, à 78 ans, la matriarche adorée d'une nation réconciliée autour d'un messianique président métis.
    Et c'est bien à la naissance de l'Amérique dans ce qu'elle a de plus sublime et pervers à laquelle elle s'attaque inlassablement tout au long de son œuvre.

    Dans un don, elle évoque le péché originel du massacre des Indiens : c'est dans la douleur que la glorieuse nation s'est imposée au reste du monde. Entre l'extrême rudesse d'une nature à peine déflorée et l'incroyable violence des rapports humains, le roman montre l'immense fragilité de vies sans cesse menacées : celles des riches comme celles des pauvres, des blancs comme des noirs, des hommes comme des femmes.
    Damnés
    Si, au XVIIe siècle, naître femme, pauvre et noire prédestine à une courte vie faite de dur labeur et de souffrance, tous les personnages de Morrison semblent damnés d'avance.
    Il y a Florens, l'esclave à la peau d'ébène abandonnée par sa mère à un maître jugé bon et juste par cette dernière - c'est à cet abandon que renvoie "le don" évoqué par le titre.
    Pressentant la chute du maître sudiste surendetté, cette mère n'a pour seul espoir que de voir sa fille partir vers un Nord plein de promesses, aux côtés de Jacob le libre penseur, abolitionniste avant l'heure. Mais au fur et à mesure que la terrible variole décime des villages entiers, le poison du matérialisme s'instille dans l'esprit modeste du simple marchand.
    Entre puritanisme et folie de la possession, l'essence même du dilemme américain prend corps.
    Pour enraciner son nom dans cette terre vierge, Jacob a besoin d'une femme. Il la trouvera en la personne de Rebekka qu'il fait venir de l'ancien monde pestilentiel. Pour elle, blanche mais non dotée, peu de choix : elle sera épouse, prostituée ou servante.
    Même sort pour toutes les femmes qui accompagnent son atroce périple vers une nouvelle vie :
    « L'une d'elles, Anne, était envoyée au loin en disgrâce, par sa famille.
    Deux autres, Judith et Lydia, étaient des prostituées auxquelles il avait été demandé de choisir entre la prison et l'exil. Lydia était accompagnée de sa fille, Patty, une petite voleuse de dix ans.
    Une autre, Abigail, fut rapidement transférée dans la cabine du capitaine et une autre encore, Dorothea, était une vide-gousset condamnée au même choix que les prostituées.
    Seule Rebekka, dont le passage était payé d'avance, allait se marier. Les autres seraient accueillies par des parents ou des artisans qui paieraient pour leur voyage - sauf la vide-gousset et les prostituées dont les frais et l'entretien seraient remboursés par des années et des années de travail non rémunéré. »
    Don de sagesse
    Toni Morrison revient sur une page d'histoire fondatrice : celle du moment où l'Amérique, pays de cocagne et de liberté, de violence mais de solidarité, bascule dans le racisme d'Etat dont elle porte encore des cicatrices.
    Elle raconte la possibilité - effleurée puis abandonnée - d'une communion harmonieuse, respectueuse, d'une famille recomposée entre croyants et athées, blancs et noirs, hommes et femmes.
    Sa plume, virtuose et réaliste, dépeint le quotidien d'orphelins trop petits, trop faibles face aux dangers qui les entourent : l'intolérance religieuse, la peur de l'autre, une nature immense et hostile.
    En rappelant à bon escient que le racisme est une construction intellectuelle et qu'on ne naît pas esclave, Toni Morrison nous fait assurément un don précieux : celui de la mémoire avisée d'une grande dame résolument optimiste, mais qui ne crierait pas trop vite victoire.
    source : Mélanie Duwat-Le 05 mai 2009- http://livres.fluctuat.net/toni-morrison/livres/un-don/5561-chronique-Misericordieuse-Amerique.html

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par Delaetitia, le 29 juillet 2009

    Delaetitia
    "N'aie pas peur. Mon récit ne peut pas te faire du mal malgré ce que j'ai fait" : Tout commence par une confession. Celle de Florens la narratrice, l'esclave. Seule, face à ses démons, elle se souvient et raconte à sa manière l'histoire de sa vie. Hantée par le terrible abandon de sa mère qui lui préfère son petit frère, cédée par un commerçant portugais en échange d'une dette envers Jacob Vaark, fermier libéral, la jeune Florens suit son nouveau maître vers le Nord, vers une nouvelle vie. Blessée, meurtrie au plus profond de son âme, la jeune fille se défend toutefois d'interpréter le message de "a minha mãe", le spectre de ses nuits, au cœur duquel se cache le secret de ce douloureux abandon. Sacrifice qui ne sera révélé qu'à la toute fin et qui donnera au roman, toute son ampleur.
    Le temps s'écoule à la ferme Vaark. Entourée de Jacob Vaark et de son épouse Rebekka, émigrants européens épris de liberté, de Lina, l'intendante d'origine amérindienne, de Sorrow, la rêveuse - considérée comme une simple d'esprit -, Florens va découvrir l'amour, ses vertiges mais aussi ses désillusions, jusqu'au drame. Tout ce petit monde vit dans une parfaite autarcie aux accents de Paradis perdu mais pour encore combien de temps ? Ce cocon familial qu'ils se sont construit malgré leurs différences peut-il survivre aux méfaits du temps ?
    Si dans Beloved, l'auteur évoquait le récit bouleversant d'une mère visitée par le fantôme de son enfant, à qui elle a oté la vie afin de lui épargner la pire des conditions : naître esclave, dans un don, les rôles s'inversent. L'enfant, qui est ici une jeune fille, est hantée par celle qui l'a mise au monde, en cette fin de XVIIe siècle. Période clé pour ce Nouveau-Monde, pour cette nation américaine naissante, si sauvage et qui ne fait pas encore grande différence entre esclaves noirs, blancs et indigènes. du moins, jusqu'à ce qu'une révolte - celle de Bacon - opposant serviteurs et esclaves contre les puissants (en 1676) vienne poser les fondements de la ségrégation raciale américaine. Telle une formidable conteuse, Toni Morrison, Prix nobel de la littérature en 1993 et écrivain engagé, offre une lecture à plusieurs voix, entremêlant les pensées des divers protagonistes dans un tourbillon de sang et de larmes, d'espoir et d'amour. Douée d'une plume métaphorique, fertile et soignée, l'auteur remonte aux origines de l'esclavage et l'explique au travers d'une mosaïque d'individus venus d'ailleurs.

