> Marcelle Régnier (Traducteur)
> Georges Régnier (Traducteur)

ISBN : 222607628X
Éditeur : Albin Michel (1995)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 63 notes) Ajouter à mes livres
Dans un château de la campagne hongroise, Henri, un général de l'armée impériale à la retraite, attend la venue de Conrad, son ami de jeunesse et condisciple de l'école militaire. Cela fait 41 ans exactement qu'ils se sont perdus de vue, depuis cette partie de chasse au... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (11)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 2.00/5
    Par SebastienFritsch, le 09 mai 2012

    SebastienFritsch
    Sándor Márai est un écrivain hongrois né en 1900 et mort en 1989. Vous savez sûrement tout ça, vous qui passez par ici, mais moi, je n'avais jamais entendu parler de cet auteur avant qu'on me prête ce livre. Comme on me le prêtait et qu'on me le recommandait chaudement, j'avais très envie de le lire. Comme en plus, sur la quatrième de couverture (que j'ai lue avant de lire le livre, pour une fois) on compare Márai à Zweig, j'avais d'autant plus envie de le lire. Pourtant...
    Mais commençons par le commencement. Tout d'abord, je dois dire que l'écriture de Márai est très agréable. C'est le genre d'écriture que j'aime : simple, claire, capable de dessiner avec précision et finesse les décors, les visages, mais aussi les émotions. C'est exactement ce que j'aime chez Zweig. Je retrouve la même chose chez Marai (même si le style est différent, quand même), ça me fait donc plaisir.
    Ensuite, il y a l'ambiance. Comme la plume de Zweig, celle de Márai plonge le lecteur dans une époque et des lieux où l'on s'intègre avec facilité. On sait bien que l'on ne connait pas (je ne vivais pas en Autriche-Hongrie au début du vingtième siècle, je vous jure), mais on a l'impression d'y être comme chez soi... tout en étant malgré tout dépaysé. Les plaines déprimantes, les forêts étouffantes, les palais grandioses, les pavillons de chasse, l'école militaire de Vienne elle-même, sont croqués avec un langage si net qu'on y entre totalement.
    Dans ces décors, nous commençons par faire la connaissance d'un vieux général, veuf, solitaire, reclus volontairement dans son château. Il reçoit une lettre au tout début du livre. Et dès qu'il l'a lue, il envoie une voiture en ville et il donne des ordres pour qu'un repas somptueux soit préparé. de toute évidence, la voiture est prévue pour ramener le rédacteur de la lettre. Un rédacteur qui annonce ainsi, par écrit, qu'il est revenu. Revenu d'où ? Revenu pourquoi ? Revenu après combien de temps ? C'est cette dernière question qui trouve réponse en premier : 41 ans. Cela fait 41 ans que le général et l'homme qui vient de lui écrire ne se sont pas vus. le "où" et le "pourquoi" sont liés à cette durée.
    Cet homme, le général souhaite le recevoir dès qu'il apprend son retour. Mais il veut aussi le recevoir en grande pompe, avec un repas exceptionnel qui sera servi dans une aile du château où le général n'a plus mis les pieds depuis... 41 ans.
    Mais on n'en sait pas plus, et on replonge dans la jeunesse du général, dans son histoire personnelle, celle de ses parents, mais aussi celle d'un garçon qu'il rencontra à l'âge de 12 ans, et qui fit, comme lui, l'école militaire. Ils devinrent les meilleurs amis du monde.
    On comprend alors que l'invité surprise, qui revient après 41 ans de séparation, c'est ce meilleur ami.
    Arrivés à ce point de mon billet, vous vous dites tous que ce livre doit être passionnant. Et effectivement, le début m'a paru passionnant. Jusqu'à la page 65. Car à la page 65, les deux hommes se retrouvent.
    Ils entrent alors dans l'aile du château où ils dinèrent ensemble pour la dernière fois avant leur longue séparation. Il ne manque qu'une personne pour que la scène actuelle soit la reproduction exacte de celle qu'ils vécurent 41 ans plus tôt : Christine, la femme du général.
    Les deux hommes s'assoient, laissant vide la place de l'épouse décédée. Et ils commencent à parler. Et ils parlent jusqu'à la page 125. Oui, messieurs, dames, c'est comme je vous le dis : 60 pages de dialogues. Pour dire quoi ? Rien.
    Ah, bien sûr, des tas de sujets sont abordés : la vie sous les tropiques (là où a vécu le meilleur ami), l'amitié, la fidélité, la vieillesse, etc... Mais aucune réponse aux questions que l'auteur a soulevées au départ.
    En fait, le Général tourne laborieusement autour de son sujet. Je veux bien qu'à l'âge des deux messieurs, on ressasse le passé, on cherche la justification en réécrivant l'histoire, mais pour nous, pauvres lecteurs, ce genre de discussion vide qui s'étale sur 60 pages, c'est la corvée. Heureusement, à la page 125, on apprend enfin quel évènement a été la cause de la séparation du général et de son ami. L'intérêt du lecteur se relance, car cet évènement soulève plein de questions. Et ces questions, on sent bien que le général va les poser à son ami et qu'on va donc avoir la réponse.
    Mais... le général attend la page 178 pour se décider. Ce qui nous fait 53 pages de dialogues et tournages-autour-du-pot supplémentaires.
    La suite (c'est-à-dire la fin) je ne vous la dirai pas. Mais, en conclusion, il me semble que la lecture de ce livre est très décevante : les longueurs de la discussion entre les deux anciens amis gâchent le réel plaisir ressenti au départ et la grande qualité de l'écriture.
    Par ailleurs, il m'apparaît que, s'il est écrit sur la quatrième de couverture que Marai est le Zweig hongrois, c'est surtout pour faire vendre. Car si l'on peut trouver des points communs dans la limpidité et la beauté du style, on ne retrouve pas, chez Marai, l'aptitude de Zweig à sonder les sentiments avec simplicité et à les révéler au fil d'une intrigue et d'une succession de tableaux concrets, vivants, évocateurs.
    Le corollaire de cette seconde conclusion (qui confirme mon choix de ne jamais lire ce qui est écrit au dos des livres avant de me plonger dedans) est donc le suivant : les quatrièmes de couverture mentent !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 18 septembre 2009

