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Critiques sur Les Braises (11)


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  • Par biblio47 le 15/04/2009


    Après s'être perdus de vue pendant 40 ans, un vieux général et son meilleur ami se retrouve pour une soirée au cours de laquelle ils espèrent comprendre ce qui les a séparé si longtemps. Ils se poseront les questions de fond : qu'est-ce que l'amitié ? Aime-t-on pour soi ou pour l'autre ? Nos décisions sont-elle fuite ou courage ?

    Ecrivain hongrois (1900-1989) de l'entre deux guerre, contemporain de S. Zweig, il a pourtant été méconnu durant plus de quarante ans. Il est devenu un auteur reconnu depuis une vingtaine d'années. Auteur culte pour la jeunesse hongroise.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par SebastienFritsch le 09/05/2012


    Sándor Márai est un écrivain hongrois né en 1900 et mort en 1989. Vous savez sûrement tout ça, vous qui passez par ici, mais moi, je n'avais jamais entendu parler de cet auteur avant qu'on me prête ce livre. Comme on me le prêtait et qu'on me le recommandait chaudement, j'avais très envie de le lire. Comme en plus, sur la quatrième de couverture (que j'ai lue avant de lire le livre, pour une fois) on compare Márai à Zweig, j'avais d'autant plus envie de le lire. Pourtant...
    Mais commençons par le commencement. Tout d'abord, je dois dire que l'écriture de Márai est très agréable. C'est le genre d'écriture que j'aime : simple, claire, capable de dessiner avec précision et finesse les décors, les visages, mais aussi les émotions. C'est exactement ce que j'aime chez Zweig. Je retrouve la même chose chez Marai (même si le style est différent, quand même), ça me fait donc plaisir.
    Ensuite, il y a l'ambiance. Comme la plume de Zweig, celle de Márai plonge le lecteur dans une époque et des lieux où l'on s'intègre avec facilité. On sait bien que l'on ne connait pas (je ne vivais pas en Autriche-Hongrie au début du vingtième siècle, je vous jure), mais on a l'impression d'y être comme chez soi... tout en étant malgré tout dépaysé. Les plaines déprimantes, les forêts étouffantes, les palais grandioses, les pavillons de chasse, l'école militaire de Vienne elle-même, sont croqués avec un langage si net qu'on y entre totalement.
    Dans ces décors, nous commençons par faire la connaissance d'un vieux général, veuf, solitaire, reclus volontairement dans son château. Il reçoit une lettre au tout début du livre. Et dès qu'il l'a lue, il envoie une voiture en ville et il donne des ordres pour qu'un repas somptueux soit préparé. de toute évidence, la voiture est prévue pour ramener le rédacteur de la lettre. Un rédacteur qui annonce ainsi, par écrit, qu'il est revenu. Revenu d'où ? Revenu pourquoi ? Revenu après combien de temps ? C'est cette dernière question qui trouve réponse en premier : 41 ans. Cela fait 41 ans que le général et l'homme qui vient de lui écrire ne se sont pas vus. le "où" et le "pourquoi" sont liés à cette durée.
    Cet homme, le général souhaite le recevoir dès qu'il apprend son retour. Mais il veut aussi le recevoir en grande pompe, avec un repas exceptionnel qui sera servi dans une aile du château où le général n'a plus mis les pieds depuis... 41 ans.
    Mais on n'en sait pas plus, et on replonge dans la jeunesse du général, dans son histoire personnelle, celle de ses parents, mais aussi celle d'un garçon qu'il rencontra à l'âge de 12 ans, et qui fit, comme lui, l'école militaire. Ils devinrent les meilleurs amis du monde.
    On comprend alors que l'invité surprise, qui revient après 41 ans de séparation, c'est ce meilleur ami.
    Arrivés à ce point de mon billet, vous vous dites tous que ce livre doit être passionnant. Et effectivement, le début m'a paru passionnant. Jusqu'à la page 65. Car à la page 65, les deux hommes se retrouvent.
    Ils entrent alors dans l'aile du château où ils dinèrent ensemble pour la dernière fois avant leur longue séparation. Il ne manque qu'une personne pour que la scène actuelle soit la reproduction exacte de celle qu'ils vécurent 41 ans plus tôt : Christine, la femme du général.
    Les deux hommes s'assoient, laissant vide la place de l'épouse décédée. Et ils commencent à parler. Et ils parlent jusqu'à la page 125. Oui, messieurs, dames, c'est comme je vous le dis : 60 pages de dialogues. Pour dire quoi ? Rien.
    Ah, bien sûr, des tas de sujets sont abordés : la vie sous les tropiques (là où a vécu le meilleur ami), l'amitié, la fidélité, la vieillesse, etc... Mais aucune réponse aux questions que l'auteur a soulevées au départ.
    En fait, le Général tourne laborieusement autour de son sujet. Je veux bien qu'à l'âge des deux messieurs, on ressasse le passé, on cherche la justification en réécrivant l'histoire, mais pour nous, pauvres lecteurs, ce genre de discussion vide qui s'étale sur 60 pages, c'est la corvée. Heureusement, à la page 125, on apprend enfin quel évènement a été la cause de la séparation du général et de son ami. L'intérêt du lecteur se relance, car cet évènement soulève plein de questions. Et ces questions, on sent bien que le général va les poser à son ami et qu'on va donc avoir la réponse.
    Mais... le général attend la page 178 pour se décider. Ce qui nous fait 53 pages de dialogues et tournages-autour-du-pot supplémentaires.
    La suite (c'est-à-dire la fin) je ne vous la dirai pas. Mais, en conclusion, il me semble que la lecture de ce livre est très décevante : les longueurs de la discussion entre les deux anciens amis gâchent le réel plaisir ressenti au départ et la grande qualité de l'écriture.
    Par ailleurs, il m'apparaît que, s'il est écrit sur la quatrième de couverture que Marai est le Zweig hongrois, c'est surtout pour faire vendre. Car si l'on peut trouver des points communs dans la limpidité et la beauté du style, on ne retrouve pas, chez Marai, l'aptitude de Zweig à sonder les sentiments avec simplicité et à les révéler au fil d'une intrigue et d'une succession de tableaux concrets, vivants, évocateurs.
    Le corollaire de cette seconde conclusion (qui confirme mon choix de ne jamais lire ce qui est écrit au dos des livres avant de me plonger dedans) est donc le suivant : les quatrièmes de couverture mentent !

