> Marcelle Régnier (Traducteur)
> Georges Régnier (Traducteur)

ISBN : 222607628X
Éditeur : Michel albin SA,France (1995)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 52 notes) Ajouter à mes livres
Dans un château de la campagne hongroise, Henri, un général de l'armée impériale à la retraite, attend la venue de Conrad, son ami de jeunesse et condisciple de l'école militaire. Cela fait 41 ans exactement qu'ils se sont perdus de vue, depuis cette partie de chasse au... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 18 septembre 2009

    monito
    Huis clos magistral entre deux vieillards, les deux « meilleurs » amis du monde qui ne se sont pas vus depuis 41 ans et une montée en puissance, toute en finesse, tant dans le style que dans le fond.
    Henri et Conrad se retrouvent enfin. le général racé au destin tout tracé, le provincial polonais perdu dans ce grand empire austro-hongrois et qui veut se hisser ou qu'on veut hisser par la force du poignet et du sacrifice.
    Deux enfants, deux adolescents, deux hommes et aujourd'hui deux vieillards qui ont une vie en commun, une vie commune, interrompue physiquement pendant 41 ans mais qui les a fait tenir jusqu'à ces retrouvailles, autour d'un repas, autour de souvenirs pas toujours dits, pas tout de suite dits, comme Les Braises qu'on remue pour les faire rougir.
    Un style épuré et dense, sans emphase, précis qui va droit au but et qui touche.
    Une –belle- découverte de Noël.
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  • Par biblio47, le 15 avril 2009

    biblio47
    Après s'être perdus de vue pendant 40 ans, un vieux général et son meilleur ami se retrouve pour une soirée au cours de laquelle ils espèrent comprendre ce qui les a séparé si longtemps. Ils se poseront les questions de fond : qu'est-ce que l'amitié ? Aime-t-on pour soi ou pour l'autre ? Nos décisions sont-elle fuite ou courage ?
    Ecrivain hongrois (1900-1989) de l'entre deux guerre, contemporain de S. Zweig, il a pourtant été méconnu durant plus de quarante ans. Il est devenu un auteur reconnu depuis une vingtaine d'années. Auteur culte pour la jeunesse hongroise.
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    • Livres 4.00/5
    Par Pchabannes, le 25 mars 2010

    Pchabannes
    Les Braises, blessures du passé, douleur d'aujourd'hui.
     Que veux-tu de cet homme ? s'enquit alors la nourrice.
     La vérité, dit le général simplement, sur un ton étouffé
     La vérité, tu la connais parfaitement.
     La vérité exacte, je ne la connais pas, ajouta-t-il moins fort.
     Mais tu connais pourtant les faits, lança la nourrice d'un ton sec et provoquant.
     Les faits sont loin d'être la vérité, répondit le général. Les faits n'en sont qu'une partie. Christine elle-même n'a pas dit la vérité. Conrad peut-être…Oui, peut-être la connaissait-il. Maintenant, je vais la lui arracher, conclut-il tranquillement.
     Que veux-tu lui arracher ? questionna la nourrice.
     La vérité, dit-il, et il se tut.
    Après quarante et un an d'attente, de sentiments refoulés, l'ami, le traitre, revient au château en 1942, ranimant les ombres du passé.
    Une œuvre dense qui se lit d'une traite au fil de la conversation des deux hommes ce soir-là. Lla description de monde perdu où l'honneur ne se marchandait pas, ce monde d'hommes, cause perdue, cédant la place au monde des marchands.
    Au fil de la conversation, notre compréhension des faits est nette. le général semble tenir la vérité. Je reste avec des questions, des interrogations, des doutes.
    Deuxième entrée dans l'univers de Sandor Marai (1900 – 1989) après l'excellent Métamorphose d'un mariage. Dans la lignée d'un Stefan Sweig, le hongrois Sandor Marai, évitant le pathos, excelle à comprendre et à restituer les sentiments et les passions de ses personnages.
    Oui, les faits sont loin d'être la vérité.
    Merci à Hubert qui m'a fait découvrir Sandor Marai et m'a incité à lire cette œuvre.
    Lire la suite sur Quid Hodie Agisti
    Lectori salutem, Pikkendorff


    Lien : http://www.quidhodieagisti.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par Alienor, le 05 février 2009

    Alienor
    Deux hommes âgés, amis de longue date, se retrouvent un soir après quarante et une années de séparation. Tel est le sujet de ce roman d'un auteur hongrois dont j'ignorais jusqu'au nom il y a quelques semaines, Sandor Marai. La raison de cette rupture entre eux deux, rupture brutale et sans préavis, nous est révélée par petites touches au cours du huis clos durant lequel les deux hommes règlent leurs comptes, avant de se séparer pour de bon. Car telle est la seule issue possible. L'un des deux hommes a clairement l'ascendant durant tout le face à face. C'est lui qui a été trahi, et il veut faire savoir à son ami d'enfance qu'il sait tout des raisons de sa fuite. Ensuite il pourra le laisser partir.
    Je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue, car la force de ce roman – outre son écriture – est précisément la progression lente de l'histoire de ces deux hommes, que tout séparait et qui ont pourtant été très unis. Depuis leur enfance, jusqu'à ce jour funeste où tout fut remis en question. Un jour en apparence banal, où le bel ordonnancement de leurs vies se brisa sans fracas.
    J'ai lu ce livre en deux jours (bien sûr il est court) tant il m'a plu. Ce huis clos très théâtral (adapté d'ailleurs pour la scène par Claude Rich en 2003) est passionnant. J'ai d'ailleurs enchaîné avec « Métamorphoses d'un mariage », du même auteur.

    Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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    • Livres 5.00/5
    Par Pelatan, le 22 juin 2009

    Pelatan
    Dans une écriture toujours aussi belle, une histoire d'amitié entre deux hommes, que rien ne semble réunir. le temps passe, les hommes changent ou se découvrent peut-être comme ils ont finalement toujours été. le contexte historique dans cet Empire austro-hongrois, le cadre de ce château ou tout est protégé sous des draps blancs, la forêt environnante ajoutent une odeur de drame à ce roman si beau. Non, splendide.
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Citations et extraits

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  • Par Neigeline, le 14 mars 2010

    C'est qu'en réalité nous aimons toujours ceux qui sont différents de nous... Ce sont eux que nous recherchons sans cesse dans la vie. (...) Lorsque, par hasard, deux êtres qui ne sont pas de nature différente se rencontrent, quelle félicité ! C'est le plus beau cadeau du sort. Malheureusement, les rencontres de ce genre sont extrêmement rares et il semble, de toute évidence, que la nature se soit opposée à l'harmonie par la ruse et la violence, sans doute parce que, pour recréer le monde et rénover la vie, il lui est indispensable que subsiste cette tension entre les humains, harcelés par des tendances contradictoires et des rythmes dissemblables, mais qui néanmoins cherchent à s'unir coûte que coûte. Où que nos regards se portent, nous voyons cette alternance, cet échange d'énergie entre le pôle positif et le pôle négatif. Imagine la somme de désespoir et de vaines espérances que cela représente... (...)
    Le destin peut tout nous accorder et nous pouvons tout lui arracher, mais nous ne pouvons jamais changer les goûts, les penchants et le rythme de vie d'un autre et nous luttons en vain contre cette "nature différente" qui caractérise essentiellement l'être que nous aimons.
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  • Par Neigeline, le 14 mars 2010

    Il n'est pas vrai que les hommes ne peuvent faire autrement que de supporter leur destin, dit le général. (...) Les hommes peuvent aussi le diriger. Ils déterminent eux-mêmes ce qu'il doit leur arriver. Ils attirent leur destin à eux et ne s'en séparent plus. Les hommes sont ainsi qu'ils agissent comme ils doivent le faire, même si de prime abord ils savent que leurs actes leur seront néfastes. L'homme et son destin font cause commune. Ils se prêtent serment et se forment l'un à l'autre. Le destin n'intervient pas aveuglément dans notre vie. Disons plutôt qu'il y pénètre par la porte que nous lui avons ouverte nous-mêmes, en l'invitant poliment à entrer. Car nul être humain ne possède assez de puissance et d'intelligence pour écarter, avec des mots et des actes, la malheur qui résulte de sa nature, de son caractère, suivant des lois impitoyables.
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  • Par Neigeline, le 14 mars 2010

    Quoi qu'il en soit, aux questions les plus graves, nous répondons, en fin de compte, par notre existence entière. Ce que l'on dit entre-temps n'a aucune valeur, car lorsque tout est achevé, on répond avec l'ensemble de sa vie aux questions que le monde vous a posées. Les questions auxquelles il faut répondre sont : qui es-tu ? Qu'as-tu fait ? ... A qui es-tu resté fidèle ? A quel propos as-tu été infidèle ? ... Avec qui, où, en quelle occasion as-tu été courageux ou lâche ? ... Voilà les questions capitales.
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  • Par Pchabannes, le 25 mars 2010

     Je voudrais savoir à qui tu poses cette question, dit Conrad
    Le général le regarde et répond :
     A tous les deux. Je me suis souvent demandé si la véritable essence de tous les liens humains n’est pas le désintéressement qui attend et qui ne veut rien, mais absolument rien de l’autre et qui réclame d’autant rien qu’il donne davantage. Lorsque l’on fait don de ce bien suprême qu’un homme peut donner à un autre homme, je veux dire la confiance absolue et passionnée, et lorsqu’on doit constater que l’on est payé que d’infidélité et de bassesse…a-t-on le droit d’être blessé et de crier vengeance ?
    Conrad reste immobile dans son fauteuil et demande d’une voix enrouée :
     Tu parles de vengeance ?...
     Il faut que je te dise toute ma pensée. Oui, je parle de vengeance […].
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  • Par Neigeline, le 14 mars 2010

    Es-tu aussi d'avis que ce qui donne un sens à notre vie c'est uniquement la passion, qui s'empare un jour de notre corps et, quoi qu'il arrive entre-temps, le brûle jusqu'à la mort ? Crois-tu aussi que notre vie n'aura pas été inutile, si nous avons ressenti, l'un et l'autre, cette passion . Peut-être la passion ne consiste-t-elle pas à désirer une certaine personne, mais à ressentir, en général, un désir nostalgique ? Voilà le vrai sens de ma seconde question. Sommes-nous ridicules si nous pensons, l'un et l'autre, que, malgré tout, la passion s'adresse à une seule personne... éternellement à quelque énigmatique personne, bien définie, qui peut-être bonne ou mauvaise, indifféremment, puisque l'intensité de notre passion ne dépend aucunement de ses actes ni de ses qualités ? ...
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"Les Braises" : un véritable "coup de coeur" pour David Garçonnet, de la librairie des Signes à Compiègne (60). Un livre tout simplement magnifique sur l'amitié, tant par le style de Sandor Maraï que par la construction du roman...2 minutes 14 pour vous convaincre...











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