    monito
    Huis clos magistral entre deux vieillards, les deux « meilleurs » amis du monde qui ne se sont pas vus depuis 41 ans et une montée en puissance, toute en finesse, tant dans le style que dans le fond.
    Henri et Conrad se retrouvent enfin. le général racé au destin tout tracé, le provincial polonais perdu dans ce grand empire austro-hongrois et qui veut se hisser ou qu'on veut hisser par la force du poignet et du sacrifice.
    Deux enfants, deux adolescents, deux hommes et aujourd'hui deux vieillards qui ont une vie en commun, une vie commune, interrompue physiquement pendant 41 ans mais qui les a fait tenir jusqu'à ces retrouvailles, autour d'un repas, autour de souvenirs pas toujours dits, pas tout de suite dits, comme Les Braises qu'on remue pour les faire rougir.
    Un style épuré et dense, sans emphase, précis qui va droit au but et qui touche.
    Une –belle- découverte de Noël.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par biblio47, le 15 avril 2009

    biblio47
    Après s'être perdus de vue pendant 40 ans, un vieux général et son meilleur ami se retrouve pour une soirée au cours de laquelle ils espèrent comprendre ce qui les a séparé si longtemps. Ils se poseront les questions de fond : qu'est-ce que l'amitié ? Aime-t-on pour soi ou pour l'autre ? Nos décisions sont-elle fuite ou courage ?
    Ecrivain hongrois (1900-1989) de l'entre deux guerre, contemporain de S. Zweig, il a pourtant été méconnu durant plus de quarante ans. Il est devenu un auteur reconnu depuis une vingtaine d'années. Auteur culte pour la jeunesse hongroise.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Pchabannes, le 25 mars 2010