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par roilyre le 12/11/2011


    L'amitié n'est pas facile entre personnes de conditions sociales diffèrentes, elle suscite bien de jalousie, d'envies. Lorsque celle ci est vécue différement par les deux personnes comment peut elle être belle, forte, sans failles? J'ai beaucoup aimé ce livre que je n'ai fermé qu'une fois terminé.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par monito le 18/09/2009


    Huis clos magistral entre deux vieillards, les deux « meilleurs » amis du monde qui ne se sont pas vus depuis 41 ans et une montée en puissance, toute en finesse, tant dans le style que dans le fond.

    Henri et Conrad se retrouvent enfin. le général racé au destin tout tracé, le provincial polonais perdu dans ce grand empire austro-hongrois et qui veut se hisser ou qu'on veut hisser par la force du poignet et du sacrifice.

    Deux enfants, deux adolescents, deux hommes et aujourd'hui deux vieillards qui ont une vie en commun, une vie commune, interrompue physiquement pendant 41 ans mais qui les a fait tenir jusqu'à ces retrouvailles, autour d'un repas, autour de souvenirs pas toujours dits, pas tout de suite dits, comme Les Braises qu'on remue pour les faire rougir.
    Un style épuré et dense, sans emphase, précis qui va droit au but et qui touche.
    Une –belle- découverte de Noël.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par aureliececile le 26/02/2011


    Un des auteurs classique de la littérature hongroise. Un face à face dans un huis-clos entre deux vieux amis.
    Le rythme très lent et l'histoire qui traîne en longueur fait que je ne mets que trois étoiles...

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Pchabannes le 25/03/2010


    Les Braises, blessures du passé, douleur d'aujourd'hui.
     Que veux-tu de cet homme ? s'enquit alors la nourrice.
     La vérité, dit le général simplement, sur un ton étouffé
     La vérité, tu la connais parfaitement.
     La vérité exacte, je ne la connais pas, ajouta-t-il moins fort.
     Mais tu connais pourtant les faits, lança la nourrice d'un ton sec et provoquant.
     Les faits sont loin d'être la vérité, répondit le général. Les faits n'en sont qu'une partie. Christine elle-même n'a pas dit la vérité. Conrad peut-être…Oui, peut-être la connaissait-il. Maintenant, je vais la lui arracher, conclut-il tranquillement.
     Que veux-tu lui arracher ? questionna la nourrice.
     La vérité, dit-il, et il se tut.
    Après quarante et un an d'attente, de sentiments refoulés, l'ami, le traitre, revient au château en 1942, ranimant les ombres du passé.
    Une œuvre dense qui se lit d'une traite au fil de la conversation des deux hommes ce soir-là. Lla description de monde perdu où l'honneur ne se marchandait pas, ce monde d'hommes, cause perdue, cédant la place au monde des marchands.
    Au fil de la conversation, notre compréhension des faits est nette. le général semble tenir la vérité. Je reste avec des questions, des interrogations, des doutes.
    Deuxième entrée dans l'univers de Sandor Marai (1900 – 1989) après l'excellent Métamorphose d'un mariage. Dans la lignée d'un Stefan Sweig, le hongrois Sandor Marai, évitant le pathos, excelle à comprendre et à restituer les sentiments et les passions de ses personnages.
    Oui, les faits sont loin d'être la vérité.
    Merci à Hubert qui m'a fait découvrir Sandor Marai et m'a incité à lire cette œuvre.
    Lire la suite sur Quid Hodie Agisti
    Lectori salutem, Pikkendorff