    Lien : http://au.fil.de.mes.lectures.over-blog.fr/article-33889822.html
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°131 - septembre 2009 - C'est à la fin du XVIIe siècle, dans une Amérique naissante et chaotique, alors que racisme et esclavage ne se confondent pas encore, que se déroule le nouveau roman de Toni Morrison (prix Nobel de littérature 1993). Dans ce contexte historique bien particulier où les esclaves peuvent être noirs, blancs ou indigènes, l'auteur mène une réflexion sur la signification de la « servitude » en suivant Florens, une jeune fille donnée par sa mère à Jacob Vaark dans l'espoir de lui offrir une vie meilleure. À la voix principale de Florens, que l'on voit passer, au fil du roman, du statut d'esclave à celui d'esclave de la passion, se mêlent, comme autant de variations sur la notion de servitude, les voix des autres habitants du domaine Vaark : Rebekka, la femme de Sir choisie par arrangement, Lina, la gouvernante totalement dévouée, ou encore la bien nommée Sorrow, la sauvage simple d'esprit aux étranges pouvoirs.
    Au-delà de la réflexion sur l'esclavage, on retrouve les thématiques chères à Toni Morrison, comme celle de la maternité : Florens est hantée par sa mère, a minha mae, qui revient de manière obsédante lui expliquer qu'elle ne l'a pas abandonnée, mais a tenté de lui faire « don » d'une vie meilleure. Le roman est servi par la magnifique plume de Toni Morrison (totalement respectée par la traduction d'Anne Wicke), maniant les beautés de la langue avec une incroyable fluidité et une grande poésie, réussissant ainsi à faire surgir la beauté fulgurante de l'horreur du quotidien. Marianne Joly

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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 06 juin 2010

    Ils avaient jadis pensé qu'ils formaient une sorte de famille parce qu'ils avaient créé ensemble un compagnonnage à partir de l'isolement. Mais la famille qu'ils imaginaient être devenus était fausse. Quel que fût ce que chacun aimait, recherchait ou voulait fuir, leurs avenirs étaient séparés et imprévisibles. Une seule chose était certaine, le courage seul ne suffirait pas. Sans les liens du sang, il ne voyait rien à l'horizon pour les unir.
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  • Par caro64, le 06 juin 2010

    La pluie elle-même devint une chose tout à fait nouvelle : de l'eau propre sans aucune trace de suie qui tombe du ciel. Elle joignait les mains sous son menton et contemplait des arbres plus hauts qu'une cathédrale, du bois de chauffage si abondant que cela faisait rire, puis pleurer. Elle n'avait jamais vu des oiseaux pareils, ni bu de l'eau fraîche coulant sur des pierres blanches visibles.
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  • Par mademoisellepenelope, le 12 août 2010

    Dans la poussière où mon coeur va demeurer chaque nuit et chaque jour jusqu'au moment où tu comprendras ce que je sais et brûle de te dire : recevoir le pouvoir de dominer autrui est chose difficile ; s'emparer de force de ce pouvoir est chose erronée ; donner ce pouvoir sur soi-même à autrui est chose mauvaise.
    Oh, Florens. Mon amour. Ecoute a tua mae.
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  • Par liratouva2, le 29 juillet 2010

    Tu vois,? Tu as raison. A minha mâe aussi. Je suis devenue la sauvagerie incarnée mais je suis aussi Florens. Pleinement. Impardonnable. Qui ne pardonne pas. Pas de pitié,mon amour. Aucune.Tu m'entends? Esclave. Libre. Je dure.
    Je garderai une seule tristesse. Que tout ce temps je ne puisse pas savoir ce que me dit ma mère. Elle ne peut pas non plus savoir ce que je veux lui dire. Maë, tu peux être contente maintenant, parce que la plante de mes pieds est aussi dure que du bois de cyprès
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  • Par caro64, le 06 juin 2010

    Tu dis que tu vois des esclaves plus libres que des hommes libres. L'un est un lion dans la peau d'un baudet. L'autre est un baudet dans la peau d'un lion .
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Toni Morrison parle de ce qui la motive à écrire.
Non sous-titré.








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