    Pchabannes
    Les Braises, blessures du passé, douleur d'aujourd'hui.
     Que veux-tu de cet homme ? s'enquit alors la nourrice.
     La vérité, dit le général simplement, sur un ton étouffé
     La vérité, tu la connais parfaitement.
     La vérité exacte, je ne la connais pas, ajouta-t-il moins fort.
     Mais tu connais pourtant les faits, lança la nourrice d'un ton sec et provoquant.
     Les faits sont loin d'être la vérité, répondit le général. Les faits n'en sont qu'une partie. Christine elle-même n'a pas dit la vérité. Conrad peut-être…Oui, peut-être la connaissait-il. Maintenant, je vais la lui arracher, conclut-il tranquillement.
     Que veux-tu lui arracher ? questionna la nourrice.
     La vérité, dit-il, et il se tut.
    Après quarante et un an d'attente, de sentiments refoulés, l'ami, le traitre, revient au château en 1942, ranimant les ombres du passé.
    Une œuvre dense qui se lit d'une traite au fil de la conversation des deux hommes ce soir-là. Lla description de monde perdu où l'honneur ne se marchandait pas, ce monde d'hommes, cause perdue, cédant la place au monde des marchands.
    Au fil de la conversation, notre compréhension des faits est nette. le général semble tenir la vérité. Je reste avec des questions, des interrogations, des doutes.
    Deuxième entrée dans l'univers de Sandor Marai (1900 – 1989) après l'excellent Métamorphose d'un mariage. Dans la lignée d'un Stefan Sweig, le hongrois Sandor Marai, évitant le pathos, excelle à comprendre et à restituer les sentiments et les passions de ses personnages.
    Oui, les faits sont loin d'être la vérité.
    Merci à Hubert qui m'a fait découvrir Sandor Marai et m'a incité à lire cette œuvre.
    Lire la suite sur Quid Hodie Agisti
    Lectori salutem, Pikkendorff


    Lien : http://www.quidhodieagisti.fr
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Alienor, le 05 février 2009

    Alienor
    Deux hommes âgés, amis de longue date, se retrouvent un soir après quarante et une années de séparation. Tel est le sujet de ce roman d'un auteur hongrois dont j'ignorais jusqu'au nom il y a quelques semaines, Sandor Marai. La raison de cette rupture entre eux deux, rupture brutale et sans préavis, nous est révélée par petites touches au cours du huis clos durant lequel les deux hommes règlent leurs comptes, avant de se séparer pour de bon. Car telle est la seule issue possible. L'un des deux hommes a clairement l'ascendant durant tout le face à face. C'est lui qui a été trahi, et il veut faire savoir à son ami d'enfance qu'il sait tout des raisons de sa fuite. Ensuite il pourra le laisser partir.
    Je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue, car la force de ce roman – outre son écriture – est précisément la progression lente de l'histoire de ces deux hommes, que tout séparait et qui ont pourtant été très unis. Depuis leur enfance, jusqu'à ce jour funeste où tout fut remis en question. Un jour en apparence banal, où le bel ordonnancement de leurs vies se brisa sans fracas.
    J'ai lu ce livre en deux jours (bien sûr il est court) tant il m'a plu. Ce huis clos très théâtral (adapté d'ailleurs pour la scène par Claude Rich en 2003) est passionnant. J'ai d'ailleurs enchaîné avec « Métamorphoses d'un mariage », du même auteur.

    Lien : http://tassedethe.unblog.fr
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (23)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Neigeline, le 14 mars 2010

    C'est qu'en réalité nous aimons toujours ceux qui sont différents de nous... Ce sont eux que nous recherchons sans cesse dans la vie. (...) Lorsque, par hasard, deux êtres qui ne sont pas de nature différente se rencontrent, quelle félicité ! C'est le plus beau cadeau du sort. Malheureusement, les rencontres de ce genre sont extrêmement rares et il semble, de toute évidence, que la nature se soit opposée à l'harmonie par la ruse et la violence, sans doute parce que, pour recréer le monde et rénover la vie, il lui est indispensable que subsiste cette tension entre les humains, harcelés par des tendances contradictoires et des rythmes dissemblables, mais qui néanmoins cherchent à s'unir coûte que coûte. Où que nos regards se portent, nous voyons cette alternance, cet échange d'énergie entre le pôle positif et le pôle négatif. Imagine la somme de désespoir et de vaines espérances que cela représente... (...)
    Le destin peut tout nous accorder et nous pouvons tout lui arracher, mais nous ne pouvons jamais changer les goûts, les penchants et le rythme de vie d'un autre et nous luttons en vain contre cette "nature différente" qui caractérise essentiellement l'être que nous aimons.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Neigeline, le 14 mars 2010