    Lien : http://www.quidhodieagisti.fr

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Pelatan le 22/06/2009


    Dans une écriture toujours aussi belle, une histoire d'amitié entre deux hommes, que rien ne semble réunir. le temps passe, les hommes changent ou se découvrent peut-être comme ils ont finalement toujours été. le contexte historique dans cet Empire austro-hongrois, le cadre de ce château ou tout est protégé sous des draps blancs, la forêt environnante ajoutent une odeur de drame à ce roman si beau. Non, splendide.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Alienor le 05/02/2009


    Deux hommes âgés, amis de longue date, se retrouvent un soir après quarante et une années de séparation. Tel est le sujet de ce roman d'un auteur hongrois dont j'ignorais jusqu'au nom il y a quelques semaines, Sandor Marai. La raison de cette rupture entre eux deux, rupture brutale et sans préavis, nous est révélée par petites touches au cours du huis clos durant lequel les deux hommes règlent leurs comptes, avant de se séparer pour de bon. Car telle est la seule issue possible. L'un des deux hommes a clairement l'ascendant durant tout le face à face. C'est lui qui a été trahi, et il veut faire savoir à son ami d'enfance qu'il sait tout des raisons de sa fuite. Ensuite il pourra le laisser partir.

    Je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue, car la force de ce roman – outre son écriture – est précisément la progression lente de l'histoire de ces deux hommes, que tout séparait et qui ont pourtant été très unis. Depuis leur enfance, jusqu'à ce jour funeste où tout fut remis en question. Un jour en apparence banal, où le bel ordonnancement de leurs vies se brisa sans fracas.

    J'ai lu ce livre en deux jours (bien sûr il est court) tant il m'a plu. Ce huis clos très théâtral (adapté d'ailleurs pour la scène par Claude Rich en 2003) est passionnant. J'ai d'ailleurs enchaîné avec « Métamorphoses d'un mariage », du même auteur.


    Lien : http://tassedethe.unblog.fr

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



  • Par Iluze le 13/12/2010


    Les Braises est un formidable livre sur le sens de l'amitié. Ce roman peut être même considéré comme un livre de philosophie. Henri, notre héros se pose beaucoup de questions sur ce qu'est vraiment l'amitié ou sur le sens de la vie.



    Par moment, Sandor Marai m'a rappelé Amélie Nothomb. J'ai retrouvé le même amour pour les dialogues et le suspens qui monte crescendo au fil de la discussion. Je crois bien qu'Amélie Nothomb s'est inspiré de Sandor Marai pour son style. Mais évidemment, je ne peux pas en être sûre.



    Mais évidemment, Les Braises est un classique. Et de ce fait, l'action est plutôt lente. Il faut bien prendre son temps pour découvrir cette oeuvre. Premièrement, car le style est chargé de descriptions et deuxièmement car le questionnement du héros nécessite de s'accorder du temps pour saisir tout le processus de sa réflexion.


    Lien : http://iluze.over-blog.com/article-sandor-marai-les-braises-62912682..

    critique de qualité ? (0 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle le 10/10/2009


    L'amitié trahie, les amours contrariés, la passion, la lâcheté, l'égoïsme, la suffisance et la prétention, l'agonie d'un monde qui se meurt et le vieillissement, tels sont les thèmes principaux de ce roman. le tout porté par une belle plume dans l'atmosphère froide du château d'un vieil aristocrate hongrois aux nombreuses pièces fermées depuis la mort de sa femme, ultime huis clos où se confronteront, autour d'une table spécialement dressée pour l'occasion, deux amis vieillissants qui ne sont plus vus depuis plus de 40 ans. Tout comme Stefan Zweig, Sándor Márai ne s'illustre pas dans l'optimisme des relations humaines : les hommes et les femmes se rencontrent bien à un moment ou un autre de leur existence mais c'est pour mieux s'en éloigner davantage jour après jour, aboutissant au final à un éloignement définitif sans retour en arrière possible. L'envie, le ressentiment, la trahison, la déception, l'orgueil et la vanité : tels sont les sentiments qui finissent par entraver la route de toute relation affective. Car l'amour et la haine n'ont décidément jamais été aussi proches…

    Ceci dit, quelques redites, de nombreux monologues et un style un peu académique peuvent en rebuter plus d'un, qui pourrait trouver ce livre ennuyeux, ce qui ne fut pas du tout mon cas, je le précise.



    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-28874867.html

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