    Quoi qu'il en soit, aux questions les plus graves, nous répondons, en fin de compte, par notre existence entière. Ce que l'on dit entre-temps n'a aucune valeur, car lorsque tout est achevé, on répond avec l'ensemble de sa vie aux questions que le monde vous a posées. Les questions auxquelles il faut répondre sont : qui es-tu ? Qu'as-tu fait ? ... A qui es-tu resté fidèle ? A quel propos as-tu été infidèle ? ... Avec qui, où, en quelle occasion as-tu été courageux ou lâche ? ... Voilà les questions capitales.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par Pchabannes, le 25 mars 2010

     Je voudrais savoir à qui tu poses cette question, dit Conrad
    Le général le regarde et répond :
     A tous les deux. Je me suis souvent demandé si la véritable essence de tous les liens humains n’est pas le désintéressement qui attend et qui ne veut rien, mais absolument rien de l’autre et qui réclame d’autant rien qu’il donne davantage. Lorsque l’on fait don de ce bien suprême qu’un homme peut donner à un autre homme, je veux dire la confiance absolue et passionnée, et lorsqu’on doit constater que l’on est payé que d’infidélité et de bassesse…a-t-on le droit d’être blessé et de crier vengeance ?
    Conrad reste immobile dans son fauteuil et demande d’une voix enrouée :
     Tu parles de vengeance ?...
     Il faut que je te dise toute ma pensée. Oui, je parle de vengeance […].
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Neigeline, le 14 mars 2010

    Il n'est pas vrai que les hommes ne peuvent faire autrement que de supporter leur destin, dit le général. (...) Les hommes peuvent aussi le diriger. Ils déterminent eux-mêmes ce qu'il doit leur arriver. Ils attirent leur destin à eux et ne s'en séparent plus. Les hommes sont ainsi qu'ils agissent comme ils doivent le faire, même si de prime abord ils savent que leurs actes leur seront néfastes. L'homme et son destin font cause commune. Ils se prêtent serment et se forment l'un à l'autre. Le destin n'intervient pas aveuglément dans notre vie. Disons plutôt qu'il y pénètre par la porte que nous lui avons ouverte nous-mêmes, en l'invitant poliment à entrer. Car nul être humain ne possède assez de puissance et d'intelligence pour écarter, avec des mots et des actes, la malheur qui résulte de sa nature, de son caractère, suivant des lois impitoyables.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Pchabannes, le 25 mars 2010

    Les valeurs et les hommes pour lesquels nous avions prêtés serment n’existent plus, dit l’hôte sur un ton très grave, en levant lui aussi son verre. Tous sont morts ou partis, ils ont renoncés à ce que nous avions juré de défendre. Il existait un ordre mondial pour lequel il valait la peine de consacrer sa vie ou de mourir. Ce monde-là est mort. Avec l’ordre nouveau, je n’ai rien de commun. C’est tout ce que j’ai à dire sur le sujet.
     Pour moi, le monde d’autrefois reste vivant, même si en apparence il a disparu. Il vit, parce que je lui ai prêté serment de fidélité. Pour moi, c’est tout ce qu’il y a à dire sur le sujet, dit le général.
     Oui, tu es resté un vrai militaire, répond Conrad.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (7)

Video de Sándor Márai

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Sándor Márai

"Les Braises" : un véritable "coup de coeur" pour David Garçonnet, de la librairie des Signes à Compiègne (60). Un livre tout simplement magnifique sur l'amitié, tant par le style de Sandor Maraï que par la construction du roman...2 minutes 14 pour vous convaincre...











Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les Braises par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (122)

> voir plus

Quiz